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	<title>Alliance Géostratégique</title>
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		<title>L&#8217;illusion d&#8217;anonymat</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jun 2013 06:30:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Auteurs invites</dc:creator>
				<category><![CDATA[Technologie]]></category>
		<category><![CDATA[algorithmes]]></category>
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		<description><![CDATA[Unique dans la foule par nos conversations téléphoniques ! Une étude récente [1] publiée le 25 mars 2013 dans la revue Nature réalisée par une équipe de chercheurs du MIT et de l&#8217;Institut Catholique de Louvain (Yves Alexandre de Montjoye, &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/19/lillusion-danonymat/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="LEFT"><span style="color: #333333;"><b style="font-size: medium; font-family: Arial, sans-serif;">Unique dans la foule par nos conversations téléphoniques !</b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Une étude récente [1] publiée le 25 mars 2013 dans la revue Nature réalisée par une équipe de chercheurs du MIT et de l&rsquo;Institut Catholique de Louvain (Yves Alexandre de Montjoye, César A Hidalgo, Michel Verleysen) vient confirmer un sentiment partagé par de nombreux chercheurs en théorie de l&rsquo;information : nous surestimons fortement notre anonymat numérique et sous-estimons notre unicité au sein d&rsquo;une foule. </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;équipe du MIT vient de montrer en effet qu&rsquo;il suffit de quatre repères spatio-temporels de type métadonnées pour déterminer dans 95% des cas, l&rsquo;identité d&rsquo;un individu utilisant un réseau de communication téléphonique.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/digital_eye.jpg"><span style="color: #333333;"><img class="aligncenter size-full wp-image-16306" alt="digital_eye" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/digital_eye.jpg" width="470" height="264" /></span></a></span></p>
<p style="text-align: center;" align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><strong>« <i>Ils sont plus de deux mille et je ne vois qu&rsquo;eux deux &#8230;</i> » J. Brel</strong></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Les repères utilisés sont par exemple le lieu ou l&rsquo;heure de l&rsquo;appel téléphonique. L&rsquo;identité de la cible est inconnue, seules ses traces de mobilité sont analysées. Ce résultat spectaculaire montre que le concept d&rsquo;anonymat d&rsquo;un individu utilisateur d&rsquo;un réseau de téléphonie mobile est à la fois hautement abstrait, fragile, surestimé et que quatre traces informationnelles suffisent dans la majorité des cas à le faire voler en éclat.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span id="more-16305"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;étude a été menée à partir des données de mobilité d&rsquo;un ensemble de 1,5 millions d&rsquo;utilisateurs d&rsquo;un réseau de téléphonie mobile. La collecte des données a eu lieu entre avril 2006 et juin 2007 dans un pays occidental.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Lorsque l&rsquo;utilisateur interagit avec le réseau de téléphonie par le lancement ou la réception d&rsquo;un appel ou d&rsquo;un SMS, l&rsquo;emplacement de l&rsquo;antenne de connexion relais est enregistré ainsi que l&rsquo;heure de l&rsquo;appel. La résolution spatiale de l&rsquo;ensemble de données est égale à la moitié de la distance maximale séparant les antennes. La résolution temporelle de l&rsquo;ensemble est exprimée en heures.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Une mesure du caractère d&rsquo;unicité des traces de mobilité E (ou unicité de mobilité humaine) est construite à partir des données collectées, et s&rsquo;exprime selon la formule :</span></span></p>
<p align="CENTER"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">E = a – (v . h)<sup>B</sup></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">h est la résolution temporelle, v la résolution spatiale liée au nombre d&rsquo;antennes. B est un exposant linéairement lié aux nombres de traces de mobilité, par exemple B = &#8211; p / 100 avec p traces utilisées (en pratique p = 4 suffit à l&rsquo;identification). La quantité « a » est une constante d&rsquo;ajustement liée au système.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">En moyenne, l&rsquo;étude rapporte 114 interactions par utilisateur, par mois, sur un réseau de 6500 antennes référencées. Ces antennes sont distribuées sur le territoire en servant environ 2000 habitants par antenne et couvrant des zones géographiques de 0.15 km² en secteur urbain et 15 km² en zone rurale. Le nombre d&rsquo;antennes est bien entendu corrélé à la densité de population. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Les traces de mobilité n&rsquo;ont pas toutes la même valeur informationnelle. Ainsi, une communication téléphonique passée à midi en plein centre de Paris est moins spécifique, moins parlante qu&rsquo;un appel passé à quatre heures du matin depuis une clairière de la forêt de Fontainebleau.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;étude démontre que quatre traces ou points choisis au hasard sont suffisants pour caractériser de façon unique 95% des utilisateurs du réseau ; c&rsquo;est-à-dire que E &gt; 0.95. De la même façon, deux points choisis au hasard caractérisent de façon unique plus de 50% des utilisateurs : E &gt;0.5.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Ces deux résultats prouvent que nos traces de mobilité sont globalement uniques et qu&rsquo;il ne faut pas espérer passer inaperçu en tant qu&rsquo;utilisateur d&rsquo;un réseau de téléphonie.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Très peu d&rsquo;information extérieure (de type métadonnée) est nécessaire pour identifier de façon presque certaine la trace d&rsquo;un individu ciblé et l&rsquo;effort de calcul que doit fournir un système de surveillance globalisé lors d&rsquo;une identification et du suivi d&rsquo;une cible s&rsquo;avère extrêmement réduit (quatre traces suffisent)&#8230;</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;"><b>Unique sur internet par nos projections algorithmiques !</b></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Le résultat précédent s&rsquo;étend d&rsquo;une certaine façon aux traces que nous produisons lors de nos interactions numériques. La notion de projection algorithmique [2] , inédite dans le formalisme qui la sous-tend, permet de décrire certaines interactions du cyberespace. Sa définition la rend compatible avec une collecte et une analyse automatisées.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Même anonymé, un utilisateur régulier d&rsquo;un réseau social ou d&rsquo;un site de vente en ligne transfère vers le système, volontairement ou non, une quantité d&rsquo;informations qui, croisées entre elles à la manière des quatre traces précédentes, finissent par abolir complètement l&rsquo;anonymat initial. Cette perte d&rsquo;anonymat résultant du croisement de données est souvent sous-estimée par un opérateur qui ne mesure pas toujours l&rsquo;importance de l&rsquo;information déduite.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Il est possible de définir de façon formelle l&rsquo;information résultant de chaque interaction en fixant le concept de projection algorithmique d&rsquo;un individu H décidant l&rsquo;exécution d&rsquo;un algorithme A sur un système de calcul et de stockage noté S.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Nous appelons projection algorithmique de H sur S selon A, et notons P<sub>S</sub>(H/A) l&rsquo;ensemble de mots binaires finis (des mots formés d&rsquo;une suite finie de 0 et de 1) archivés sur S et résultant de l&rsquo;exécution de A sur S décidée par H.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Cette projection est scindée en deux sous-ensembles disjoints.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">On y retrouve d&rsquo;une part la projection ouverte notée PO<sub>S</sub>(H/A) qui contient l&rsquo;information archivée sur S accessible à tout utilisateur ou tout système extérieur. Elle constitue la composante ouverte et publique de la projection.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">On la complète par la projection fermée notée PF<sub>S</sub>(H/A) réunissant les mots binaires archivés sur les unités de stockage de S, maintenus privés, et réservés au seul groupe supervisant le système S (ses administrateurs par exemple, dans le cas d&rsquo;une supervision de nature humaine).</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">La projection s&rsquo;exprime donc comme une réunion disjointe : P<sub>S</sub>(H/A) = PO<sub>S</sub>(H/A) U PF<sub>S</sub>(H/A). On considère ensuite la réunion des ensembles P<sub>S</sub>(H/A) prise sur tous les algorithmes exécutables sur S.</span></span></p>
<p align="CENTER"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">P<sub>S</sub>(H) = U<sub>A </sub>P<sub>S</sub>(H/A)</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Cette projection informationnelle de l&rsquo;opérateur H relativement au système S se scinde naturellement en deux sous-ensembles, l&rsquo;un ouvert noté PO<sub>S</sub>(H) et l&rsquo;autre PF<sub>S</sub>(H) fermé et accessible aux seuls administrateurs-superviseurs du système de calcul S : </span></span></p>
<p align="CENTER"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">P<sub>S</sub>(H) = PO<sub>S</sub>(H) U PF<sub>S</sub>(H) </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">On notera que le superviseur de S peut lui-même être un système de calcul œuvrant dans le cadre d&rsquo;un système spécifiant un système.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Enfin, la projection globale notée P(H) est obtenue en considérant la réunion sur tous les systèmes S des ensembles P<sub>S</sub>(H) . Ainsi, P(H) = U<sub>S </sub>P<sub>S</sub>(H) doit être vue comme notre reflet numérique global. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">La projection P<sub>S</sub>(H) s&rsquo;enrichit lors de chaque nouvelle interaction algorithmique décidée par l&rsquo;opérateur humain H. L&rsquo;apport peut être redondant ou complémentaire.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Globalement, l&rsquo;information brute augmente au sein de cette projection et constitue une cible de choix pour tout programme de collecte d&rsquo;information (data mining).</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Ces programmes ou agents logiciels agissent au bénéfice de bases de données (big data) à finalité de marketing, d&rsquo;études de tendances, ou lors de collecte d&rsquo;information ouverte.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">La pratique ROSO du renseignement obtenu à partir de sources ouvertes entre dans le cadre de ce formalisme. Il suffit de croiser les informations puisées dans les projections relatives à un algorithme A pour déduire, de façon automatique ou par calcul humain, un nouvel ensemble structuré et plus riche que l&rsquo;ensemble des projections initiales.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;analyste, qu&rsquo;il soit de nature humaine ou de nature algorithmique, peut également provoquer l&rsquo;apport de projections complémentaires et l&rsquo;enrichissement de la projection globale en activant des boucles de rétroactions opérant entre l&rsquo;opérateur humain ciblé et sa projection algorithmique. On y trouve par exemple des boucles d’intérêt, des boucles narcissiques de valorisation, et des boucles addictives.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Les notions d&rsquo;identité numérique et de réputation numérique s&rsquo;intègrent naturellement dans la définition plus large de projection algorithmique de l&rsquo;opérateur H relativement au système S. L’intérêt d&rsquo;un tel formalisme est de décomposer l&rsquo;information selon le type d&rsquo;algorithme envisagé et de créer des partitions sémantiquement exploitables par un système d&rsquo;analyse automatisé. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Un phénomène concret comme l&rsquo;auto-radicalisation d&rsquo;un individu fréquentant régulièrement un site militant extrémiste peut être décrit en associant le concept de concurrences algorithmiques à celui de projections. Dans tous les cas, une boucle de transfert d&rsquo;information s&rsquo;installe entre l&rsquo;opérateur et le site concerné avec une « volonté algorithmique » de contrôler et de cadenasser la cible humaine. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;étude détaillée et exhaustive des boucles de rétroactions liant l&rsquo;opérateur et sa projection algorithmique s&rsquo;impose dès lors que l&rsquo;on souhaite installer puis exploiter un système automatisé de collecte de données. La recherche de corrélations ou de similarités entre données passe par l&rsquo;analyse de l&rsquo;information issue des dynamiques propres à chaque boucle.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Les systèmes de surveillance automatisés et de détection de menaces, à l&rsquo;image du projet européen INDECT ou de son grand frère PRISM, exploitent actuellement les projections algorithmiques de façon très élémentaire (via des groupes de mots-clés et des relations).</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;analyse du contenu informationnel des projections et de leurs relations va s&rsquo;enrichir au niveau sémantique et permettre à terme une compréhension proche de ce qu&rsquo;un cerveau humain peut déduire d&rsquo;un ensemble réduit de données. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">En attendant cette montée en puissance, soyons tous conscients que notre anonymat ne tient qu&rsquo;à quatre traces !</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><b>Thierry Berthier</b></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> est Maitre de Conférences en Mathématiques.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">[1] <span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.nature.com/srep/2013/130325/srep01376/full/srep01376.html" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Unique in the Crowd : The privacy bounds of human mobility</span></a></span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">[2] Projections algorithmiques – systémique du cyberespace – T Berthier – en préparation</span></span></p>
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		<title>Le Cyberespace &#8211; Nouveau domaine de la pensée stratégique (Economica)</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Jun 2013 04:10:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Kempf</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est avec un grand plaisir que je vous présente le deuxième opus de la collection Cyberstratégie ; &#171;&#160;Cyberespace, nouveau domaine de la pensée stratégique&#171;&#160;. Souvenez-vous : il y a dix-huit mois, une bande de passionnés organisait un colloque fondateur (seminal, en bon &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/18/le-cyberespace-nouveau-domaine-de-la-pensee-strategique-economica/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">C&rsquo;est avec un grand plaisir que je vous présente le deuxième opus de la collection Cyberstratégie ;</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> &laquo;&nbsp;</span></span><em><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.economica.fr/le-cyberespace-nouveau-domaine-de-la-pensee-strategique,fr,4,9782717865684.cfm"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cyberespace, nouveau domaine de la pensée stratégique</span></span></span></a></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&laquo;&nbsp;.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/couv_cyber_nouveau_domaine_strategique.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16311" alt="couv_cyber_nouveau_domaine_strategique" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/couv_cyber_nouveau_domaine_strategique.jpg" width="289" height="448" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Souvenez-vous : il y a dix-huit mois, une bande de passionnés organisait un colloque fondateur (</span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">seminal</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, en bon franglais) sur la stratégie du cyberespace. Le sujet émergeait à peine en France, et s&rsquo;il y avait eu des précurseurs (</span></span><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Daniel Ventre, François-Bernard Huyghe</span></span></strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">), cela ne passionnait pas encore les foules. Certes, le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale de 2008 avait eu des paroles prophétiques. Certes, l&rsquo;attaque contre Bercy en 2010 avait soulevé l&rsquo;intérêt. Certes, on parlait de Stuxnet ou de l&rsquo;attaque en Géorgie. Certes, quelques blogueurs fanas en parlaient, et notamment ceux d&rsquo;Alliance Géostratégique. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs avec les alliés d&rsquo;AGS que nous avions publié quelques billets dans un &laquo;&nbsp;thème du mois&nbsp;&raquo; fameux, puis nous en avions tiré un &laquo;&nbsp;Cahier d&rsquo;AGS&nbsp;&raquo; sur les</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> &laquo;&nbsp;</span></span><em><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2011/09/30/Stratégies-du-cyberespace"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Stratégies dans le cyberespace</span></span></span></a></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&laquo;&nbsp;</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">que nous avions coordonné,<strong> Stéphane</strong> </span></span><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dossé </span></span></strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">et moi-même, en septembre 2011. C&rsquo;est d’ailleurs à cette suite que </span></span><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Christian Malis</span></span></strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, du centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC) nous avait contacté pour organiser</span></span><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2011/11/05/Colloque-%3A-Cyber-strtaégie%2C-un-nouveau-domaine-de-la-pensée-stratégique"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">ce colloque</span></span></span></a><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">qui s&rsquo;est donc déroulé en novembre 2012.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span id="more-16310"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Voici donc un ouvrage publié par le trio dont je vous ai parlé, avec le partenariat d&rsquo;AGS, du CREC et de CEIS. De belles plumes car hormis </span></span><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Daniel Ventre</span></span></strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> qui était déjà retenu à cette date, quasiment tout le monde était là : </span></span><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">B.Boyer, A.Esterle, C.Daviot, J.Henrotin, M.Watin-Augouard</span></span></strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, des membres d&rsquo;AGS (</span></span><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">C.Bwele, E.Hazane, S.Dossé, O.Kempf</span></span></strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">) ou des experts (</span></span><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">A.Bonnemaison, F.Chauvancy, L.Ifrah, S.de Maupeou, G Tissier</span></span></strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">). Au final, voici un livre qui rassemble des contributions fort riches et qui couvrent l&rsquo;ensemble des questions de cyberstratégie.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;ouvrage ne reprend pas exactement l&rsquo;articulation du colloque. Une première partie s&rsquo;intitule &laquo;&nbsp;</span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Penser stratégiquement le cyberespace</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&laquo;&nbsp;. La seconde : &laquo;&nbsp;</span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cyber géopolitique</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&laquo;&nbsp;; La dernière : &laquo;&nbsp;</span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Penser opérationnellement la cyberguerre</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&laquo;&nbsp;. Vous trouverez ci-dessous le sommaire détaillé, ainsi que l&rsquo;introduction générale. Vous pouvez commander le livre</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> </span></span><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.economica.fr/le-cyberespace-nouveau-domaine-de-la-pensee-strategique,fr,4,9782717865684.cfm"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">directement chez Economica</span></span></span></a></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">(19 €),</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> ce sera plus efficace que si vous passez par les vendeurs en ligne. Bonne lecture.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Sommaire détaillé</span></span></strong></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Préface.</b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b> </b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Christian Malis . . .. . .5</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Avant-propos.</b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> Général Marc Watin-Augouard . . . . . . . 7</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Première partie : Penser stratégiquement le cyberespace</b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> . . . . . 15</span></span></span></p>
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<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Une sémantique à qualifier : cybersécurité, cyberguerre, cyberdéfense&#8230; <b>Stanislas de Maupeou</b> . .. . . 17</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cyberstratégie et modèles stratégiques dits classiques : de la pertinence de quelques analogies. <b>Joseph Henrotin</b> . . . . . . 22</span></span></span></p>
</li>
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<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Une Cyberstratégie ? <b>François-Bernard Huyghe</b> . . . . . . 33</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La pensée stratégique au défi du hacking et de la cyberguerre. <b>Charles Bwele</b> . .. . . 41</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La dissuasion nucléaire est-elle un modèle stratégique transposable au cyberespace ? <b>Alain Esterle</b> . . . .. . . . 51</span></span></span></p>
</li>
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<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Principes stratégiques du cyber. <b>Olivier Kempf</b> . . . . . 69</span></span></span></p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Deuxième partie : Cyber géopolitique</b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b> </b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. . . . . . . . . . . . . . . . . . 79</span></span></span></p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Internet ouvert et souveraineté numérique : existe-t-il des frontières dans le cyberspace ? <b>Eric Hazane</b> . . . . . . . 81</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le cyberespace : un espace politique, un enjeu de puissance. <b>Guillaume Tissier</b> . . .. . . . . . . . . 89</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L’encadrement juridique de la cyberdéfense. <b>Barbara Louis-Sidney</b> . . . .. . 97</span></span></span></p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Troisième partie : Penser opérationnellement la cyberguerre</b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. . . . . . . 113</span></span></span></p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Peut-on parler de guerre dans le cyberespace ? <b>Stéphane Dossé</b> . . . . . 115</span></span></span></p>
</li>
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<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cyberespace, opérations d’information, influence. <b>François Chauvancy</b> . . 122</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Vers un « combat cyberélectronique » ? <b>Aymeric Bonnemaison</b> . . . . . . . . 129</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cyberguerre, qui franchira le Rubicon ? <b>Bertrand Boyer</b> . . . . 134</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Analyse des cyberconflits récents. <b>Laurence Ifrah</b> . . . . . . . . . . . 143</span></span></span></p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Conclusion</b></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> . . 149</span></span></span></p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Bibliographie . . 163</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Sigles et acronymes . . . 169</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les auteurs . . . . . . . 171</span></span></span></p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Introduction générale</span></span></strong></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En 1921, dans la foulée du premier conflit mondial, Giulio Douhet avec Il dominio dell’aria rédigeait le premier traité de stratégie aérienne. Il y énonçait les concepts fondamentaux de l’un des deux paradigmes de la lutte aérienne, celui de la guerre stratégique. En 1945 et 1946, quelques mois après Hiroshima, le Français Raoul Castex avec ses Aperçus sur la bombe atomique</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> </span></span><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/1945"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">1945</span></span></span></a></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">puis l’Américain Bernard Brodie avec </span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">The Absolute Weapon</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> énonçaient ceux de ce qu’on appellerait bientôt la « stratégie nucléaire ».</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">De l’Estonie à « Stuxnet », la « cyberguerre » est devenue une réalité des relations internationales. L’Amérique par des investissements considérables s’efforce de creuser l’écart en termes de capacités opérationnelles, et les attaques cybernétiques sont une réalité quotidienne. Le cyberespace, domaine stratégique émergent, lui aussi caractérisé, comme l’aérien et le nucléaire en leurs temps, par l’évolution ultra-rapide des technologies sous-jacentes, n’appelle-t-il pas le développement d’une « cyberstratégie » et de ses concepts fondamentaux ?</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il faut penser stratégiquement le cyberespace. Tels sont le thème et la raison d’être de cet ouvrage. Il est issu d’un colloque qui s’est tenu le 29 novembre 2011, organisé de manière partenariale par le Centre de Recherches des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et Alliance Géostratégique (AGS), avec le parrainage de la Compagnie Européenne d’Intelligence Stratégique (CEIS) et le soutien de deux revues de stratégie, la Revue de Défense Nationale et Défense et Sécurité Internationales (DSI). S’il prétend être l’un des tous premiers ouvrages, en français, proposant d’appréhender de manière globale la stratégie du cyberespace, il s’inscrit cependant dans des programmes de travail plus anciens sur les transformations contemporaines de la stratégie et de la conflictualité.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Côté AGS, il fait suite à l’ouvrage collectif de l’Alliance Géostratégique <i>Stratégies dans le cyberespace</i>, 2e numéro de la collection « Cahiers d’Alliance Géostratégique » (Kempf &amp; Dossé, 2011). Ce texte lui-même fixe synthétiquement l’état d’un débat numérique continu et nourri depuis de nombreux mois sur les différents blogs d’AGS. Par ailleurs, Saint-Cyr se trouve engagé depuis cinq ans, avec divers partenaires universitaires comme l’Université d’Oxford et le CNRS, dans un vaste programme de recherche sur les transformations de la guerre. Certaines des dimensions étudiées sont à dominante humaine et culturelle – la guerre irrégulière, la culture de guerre et les modes d’organisation des entités combattantes du monde arabo-musulman, la privatisation de l’action militaire. D’autres sont à dominante technique, comme la robotisation du champ de bataille, tous travaux qui se poursuivent encore. En première approche, tout au moins, c’est de ce pôle technologique de la transformation des conflits que relève la « cyberguerre », le cyberespace ayant cette propriété unique parmi les autres milieux d’être entièrement anthropogène (man-made disent les Anglo-Saxons). </span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En même temps il a cette particularité de recouper tous les autres thèmes de préoccupation de Saint-Cyr. Le cyberespace en effet est un lieu privilégié de l’irrégularité – la cyberguerre est souvent présentée comme étant l’archétype de l’asymétrie et de l’action irrégulière. Patrouillé en tous sens par des agents virtuels, il représente par ailleurs une forme avancée de la robotisation. Enfin, son infrastructure est civile à 90 % et certains États recourent facilement aux services de « hackers » sans uniforme pour conduire leurs actions, de sorte que la privatisation de la violence semble une donnée structurelle du « cyberespace » (certains analystes ont suggéré l’idée de « cyberSMP »). Mais aussi c’est un milieu hybride et paradoxal, improbable alliance d’humain et de technologique : espace intégralement artificiel il est plus vide d’hommes que l’espace extra-atmosphérique, où s’aventurent parfois quelques hommes en combinaison. Et sous un autre angle c’est un espace surpeuplé, un caravansérail virtuel. Une territorialisation inédite s’y manifeste : ne dit-on pas que Facebook est le premier et le plus peuplé des États numériques, avec plus de 800 millions de « citoyens » ?</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">À objet nouveau, approche stratégique nouvelle. Pour les auteurs, que pour l’anecdote rassemblait il y a quelques mois un débat stratégique passionné dans un café proche de l’École Militaire, il y eut au point de départ une floraison de questions : la cyberstratégie est-elle nécessaire ? Quels peuvent être ses concepts et modèles ? Hors de France, aux États-Unis, en Inde, en Grande-Bretagne, à l’OTAN, en Chine, en Russie, quel est l’état de la pensée cyberstratégique ? Quel rapport entre la cyberstratégie et les opérations militaires ? Le cyberespace est-il un milieu « comme les autres » ? Quelles directions emprunte la coopération internationale en particulier dans le domaine de la maîtrise des armements ? Existe-t-il un écart entre les postures déclaratives et la réalité des cyberstratégies des États ? Comment distinguer, dans la réalité et la doctrine, stratégie du cyberespace, opérations d’information, influence ? La dualité est-elle intrinsèque à la cyberstratégie ? Y a-t-il une place pour une pensée cyberstratégique française originale ?</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Une réflexion d’ensemble ne pouvait être que multidisciplinaire, l’approche stratégique supposant, plus que sur tout autre sujet, d’embrasser d’un même regard les aspects militaires, juridiques, économiques, sociaux, diplomatiques. D’où la variété des spécialistes dont on va découvrir les contributions : militaires, analystes stratégiques, journalistes, juristes, consultants en informatique, industriels, hauts-fonctionnaires.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il fut par ailleurs décidé de structurer le foisonnement des interrogations selon quatre approches. Les deux premières relèvent de la théorie stratégique proprement dite. Pour commencer, il convient de délimiter le champ à couvrir. Le signe que nous sommes encore dans l’enfance de ce qui, à l’instar de la puissance aérienne dans les années vingt et de la dissuasion nucléaire dans les années cinquante, est en train de devenir un champ stratégique à part entière, c’est que le vocabulaire de base demeure confus et les concepts flous. Certes, un document officiel comme le Dictionnaire de termes militaires (<i>Dictionnary of Military Terms</i>) du Pentagone donne une définition du « cyberespace » : « <em>A global domain within the information environment consisting of the interdependent network of information technology infrastructures, including the Internet, telecommunication networks, computer systems, and embedded processors and controller</em> » (DOD, 2008). </span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Mais dans l’ensemble, malgré de récents efforts de normalisation sémantique en France, on est en peine de définitions communément acceptées de notions comme « cyberguerre », « cybersécurité », « cyberdéfense », « cybercriminalité », « guerre de l’information », etc. Le même Dictionnaire du Pentagone, un volume de 800 pages, ne propose pas même une définition de la « cyberguerre ». Par ailleurs, notre première partie s’intéresse à l’aspect juridique qui semble de première importance dans la cyberstratégie, étant donné l’imbrication des infrastructures civiles / gouvernementales et le fait que les cyberattaques risquent de se déclencher en dehors de tout contexte de conflit déclaré.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Hors de France l’univers des stratégistes s’est bel et bien mis en branle. Citons, du côté des États-Unis, deux études qui ont plus particulièrement fait date dernièrement dans le débat public : celle de Martin Libicki, </span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cyberdeterrence and Cyberwar</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> (Libicki, 2009), et le rapport du CSIS, « </span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Securing Cyberspace for the 44th Presidency</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> »</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> </span></span><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/CSIS,%202008"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">CSIS, 2008</span></span></span></a></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">légèrement antérieur. C’est donc à une réflexion française sur les principes et les modèles que nous convie la deuxième partie de cet ouvrage. </span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L’arme informatique semble difficile à situer sur le spectre des menaces. D’une part la difficulté à identifier la source de l’agression – la fameuse « attribution » – devrait faire de cette arme un moyen de pression politico-militaire et de stratégie indirecte. D’autre part, on parle beaucoup du risque d’un « Pearl Harbour » électronique et on s’interroge sur la « résilience » de nos sociétés hyperconnectées. Aussi la faculté de « représailles équivalentes » &#8211; « retaliate in kind », l’expression employée dès 1946 par Bernard Brodie pour caractériser ce qu’on devait bientôt appeler la dissuasion – pourrait sembler, tout au moins en première approche, la seule solution de défense. Le modèle de la dissuasion nucléaire est-il transposable au cyberespace ? Ne faut-il pas en trouver d’autres et inventer une conceptualisation spécifique qui emprunte ses traits aux uns et aux autres, y compris aux plus improbables comme la guerre terrestre ? </span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Du côté des États, on est déjà passé à la pratique et l’étude des postures déclaratives s’impose également. Autant elle est fondamentale en stratégie nucléaire, où la doctrine et ses adaptations font l’objet de déclarations publiques avec le maximum de publicité (cf. les discours de McNamara dans les années soixante, le discours de Brejnev à Toula en 1977, etc.), autant dans le cybermonde la discrétion et même l’ambiguïté dans les objectifs et les origines des actions semblent, jusqu’ici tout au moins, la règle.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La pratique, ce sont aussi les opérations militaires. Si l’actualité est plutôt à l’espionnage informatique et au sabotage de grand style (Stuxnet), l’incursion prochaine de la lutte cybernétique dans l’art opérationnel ne fait guère de doute. L’une des raisons de fond a été relevée par Rod Thornton, réfléchissant à la stratégie d’une puissance comme la Chine et constatant à quel point les C4I sont devenus la colonne vertébrale des forces armées occidentales modernes : « <em>Des adversaires comme la Chine ont là une occasion merveilleuse sous la forme d’ennemis potentiels qui se reposent à ce point sur l’information. Frappez un tel centre de gravité avec résolution, et la confiance dans l’information risque de tourner au réducteur de forces plus qu’au multiplicateur. Dans le modèle action-réaction, la Chine ne cherchera pas à égaler notre maîtrise de l’information, mais à la saper </em>» (Thornton, 2008). </span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La R&amp;D militaire, signe tangible, s’est discrètement emparée du sujet, et la réflexion sur la cyberprotection des systèmes d’information commence à s’étendre aux systèmes d’armes. On ne pouvait donc s’affranchir d’une réflexion pour commencer doctrinale, car le domaine est déjà occupé par de puissants personnages, comme la guerre de l’information, d’autres plus émergents, comme l’influence, dont la cyberdéfense doit bien se démarquer. Mais c’est aussi à la tactique et à l’opératique de la « cyber » que sont consacrées les contributions de la troisième partie de cet ouvrage avec, par exemple, la question de la convergence potentielle entre guerre électronique et lutte informatique.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Toute nouvelle réalité stratégique de grande envergure devient un objet pour la diplomatie et influence les relations internationales. C’est à ce thème qu’est consacrée notre quatrième partie. Conventions et traités furent utilisés pour tâcher de circonscrire dans les années vingt et trente l’emploi de l’arme aérienne, notamment stratégique. Avec le nucléaire, la diplomatie entre les deux Grands s’était, jusqu’à un certain point, quasi confondue avec la dialectique des armements et l’effort pour en maîtriser l’expansion à partir des années soixante. De manière caractéristique le champ cybernétique est devenu partie intégrante des négociations sur la maîtrise des armements, tandis que les États nouent des alliances bilatérales pour le partage d’information sur la menace, comme récemment les États-Unis et l’Inde. Franchira-t-on le Rubicon de la guerre ? La Russie a expérimenté la cyberattaque comme outil stratégique et tactique dans un contexte de guerre (Géorgie 2008) ou d’agression non déclarée (Estonie 2007). La Chine est peut-être le pays le plus en pointe en ce qui concerne le recours à l’attaque informatique « <i>short of war</i> » : les fameux « hackers patriotiques », l’espionnage informatique, l’attaque de réseaux étrangers (un sport quotidien contre les États-Unis, semble-t-il) en sont les signes visibles. L’Inde, notamment du fait de sa perception de la menace chinoise, investit considérablement dans la « cyberdéfense stratégique » (Donnette, 2009) : la « cyberguerre stratégique » est possible, entend-on dire du côté de certains stratèges de New Dehli, mais elle échapperait vite à tout contrôle. Aussi l’auto-limitation n’est-elle pas le scénario le plus probable ?</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><br />
***</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le cyberespace est un nouveau milieu qui aura ses propres règles. La nature de l’Internet futur, qui en constitue une partie importante, étant difficile à prévoir puisque par sa nature il dépend beaucoup des utilisateurs eux-mêmes, ces règles devront évoluer très rapidement : pour son assaut informatique contre la Géorgie, la Russie a recruté ses hackers sur les réseaux sociaux. Mais qu’en sera-t-il des réseaux sociaux dans cinq ans ? Menaces, espionnage, sabotages spectaculaires, espionnage à grande échelle, agression à l’imputabilité difficile ou impossible sont pour l’heure le pain quotidien de la « guerre sur la Toile ». Mais demain ?</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Une chose est sûre, un débat dépassant les cloisonnements habituels est devenu une nécessité, sinon un devoir. Les futurs cyberstratèges devront être proches des états-majors militaires autant que de l’industrie, et plus généralement cyberstratégie et cyberposture devraient être débattues de manière beaucoup plus ouverte et publique que les questions nucléaires, une grande partie des compétences se trouvant en dehors de la sphère gouvernementale.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">C’est tout le pari de cet ouvrage dont on espère qu’il fera date, à tout le moins école.</span></span></span></p>
<p align="RIGHT"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">O.Kempf,</span><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.egeablog.net/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-size: medium;">EGEA</span></span></a></span></span></p>
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		<title>No Sure Victory: Measuring U.S. Army Effectiveness and Progress in the Vietnam War</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jun 2013 20:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Schmitt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Opérations]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[War Studies Publications]]></category>
		<category><![CDATA[metrics]]></category>
		<category><![CDATA[tactique]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici un ouvrage particulièrement intéressant et original. Gregory A. Daddis, Colonel dans l’armée de terre américaine et professeur d’histoire militaire à West Point, étudie la manière dont l’armée américaine a tenté de développer des indicateurs (metrics) permettant d’évaluer ses progrès &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/17/no-sure-victory-measuring-u-s-army-effectiveness-and-progress-in-the-vietnam-war/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Voici un <span style="color: #0000ff;"><a href="http://ukcatalogue.oup.com/product/9780199746873.do#.Ub8d8Osx3Po" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">ouvrage</span></a></span> particulièrement intéressant et original. Gregory A. Daddis, Colonel dans l’armée de terre américaine et professeur d’histoire militaire à West Point, étudie la manière dont l’armée américaine a tenté de développer des indicateurs (<em>metrics</em>) permettant d’évaluer ses progrès durant la guerre du Vietnam, et le poids de ces indicateurs sur la conduite de la campagne. Le résultat est un ouvrage bien écrit et recherché, qui pose des questions fondamentales sur la mesure de l’efficacité militaire.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/9780199746873_140.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16301" alt="9780199746873_140" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/9780199746873_140.jpg" width="140" height="211" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Lorsque l’on parle des indicateurs développés lors de la guerre du Vietnam, la critique habituelle est que les Etats-Unis, engagés dans une stratégie d’attrition, se seraient uniquement basés sur le nombre de morts en opérations (<em>body count</em>), ce qui les aurait empêché de percevoir la nature fondamentalement politique de la guérilla qu’ils affrontaient. Daddis montre que si le <em>body count</em> faisait partie des indicateurs développés, il n’était absolument pas le seul, ni forcément le plus important. Cette remise en perspective est particulièrement intéressante, puisque Gladdis nous plonge dans les rouages d’une armée tentant de déterminer si elle est en train de progresser dans un conflit.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span id="more-16300"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">En effet, la problématique était relativement nouvelle pour les Etats-Unis. La génération d’officiers supérieurs américains ayant commandé au Vietnam avait fait ses armes durant la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre de Corée, où la mesure du progrès était simple: le terrain gagné à l’ennemi était un indicateur tangible de l’avancée de la campagne militaire. Evidemment, le contexte de contre-guérilla du Vietnam rendait impossible la mesure du progrès en terme de terrain gagné ou perdu à l’ennemi: il s’agissait donc de développer de nouveaux indicateurs prenant en considération le caractère politique du conflit. Au début de leur engagement, les officiers américains étaient encore convaincus qu’avec un nombre de troupes suffisant et la bonne dose d’agressivité la campagne serait relativement courte. Ainsi, ils ne prirent pas la peine de se pencher sur les expériences britanniques en Malaisie (1) ou françaises en Algérie (comme le dit un officier rapporté par Gladdis: &laquo;&nbsp;<em>les Français ont perdu toutes leurs guerres depuis Napoléon, que peuvent-ils nous apprendre?&nbsp;&raquo;</em>). </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Cette confiance dans la valeur des troupes américaines se paya cher dès les premiers contacts et, très vite, les Etats-Unis réinventèrent la roue en développant des batteries d’indicateurs censés les aider à mesurer les progrès de la guerre.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">C’est ici que l’analyse de Gladdis devient particulièrement intéressante. En effet, les statistiques peuvent poser plusieurs problèmes différents. En premier lieu, il est possible que les indicateurs soient tout simplement mal construits, et ne révèlent pas grand chose de significatif. Par exemple, le désormais célèbre body count ne révèle pas grand chose du degré réel de contrôle exercé par le gouvernement sur des villages reculés. Ensuite, les indicateurs peuvent être bien construits, mais difficilement mesurables, ce qui rend leur exploitation inutile. Par exemple, comment mesurer quantitativement la confiance des citoyens dans le gouvernement de Saïgon? Gladdis montre que les mesures de cet indicateur varièrent tout au long du conflit (par exemple en comptabilisant les renseignements donnés par la population sur les activités ennemies), mais que l’armée américaine ne réussit jamais à développer des mesures stables et efficaces de ce type d’indicateurs. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Troisième problème potentiel: les indicateurs peuvent être bien construits, bien mesurés, mais les responsables peuvent choisir d’adopter une attitude de fermeture cognitive et de nier les problèmes révélés. Par exemple, la bataille de Ia Drang, en 1965, a été vue comme un succès militaire indéniable, semblant valider l’usage de la cavalerie aéroportée en particulier grâce aux exploits du Colonel Moore à la LZ X-Ray, où il obtint un kill ratio de 1800 Nord-vietnamiens tués pour 75 Américains. Néanmoins, cette analyse flatteuse était oublieuse du fait que Moore dut faire appel à des B-52 pour se dégager et qu’au même moment le Lieutenant Colonel McDade du deuxième bataillon du 7e régiment de Cavalerie tombait dans une embuscade et perdait 60% de ses troupes. Alors que ces évènements auraient dû conduire à une réévaluation du rôle de la cavalerie aéroportée, le processus de fermeture cognitive conduisit à préférer voir les faits apparemment positifs plutôt que ceux mettant en cause la nouvelle approche tactique. Il faut aussi noter que la masse importante de statistiques produites ne pouvait pas être analysée de manière cohérente et complète, et il y a bien eu un phénomène de surcharge d’information. Enfin, les indicateurs peuvent être contre-productifs politiquement, par exemple lorsque Westmoreland mit en avant des chiffres apparemment positifs lors d’un discours à la presse américaine juste avant le début de l’offensive du Têt.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">La mesure des indicateurs dans un conflit de contre-insurrection est particulièrement difficile et s’est reposée récemment en Afghanistan, même si la <span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.rand.org/pubs/monographs/MG1086.html" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">réflexion</span></a></span> a fait de larges progrès depuis le Vietnam. Mais ce qui ressort de l’ouvrage de Daddis, c’est la confusion permanente faite par les Américains entre efficacité et progrès. C’est une tendance naturelle que de penser que l’efficacité d’une troupe militaire conduit nécessairement aux progrès de l’objectif stratégique. Et l’erreur fondamentale a été commise à ce niveau: les Américains ont développé une batterie impressionnante d’indicateurs de leur efficacité militaire (qui était indubitable, puisque mélange de la puissance de feu et du professionnalisme des troupes déployées), mais ces indicateurs ne pouvaient rien dire sur les progrès de la campagne. D’ailleurs, en 1966, un mémo de la CIA disait explicitement que l’agence était incapable de déterminer si les Etats-Unis étaient en train de gagner ou de perdre la guerre. Au final, la tentative de mesurer le progrès a souffert des défauts de la conduite stratégique de la campagne. En ce sens, en comme toujours, les chiffres ne peuvent pas compenser une stratégie défaillante.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Daddis livre ici un très bel ouvrage d’histoire militaire, aux sources nombreuses (on apprécie en particulier les quelques 700 références dont un nombre très important de sources primaires), bien écrit, et aux problématiques plus qu’actuelles. Il rappelle à quel point il est difficile de mesurer l’efficacité militaire et les progrès stratégique d’une armée, une question fondamentale pour les militaires et chercheurs en études de défense.</span></span></p>
<p align="RIGHT"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="http://warstudiespublications.wordpress.com/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">War Studies Publications</span></a></span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">(1) Où l’insurrection était ethniquement différente de la population majoritaire, ce qui aurait selon certains officiers facilité la campagne militaire des Britanniques.</span></span></p>
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		<title>En cas de guerre, tuez les hackers !</title>
		<link>http://alliancegeostrategique.org/2013/06/13/en-cas-de-guerre-tuez-les-hackers/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Jun 2013 22:43:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Bwele</dc:creator>
				<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Bwele/Électrosphère]]></category>
		<category><![CDATA[cyberdéfense]]></category>
		<category><![CDATA[cybersécurité]]></category>
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		<category><![CDATA[sécurité informatique]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon le manuel de Tallinn (OTAN), l&#8217;élimination physique d&#8217;un hacker civil impliqué dans une (cyber)guerre est parfaitement légale. La cyberguerre probable est jolie et propre : des combattants armés de claviers attaquent des systèmes d&#8217;information ou de contrôle avec des lignes &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/13/en-cas-de-guerre-tuez-les-hackers/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Selon le </i></span></span><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.ccdcoe.org/249.html/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i>manuel de Tallinn</i></span></span></span></a></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #0000ff;"> </span>(OTAN)</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i>, l&rsquo;élimination physique d&rsquo;un hacker civil impliqué dans une (cyber)guerre est parfaitement légale.</i></span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/03/cybergunshooting.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-15323" alt="cybergunshooting" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/03/cybergunshooting.jpg" width="470" height="297" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">La cyberguerre probable est jolie et propre : des combattants armés de claviers attaquent des systèmes d&rsquo;information ou de contrôle avec des lignes de code. Cependant, tout porte à croire que la cyberguerre réelle – qui relève encore du futur conditionnel &#8211; ne sera que le versant numérique d&rsquo;une guerre globale. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Rédigé par un groupe d’experts mandatés par l’OTAN qui propose une transposition du droit international aux cyberconflits, le manuel de Tallinn recommande d&rsquo;épargner des cibles telles que les hôpitaux, les barrages hydroélectriques et les centrales nucléaires mais estime quasi ouvertement qu&rsquo;un état a le droit de riposter par des moyens conventionnels à une cyberattaque qui aurait irréfutablement causé des pertes humaines et/ou de lourds dégâts matériels.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span id="more-16288"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">« </span></span><em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Civilians are not prohibited from directly participating in cyber operations amounting to hostilities, but forfeit their protection from attacks for such time as they so participate.</span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> » &#8211; </span></span><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.ccdcoe.org/249.html/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Tallinn Manual on the International Law Applicable to Cyber Warfare</span></span></span></a></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #333333;"> </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Ainsi, le hacker civil qui participe à une (cyber)guerre est considéré comme un ennemi armé et peut devenir la cible d&rsquo;une riposte militaire. En plus clair, le <i>geek</i> doué et un peu trop patriote qui s&rsquo;en prend aux systèmes d&rsquo;information (d&rsquo;un pays) de l&rsquo;OTAN en guerre contre sa nation ne devrait pas s&rsquo;étonner qu&rsquo;un drone pulvérise son domicile ou qu&rsquo;un commando lui loge une balle dans la tête&#8230;</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Le manuel de Tallinn dissimule à peine une forme très approximative de dissuasion envers tout état tenté d&rsquo;attaquer les systèmes d&rsquo;information critiques ou les infrastructures vitales de l&rsquo;OTAN avec des armes cybernétiques. Par ailleurs, cette approche doit énormément à une ère informationnelle où des « petites armes peuvent frapper très vite et très fort ». La preuve par les drones armés&#8230; et par les cyberattaques ? </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Dans certaines circonstances, le Pentagone (et donc l&rsquo;OTAN) considère qu&rsquo;une cyberattaque constitue un acte de guerre. Oubliez l&rsquo;attaque DDOS, le défacement de sites Internet, le piratage de comptes Twitter/Facebook ou le cybervandalisme estampillé Anonymous. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une cyberattaque qui aurait provoqué la mort de plusieurs personnes ou paralysé/saboté une infrastructure vitale (centrale électrique, système de contrôle d&rsquo;un barrage, etc). </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">On peut également s&rsquo;intéresser à la législation applicable aux pilotes de drone qui, vêtus de leurs uniformes et assis dans des salles de contrôle situées dans le désert du Nevada, radiocommandent des machines de guerre survolant les dunes du Yémen ou les vallées de l&rsquo;Afghanistan. Ces soldats d&rsquo;un genre plus très nouveau sont directement impliqués dans une opération militaire et constituent <i>de facto</i> des cibles militaires y compris aux yeux du Pentagone et de l&rsquo;OTAN. Dès lors, l&rsquo;élimination d&rsquo;un pilote de drone « <i>at work</i> » par un état adverse ne peut être considérée comme un crime de guerre. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Corrélativement, le hacker est défini comme un ennemi armé non pas à cause de son statut (civil ou militaire) mais du fait de son implication dans une campagne militaire. L&rsquo;usage de la force à son encontre serait donc parfaitement légale. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-size: medium;">Les méchants hackers chinois ou russes n&rsquo;ont qu&rsquo;à bien se tenir : au moindre octet de trop, Terminatrix et Seal Team Six leur infligeront une punition divine&#8230; dans leurs bureaux à Shangaï ou dans leurs appartements à Saint-Petersbourg ?</span></span></p>
<p align="RIGHT"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Charles Bwele, </span></span><span style="color: #0000ff;"><a href="http://electrosphere.blogspot.com/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Electrosphère</span></span></span></a></span></span></p>
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		<title>5E Rencontres Parlementaires de la Sécurité Nationale &#8211; Sanctuarisation du territoire national : quelle stratégie de lutte contre le terrorisme ?</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jun 2013 11:22:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MGN</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
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		<category><![CDATA[Sécurité Nationale]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour la cinquième édition de ses Rencontres Parlementaires de la Sécurité Nationale, Défense &#38; Stratégie consacre une journée de débats et d&#8217;ateliers au thème « Sanctuarisation du territoire national : quelle stratégie de lutte contre le terrorisme ? ». Accueillies &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/13/5e-rencontres-parlementaires-de-la-securite-nationale-sanctuarisation-du-territoire-national-quelle-strategie-de-lutte-contre-le-terrorisme/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Pour la cinquième édition de ses Rencontres Parlementaires de la Sécurité Nationale, Défense &amp; Stratégie consacre une journée de débats et d&rsquo;ateliers au thème « <em>Sanctuarisation du territoire national : quelle stratégie de lutte contre le terrorisme ?</em> ».</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #333333;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/5e-rencontres-parlementaires.jpg"><span style="color: #333333;"><img class="aligncenter  wp-image-16278" alt="5e-rencontres-parlementaires" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/5e-rencontres-parlementaires.jpg" width="357" height="505" /></span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Accueillies le mercredi 19 juin sur le site du Fort de Charenton, ces rencontres seront le lieu d&rsquo;échanges entre parlementaires et professionnels de la lutte contre le terrorisme, issus des services de renseignement, de la Police Nationale, de la Gendarmerie, des Armées, du monde judiciaire et de la sécurité. Ce panel très complet sera une occasion rare pour le public d&rsquo;écouter des professionnels souvent discrets de la Sécurité Nationale, dont les expertises conjuguées éclaireront cette thématique complexe.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Les débats, qui sont ouverts au public sous réserve d&rsquo;inscription, seront ponctués de démonstrations et d&rsquo;ateliers organisés par le pôle judiciaire de la Gendarmerie Nationale, dans le cadre convivial du Fort.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-16277"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Trois tables rondes permettront d&rsquo;étudier au cours de la journée différents aspects de la lutte contre le terrorisme et de la sécurisation du territoire national.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">La première table ronde sera présidée par Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et Président de la Commission des Lois, et réunira des directeurs de services de renseignement, pour traiter notamment d&rsquo;une stratégie nationale pour le renseignement et du cadre d&rsquo;action des services. Cette table ronde fera écho à l&rsquo;actualité, alors que vient d&rsquo;être rendu un rapport parlementaire sur le renseignement et que la création d&rsquo;une stratégie nationale du renseignement a été décidée par le Président de la République lors du Conseil national du renseignement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">La deuxième table ronde de la journée, présidée par Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne et Vice-présidente de la Commission des Lois, s&rsquo;intéressera à la protection des personnes et des intérêts nationaux, en France et dans le monde, au niveau stratégique et dans le contexte de la lutte contre le terrorisme. Cet échange rassemblera des acteurs de la Sécurité nationale et de la Défense, autour de la menace jihadiste et des enjeux de sécurisation des territoires et du cyberespace.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">L&rsquo;après-midi, sous la présidence d&rsquo;Alain Marsaud, député des Français établis hors de France et membre de la Commission des Affaires étrangères, les intervenants de la table ronde, issus de la Gendarmerie nationale, de la Police et de la Justice, concentreront leurs réflexions sur l&rsquo;adaptation du cadre et des outils juridiques et judiciaires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ils s&rsquo;attacheront en particulier au concept juridique du terrorisme et aux réponses pénales à apporter, ainsi qu&rsquo;au cyberespace.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Cet événement est soutenu par des partenaires institutionnels du ministère de la Défense, du ministère de l&rsquo;Intérieur et du ministère de l&rsquo;Économie et des Finances, signe du fort intérêt qu&rsquo;ils portent aux enjeux de Sécurité Nationale qui y seront traités. La volonté d&rsquo;ouverture de ces rencontres est soulignée par la présence d&rsquo;autres partenaires provenant des secteurs des nouvelles technologies (AUSY, Cofely Ineo), des transports (RATP), de la recherche (GRASCO) et du web (Alliance Géostratégique).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Le programme complet et le formulaire d&rsquo;inscription de ces 5E Rencontres Parlementaires de la Sécurité Nationale sont disponibles sur<span style="color: #0000ff;"> <a href="http://www.defense-et-strategie.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=495:5e-rencontres-parlementaires-de-la-securite-nationale-sanctuarisation-du-territoire-national-quelle-strategie-de-lutte-contre-le-terrorisme-&amp;catid=54:rencontressecurite&amp;Itemid=298"><span style="color: #0000ff;">le site de Défense &amp; Stratégie</span></a></span>.</span></p>
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		<title>Cyber USA Chine : sommet de Sunnylands, un pas dans la bonne direction ?</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Jun 2013 09:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sivis Pacem</dc:creator>
				<category><![CDATA[cyberdéfense]]></category>
		<category><![CDATA[cybersécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[relations internationales]]></category>
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		<category><![CDATA[Si vis pacem]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[cyber]]></category>
		<category><![CDATA[cybersecurity]]></category>
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		<description><![CDATA[Alors que le sommet bilatéral États-Unis / Chine à Sunnylands [1], Californie, vient de s&#8217;achever, cet article s&#8217;intéresse en particulier au volet cybernétique. En rappelant les &#171;&#160;scoops&#160;&#187; les plus emblématiques qui ont précédé cette rencontre historique puis en les replaçant &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/11/cyber-usa-chine-sommet-de-sunnylands-un-pas-dans-la-bonne-direction/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Alors que le sommet bilatéral États-Unis / Chine à <span style="color: #0000ff;"><a href="http://news.yahoo.com/blogs/lookout/inside-sunnylands-meeting-obama-chinese-president-rich-secretive-161746087.html"><span style="color: #0000ff;">Sunnylands</span></a></span> [1], Californie, vient de s&rsquo;achever, cet article s&rsquo;intéresse en particulier au volet cybernétique. En rappelant les &laquo;&nbsp;scoops&nbsp;&raquo; les plus emblématiques qui ont précédé cette rencontre historique puis en les replaçant dans un contexte d&rsquo;opérations et de manœuvres informationnelles.</span></p>
<p><span style="color: #333333;"><img class="aligncenter" id="primaryImage" alt="" src="http://gulfnews.com/polopoly_fs/1.1194399%21/image/4046401750.jpg_gen/derivatives/box_475/4046401750.jpg" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #333333;">(<span style="color: #0000ff;"><a href="http://gulfnews.com/opinions/columnists/sunnylands-summit-of-xi-jinpeng-and-barack-obama-is-mao-nixon-2-0-1.1194364"><span style="color: #0000ff;">Source</span></a></span>)</span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">L&rsquo;occasion d&rsquo;affermir certaines lignes de force pour finalement se demander si ce sommet aura permis aux deux frères ennemis d&rsquo;avancer dans la bonne direction.<span id="more-16256"></span></span></p>
<div style="text-align: justify;">
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">En premier lieu, il est sans doute utile de positionner cette rencontre en perspective des mouvements actuels dans la zone Asie-Pacifique. A ce propos, on relira la (très) courte présentation que j&rsquo;effectuais la semaine dernière concernant le <span style="color: #0000ff;">&laquo;&nbsp;<a href="http://si-vis.blogspot.fr/2013/06/cyber-asie-pacifique.html"><span style="color: #0000ff;">Cyber Asie Pacifique</span></a></span>&laquo;&nbsp;.</span></p>
</div>
<div>
<p><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;">En second lieu, on notera que le travail préparatoire d&rsquo;artillerie a continué jusqu&rsquo;à la tenue du sommet. Le fait qu&rsquo;une affaire potentielle d&rsquo;espionnage massif orchestré par la NSA (<span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.numerama.com/magazine/26171-prism-la-nsa-a-acces-aux-donnees-de-tous-les-geants-du-web.html"><span style="color: #0000ff;">programme <b>Prism</b></span></a></span> avec l&rsquo;outil de <i>datamining</i> <span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.guardian.co.uk/world/2013/jun/08/nsa-boundless-informant-global-datamining"><span style="color: #0000ff;"><b><i>Boundless Informant</i></b></span></a></span> [2]) surgisse à ce moment-là n&rsquo;est pas le fait du hasard. Tout comme la <span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.guardian.co.uk/world/interactive/2013/jun/07/obama-cyber-directive-full-text"><span style="color: #0000ff;">révélation d&rsquo;un mémo présidentiel</span></a> </span></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;">&laquo;&nbsp;Top secret&nbsp;&raquo; [3] traitant autant d&rsquo;opérations défensives qu&rsquo;offensives impliquant les différentes agences de renseignement afin :</span></span></p>
</div>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">- d&rsquo;autoriser l&rsquo;emploi de &laquo;&nbsp;<b>cyber actions d&rsquo;urgence</b>&nbsp;&raquo; (<i>Emergency Cyber Actions </i>- page 10) ;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">- de préparer une <b>liste de cibles à l&rsquo;étranger</b> dont les <b>vulnérabilités à des cyberattaques</b> auraient un <b>impact significatif</b> sur le pays visé.</span></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">En troisième lieu, que penser des révélations américaines des dernières semaines concernant les innombrables cyberattaques d&rsquo;origine chinois ou la <span style="color: #0000ff;"><a href="http://openchannel.nbcnews.com/_news/2013/06/06/18807056-chinese-hacked-obama-mccain-campaigns-took-internal-documents-officials-say?lite"><span style="color: #0000ff;">campagne massive de cyberespionnage politique</span></a> </span>qui aurait visé la campagne présidentielle de 2008, celle opposant Barack Obama et John Mc Cain ?</span></p>
</div>
<div>
<p><span style="font-size: medium; color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> <img class="aligncenter" alt="http://www.gannett-cdn.com/media/USATODAY/WiresImages/2013/06/07/6a11f26d31272013340f6a706700393d-1306072108_4_3_rx404_c534x401.jpg?87cc7ae5b5e3d133be9f113f907a13faa9f8741e" src="http://www.gannett-cdn.com/media/USATODAY/WiresImages/2013/06/07/6a11f26d31272013340f6a706700393d-1306072108_4_3_rx404_c534x401.jpg?87cc7ae5b5e3d133be9f113f907a13faa9f8741e" /></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #333333;">(<a title="Rencontre Xi Jinping - Barack Obama - Sunnylands, CA - Juin 2013" href="http://www.gannett-cdn.com/media/USATODAY/WiresImages/2013/06/07/6a11f26d31272013340f6a706700393d-1306072108_4_3_rx404_c534x401.jpg?87cc7ae5b5e3d133be9f113f907a13faa9f8741e"><span style="color: #333333;">Source</span></a>)</span></p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">La <span style="color: #0000ff;"><a href="http://si-vis.blogspot.fr/2011/03/chine-usa-la-cyber-partie-dechecs.html"><span style="color: #0000ff;">partie d&rsquo;échecs entre les USA et la Chine</span></a></span> n&rsquo;est pas récente, elle est simplement en train de changer de dimension en devenant plus visible par effet d&rsquo;<b>opportunisme politique</b>. Elle devient aussi plus &laquo;&nbsp;dure&nbsp;&raquo;, en regard de la surface et de la profondeur des manœuvres clandestines [4] dans le cyberespace. De part et d&rsquo;autre. Les USA étant sans doute assez peu crédibles pour venir se placer en victimes face à la Chine. Notons d&rsquo;ailleurs que dans les années 90, la Chine a probablement été la nation ayant le plus tôt identifié les <b>opportunités </b>et les <b>enjeux </b>liés à l&rsquo;Internet puis au cyberespace. Mais après les USA.<br />
</span></p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Concluons en rejoignant l&rsquo;analyse du site <span style="color: #0000ff;"><b><a href="http://www.govinfosecurity.com/expectations-set-low-on-obama-xi-summit-a-5820/p-2"><span style="color: #0000ff;">GovInfo Security</span></a></b></span> pour qui les enjeux liés au cyberespace dépassent heureusement les deux plus grandes puissances mondiales. Une raison qui doit les inciter à réfréner leur <b>méfiance réciproque</b>. Autant pour assurer une responsabilité de fait que de peser, aussi, en termes de <i>soft power</i>. Si le sommet de Sunnylands est un pas dans la bonne direction, autant les attentes que les avancées devront être mesurées. C&rsquo;est sans doute en ce sens qu&rsquo;il faut comprendre le président chinois lorsqu&rsquo;il &laquo;&nbsp;prend acte&nbsp;&raquo; [5] des inquiétudes américaines en matière de cybersécurité.<br />
</span></p>
</div>
<div>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="color: #0000ff;"><a href="http://si-vis.blogspot.fr/"><span style="color: #0000ff;">Si vis pacem</span></a></span><br />
</span></p>
</div>
<div>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">[1] le choix de Sunnylands ne doit rien au hasard du fait de sa charge symbolique. Lire aussi cet <span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.usatoday.com/story/news/politics/2013/06/07/obama-xi-sunnylands-summit/2402397/"><span style="color: #0000ff;">article</span></a> </span></span></p>
</div>
<div>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">[2] via le <span style="color: #0000ff;"><a href="http://econflicts.blogspot.fr/2013/06/news-boundless-informant.html?spref=tw"><span style="color: #0000ff;">blog de Daniel Ventre</span></a></span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">[3] Se pose la question d&rsquo;une &laquo;&nbsp;fuite&nbsp;&raquo; volontaire<br />
</span></p>
</div>
<div>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">[4] cyberespionnage et cyberattaques visant à élaborer une topologie et une cartographie globale des vulnérabilités et des chemins d&rsquo;attaques avec modélisation des effets systémiques</span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">[5] <span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.lepoint.fr/monde/cybersecurite-pekin-a-pris-acte-des-inquietudes-americaines-09-06-2013-1678746_24.php"><span style="color: #0000ff;">http://www.lepoint.fr/monde/cybersecurite-pekin-a-pris-acte-des-inquietudes-americaines-09-06-2013-1678746_24.php</span></a></span></span></p>
</div>
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		</item>
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		<title>Du « tueur d&#8217;amis » à « l&#8217;exécuteur » : brève histoire des Zetas.</title>
		<link>http://alliancegeostrategique.org/2013/06/10/du-tueur-damis-a-lexecuteur-breve-histoire-des-zetas/</link>
		<comments>http://alliancegeostrategique.org/2013/06/10/du-tueur-damis-a-lexecuteur-breve-histoire-des-zetas/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 07:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stephane Mantoux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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		<description><![CDATA[1999. Le chef du cartel mexicain du Golfe, Osiel Cardenas Guillen, fait baptiser sa fille. Après avoir conversé avec les invités, il grimpe dans sa Dodge Durango. A côté de lui, le parrain de sa fille, un partenaire de longue &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/10/du-tueur-damis-a-lexecuteur-breve-histoire-des-zetas/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">1999. Le chef du cartel mexicain du Golfe, Osiel Cardenas Guillen, fait baptiser sa fille. Après avoir conversé avec les invités, il grimpe dans sa <i>Dodge</i> Durango. A côté de lui, le parrain de sa fille, un partenaire de longue date. Le garde du corps de Guillen, Arturo Guzman Decenas, est assis à l&rsquo;arrière. Soudain, celui-ci sort son arme et exécute le parrain d&rsquo;une balle dans la tête. Guillen décerne alors à Guzman le surnom de « <i>Friend Killer</i> ». Guzman, c&rsquo;est Z-1, le fondateur des Zetas, l&rsquo;une des organisations criminelles les plus dangereuses et parmi les plus militarisées du Mexique. Après une présentation du groupe il y a deux ans<a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><span style="color: #333333;"><sup>1</sup></span></a>, voici un retour plus précis sur les différentes phases de l&rsquo;évolution des Zetas, ou comment une «<i> simple </i>» garde prétorienne hypermilitarisée d&rsquo;un des grands cartels mexicains est devenue la deuxième organisation criminelle du pays, avant d&rsquo;être à son tour victime de son succès.</span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class=" " alt="" src="http://usopenborders.com/wp-content/uploads/2012/01/los-zetas-cartel-the-most-powerful-in-mexico-claims-report.jpg" width="440" height="400" /><p class="wp-caption-text"></span> <span style="color: #333333;">Zones d&rsquo;influence des principaux cartels mexicains en janvier 2012.-Source : USopenborders.com</span></p></div>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><b>Protection rapprochée&#8230; et plus si affinité (1997-2004)</b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Guillen, le chef du cartel du Golfe, qui reprend le contrôle de l&rsquo;Etat mexicain du Tamaulipas à la fin des années 1990, devient de plus en plus paranoïaque. Face à ses rivaux, nombreux, il ressent le besoin de disposer d&rsquo;une garde rapprochée d&rsquo;élite. Guzman, ancien des GAFES<a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><span style="color: #333333;"><sup>2</sup></span></a>, unité d&rsquo;élite de l&rsquo;armée mexicaine, a l&rsquo;idée de débaucher 30 de ses camarades, bien armés, bien entraînés et qui sont eux-mêmes capables de former des recrues. Ces 31 ex-soldats forment le noyau d&rsquo;origine des Zetas.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;"><span id="more-16251"></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Guillen élargit bientôt leur mission : de 1997 à 2004, les Zetas protègent le chef du cartel du Golfe mais traquent aussi ses ennemis. Ces missions d&rsquo;élimination sont conduites essentiellement par les trois membres les plus importants : Guzman, alias Z-1, Pinaza, alias Z-2, et Lazcano, alias Z-3. Leur formation militaire leur donne un avantage de taille pour réussir leurs exécutions : en outre, celles-ci prennent un tour barbare d&rsquo;une ampleur sans précédent, probablement à des fins psychologiques. A ce moment-là, le mode opératoire des Zetas est bien celui d&rsquo;une unité paramilitaire : organisation de convois, tirs groupés sur les cibles visées, plans de fuite préorganisés, etc.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Paradoxalement, la clé du succès des Zetas va entraîner un durcissement de l&rsquo;opposition. Ceux-ci ont en effet placé la barre très haut en termes de formation et de militarisation, et les groupes concurrents vont devoir s&rsquo;aligner sur ce nouveau standard. La Familia Michoacana, par exemple, un autre cartel né au départ d&rsquo;un groupe de défense communal, tire également son origine des Zetas et se signale, dès septembre 2006, par la pratique banalisée de la décapitation. Pendant que les Zetas consolident l&rsquo;empris du cartel du Golfe sur la côte, l&rsquo;organisation s&rsquo;agrandit et évolue. Le changement principal intervient entre 2002 et 2004.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Le 14 janvier 2002, l&rsquo;armée mexicaine arrête le principal comptable de Guillen, Rivera, « <i>El Cacahuete</i> ». Le 21 novembre, Guzman est tué dans un échange de tirs avec les militaires, à Matamoros. Quelques mois plus tard, le 14 mars 2003, c&rsquo;est Guillen lui-même qui est arrêté au même endroit. L&rsquo;ancien policier Eduardo Costilla et le frère aîné de Guillen, Antonio Cardenas, commencent à prendre la relève, bien que l&rsquo;ancien chef ait toujours les moyens d&rsquo;agir sur le cartel même derrière les barreaux. Pizana, le n°2 des Zetas, prend la tête du groupe, mais il est capturé en octobre 2004. L&rsquo;organisation tombe donc sous la coupe de Lazcano, Z-3, dont les actes de violence et les calculs froids lui ont valud&rsquo;être appelé « <i>The Executioner</i> ». Avec Lazcano à la tête des Zetas, Osiel Guillen en prison et le cartel du Golfe affaibli, une nouvelle phase commence, jusqu&rsquo;en janvier 2010. Lazcano considère, en effet, qu&rsquo;il est désormais à même de discuter sur un pied d&rsquo;égalité avec le cartel du Golfe, et non de se comporter comme un simple employé.</span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 210px"><img alt="" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/b/b9/HeribertoLazcano-mugshot.png/200px-HeribertoLazcano-mugshot.png" width="200" height="239" /><p class="wp-caption-text"></span> <span style="color: #333333;">Lazcano, &laquo;&nbsp;The Executioner&nbsp;&raquo; bâtit une véritable stratégie pour les Zetas. C&rsquo;est à lui que le groupe doit sa survie lorsqu&rsquo;il s&rsquo;émancipe du cartel du Golfe, en 2010.-Source : Wikimedia</span></p></div>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><b>Vers la rupture avec le cartel du Golfe (2004-2010)</b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">A partir d&rsquo;octobre 2004, les Zetas vont s&rsquo;émanciper progressivement du cartel du Golfe. Lazcano supervise l&rsquo;embauche d&rsquo;anciens des forces spéciales du Guatemala, les fameux <i>Kaibiles</i>, pour renforcer la protection des membres importants de son organisation et les assister pour la sélection de recrues et leur entraînement. Le recrutement est facilité par des contacts secrets au sein de l&rsquo;armée. Lazcano développe aussi les camps de formation dans le Tamaulipas où les recrues apprennent les bases tactiques des petites unités de combat, l&rsquo;emploi des armes à feu et des moyens de communication. Il supervise aussi la création d&rsquo;un réseau radio clandestin. Lazcano élargit également les activités des Zetas au-delà de la simple extorsion : il prend le contrôle, en particulier, des points de contrôle sur les routes principales du trafic de drogue, les <i>plazas</i>, où les rivaux plus faibles doivent acquitter un droit de péage pour convoyer tranquillement leur marchandise.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Pour pérenniser son organisation, Lazcano a également veillé à placer l&rsquo;argent dans le système bancaire, tout en limitant au maximum les hémorragies internes (pour un peso volé, c&rsquo;est la mort assurée ou presque) ce qui va permettre de financer les opérations au Mexique et en Amérique Centrale. C&rsquo;est ce point-là, surtout, qui détermine l&rsquo;indépendance des Zetas face au cartel du Golfe. Les liens avec ce dernier se distendent encore plus lorsqu&rsquo;Osiel Guillen est extradé aux Etats-Unis en janvier 2007. Dès le milieu de l&rsquo;année, les Zetas revendiquent plus de 2 000 hommes, et sont présents dans 24 Etats mexicains. En juin, une attaque coordonnée est montée contre 5 casinos dans 4 Etats différents, et 5 policiers municipaux sont abattus dans le nord du Sinaloa par les Zetas.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Par ailleurs, entre mai et juillet 2007, Lazcano doit participer à des rencontres pour la négociation d&rsquo;une trêve, aux côtés de Costilla, avec le cartel de Sinaloa. Or Lazcano n&rsquo;est pas prêt à abandonner sa taxe pour le passage des sicaires de Sinaloa sur son territoire, alors que Costilla, lui, recherche ardemment la trêve. Mi-août 2007, Lazcano s&rsquo;adresse à 500 de ses hommes rassemblés pour l&rsquo;occasion et leur fait comprendre qu&rsquo;il est hostile aux négociations. Dans la seconde moitié de 2007, les Zetas sont particulièrement actifs à Acapulco, Guerrero, où ils cherchent à prendre le contrôle d&rsquo;un secteur appartenant à l&rsquo;organisation Beltran-Leyva, qui fait partie de la fédération du Sinaloa.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Costilla ordonne finalement, début 2010, la capture et l&rsquo;assassinat d&rsquo;un membre important des Zetas à Reynosa. Il s&rsquo;agit de Victor Pena Mendoza, un capitaine qui est aussi le bras droit du numéro 2 des Zetas, Miguel Trevino. Celui-ci a demandé la tête du tueur, en vain : dès lors, la guerre est déclarée entre les Zetas et le cartel du Golfe dans le nord du Mexique.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><b>Cartel contre cartel : une guerre qui favorise l&rsquo;expansion (2010-2012)</b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Trevino ordonne aussitôt l&rsquo;exécution des partisans du cartel du Golfe dans le Tamaulipas et le Nuevo Leon, en particulier des policiers municipaux qui sont kidnappés et torturés à mort. 16 membres du cartel sont ainsi enlevés. Des convois comptant jusqu&rsquo;à 40 véhicules utilitaires sport sillonnent les rues des villes frontalières ou les autoroutes proches, avec des hommes armés de lance-grenades et d&rsquo;armes automatiques. Les policiers ou les militaires arrivent généralement après les affrontements, à tel point que certains soupçonnent « <i>El Chapo</i> », le chef du cartel de Sinaloa, d&rsquo;avoir soudoyé les autorités pour ce faire.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Des bannières annoncent alors la formation d&rsquo;une nouvelle fédération entre les cartels du Golfe, de Sinaloa et La Familia. Les <i>halcones</i>, qui travaillent pour les Zetas, se dépêchent de suspendre dans le Tamaulipas des contre-bannières pour braver la nouvelle fédération. Cette guerre symbolique est en outre très médiatisée, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;en hissant les bannières, chacun en profite pour déposer aussi un morceau de cadavre ou une tête du dernier ennemi abattu. Chassés du Tamaulipas, les Zetas se replient sur Nuevo Laredo au nord-ouest, à Monterrey et Nuevo Leon au sud-ouest, et au sud à Tampico, à la frontière avec Veracruz. Si le Tamaulipas reste entre les mains du cartel du Golfe, les Zetas réussissent à se maintenir, parfois fortement à Nuevo Laredo, à Torreon, dans le Veracruz, le Puebla, le Campeche, le Tabasco et des parties du Quintana Roo et du Yucatan.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Pour les Zetas, c&rsquo;est un revers sérieux : en mars 2010, avec la perte du Tamaulipas, ce sont toutes les <i>plazas</i> qui ont été perdues, sauf une. La décision de se replier à Nuevo Laredo et Tampico n&rsquo;a pas été prise à la va-vite, sur un coup de tête : c&rsquo;est un pari stratégique réfléchi pour préserve la cohésion du groupe, en conservant le contrôle de deux positions importantes pour le trafic de drogue -un port, Tampico, et un point d&rsquo;entrée sur le marché américain, Nuevo Laredo. Les Zetas ont réussi à surmonter les assauts des autres cartels et ceux du gouvernement, ce qui prouve leur résistance. A Tijuana, l&rsquo;organisation Arellano-Felix, l&rsquo;organisation Beltran-Leyva dans le centre du Mexique, et l&rsquo;organisation Vincente Carillo-Fuentes, ou cartel de Juarez, ont toutes été réduites en ruines par les coups de poing successifs des autorités mexicaines à la même époque.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">En avril 2011, Tijuana et Nuevo Laredo sont les deux seules <i>plaza</i> qui ne sont pas encore entre les mains de la nouvelle fédération. Mais les Zetas conservent leur mordant opérationnel : mi-juillet 2010, à Juarez, ils ont organisé le premier attentat à la voiture piégée depuis 15 ans, en utilisant un dispositif de contrôle à distance et en attirant les secours sur place avant de faire exploser l&rsquo;engin. D&rsquo;autres attentats à l&rsquo;explosif suivront, utilisant notamment du C-4, et visant les ennemis des Zetas. En juillet, août et septembre 2010, les Zetas bénéficient des coups portés par le gouvernement au cartel de Sinaloa, avec l&rsquo;arrestation du n°3 du cartel et de son tueur à gages en chef, La Barbie, ennemi mortel des Zetas. Parallèlement, ceux-ci diversifient leurs activités en s&rsquo;impliquant dans le trafic humain le long de la côte du golfe du Mexique, puis dans le vol de pétrole à la PEMEX, la compagnie pétrolière nationale.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Dès la fin 2010, les activités d&rsquo;extorsion et de péage reprennent normalement, augmentées par le trafic de drogue. Cette dernière activité n&rsquo;est pas prioritaire au sein des Zetas. Mais la séparation avec le cartel du Golfe entraîne l&rsquo;absence de contacts en Colombie ou d&rsquo;autres pays andins. Trevino est l&rsquo;un des principaux promoteurs, au sein des Zetas, du trafic de la cocaïne, notamment parce qu&rsquo;il dirige l&rsquo;une des entreprises de fraude immobilière les plus importantes dans les Amériques. Nuevo Laredo, sur l&rsquo;I-35<a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><span style="color: #333333;"><sup>3</sup></span></a>, est l&rsquo;une des voies directes vers l&rsquo;un des marchés les plus importants de la drogue aux Etats-Unis : Chicago.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Trevino commence à envoyer, en 2005, de la cocaïne et de la marijuana à Chicago, via Nuevo Laredo<a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><span style="color: #333333;"><sup>4</sup></span></a> et Houston, développant son réseau à l&rsquo;est via la I-40 et l&rsquo;I-10, et au nord via l&rsquo;I-35, jusqu&rsquo;à Chicago, mais aussi Atlanta. Il emploie d&rsquo;abord des gangs d&rsquo;adolescents, les <i>Zetitas</i>, puis fait appel aux gangs locaux du Texas, et ensuite à gangs répartis sur tout le territoire comme Mara Salvatrucha /MS-13 : ils sont chargés de distribuer le produit et de protéger le retour des fonds au Mexique. C&rsquo;est ce trafic qui permet aux Zetas de se développer, avec des ramifications dans pas moins de 37 villes du <i>Midwest</i>, du nord-est et du sud-est des Etats-Unis en 2009, selon un rapport des autorités américaines elles-mêmes.</span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 268px"><img alt="" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/52/MS-13_tattoo.jpg" width="258" height="341" /><p class="wp-caption-text"></span> <span style="color: #333333;">Un membre du MS-13, arrêté à Houston en 2009, exhibe le tatouage du gang sur son dos.-Source : Wikimedia</span></p></div>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">En octobre 2009, le FBI monte l&rsquo;opération <i>Gator Bait</i> à Houston. La cible, Willie «<i> Gator </i>» Jones Jr, tient une résidence pour les Zetas, <i>safe house</i> pour les armes, la drogue, et lieu de conditionnement en vue des expéditions via le corridor de l&rsquo;I-10 en direction de la Lousiane, du Mississipi et de la Floride. Le 16 novembre 2011, la police de Chicago et la DEA démantèlent une cellule locale des Zetas, mettant la main sur plus de 12 millions de dollars et 250 kg de cocaïne. A la mi-novembre, un informateur travaillant sous couvert et transportant un chargement de <i>marijuana</i> est attaqué par 3 membres des Zetas qui pensaient trouver plus de marchandise à bord de son véhicule. L&rsquo;anecdote montre la violence du groupe et la rivalité grandissante avec le cartel du Golfe, auquel appartenait probablement le chargement.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">A ce moment-là, on attribue aux Zetas le contrôle sur pas moins de 10 000 exécutants (!), du Guatemala aux Etats-Unis. Au Guatemala, ils recrutent de jeunes désoeuvrés, les fameux <i>Zetitas</i>, qui sont notamment chargés de prévenir les tireurs du groupe en cas de pénétration adverse sur leur territoire. Si on prend le cas d&rsquo;un des leurs alliés aux Etats-Unis, le Mara Salvatrucha/MS-13, les différences sont notables. Le MS-13, né à Los Angeles, est un réseau de gangs qui s&rsquo;étend de New York à L.A., en passant par le Salvador et le Guatemala. On décrit souvent son apparition comme une conséquence tragique des guerres civiles en Amérique Centrale à la fin de la guerre froide, mais en réalité, le MS-13 est le produit des dynamiques de gangs urbains. Il a été créé par des Salvadoriens de Los Angeles et opère désormais dans 42 Etats américains. Le MS-13 n&rsquo;a pas cependant la cohérence organisationnelle des Zetas : c&rsquo;est une structure très lâche, un réseau de groupes qui communiquement et collaborent en fonction de rapports de force. Cependant, il existe une hiérarchie, et le MS-13 exerce même une domination régionale au Guatemala. Cette structure décentralisée est aussi plus difficile à pénétrer de l&rsquo;extérieur. Au niveau des gangs locaux, le commandement est assuré par deux responsables, l&rsquo;un d&rsquo;ensemble et l&rsquo;autre plus spécifiquement chargé des opérations. La loyauté est indispensable à l&rsquo;égard des gangs les plus influents, ce qui se reflète dans le credo du MS-13, qui consacre l&rsquo;usage de la force : « <i>Tuer, contrôler et violer</i> ». Le MS-13 se distingue aussi, comme gang, par ses relations avec les cartels de la drogue. Au Mexique, ses membres servent de piétaille aux cartels, dont les Zetas, et d&rsquo;intermédiaires pour le trafic humain.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">A la fin 2011, l&rsquo;élève a enfin dépassé le maître : les Zetas sont devenus la deuxième plus grand organisation criminelle du Mexique, seulement devancés par le cartel de Sinaloa. Les forces paramilitaires des Zetas étendent leur influence dans tout le pays, et leur adversaire perd du terrain, selon les analystes mexicains.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><b>De la « <i>guerre intestine</i> » à la fin d&rsquo;une bipolarisation ? (2012-2013)</b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">En 2010 et 2011, les Zetas ont donc résisté à la fois aux assauts de leurs adversaires criminels et à ceux du gouvernement. La vision stratégique de Lazcano et la capacité à combler les pertes et à s&rsquo;étendre sur de nouveaux territoires ont incontestablement joué. Paradoxalement, en 2012, les Zetas n&rsquo;ont pas à affronter le cartel de Sinaloa, ce qui aurait semblé logique, mais une rivalité interne entre les deux hommes les plus importants du mouvement.</span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class=" " alt="" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5a/Miguel-Trevino-Morales.jpg" width="440" height="400" /><p class="wp-caption-text"></span> <span style="color: #333333;">Miguel Trevino Morales, n°2 des Zetas, joue un rôle considérable dans la destinée du mouvement depuis 2005. Il en devient le chef de fait après la mort de Lazcano en 2012.-Source : Wikimedia</span></p></div>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Miguel Trevino, ancien policier de Nuevo Laredo et numéro 2 des Zetas, est considéré comme un élément impulsif. Lazcano, au contraire, militaire de formation, base toute son action sur la stratégie, sur l&rsquo;entraînement et le recrutement, et sur un désir non dissimulé de rester en vie. Certains commencent à penser, alors, que Trevino se lasse d&rsquo;être le n°2. Les autorités mexicaines arrêtent curieusement une série de hauts-responsables proches de Lazcano, comme s&rsquo;il y avait eu des fuites. Parallèlement, dans les derniers mois de l&rsquo;administration Calderon, la lutte anti-cartels reprend de la vigueur et les Zetas sont plus vulnérables que le cartel de Sinaloa. Le 13 janvier 2012, Luis Jesus Sarabia Ramon, un membre important des Zetas, est arrêté dans l&rsquo;Etat de Nueve Leon.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Trevino, qui a joué un rôle certain dans l&rsquo;affrontement avec le cartel du Golfe et le trafic de drogue, sans parler d&rsquo;un comportement excessivement violent, n&rsquo;est probablement pas le seul responsable de l&rsquo;éclatement progressif des Zetas. En août 2010, le chef régional des Zetas à San Fernando, au Tamaulipas, avait procédé à l&rsquo;exécution de 72 immigrants clandestins puis à celle de passagers de bus détournés -193 morts au total, ensevelis dans des fosses communes. Or les chefs des Zetas lui avaient expréssément demandé de réduire les assassinats pour ne pas trop attirer l&rsquo;attention de l&rsquo;armée. L&rsquo;incident semble donc montrer qu&rsquo;il existe un découplage entre l&rsquo;échelon supérieur et les groupes locaux des Zetas.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Un an plus tard, le 25 août 2011, 8 membres des Zetas font irruption dans un casino de Monterrey, au Nuevo Leon, y versent de l&rsquo;essence et mettent le feu : 52 personnes sont brûlées vives. Le motif : le propriétaire du casinon avait refusé de céder à l&rsquo;extorsion. L&rsquo;initiative a visiblement été prise par un sous-fiffre, sans que les chefs de l&rsquo;organisaient l&rsquo;aient approuvée. En mai 2012, 49 corps décapités sont retrouvés sur le bord d&rsquo;une route, dans le Nuevo Leon, près de Cadereyta Jimenez : mais Trevino avait ordonné au chef local des Zetas de déposer les corps au beau milieu de la ville&#8230; ce qui là encore, montre des dissensions.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">En juin 2012, une guerre des bannières fait rage dans les rangs des Zetas, entre ceux hissant celles qui arborent le portrait de Lazcano et d&rsquo;autres qui défendent plutôt Trevino. Mais certains experts doutent, en fait, d&rsquo;une possible guerre intestine au sein du mouvement, à l&rsquo;exception de tensions peut-être bien présentes parmi la troupe. Le problème réside probablement dans l&rsquo;expansion fulgurante des Zetas, qui ne tirent que la moitié, tout au plus, de leurs revenus du trafic de drogue. Les immenses rentrées d&rsquo;argent engendrent certainement une grande frustration parmi les cellules locales, qui assurent l&rsquo;essentiel des activités, et qui rechignent à voir partir l&rsquo;essentiel des bénéficies entre les mains des chefs. On assisterait donc, peut-être, à la naissance d&rsquo;un modèle de «<i> franchise </i>» Los Zetas, avec des cellules locales reproduisant le schéma du groupe.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Pourtant, le 9 août 2012, la police mexicaine découvre les cadavres de 14 membres des Zetas près de San Lui Potosi. Il s&rsquo;agit d&rsquo;hommes de main de Caballero, un chef des Zetas dans l&rsquo;Etat voisin du Coahuila. Ses hommes auraient été tués par la faction de Trevino, qui pense que Caballero a l&rsquo;intention de quitter les Zetas pour le combattre en s&rsquo;alliant avec le cartel du Golfe. Ce même mois, les analystes américains multiplient les compte-rendus selon lesquels Trevino aurait bien évincé Lazcano, dernier fondateur historique des Zetas.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">En réalité, il semblerait bien que les deux dirigeants des Zetas aient maintenu leur association, et que nombre de rumeurs à propos d&rsquo;un affrontement interne soient venus des partisans de Trevino qui n&rsquo;étaient pas satisfaits du <i>leadership</i> de ce dernier. Lazcano est finalement abattu le 7 octobre 2012 par des <i>Marines</i> mexicains à Progreso, dans le Coahuila. Il est ainsi le premier chef important de cartel à être tué dans un échange de tirs depuis 2006. La mort de Lazcano, qui suit la capture de Costilla, le chef du cartel du Golfe, en septembre 2012, là encore par les <i>Marines</i>, et l&rsquo;arrestation de Caballero, l&rsquo;adversaire de Trevino, semble profiter au cartel de Sinaloa, dont le chef, « <i>El Chapo</i> », peut espérer s&rsquo;emparer de Nuevo Laredo, la place forte de Trevino. </span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><img class=" " alt="" src="http://geo-mexico.com/wp-content/uploads/2012/02/Drug_routes_2012.jpg" width="440" height="400" /><p class="wp-caption-text"></span> <span style="color: #333333;">Source : http://geo-mexico.com/wp-content/uploads/2012/02/Drug_routes_2012.jpg</span></p></div>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">Les Zetas et le cartel de Sinaloa, qui ont fini par polariser le secteur des cartels au Mexique, sont concurrencés par l&rsquo;ascension de nouveaux groupes régionaux à la fin 2012 et dans les premiers mois de 2013 : le cartel de Jalisco Nueva Generacion et les Templiers. Des signes laissent penser que Trevino doit affronter une certaine contestation interne au sein des Zetas, mais sans que le schéma réel soit véritablement clair. Le cartel du Golfe, menacé de disparaître après la capture de Costilla en septembre 2012, a survécu grâce à l&rsquo;affrontement entre ses rivaux, mais s&rsquo;est divisé en de multiples factions se jalousant les unes les autres. Une des factions s&rsquo;impose à Reynosa autour de Ramirez Trevino, mais le cartel du Golfe doit compter sur l&rsquo;appui de Sinaloa et des Templiers pour contenir la pression des Zetas. Le cartel de Sinaloa, qui employait le cartel de Jalisco Nueva Generacion contre les Zetas dans les Etats du Pacifique et à Guadalajara, a vu son allié s&rsquo;émanciper et même se dresser contre lui. Ces récentes évolutions au cours de la première moitié de 2013 semblent indiquer que la polarisation des cartels mexicains autour des Zetas et de Sinaloa est bel et bien terminée.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="text-decoration: underline;"><b>Bibliographie indicative :</b></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><i>Merci à Yves Trotignon qui m&rsquo;a fourni grâcieusement les analsyes et mémo de Stratfor qui m&rsquo;ont été particuolièrement utiles pour évoquer les évolutions très récentes de ces derniers mois.</i></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">LOGAN, Samuel, « A Profile of Los Zetas: Mexico’s Second Most Powerful Drug Cartel », <i>CTC Sentinel</i>, février 2012, volume 5, numéro 2, p.5-7.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">LOGAN, Samuel, « Preface : Los Zetas and a new barbarism », <i>Small Wars &amp; Insurgencies</i>, 22:5, 2011, 718-727.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">SULLIVAN, John P., et ELKUS, Adam, « Los Zetas and MS-13 : Nontraditional Alliances », CTC Sentinel, juin 2012, volume 5, numéro 6, p.7-9.</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;">1. <a href="http://alliancegeostrategique.org/2011/07/16/« un-commando-qui-surgit-hors-de-la-nuit- »-z-comme-zetas/"><span style="color: #0000ff;">http://alliancegeostrategique.org/2011/07/16/%C2%AB%C2%A0un-commando-qui-surgit-hors-de-la-nuit-%C2%A0%C2%BB-z-comme-zetas/</span></a> </span></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="color: #333333;"><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a>. </span><i>Grupo Aeromóvil de Fuerzas Especiales</i>. Le groupe trouve son origine en 1986, pour la protection de la coupe du monde football à Mexico. Il est entraîné au départ par le GIGN français. Ensuite, ils sont déployés contre l&rsquo;insurrection zapatiste du Chiapas (1994).</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="color: #333333;"><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a>. </span><i>Interstate</i> 35, une autoroute qui traverse le centre des Etats-Unis, du Texas au Minnesota.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif; color: #333333;"><span style="color: #333333;"><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a>. </span>Dès le début 2005, les Zetas, profitant des arrestations qui ont désorganisé le cartel du Golfe, s&rsquo;installe en force à Nuevo Laredo. Le cartel de Sinaloa tente de s&rsquo;y implanter et la ville se transforme en champ de bataille. A l&rsquo;automne, les Zetas sont maîtres du terrain, au prix d&rsquo;une formidable démonstration de violence.</span></p>
</div>
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		<title>Café stratégique AGS, Arnaud Contreras : Cultures et géopolitique au Sahara – jeudi 13 juin</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Jun 2013 16:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AGS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cafés stratégiques]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Contreras]]></category>
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		<category><![CDATA[Sahara]]></category>

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		<description><![CDATA[••••••••••  Jeudi 13 juin  •••••••••• Notre 26e Café stratégique AGS recevra Arnaud Contreras journaliste, photographe et documentariste, sur le thème Cultures et géopolitique au Sahara Jeudi 13 juin 2013, 19-21h Venez écouter, débattre, questionner… Café Le Concorde, 239 boulevard Saint-Germain, &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/05/cafe-strategique-ags-arnaud-contreras-cultures-et-geopolitique-au-sahara-jeudi-13-juin/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">••••••••••</span>  <span style="color: #ff6600;">Jeudi 13 juin</span>  <span style="color: #000000;">••••••••••</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Notre <strong>26e Café stratégique AGS</strong> recevra </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><span style="color: #ff6600;"><strong>Arnaud Contreras<br />
</strong></span>journaliste, photographe et documentariste, </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">sur le thème<br />
<strong><em>Cultures et géopolitique au Sahara</em></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Jeudi 13 juin 2013, 19-21h<br />
</span><span style="color: #ff6600;"><strong>Venez écouter, débattre, questionner…</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/cgs027_contreras_web_xl.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16241" alt="cgs027_contreras_web_xl" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/06/cgs027_contreras_web_xl.jpg" width="470" height="470" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Café Le Concorde,<br />
239 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris<br />
</span><span style="color: #000000;">métro Assemblée nationale</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><span style="color: #ff6600;">••••••••••••  <strong>Cafés stratégiques AGS</strong>  s<em>ouvent copiés, jamais collés</em></span>  <span style="color: #ff6600;">••••••••••••</span></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Quand la guerre fait son cinéma&#8230; 31/ Hommage à Ray Harryhausen et son Jason et les Argonautes (1963)</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Jun 2013 08:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Harrel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Yannick Harrel/Cyberstratégie Est-Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[arts]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cultur]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[mythologie]]></category>
		<category><![CDATA[Quand la guerre fait son cinéma]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans les années 1960, il n&#8217;y avait ni imagerie de synthèse ni Peter Jackson, en revanche il y avait Ray Harryhausen considéré comme le grand maître des effets spéciaux de cette époque et qui le restera bien après son dernier &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/06/01/quand-la-guerre-fait-son-cinema-31-hommage-a-ray-harryhausen-et-son-jason-et-les-argonautes-1963/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Dans les années 1960, il n&rsquo;y avait ni imagerie de synthèse ni Peter Jackson, en revanche il y avait Ray Harryhausen considéré comme le grand maître des effets spéciaux de cette époque et qui le restera bien après son dernier grand oeuvre en 1981. Date à laquelle il prit une retraite bien méritée.</span></p>
<div style="text-align: justify;">
<div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #333333;"><a style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;" href="http://2.bp.blogspot.com/-8vt_km7dtOs/UZi7rFHOCzI/AAAAAAAAB8c/ejUf8HQXFgg/s1600/Jason+Argonautes.jpg"><span style="color: #333333;"><img alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-8vt_km7dtOs/UZi7rFHOCzI/AAAAAAAAB8c/ejUf8HQXFgg/s320/Jason+Argonautes.jpg" width="381" height="224" border="0" /></span></a></span></div>
</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Passé de rigueur puisque l&rsquo;individu est décédé le 7 mai 2013 à l&rsquo;âge de 92 ans. Sa filmographie désormais définitive est éloquente : le merveilleux et le mystérieux s&rsquo;y côtoient de 1942 à 1981. Le <i>Choc des Titans</i> en 1981 fut un dernier hommage à sa passion comme à ses (nombreux) admirateurs. Le métrage marqua tellement son époque qu&rsquo;il eut droit à sa reprise en 2010, le réalisateur Louis Leterrier y fera une allusion fugace mais remarquée avec l&rsquo;apparition d&rsquo;une chouette mécanique. Les années 1980 plaçaient déjà une autre génération de faiseurs d&rsquo;artifices représentés par <i>La guerre des étoiles</i>, <i>Indiana Jones</i> ou encore <i>Blade Runner</i>. Cependant le côté kitsch des oeuvres de l&rsquo;américain ne prête aucunement à sourire mais plutôt à ravir, même près de cinquante ans après leur première diffusion.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><span id="more-16215"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Cinquante ans en effet car en 1963 fut monté l&rsquo;un des films les plus ambitieux qu&rsquo;il fut : porter à l&rsquo;écran l&rsquo;incroyable fresque de Jason et ses Argonautes. Une fresque mythologique n&rsquo;ayant que peu à envier, si ce n&rsquo;est rien à part une meilleure popularité, à l&rsquo;Odyssée ou l&rsquo;Illiade. Tout part de l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme, Jason, spolié de ses titres et chassé de ses terres par Pélias, le demi-frère de son père. L&rsquo;usurpateur n&rsquo;avait rien à craindre si ce n&rsquo;est selon l&rsquo;oracle d&rsquo;un jeune homme ne portant qu&rsquo;une seule sandale à ses pieds. Élément singulier qui en serait resté à une prédiction sans lendemain si le jeune héros lors de son retour vers sa patrie après plusieurs années d&rsquo;absence (et sous la garde du centaure Chiron) ne fut aidé dans la reconquête de son trône par Héra, déesse et femme de Zeus. Pélias effrayé par le souvenir des mots de l&rsquo;oracle accepta de rendre le trône en imposant une condition : que Jason retrouve en la lointaine contrée de Colchide (actuelle Géorgie) la toison d&rsquo;un bélier ayant la particularité d&rsquo;être en or comme gardée par un dragon. Ce sera le point de départ d&rsquo;une aventure riche en rebondissements qu&rsquo;il serait par trop long de conter dans le détail, d&rsquo;autant que les versions nous étant parvenues ne s&rsquo;accordent pas toutes entre elles (auteurs grecs et latins apportèrent certaines variantes comme par exemple la présence ou l&rsquo;absence d&rsquo;Atalante comme de Thésée et des divergences dans la conduite du récit).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Le mot Argonaute désigne les compagnons acceptant de se joindre à l&rsquo;expédition menée par Jason, et tire son nom d&rsquo;Argo, le navire censé amener transporter les volontaires vers la gloire&#8230; ou la mort.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Car justement cette quête est riche de rebondissements, mêlée de sombres évènements et de joies imprévues. Ce qui confère au texte une complexité et richesse plus qu&rsquo;appréciable. Ainsi, Heracles (Hercule) est du voyage, ayant décidé de mettre entre parenthèse ses douze travaux au moment à dessein de s&rsquo;engager au côté du jeune prétendant, et voué à devenir un personnage majeur durant toute l&rsquo;oeuvre (sa renommée est déjà établie), il n&rsquo;en sera cependant rien pour une raison que je préfère vous laisser découvrir par vous même mais qui est symptomatique d&rsquo;une histoire qu&rsquo;il convient de bien suivre dans son cheminement pour ne rien perdre de son évolution. Certains de ces individus seront même amenés à jouer un grand rôle personnellement ou par leur descendance : ainsi Télamon cité par la majeure partie des versions connues est le père du futur Ajax qui se distinguera lors du siège de Troie.</span></p>
<p><span style="color: #333333;">L&rsquo;aventure ne s&rsquo;arrêtera d&rsquo;ailleurs pas à la seule capture de la fameuse toison dans le jardin d&rsquo;Arès, le retour sera tout aussi épique, et fera la part belle à de nouvelles aventures dont la rencontre avec le géant de bronze Talos si bien immortalisée par les prouesses techniques de Harryhausen.Tout comme la rencontre devenue proverbiale avec Charybde et Scylla, les deux monstres marins vivant à proximité d&rsquo;un détroit (qui seront de nouveau à l&rsquo;honneur avec Ulysse de l&rsquo;Odyssée).La fin de l&rsquo;histoire diffère comme pour son déroulement selon les versions, de la plus optimiste à la plus pessimiste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Cette latitude dans le choix des versions est appréciable car elle rend compte d&rsquo;un empilement d&rsquo;histoires transmises par la tradition orale puis écrite. Se fondant sur un socle commun pour varier dans les détails, ajoutant, retranchant, modifiant le cas échéant. Une fresque qui au final n&rsquo;a rien à envier aux plus contemporains de nos scénarios épiques sur divers supports. Et qui donne au demi-dieu une aura de sincérité par une vulnérabilité et perméabilité aux failles de ses semblables avec l&rsquo;appoint de Dieux de l&rsquo;Olympe tellement humains dans leurs tourments et passions et finalement si proches des hommes qu&rsquo;ils aiment, aident et rejettent au gré de leurs sentiments. En outre, c&rsquo;est cet appel de l&rsquo;aventure qui sommeille en chacun de nous qui rejaillit dans cette épopée faite d&rsquo;amitié, d&rsquo;amour, de dépassement, d&rsquo;épreuves morales et physiques.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Si un téléfilm en deux parties a été tourné en 2000 pour le compte de la télévision britannique et méritait de couler dans le Styx, le principal métrage sur le sujet reste celui de 1963 que je vous invite à visionner pour votre plus grand plaisir car la patine du temps n&rsquo;a en rien altéré le plaisir de suivre les pérégrinations de toute cette troupe parée pour réaliser l&rsquo;impossible. Une postérité due très largement au talent d&rsquo;Harryhausen aux commandes des effets spéciaux. Si l&rsquo;on pourrait regretter quelques différences avec le récit original (ex. ce n&rsquo;est pas une hydre qui garde la toison mais un dragon), n&rsquo;oublions pas que les sources sont plurielles et qu&rsquo;au fond le XXème siècle ne fait que rajouter une couche à cette tradition populaire. Ce qui est remarquable de transmission dans le temps, l&rsquo;espace et les moyens d&rsquo;expression.</span><br />
<span style="color: #333333;"> Une nouvelle version plus ambitieuse que la 2000 serait toutefois très appréciable à la condition de conserver toute la puissance narratrice de l&rsquo;oeuvre (ou plus des oeuvres) originale(s).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Ouvrage récent sur le sujet que je recommande chaudement tant pour la mise au point des différentes versions que pour les illustrations intégrées : Neil Smith, <i>Jason and the Argonauts</i>, Osprey Publishing ,2013.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #333333;">Sites de référence :</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"> Alex Bernardini, http://www.alex-bernardini.fr/mythologie/jason-et-les-argonautes.php</span><br />
<span style="color: #333333;"> Histoire.fr : http://www.histoire-fr.com/mythologie_grecque_mythes_2.htm</span></p>
<div><span style="color: #333333;">Quant à vous plonger dans le texte si vous êtes helléniste et/ou latiniste, les principaux auteurs principaux antiques reconnus sur le sujet sont Apollonios de Rhodes et Valerius Flaccus.</span><span style="color: #333333;">Illustration : Jose Daniel Cabrera Pena</span></div>
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		<title>Flottement eurotunisien</title>
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		<pubDate>Fri, 31 May 2013 07:38:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Auteurs invites</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs et blogs invités]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[relations internationales]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du nord]]></category>
		<category><![CDATA[coopération bilatérale]]></category>
		<category><![CDATA[démocratisation]]></category>
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		<category><![CDATA[islamisme radical]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Au début du mois de mai 2013, la Tunisie semble vivre un moment de flottement généralisé dans sa transition socio-démocratique comme dans ses relations avec l’Union européenne. Trois constats s’imposent à l’observateur[1]. Tout d’abord, la Tunisie est coincée au milieu &#8230; <a href="http://alliancegeostrategique.org/2013/05/31/flottement-eurotunisien/">Lire la Suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><em>Au début du mois de mai 2013, la Tunisie semble vivre un moment de flottement généralisé dans sa transition socio-démocratique comme dans ses relations avec l’Union européenne.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/05/Hamadi-Jebali_Manuel-Barroso.jpg"><span style="color: #333333;"><img class="aligncenter size-full wp-image-16226" alt="Hamadi Jebali_Manuel Barroso" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/05/Hamadi-Jebali_Manuel-Barroso.jpg" width="450" height="300" /></span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><strong>Trois constats</strong> s’imposent à l’observateur<a title="" href="#_ftn1"><span style="color: #333333;">[1]</span></a>. Tout d’abord, la Tunisie est coincée au milieu d’un gué de rénovation générale, en ce début de l’an III de sa nouvelle étape républicaine, et semble subir un fort courant, politique, économique, social et religieux qui menace ses fondations. Ensuite, de son côté, l’Union européenne, l’UE, vit une crise de confiance globale, déclenchée depuis 2008 par la crise des dettes souveraines dans le sillage de la crise financière américaine et généralisée depuis ; cette crise affecte ses équilibres institutionnels et mine ses projets. Pourtant, nul ne voit en Tunisie d’alternative au partenariat stratégique avec l’UE.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><span id="more-16221"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><strong>Trois réalités</strong> s’établissent lentement mais inexorablement dans le paysage tunisien. Il faudra encore « donner beaucoup de temps au temps » pour redéfinir une nouvelle dynamique collective qui rétablisse la confiance dans la société tunisienne. Aucun projet de restauration de l’ordre ancien, même assaini et moralisé, ne semble aujourd’hui ni viable, ni souhaitable. Et enfin l’environnement régional africain de la Tunisie, perturbé au Sud, instable à l’Est et indécis à l’Ouest aggrave la tension et ralentit le processus de la réforme interne.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Partant de ces constats et de ces réalités, il semble que <strong>deux options se dégagent</strong> entre lesquels beaucoup d’acteurs hésitent. L’une, de coopération bilatérale privilégiée, dans laquelle la Tunisie renforce encore son acceptabilité européenne et privilégie la posture d’« enfant gâté » de l’UE, dans une perspective résolue de posture de préadhésion. Il lui faut alors devenir le bon élève des 3M de la Commission européenne, « marché, monnaie, mobilité ». L’autre qui s’attache à développer d’abord une position régionale plus diversifiée, pour tirer un meilleur parti des racines multiples de la Tunisie, bénéficier de la profondeur stratégique saharienne et africaine, en parallèle d’une proximité européenne consolidée, à la manière de la Turquie actuelle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Mais cette période d’hésitation est marquée par le risque que font courir à la Tunisie nouvelle<strong> trois menaces potentielles</strong>. D’abord l’impatience populaire face à la revendication exprimée depuis 2011 de dignité restaurée, de liberté garantie et de prospérité partagée. Le bilan actuel est trop maigre. Ensuite, l’effet laboratoire d’un islamisme modéré, encouragé de l’extérieur, qui accepterait une forme de fragmentation nationale, reconfigurerait l’environnement régional mais ferait l’économie de la démocratie. Enfin, l’invasion d’un islamisme radical qui éloignerait la Tunisie de l’Europe et accentuerait la fracture méditerranéenne.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Face à cette dialectique dangereuse qui peut pousser à commettre des actions irréversibles, <strong>un ensemble de facteurs encourageants</strong> sont à souligner comme autant d’atouts. La révolte de janvier 2011 a libéré des forces vives dans la société tunisienne et fait lever une nouvelle génération d’acteurs qui souhaitent une démocratisation et une ouverture adaptées et assumées. Le recentrage de la Tunisie sur son environnement régional devrait lui permettre d’affirmer une identité collective plus forte et un statut en pointe. Et enfin l’Europe prend désormais mieux conscience des limites du système antérieur, des enjeux et des solidarités qui sont nécessaires pour résoudre les contradictions qui furent les siennes et établir une relation équitable et favorable à tous.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><br />
<strong>Pour conclure ce diagnostic</strong>, on peut estimer que ce temps de flottement généralisé correspond à la fin de plusieurs utopies, en Europe, dans le processus Euromed et dans la révolution tunisienne elle-même.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Le monde réel revient au premier plan et s’impose aux différents acteurs. La valeur positive de la diversité apparaît mieux à tous ainsi que les limites d’une fonctionnalisation procédurière des relations de bons voisinage. <strong>Flottement, impatience, espoir</strong> sont les <strong>mots clés </strong>de la société tunisienne ; la route est encore longue.</span></p>
<div style="text-align: justify;">
<p align="right"><span style="color: #333333;">Jean Dufourcq,</span><br />
<span style="color: #333333;"> rédacteur en chef de la <em><a href="http://www.defnat.com/" target="_blank"><span style="color: #333333;">RDN</span></a></em></span></p>
<p><span style="color: #333333;"> </span></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><span style="color: #333333;"><a title="" href="#_ftnref1"><span style="color: #333333;">[1]</span></a> Atelier « Les relations Tunisie-Union européenne dans un contexte régional en mutation » organisé à Tunis par l’Association des Etudes Internationales et fondation <em>Friedrich Ebert Stiftung.</em></span></p>
<p><span style="color: #333333;"><em>Photo : Hamadi Jebali et José Manuel Barroso à Bruxelles le 2 octobre 2012 (© Union européenne) </em></span></p>
</div>
</div>
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