Posts Tagged ‘Analyse de la politique étrangère’
Stratégie et politique étrangère américaine (1): la « nouvelle dissuasion »
Written by Stephane Taillat on novembre 15, 2011 – 8:00 -Ce billet est le premier d’une chronique régulière concernant la politique étrangère américaine sous un angle stratégique. Analyser l’articulation entre les fins poursuivies, les voies empruntées et les moyens mis en oeuvre nécessite en effet de s’interroger non seulement sur leur cohérence, mais aussi sur la pertinence et les effets des stratégies poursuivies.
Dans un cadre plus large, il s’agit de comprendre la logique qui anime les acteurs en charge de la définition, de la formulation et de l’application de la politique étrangère. Cette logique articule souvent intérêts bureaucratiques, perception des problèmes et des solutions, rapports de force politiques. Il importe aussi de saisir les tensions internes à ce processus entre la compétence politique (l’autorité et la légitimité de la décision) et l’expertise technique (la connaissance et la préconisation des voies et des moyens).

La question de la lutte contre le terrorisme est au coeur de Counter-Strike. The Untold Story of America’s Secret Campaign against Al Qaeda rédigé par Tom Shanker et Eric Schmitt. Paru en septembre 2011, le livre s’appuie sur une série d’entretiens et de témoignages pour rendre compte de la stratégie contre-terroriste progressivement élaborée et appliquée par les Etats-Unis depuis le 11 Septembre. Il montre ainsi comment celle-ci s’est peu à peu élargie à tous les acteurs de la sécurité nationale. Mais également comment une stratégie initiale de coercition et de représailles a fait la place à une stratégie dite de « nouvelle dissuasion ».
Tags: Analyse de la politique étrangère, Barack Obama, contre-insurrection, contre-terrorisme, Diplomatie, drone, George W. Bush, Obama, opérations spéciales, politique étrangère américaine, Terrorisme
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Entretien avec Josselin de Rohan
Written by AGS on février 17, 2011 – 9:52 -Monsieur Josselin de Rohan, président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, a bien voulu répondre à quelques questions d’AGS : nous l’en remercions vivement, flattés de l’attention qu’il nous marque, et surtout intéressés par son avis sur la situation stratégique de la France.
1/ Monsieur le président, quel bilan tirez-vous du récent sommet de l’Alliance atlantique à Lisbonne, du point de vue français ?
Le bilan du sommet de Lisbonne me semble très largement positif au regard des orientations que la France souhaite promouvoir dans l’Alliance atlantique.
Je retiendrai quatre points principaux.
Tout d’abord, l’adoption du nouveau concept stratégique. Il met l’Alliance en phase avec le nouvel environnement de sécurité et les nouvelles menaces, comme les cyberattaques, sans pour autant la détourner de sa vocation, celle d’une organisation euro-atlantique de défense et de sécurité. L’approche réaliste et pragmatique a prévalu. L’OTAN ne doit et ne peut tout faire. Elle doit se concentrer sur sa vocation militaire, en maintenant la crédibilité de la défense collective et en renforçant son aptitude à mener des opérations de gestion de crise. Son intervention dans de nouveaux champs d’action, comme la cyberdéfense ou la sécurisation des voies d’approvisionnement, ne se conçoit que lorsqu’elle peut apporter une réelle valeur ajoutée. Le concept stratégique insiste à juste titre sur le nécessaire partenariat avec les autres organisations internationales.
Tags: Analyse de la politique étrangère, Europe, France, OSCE, OTAN, politique de défense européenne, Union Européenne
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Force minimale et politique maximale : quel équilibre ?
Written by R Lalanne on mars 5, 2010 – 6:00 -Dans un discours prononcé mercredi 3 mars à la Kansas State University, l’amiral Mullen, Chairman of the Joint Chiefs of Staff des forces armées américaines, s’est dit favorable à un meilleur contrôle de l’usage de la force. Son propos faisait notamment référence aux appuis-feux aériens et aux tirs d’artillerie, alors que les conditions d’obtention de ces derniers ont été relevées durant l’Opération Moshtarak dans le sud afghan.

Cette déclaration n’est pas vraiment surprenante dès lors qu’on prend en compte les réorientations stratégiques intervenues l’année dernière, notamment les consignes de restriction de l’usage de la force données par le général McChrystall. Conscient de l’effet médiatiquement et stratégiquement désastreux des dommages collatéraux, le commandent de la FIAS avait notamment exigé une limitation des frappes aériennes. Mais le fait que ce soit le Chairman of the Joint Chieff of Staff qui le dise semble confirmer une intégration par le haut des effets politiques de la force ce qui, au vue de la culture stratégique américaine, ne va pas de soi. Rien de très neuf donc. Depuis le FM 3-24 Counterinsurgency (2006), la contre-insurrection suppose en effet d’accepter le risque de court terme comme relevant d’une nécessité opérationnelle qui garantira, à plus long terme, la disparition progressive de l’insurrection.
Tags: Analyse de la politique étrangère, contre-insurrection, Etats-Unis, Théories de relations internationales
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