Force minimale et politique maximale : quel équilibre ?

Written by R Lalanne on mars 5, 2010 – 6:00 -

Dans un discours prononcé mercredi 3 mars à la Kansas State University, l’amiral Mullen, Chairman of the Joint Chiefs of Staff des forces armées américaines, s’est dit favorable à un meilleur contrôle de l’usage de la force. Son propos faisait notamment référence aux appuis-feux aériens et aux tirs d’artillerie, alors que les conditions d’obtention de ces derniers ont été relevées durant l’Opération Moshtarak dans le sud afghan.


U.S. Navy Adm. Mike Mullen, chairman of the Joint Chiefs of Staff

Cette déclaration n’est pas vraiment surprenante dès lors qu’on prend en compte les réorientations stratégiques intervenues l’année dernière, notamment les consignes de restriction de l’usage de la force données par le général McChrystall. Conscient de l’effet médiatiquement et stratégiquement désastreux des dommages collatéraux, le commandent de la FIAS avait notamment exigé une limitation des frappes aériennes. Mais le fait que ce soit le Chairman of the Joint Chieff of Staff qui le dise semble confirmer une intégration par le haut des effets politiques de la force ce qui, au vue de la culture stratégique américaine, ne va pas de soi. Rien de très neuf donc. Depuis le FM 3-24 Counterinsurgency (2006), la contre-insurrection suppose en effet d’accepter le risque de court terme comme relevant d’une nécessité opérationnelle qui garantira, à plus long terme, la disparition progressive de l’insurrection.


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