Au commencement était la guerre…2/Peleliu la sanglante

Written by Stephane Mantoux on septembre 17, 2011 – 3:28 -

« Bloody Peleliu », « a horrible place » selon les propres mots du correspondant de guerre Robert Martin qui accompagna les Marines pour le Time : la bataille sur cet atoll de l’archipel des Palaus (15 septembre 1944-27 novembre 1944) a donné lieu à bon nombre de surnoms macabres. L’opération Stalemate II (« impasse », un nom de code qui a rarement été aussi prémonitoire) s’est en effet avérée être la plus coûteuse en hommes pour les Marines, par rapport à l’effectif engagé, de toute la guerre du Pacifique. Les planificateurs de l’opération et le général Rupertus, commandant la 1st Marine Division, tablaient sur quatre jours pour s’emparer de Peleliu. Il faudra en fait plus de deux mois de combats acharnés pour y parvenir. Le souvenir de ce dur sacrifice est d’autant plus épineux que s’est toujours posée la question de l’utilité de la conquête de Peleliu, de sa valeur stratégique pour les Etats-Unis à ce moment précis de la guerre. C’est peut-être d’ailleurs pour cela que la bataille n’a pas fait l’objet d’adaptation cinématographique, contrairement à d’autres affrontements ultérieurs comme Iwo Jima1. Il aura fallu attendre la récente mini-série The Pacific de HBO (2010), qui retrace le parcours de plusieurs hommes de la 1st Marine Division, de Guadalcanal à Okinawa, pour voir enfin Peleliu à l’écran2. Qu’en est-il alors de ce qui fut considéré par le musée national du corps des Marines comme « le combat le plus féroce de la guerre » ?


Un objectif indispensable ?

Le débarquement sur Peleliu s’inscrit dans la grande stratégie américaine dans le Pacifique, et ses deux « pointes » : d’un côté, les forces du Pacifique central sous le commandement de l’amiral Nimitz, de l’autre les forces du Pacifique du sud-ouest commandées par le général Mac Arthur. Les premières mènent, le 15 juin 1944, l’assaut sur l’île de Saïpan, dans l’archipel des Mariannes, avant de s’attaquer aux îles de Tinian et de Guam, qui, une fois prises, vont permettre les premiers bombardements de B-29 efficaces sur le Japon3. Le général MacArthur, quant à lui, après les opérations en et au large de Nouvelle-Guinée, se prépare à revenir aux Philippines, qu’il avait dramatiquement quittées en mars 1942. L‘US Navy et l’US Army, qui représentent en fait chacune des deux pointes, divergent sur la stratégie à suivre pour mettre à genoux le Japon : si la Navy privilégie le saut d’île en île pour se rapprocher au plus près du territoire adverse, l’armée de terre préfère l’assaut sur les Philipines, après la Nouvelle-Guinée, en direction de la Chine continentale. Mais les vastes ressources humaines et matérielles des Etats-Unis permettent de mener à bien les deux stratégies : Peleliu se trouve en quelque sorte placée au milieu de ces deux approches.

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Les « Morts Vivants » à Cam Ne. Le premier « zippo raid » de la guerre du Viêtnam.

Written by Stephane Mantoux on juillet 11, 2011 – 9:00 -

« Morts vivants » : Le 1st Battalion du 9th Marines est surnommé pendant la guerre du Viêtnam « The Walking Dead » (les Morts Vivants), car c’est l’unité qui subit le plus de pertes en tués (KIA, Killed In Action) au sein de l’USMC de tout le conflit.

« Zippo raid » : Nom donné aux incendies de villages par les soldats américains au Viêtnam, en raison de l’utilisation du Zippo pour mettre le feu aux habitations.

En 1999, le département de journalisme de l’université de New York demande des nominations pour le top 100 des travaux américains au XXème siècle. La guerre du Viêtnam revient dans quatre des nominations. L’une concerne un reportage de CBS Evening News, réalisé en 1965 par Morley Safer auprès des Marines au Sud-Viêtnam. Le professeur de l’université de New York, et écrivain, Mitchell Stephens le soumet comme « un reportage décrivant les atrocités commises par les soldats américains dans le hameau de Cam Ne, au Viêtnam ». Dans son livre, A History of News, il parle de « Marines qui, face à une poche de résistance, mettent leurs briquets sur les toits de chaume pour nettoyer Cam Ne » . Le reportage vidéo de Morley Safer et les photos qui en sont tirées furent abondamment diffusées, et sont parmi les plus célèbres de la guerre du Viêtnam1. Mais que s’est-il vraiment passé le 3 août 1965 dans un des hameaux du village de Cam Ne ? Présenté par Morley Safer comme la destruction délibérée et inconsidérée d’un village sud-viêtnamien par les Marines, bouleversant l’image traditionnelle plutôt positive du soldat américain dans les média contemporains, l’incident de Cam Ne s’inscrit dans le contexte de l’escalade de l’engagement américain au Viêtnam à l’été 1965, qui introduit de nouvelles logiques dans le conflit.

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De l’action « au-delà de l’horizon » à la stabilisation des « littoraux chaotiques »: la doctrine des Marines (mise à jour)

Written by Stephane Taillat on juin 2, 2009 – 2:04 -

Stéphane Taillat nous parle des Marines… Et démontre que l’on peut parler de « contre-insurrection » et de la Mer.


usmc

Sur le plan géostratégique, la Mer n’est pas seulement l’étendue des eaux qui couvrent l’immense majorité de la superficie terrestre. Son contrôle n’est pas seulement celui des voies de communication stratégiques mais aussi des points d’appui aéronavals et, plus largement, des littoraux. Cette question est d’autant plus cruciale que l’on assiste à une « maritimisation » de l’économie (les activités se concentrent sur les littoraux) et de la population (une part croissante de la population de la planète réside à moins de 50 km des côtes).

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