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	<title>Alliance Géostratégique</title>
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	<description>Webzine de géopolitique, de défense et de sécurité</description>
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		<title>Megaupload, brèves réflexions en série</title>
		<link>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/06/megaupload-breves-reflexions-en-serie/</link>
		<comments>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/06/megaupload-breves-reflexions-en-serie/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 09:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Harrel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Yannick Harrel/Cyberstratégie Est-Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Anonymous]]></category>
		<category><![CDATA[contrefaçon]]></category>
		<category><![CDATA[cyberpiratage]]></category>
		<category><![CDATA[FBI]]></category>

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		<description><![CDATA[
À l&#8217;instar de l&#8217;allié Electrosphère qui vient d&#8217;écrire sur le sujet, je me permets très succinctement de poser des pistes d&#8217;observation/réflexion suite à l&#8217;opération ayant visé à mettre un terme à l&#8217;activité de Megaupload, le site de téléchargement gratuit comme payant très populaire dans la sphère Internet.

La date opportune de l&#8217;opération diligentée par le département [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;" href="http://2.bp.blogspot.com/-kfTF0Gx7rp8/Tx8G6WOk-uI/AAAAAAAABVY/kruw8Df1zPw/s1600/fin+Megaupload.jpg"><img src="http://2.bp.blogspot.com/-kfTF0Gx7rp8/Tx8G6WOk-uI/AAAAAAAABVY/kruw8Df1zPw/s320/fin+Megaupload.jpg" border="0" alt="" width="320" height="240" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">À l&#8217;instar de l&#8217;allié <a href="http://electrosphere.blogspot.com/2012/01/megaupload-trepasse-le-telechargement.html" target="_blank">Electrosphère qui vient d&#8217;écrire sur le sujet</a>, je me permets très succinctement de poser des pistes d&#8217;observation/réflexion suite à l&#8217;opération ayant visé à mettre un terme à l&#8217;activité de Megaupload, le site de téléchargement gratuit comme payant très populaire dans la sphère Internet.<span id="more-11217"></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">La date opportune de l&#8217;opération diligentée par le département de la justice Américaine, soit le 19 janvier, au lendemain de l&#8217;<a href="http://www.20minutes.fr/high-tech/diaporama-2020-sopa-quand-web-autocensure" target="_blank">auto-censure d&#8217;une grande partie des mastodontes du net </a>pour protester contre le projet de loi SOPA (<em>Stop Online Piracy Act</em>).</p>
</li>
<li style="text-align: justify;">La main-mise claire et nette des autorités Américaine sur Internet, et la possibilité d&#8217;ores et déjà de déconnecter tout site jugé contraire aux intérêts Américains, reposant une fois encore mais avec plus d&#8217;acuité la question de la gouvernance d&#8217;Internet. Et de la coupure à la source, c&#8217;est à dire la deconnexion du DNS (<em>Domain Name System</em>, ou nom de domaine) : procédure moins coûteuse qu&#8217;un DPI (<em>Deep Packet Inspection</em>) mais apparenté à un tapis de bombes en lieu et place d&#8217;une frappe chirurgicale.</li>
<li style="text-align: justify;"><a href="http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/apres-megaupload-les-concurrents-paniquent-24-01-2012-1422954_47.php" target="_blank">Quid des concurrents</a> de Megaupload sur la liste des sites d&#8217;hébergement de fichiers pouvant être jugés attentatoires aux droits d&#8217;auteur tels Rapidshare ou Filesonic? Leur action en amont de vérification des fichiers sera-t-elle jugée suffisante et ne sera-t-elle pas contournée par des petits malins?</li>
<li style="text-align: justify;">Quelle est l&#8217;ampleur réelle des fonds générés par l&#8217;activité de Megaupload entre sa date de mise en activité (2005) et sa fermeture (début 2012)? Quels étaient les rôles de chaque acteur recherché par le FBI à commencer par Kim Schmitz? L&#8217;action a-t-elle été déclenchée comme le prétend une rumeur tenace quant au lancement de Megabox et <a href="http://arretsurimages.net/vite.php?id=12975" target="_blank">Megakey, une plate-forme instituant un nouveau système de rémunération des auteurs</a> pouvant risquer d&#8217;ébranler la position des majors?</li>
<li style="text-align: justify;">Quel sera le devenir des fichiers inaccessibles pour ceux qui employaient Megaupload à des fins licites, professionnelles ou personnelles?</li>
<li style="text-align: justify;">Ne doit-on pas s&#8217;attendre à une radicalisation d&#8217;Anonymous à venir dont certaines actions ont prouvé qu&#8217;ils avaient réellement les moyens d&#8217;agir et même de faire tomber des têtes (HBGary Federal et Stratfor en savent quelque chose pour avoir été parmi leurs victimes)? D&#8217;autant que ce groupe a déjà déclaré fomenter des actions de représailles.</li>
<li>Ne va-t-on pas assister à l&#8217;émergence accélérée de réseaux encore plus souterrains, plus cryptés et payants qui nécessiteront encore plus de moyens et de cerveaux pour les combattre et qui en corollaire généreront encore plus d&#8217;argent illégal? Et ce en des paradis numériques plus difficiles d&#8217;accès pour les autorités Américaines?</li>
<li style="text-align: justify;">Enfin, si un dragon a un tête on le décapite, et cela a été fait avec Megaupload. Seulement comment peut-on procéder lorsque l&#8217;on a affaire à une hydre à plusieurs (et nombreuses) têtes? Bref non plus d&#8217;un serveur centralisé (en .com donc atteignable par la justice Américaine) mais par de multiples possesseurs de bouts de fichiers anonymisés, hachés et cryptés, qui seront encore plus difficilement jugulables avec l&#8217;avènement du 3G+ et du 4G puisque pouvant transiter par des appareils nomades.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Telles sont les premières réflexions à la suite d&#8217;une action qui fera encore beaucoup couler d&#8217;encre (numérique) pour un temps&#8230; En complément, l&#8217;article paru dans la Revue de Défense Nationale : <a href="http://www.defnat.fr/site_fr/tribune/fs-article.php?ctribune=200" target="_blank">Internet : catalyseur d’un nouveau paradigme économique, générationnel et géopolitique</a>.</p>
<div style="text-align: right;">Yannick Harrel, <a href="http://harrel-yannick.blogspot.com/"><strong>Cyberstratégie Est-Ouest</strong><br />
</a></p>
<p style="margin-bottom: 0.5cm;">
</div>
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		<item>
		<title>La logistique, fonction opérationnelle oubliée</title>
		<link>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/05/la-logistique-fonction-operationnelle-oubliee-2/</link>
		<comments>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/05/la-logistique-fonction-operationnelle-oubliee-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 13:50:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Kempf</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les alliés publient]]></category>
		<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Kempf/EGEA]]></category>
		<category><![CDATA[Parutions]]></category>
		<category><![CDATA[colloque]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Logistique]]></category>
		<category><![CDATA[Parution]]></category>

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		<description><![CDATA[
Les bonnes nouvelles arrivent en rafale.  Pardon, en escadrille. Bon, vous m&#8217;avez compris : en groupe. Ainsi donc, après l&#8217;annonce du prochain café stratégique sur la Syrie, voici le dernier bébé de cet hiver : ENFIN !

&#171;&#160;Enfin&#160;&#187;, pour plusieurs raisons :

parce que le colloque a eu lieu il y a maintenant dix-huit mois et  que l’expérience [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Les bonnes nouvelles arrivent en rafale.  Pardon, en escadrille. Bon, vous m&#8217;avez compris : en groupe. Ainsi donc, après l&#8217;annonce du <a href="http://alliancegeostrategique.org/2012/02/03/reservez-votre-soiree-jeudi-9-fevrier-cafe-strategique-au-dela-de-la-syrie-le-grand-jeu/">prochain café stratégique sur la Syrie</a>, voici le dernier bébé de cet hiver : <strong>ENFIN !</strong></p>
<p style="text-align: center;"><img title="Livre_Log_fonction_ops_oubliee.png, fév. 2012" src="http://www.egeablog.net/dotclear/public/Livre_Log_fonction_ops_oubliee.png" alt="Livre_Log_fonction_ops_oubliee.png" /></p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Enfin&nbsp;&raquo;</em>, pour plusieurs raisons :</p>
<ul>
<li>parce que le colloque a eu lieu il y a maintenant dix-huit mois et  que l’expérience m&#8217;enseigne qu&#8217;il est plus compliqué de publier les  actes que d&#8217;organiser l&#8217;activité&#8230;</li>
</ul>
<ul>
<li>parce que la logistique est un vrai sujet, négligé par la plupart  des amateurs de stratégie qui préfèrent, au choix, la technologie, le  combat, les affaires d&#8217;information (info ops à cyber) ou de  commandement, sans apercevoir que dans les conflits contemporains, la  question logistique est absolument centrale et mérite d&#8217;être pensée au  moins autant que les autres<span id="more-11197"></span></li>
<li>parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un bébé copatronné par &laquo;&nbsp;<ins>Participation et progrès</ins>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<ins>AGS</ins>&laquo;&nbsp;, deux groupes de passionnés, sans aucun moyen (d’ailleurs, vous adhéreriez à P&amp;P, vous feriez une bonne œuvre, voir <a href="http://club-participation-progres.blogspot.com/">blog P&amp;P</a>,  onglet adhésion), avec donc énormément de bénévolat, et qui animent le  débat stratégique loin des grosses écuries et de la pensée convenue.</li>
<li>parce que conformément à l&#8217;esprit de ces deux maisons, si le livre  fait appel à des plumes confirmées, il y a aussi plein de jeunes à qui  on donne leur chance de se faire connaître.</li>
</ul>
<p>Vous aurez ci-dessous une description de l&#8217;ouvrage : pas seulement la  quatrième de couverture, mais aussi quelques commentaires et  explications, pour illustrer le besoin de pensée logistique. Ceux qui  sont intéressés peuvent <a href="mailto:%20%65%67%65%61%62%6c%6f%67%40%67%6d%61%69%6c%2e%63%6f%6d">m&#8217;écrire</a> (vous aurez un ouvrage dédicacé, veinards), ou alors commander <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=36098">directement sur le site de l&#8217;Harmattan</a> :  j&#8217;insiste, car si vous passez par Amazon, d&#8217;abord vous n’encouragez pas  les petits éditeurs et en plus Amazon est très long dans ses livraisons  car il fait tout peser sur les petits éditeurs (c&#8217;est notamment le cas  pour l&#8217;OTAN : là aussi, écrivez-moi). Autrement dit, pour encourager la  vitalité éditoriale, éviter de passer par les grosses machines&#8230;.</p>
</div>
<div>
<p>Le colloque avait pour ambition de réunir chercheurs, militaires et entrepreneurs.</p>
<p>Pour comprendre la logistique dans les conflits contemporains, il  fallait partir de l&#8217;histoire, grâce à l&#8217;excellente intervention de G. <strong>Lasconjarias</strong> (IRSEM). Le livre se poursuit par une réflexion théorique  sur la logistique dans l&#8217;art de la guerre, donnée par B. <strong>Bihan</strong>.</p>
<p>Plusieurs cas ont alors été analysés pour illustrer le <ins>rôle de la logistique dans des conflits récents</ins> : Le CV (R) <strong>Eudeline</strong> montre l&#8217;importance de la log dans l&#8217;insurrection tamoule (et comment  la destruction de cette ligne logistique entraîne la défaite des  Tamouls) ; St. <strong>Taillat</strong> (AGS et CREC) évoque le cas  irakien sous deux aspects, celui de la bataille des convois et de la  bataille des ceintures ; le LCL <strong>Thépenier</strong> décrit son expérience au BCS en Afghanistan; et Cl. <strong>Major</strong> (SPW) rappelle les défis logistiques des opérations EUFOR.</p>
<p>La deuxième partie donne la <ins>parole aux professionnels</ins> : le col. <strong>Jacquement</strong>, chef du J4 du CPCO ; le CCL <strong>Legendre</strong>, responsable des externalisations à l&#8217;EMA; le col <strong>Guéguen</strong>, responsable du soutien au CFT de Lille ; Le GDI <strong>Pinaud</strong>, chef de la division SLI à l&#8217;EMA.</p>
<p>La troisième partie s&#8217;attache à explorer la <ins>réalisation conjointe de la logistique entre armée et privé</ins> : F. <strong>Brétaudeau</strong>, d&#8217;EADS, s&#8217;interroge sur la maîtrise de l&#8217;information logistique; le GCA <strong>Verhaeghe</strong>, directeur de la SIMMAD, évoque le MCO; L. <strong>Maury</strong> (Thales) distingue la logistique et le soutien; l&#8217;IGA <strong>Dufour</strong> (DGA, SMO) parle du soutien initial commun. Enfin, Ch. <strong>Laroque</strong> (DCMAT)  décrit les relations avec la NAMSA, l’agence spécialisée de l&#8217;OTAN.</p>
<p>La quatrième partie s&#8217;intéresse à la <ins>logistique privée et ses apports à la défense</ins> : GH <strong>Bricet des Vallons</strong> (institut Choiseul) décrit longuement le mécanisme d&#8217;externalisation  américaine en Afghanistan, qui conduit à une perte de contrôle des  opérations par l&#8217;armée américaine; le GDI <strong>Beyries</strong> (EDA) évoque le cas de CAPES France, l’externalisation maison pratiquée avec l’Économat des armées ; J. <strong>Aymé</strong> expose les procédures et l&#8217;ambition du GIE Access, qui réunit des PME  françaises s&#8217;associant pour répondre aux marchés des organisations  internationales, et tout d&#8217;abord de l&#8217;ONU; Ph P. <strong>Dornier</strong> (Newton Vaureal) termine en évoquant la question des partenariats logistiques.</p>
<p>Outre la conclusion de Pierre <strong>Pascallon</strong> qui apporte son regard d&#8217;économiste, le lecteur appréciera <strong>deux bonus</strong> : tout d&#8217;abord une<ins> liste des acronymes</ins> ; ensuite et surtout une <ins>bibliographie</ins> qui est, à ma connaissance, la première établie sur le sujet.</p>
<p>Il y a ainsi énormément d&#8217;idées et de faits dans cet ouvrage. On peut  risquer le mot de &laquo;&nbsp;référence&nbsp;&raquo; car c&#8217;est le seul livre récent (depuis <a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2011/08/31/Suire%2C-Muraise%2C-Leprince">Maurice Suire</a> et ses &laquo;&nbsp;<a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2011/10/08/Comptes-de-la-cuisini%C3%A8re-%28Col-Suire%29">Comptes de la cuisinière</a>&laquo;&nbsp;, nous ne savons pas d&#8217;ouvrage stratégique sur la logistique) : autant dire qu&#8217;il intéressera :</p>
<ul>
<li>les spécialistes de la logistique militaire, qu&#8217;ils soient confirmés ou débutants</li>
<li>les logisticiens civils, qui veulent soit s’inspirer de la  logistique militaire, soit examiner les perspectives de marchés de  sous-traitance</li>
<li>les stratégistes généralistes qui souhaitent disposer d&#8217;une  référence sur cet aspect, et qui ne se contentent pas des pages du  Coutau-Bégarie finalement assez pauvres en la matière</li>
<li>les fans d&#8217;égéa, d&#8217;AGS et de P&amp;P qui ne seraient dans aucune des catégories précédentes</li>
<li>les esprits généreux décidés à favoriser au hasard les &laquo;&nbsp;bonnes œuvres&nbsp;&raquo; (car cette ouvrage est une œuvre de grande qualité)</li>
<li>et, comme il est marqué au dos de la plupart des ouvrages zarbis que  vous feuilletez à la FNAC, le grand public cultivé qui s&#8217;intéresse au  grandes questions du monde.</li>
</ul>
<p><strong>Quatrième de couverture</strong></p>
<p>La logistique constitue une des trois fonctions stratégiques  universelles avec le commandement et le renseignement. Méconnue, elle  est toutefois intimement associée à la manœuvre interarmes. L’apparition  des guerres industrielles est d’ailleurs allée de pair avec son  développement. Les évolutions récentes l’amènent à répondre à deux  traits essentiels, celui de l’internationalisation et celui de  l’externalisation.</p>
<p>Pourtant, la logistique est bien souvent absente des débats  stratégiques. C’est l’originalité du colloque La logistique, fonction  opérationnelle oubliée ?, organisé en juin 2009 par le club  Participation et progrès et Alliance géostratégique à l’École militaire.  Il a voulu répondre à des questions permanentes (trop ou trop peu ?  flux ou stocks ? à l’avant ou à l’arrière ? par armées ou conjointe ?  interne à la défense ou externalisée ? publique ou privée ?) mais aussi  aux questions nouvelles du contexte contemporain (projection, base de  théâtre ou soutien de proximité ? front, ou espace lacunaire ? avec,  contre ou au sein des populations ? nationale, ou internationalisée ? si  oui, dans le cadre de dispositifs institutionnalisés (ONU, UE, OTAN) ou  avec des structures ad hoc (coopération avec la nation hôte, avec les  ONG…) ? étatique, par agence, ou par SMP ?).</p>
<p>C’est en fait la question de l’adaptation de la logistique à la  guerre irrégulière qui est ainsi posée. Dans cette perspective, il  semble que tous nos débats stratégiques oublient, le plus souvent, que  la logistique devient de plus en plus une fonction opérationnelle  majeure et est devenue le centre de gravité opératif, voire stratégique,  des opérations aujourd’hui conduites, alors que dans le même temps elle  devient le lieu des efforts de rationalisation.</p>
<p><ins>Ont contribué à cet ouvrage</ins> :</p>
<ul>
<li>Julien Aymé, le commissaire général Philippe Beyries, Benoist Bihan, Francis Brétaudeau, Georges Bricet des Vallons, Philippe-Pierre  Dornier, l&#8217;IGA Patrick Dufour, Hugues Eudeline, le colonel Philippe  Guéguen, le colonel Jean-Luc Jacquement, Christian Laroque, Guillaume  Lasconjarias, le commissaire-colonel Emmanuel Legendre, Olivier Kempf  (AGS et P&amp;P), Claudia Major, Laurent Maury, Pierre Pascallon  (P&amp;P), le général de division aérienne Michel Pinaud, Stéphane  Taillat (AGS), le lieutenant-colonel Jean-Bernard Thépenier, le général  de corps aérien Jean-Jacques Verhaege.</li>
</ul>
<p>Références :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2010/06/11/colloque-logistique">présentation du colloque</a></li>
<li><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2010/06/29/Super-colloque">enseignements à chaud</a></li>
<li><a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2010/07/02/colloque-logistique-%3Aappr%C3%A9ciation">logistique maritime</a></li>
</ul>
<p><a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=36098">La Logistique, fonction opérationnelle oubliée</a>, sous la direction d’Olivier Kempf, 18  euros, 182 pages, ISBN : 978-2-296-56934-8</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.egeablog.net/dotclear/public/.logistique_rdn_m.jpg" alt="" /></p>
<p style="text-align: right;">O. Kempf</p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Au commencement était la guerre&#8230;10/« De la fureur des hommes du Nord, protège-nous Seigneur » : mythe et réalité des raids vikings en Europe occidentale du Haut Moyen Age</title>
		<link>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/04/au-commencement-etait-la-guerre-10%c2%ab%c2%a0de-la-fureur-des-hommes-du-nord-protege-nous-seigneur%c2%a0%c2%bb%c2%a0-mythe-et-realite-des-raids-vikings-en-europe-occidentale-du-haut-moyen-age/</link>
		<comments>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/04/au-commencement-etait-la-guerre-10%c2%ab%c2%a0de-la-fureur-des-hommes-du-nord-protege-nous-seigneur%c2%a0%c2%bb%c2%a0-mythe-et-realite-des-raids-vikings-en-europe-occidentale-du-haut-moyen-age/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 17:58:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stephane Mantoux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Stéphane Mantoux/Historicoblog]]></category>
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		<description><![CDATA[La période des raids vikings s&#8217;étale en gros sur trois siècles, de 789 à environ 1100. Les attaques des Vikings en Europe surviennent à un moment où celle-ci connaît un regain de prospérité sans précédent depuis la chute de l&#8217;Empire romain d&#8217;Occident, sous le règne de grands souverains comme Charlemagne ou Offa de Mercie. Ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">La période des raids vikings s&#8217;étale en gros sur trois siècles, de 789 à environ 1100. Les attaques des Vikings en Europe surviennent à un moment où celle-ci connaît un regain de prospérité sans précédent depuis la chute de l&#8217;Empire romain d&#8217;Occident, sous le règne de grands souverains comme Charlemagne ou Offa de Mercie. Ces attaques choquent aussi car les Vikings, païens, ne respectent aucune des règles traditionnellement en usage dans les guerres entre chrétiens. Par ailleurs, à ce tableau bien sombre s&#8217;ajoute la surprise : les navires extrêmement bien conçus des Vikings leur permettent de frapper vite et fort sur les côtes ou dans les rivières navigables. Les premiers raids touchent des communautés côtières ou des monastères dans un but de pillage : richesses, esclaves à vendre ou captifs à monnayer contre rançon. Ce n&#8217;est que dans un second temps que les Vikings entreprennent la conquête de territoires et leur colonisation.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><img class="aligncenter" src="http://www.anglaisfacile.com/cgi2/myexam/images2/31739.jpg" alt="" width="468" height="364" /><br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">L&#8217;ampleur géographique des raids vikings est considérable, s&#8217;étendant à presque l&#8217;ensemble du monde connu de l&#8217;époque, voire en repoussant les limites. Toutes les côtes d&#8217;Europe de l&#8217;Ouest, mais aussi celles de Méditerranée connaissent leurs déprédations. A l&#8217;est, les Vikings traversent la Russie jusqu&#8217;à la mer Noire et à la mer Caspienne, vers Constantinople, l&#8217;Empire byzantin et les Abbassides. Ils traversent l&#8217;Atlantique, s&#8217;installent dans les îles Féroé, en Islande, au Groënland, découvrent l&#8217;Amérique sans parvenir à s&#8217;y implanter durablement. Le mot <em>viking</em> s&#8217;applique indistinctement à tous les Scandinaves de la période : pourtant, il est basé sur le mot signifiant « pillard », alors que la plupart des hommes du Nord étaient plutôt des marchands ou des artisans. Le pillage n&#8217;est pour certains qu&#8217;une façon de s&#8217;enrichir ou d&#8217;avoir des terres dans leur pays. Par ailleurs, de nombreux étrangers se joignent aux Vikings pendant leurs raids : Irlandais, Anglo-Saxons, Francs&#8230; le terme est aujourd&#8217;hui communément accepté, mais dépasse l&#8217;acceptation simple de « pirate ».</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-11211"></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Pourquoi les Vikings ont-ils attaqué l&#8217;Europe occidentale ?</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Les victimes des raids n&#8217;ont guère de mal, à l&#8217;époque, à expliquer l&#8217;apparition des Vikings : c&#8217;est le châtiment de Dieu pour les péchés des chrétiens. Quelles sont les causes véritables des raids ? On a surtout avancé la faim de terres et une augmentation de la population en Scandinavie provoquant un trop-plein d&#8217;habitants. La Norvège, en particulier, manque de terres agricoles. Pourtant, la première vague des raids est dominée, comme on l&#8217;a dit, par des pilleurs, non des colonisateurs. La colonisation de l&#8217;Islande ne commence qu&#8217;en 870, à l&#8217;époque où les Danois s&#8217;installent également dans l&#8217;est de l&#8217;Angleterre. De fait, ce sont les victoires initiales des Vikings qui entraînent dans un second temps la colonisation scandinave.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Une autre explication avancée est celle de la maîtrise de la navigation par la construction navale. Le VIIIème siècle aurait vu les Vikings mettre au point un navire capable de voguer sur l&#8217;océan de manière sûre, reléguant au rang d&#8217;ancêtres les navires propulsés à la rame qui servaient à des raids contre les côtes, mais n&#8217;étaient d&#8217;aucune valeur en pleine mer. L&#8217;adoption de la voile a évidemment profité aux Scandinaves dans leurs entreprises de pillage. Pourtant, des découvertes archéologiques ont attesté que les navires à voile étaient déjà bien maîtrisés au VIIème siècle. Par ailleurs, les raids à longue distance de la Scandinavie sont connus depuis longtemps : les Hérules du Jutland, par exemple, s&#8217;attaquent à la région du Rhin Inférieur dès 287.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Le facteur principal des raids est sans doute celui de l&#8217;activité commerciale des Scandinaves, notamment dans le cas des Suédois et de leur expansion à l&#8217;est, en Russie. La stabilité politique de l&#8217;Europe au VIIIème siècle dynamise le commerce avec la Scandinavie qui fournit surtout des produits de luxe à l&#8217;Europe (fourrures, ambre, ivoire de morse). C&#8217;est sans doute à la faveur de ces nombreux échanges  que les Vikings ont pris conscience de l&#8217;importance des richesses en Europe et de la faiblesse de la défense, en particulier des ports et des monastères. Les Scandinaves étaient connus bien avant les premiers raids : Alcuin, le conseiller de Charlemagne, racontant la première attaque célèbre des Vikings, celle contre le monastère de Lindisfarne en 793, rapporte que ses compatriotes ont même adopté leur coupe de cheveux. Lors du raid contre Portland, en 789, le préfet du roi accueille les équipages de trois navires norvégiens et les envoie au palais royal de Dorchester, croyant avoir affaire à des marchands, erreur qui se révèle fatale, puisqu&#8217;il est massacré avec les autres victimes.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Une autre raison pouvant expliquer la fréquence des raids réside dans le fait que la plupart des attaques sont menées par des princes exilés. La société scandinave est en effet entrée, alors, dans un important processus de centralisation politique. Mais il y a un vivier considérable de personnes qui, par les liens du sang, peuvent prétendre à la royauté. La compétition pour le pouvoir est féroce, sanglante, et les perdants n&#8217;ont souvent d&#8217;autre choix que l&#8217;exil. Certains de ces exilés mènent d&#8217;ailleurs des raids pour obtenir richesses et réputation. Cela leur permet aussi de s&#8217;attacher une suite de guerriers qui pourra les soutenir lors de la conquête du pouvoir. Certains, comme Eric dit à la Hache Sanglante, décide carrément de régner à l&#8217;étranger à défaut de pouvoir le faire chez eux. Chassé du trône de Norvège par son frère, Eric s&#8217;installe comme souverain de York en 948. On songe également à Harold Hardrada, « l&#8217;Eclair du Nord », vaincu à Stamford Bridge en 1066 par Harold Godwinson quelques jours avant la défaite de celui-ci à Hastings.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Le pouvoir royal s&#8217;affirmant en Scandinavie durant le XIème siècle, les nations nordiques évoluent pour se fondre dans les royaumes chrétiens médiévaux d&#8217;Europe. Leurs souverains peuvent alors se reposer sur des rentrées d&#8217;argent institutionnalisées, comme les impôts ou les droits de douane. L&#8217;importance du pillage comme facteur de richesse diminue d&#8217;autant. A ce moment-là, la période des raids est alors révolue.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Quels sont les effectifs engagés par les Vikings ?</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">La partie la plus débattue des raids vikings est sans doute celle de leurs effectifs et de l&#8217;ampleur des destructions opérées. Traditionnellement, les Vikings sont vus comme des agresseurs féroces, mettant à feu et à sang l&#8217;Europe de Charlemagne : cette vision est directement issue des sources racontant les déprédations des Vikings, à savoir les hommes d&#8217;Eglise, particulièrement touchés par les attaques des monastères. Cette vision a été abandonnée par les historiens contemporains qui jugent que les Vikings ont surtout été victimes d&#8217;une mauvaise presse faite par l&#8217;Eglise. La violence viking sort de la norme, pour les victimes, car elle s&#8217;attaque justement à cette institution. Les deux vues ne sont pourtant pas irréconciliables : si la plupart des Scandinaves sont des marchands, des artisans ou des agriculteurs, leur participation occasionnelle aux raids vikings peut déboucher sur une violence extrême, car être viking, c&#8217;est par définition une occupation violente.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Les raids vikings s&#8217;inscrivent en fait dans une période où l&#8217;Europe s&#8217;est quelque peu assoupie sur le plan guerrier : cependant, Charlemagne n&#8217;a pas hésité à faire exécuter 4500 rebelles saxons à Verden, en 782. La particularité de l&#8217;agression viking est de remettre au goût du jour une insécurité permanente pour les populations d&#8217;Europe, après une période de grande prospérité. L&#8217;Eglise, qui souffre particulièrement des attaques, nous laisse une vision horrifique des raids vikings contre les monastères : pensons à la pratique bien connue de « l&#8217;aigle de sang »<a name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a>. Il semble surtout que les Vikings cherchent à inspirer la terreur pour briser toute volonté de résistance.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Quels étaient les effectifs de ces raids ? Il est difficile de se prononcer précisément, car les contemporains comptent les agresseurs en nombre de navires plutôt qu&#8217;en nombre d&#8217;hommes. Quand le décompte est faible, tels les 13 navires du raid contre Arras en 822, mentionnés par les <em>Annales royales franques</em>, on peut sans doute l&#8217;accepter. Quand le chiffre est plus important, il faut le regarder avec prudence. On distingue toutefois des constantes entre les sources franques, anglo-saxonnes ou irlandaises. Ainsi, avant 850, les flottes de plus de 100 navires sont rares, sauf dans le cas d&#8217;expéditions royales (raid de Godfred sur la Frise avec 200 navires, en 810). Après 850, on voit apparaître de nombreuses mentions de flottes comptant entre 120 et 250 navires, chiffres qui ne sont pas systématiquement à rejeter. L&#8217;exemple d&#8217;Abbon, chroniqueur du siège de Paris en 885-886, qui évoque 700 navires et 40 000 hommes (une des rares mentions chiffrées, d&#8217;ailleurs), est plutôt rare et exagéré.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">On ne peut pas déterminer avec précisions, même d&#8217;après les épaves de navires vikings retrouvées, le nombre d&#8217;hommes dans chaque bâtiment. Certains disposent de 32 rameurs mais peuvent emporter le même nombre de combattants ; d&#8217;autres n&#8217;ont que 24 bancs de rames, et il faut compter avec la cargaison emportée. Selon toute vraisemblance, les flottes vikings ne transportent guère plus, au maximum, de quelques milliers de combattants. Les flottes royales qui attaquent l&#8217;Angleterre entre 980 et 1016 semblent employer un <em>longskip</em> plus grand que dans la période précédente (50 rameurs, 80 à 100 hommes embarqués). Mais Cnut, en 1016, ne dispose certainement que de 6 à 7 000 hommes dans une flotte qui compte 160 navires. En 1066, l&#8217;armée normande n&#8217;aligne que 5 à 6 000 guerriers. Il n&#8217;y a donc pas eu de déferlement de hordes scandinaves sur l&#8217;Europe, tout comme cela s&#8217;était déjà produit contre l&#8217;Empire romain d&#8217;Occident lors des « invasions barbares ». D&#8217;ailleurs, les Vikings se concentrent souvent sur une région donnée et en délaissent d&#8217;autres dans le même temps : entre 879 et 892, le royaume de Francie occidentale subit de nombreux raids, alors que l&#8217;Angleterre et l&#8217;Irlande sont épargnées, et inversement après 892.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Du pillage à la conquête</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Les premiers raids interviennent en Angleterre, en 789 à Portland et en 793 contre le monastère de Lindisfarne. Les destructions dans cette dernière place sont somme toute limitées, les moines ayant réussi à mettre à l&#8217;abri certains trésors de ce haut lieu saint de l&#8217;Angleterre chrétienne de l&#8217;époque. Le raid est caractéristique d&#8217;une première phase des attaques vikings qui dure jusqu&#8217;à environ 834 : au maximum une douzaine de navires, un assaut brusque, rapide, sur le littoral, où l&#8217;on s&#8217;enfonce rarement à l&#8217;intérieur des terres, dans le pur style du « <em>hit and run</em> ». Les Irlandais, qui connaissent alors une véritable anarchie politique, souffrent particulièrement des premiers raids. Les Vikings sont également très habiles dans l&#8217;instrumentalisation des luttes politiques qui démarrent par exemple, en Francie occidentale, dans les années 830. Dans une deuxième phase, jusqu&#8217;en 865 au moins, la menace viking se fait plus sérieuse avec des flottes de 30 navires, voire dépassant la centaine après 850. Les Vikings remontent fleuves et rivières, s&#8217;enfoncent à l&#8217;intérieur des terres, attaquent l&#8217;Espagne et les côtes de Méditerranée, sans grand succès d&#8217;ailleurs. Si les flottes de la première phase étaient saisonnières, les Vikings se créent lors de la deuxième phase des campements permanents pour hiverner près des régions « cibles ».</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Dans une troisième phase, les Vikings entament une véritable conquête suivie d&#8217;une colonisation, avec le débarquement en <em>East Anglia</em> dès 865. C&#8217;est aussi à ce moment-là qu&#8217;est colonisée -pacifiquement- l&#8217;Islande. Seule la résistance d&#8217;Alfred le Grand du Wessex reporte l&#8217;attention sur la France occidentale. Les Vikings retournent en Angleterre en 892 mais leur armée se disperse dès 896. Les Irlandais sont eux aussi venus à bout des Vikings en 874. Entre 896 et 954, les raids connaissent une accalmie. Charles le Simple installe Rollon et ses Vikings dans ce qui va devenir le duché de Normandie. Entre 914 et 936, les Vikings tentent de s&#8217;installer en Bretagne, mais sont finalement vaincus. Il faudra attendre les années 980 pour voir une reprise des raids à grande échelle.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">On sait très peu de choses sur l&#8217;organisation militaire des Vikings à l&#8217;époque des raids. Un chef de guerre est suivi par une bande de guerriers, la cohésion et la discipline étant maintenues par des liens de loyauté et de camaraderie au combat. L&#8217;honneur et le déshonneur jouent, évidemment, un rôle important. Le chef est en avant des troupes, pour donner les ordres ou indiquer les mouvements. Les guerriers les plus craints sont les fameux <em>berserkers</em>, dédiés à Odin, le dieu de la guerre, dont le nom est dérivé, probablement, de leur vêtement en peau d&#8217;ours. Ils entrent dans une transe qui les rend insensibles aux blessures avant la bataille. Les Vikings ne recherchent pas la bataille rangée, mais s&#8217;ils y sont contraints, ils forment le classique « mur de boucliers ». Sur mer, les engagements navals sont rares, et ils consistent en abordages suivis de furieux corps-à-corps. L&#8217;arme favorite des Danois et des Norvégiens est l&#8217;épée droite à deux tranchants, pour les coups de taille plutôt que d&#8217;estoc. Les épées franques sont prisées, mais les forgerons scandinaves bâtissent des armes de bonne facture. Les haches sont souvent associées aux Vikings : elles sont effectivement appréciées car constituant une alternative moins chère face à l&#8217;épée. En Suède, c&#8217;est la lance qui domine. Les arcs et les couteaux de combat sont également employés par les Vikings. L&#8217;arme défensive principale est le bouclier circulaire, fait de bois et renforcé de fer avec un <em>umbo </em>: large (1 m), il couvre l&#8217;ensemble du corps, du coup jusqu&#8217;aux cuisses. A la fin de l&#8217;âge viking, il commence à être remplacé par le bouclier dit « en cerf-volant ». Les plus riches s&#8217;offrent des cottes de mailles et des casques en fer généralement pourvus d&#8217;un masque facial. L&#8217;armure d&#8217;écailles, importée de l&#8217;Empire byzantin, est connue en Suède. La supériorité des Vikings ne repose pas sur l&#8217;armement, ni sur l&#8217;organisation militaire ou les tactiques employées. Elle consiste en leur mobilité qui les place souvent avec un temps d&#8217;avance sur leurs adversaires. Quand ils opèrent à l&#8217;intérieur des terres, les Vikings forment une infanterie montée avec des chevaux capturés sur place. Au XIIème siècle, par contre, l&#8217;infanterie de mise chez les Vikings sera abandonnée en faveur d&#8217;une cavalerie cuirassée.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Conclusion : quel impact pour les raids vikings sur l&#8217;Europe occidentale ?</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Les Vikings ont eu un impact certain sur l&#8217;Europe occidentale. On leur a souvent attribué l&#8217;explosion de l&#8217;empire carolingien, mais les causes de celle-ci sont d&#8217;ordre interne et dynastiques, même si les Vikings ont profité de l&#8217;instabilité. D&#8217;ailleurs les prétendants carolingiens ne voient les Vikings que comme un problème secondaire et n&#8217;hésitent pas à les employer dans leurs querelles. En prenant seulement des demi-mesures contre les agresseurs, les rois carolingiens se sont davantage décrédibilisés aux yeux des populations victimes des raids. Pourtant, en occupant la Bretagne entre 914 et 936, les Vikings ont aussi brisé l&#8217;ascension d&#8217;une puissance régionale et favorisé, <em>in fine</em>, son incorporation future au royaume de France. La conséquence la plus importante de l&#8217;activité viking en France réside dans la création du duché de Normandie. En Ecosse et en Angleterre, les Vikings ont détruit des structures politiques et ont bouleversé le devenir de ces pays. L&#8217;Ecosse est dominée par les Scots suite à la disparition des Pictes, des Bretons du <em>Strathclyde</em> et des Northumbriens. En Angleterre, les Vikings ont fait du Wessex la puissance dominante en éliminant les royaumes de Mercie, de Northumbrie et l&#8217;<em>East Anglia</em>. Lorsque le <em>Danelaw</em> est conquis par le Wessex au Xème siècle, les Anglais se retrouvent pour la première fois sous une seule et même couronne. Les dommages économiques et matériels provoqués par les raids n&#8217;ont été que temporaires. En revanche, les attaques contre les monastères ont été beaucoup plus graves, car c&#8217;est là que résidait la culture du Haut Moyen Age. La culture monastique en pâtit de par la destruction des bâtiments mais surtout la mort des moines. La « renaissance carolingienne », née sous Charlemagne, s&#8217;éteint dès la fin du Ixème siècle, tandis que la brillante culture monastique irlandaise ne se remet pas des raids vikings. Là réside sans doute le plus grand dommage des Vikings sur les civilisations visées, et par contrecoup la réputation très noire qu&#8217;ils ont acquis dans la littérature ecclésiastique contemporaine et ultérieure.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Pour en savoir plus :</strong></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">John HAYWOOD, <em>The Penguin Historical Atlas of the Vikings</em>, Penguin Books, 1995, 144 p.</span></span></p>
<div id="sdfootnote1" style="text-align: justify;">
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><a name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a>Elle 	consiste à arracher à la victime ses poumons de la cage 	thoracique et à les déployer derrière son dos&#8230; l&#8217;image reste 	très forte dans certains romans, par exemple ceux de Viviane Moore 	et de sa série sur Tancrède le Normand, chez 10/18.</span></p>
</div>
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		<title>Réservez votre soirée ! Jeudi 9 février, Café stratégique : &#171;&#160;Au-delà de la Syrie, le Grand Jeu&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 17:53:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AGS</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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		<category><![CDATA[Grand Jeu]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Alliance géostratégique vous invite à échanger et débattre avec Joseph Bahout, enseignant à Sciences Po, chercheur à l&#8217;Académie Diplomatique Internationale, sur les implications régionales de la crise syrienne.



Jeudi 9 février 2012 de 19h à 21h (entrée libre)
Café Le Concorde, métro Assemblée nationale
239, boulevard Saint-Germain 75007 Paris
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Alliance géostratégique vous invite à échanger et débattre avec<strong> Joseph Bahout</strong>, enseignant à Sciences Po, chercheur à l&#8217;<a href="http://www.academiediplomatique.org/fr/pag1-A-Propos.html" target="_blank">Académie Diplomatique Internationale</a>, sur les implications régionales de la crise syrienne.</p>
<p style="margin-bottom: 0.7cm;">
<p><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/cgs013_bahout_web_xl.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11188" title="cgs013_bahout_web_xl" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/cgs013_bahout_web_xl.jpg" alt="" width="485" height="485" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0.7cm;">
<p>Jeudi 9 février 2012 de 19h à 21h (entrée libre)<br />
Café Le Concorde, métro Assemblée nationale<br />
239, boulevard Saint-Germain 75007 Paris</p>
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		<title>Chronique renseignement: Les écoutes, une peur française</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 07:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MGN</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique Renseignement]]></category>
		<category><![CDATA[MGN/Zone d’Intérêt]]></category>
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		<description><![CDATA[Les récentes déclarations de politiques s&#8217;inquiétant de voir leurs communications surveillées mettent en lumière une certaine défiance, justifiée ou non, envers les services de renseignement.

Au début du mois de janvier, plusieurs figures politiques se sont exprimées en affirmant avoir des doutes sur la sécurité de leurs communications, allant jusqu&#8217;à affirmer leur certitude d&#8217;être « sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les récentes déclarations de politiques s&#8217;inquiétant de voir leurs communications surveillées mettent en lumière une certaine défiance, justifiée ou non, envers les services de renseignement.</em></p>
<p><center><div id="attachment_11177" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/ecoutes.jpg"><img src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/ecoutes-300x268.jpg" alt="La Vie des autres (2006)" title="La Vie des autres" width="300" height="268" class="size-medium wp-image-11177" /></a><p class="wp-caption-text">La Vie des autres (2006)</p></div></center></p>
<p>Au début du mois de janvier, plusieurs figures politiques se sont exprimées en affirmant avoir des doutes sur la sécurité de leurs communications, allant jusqu&#8217;à affirmer leur certitude d&#8217;être <em>« sur écoute »</em>. La candidate écologiste de Cap 21, Corinne Lepage, considère avoir des <em>« indices suffisants »</em> pour penser que son téléphone portable est sur écoutes. Nicolas Dupont-Aignan est pour sa part <em>« persuadé d&#8217;être sur écoutes »</em>, ce que prouveraient selon lui les coupures régulières lors de ses conversations téléphoniques. Au début de l&#8217;année 2011, Marine Le Pen affirmait être sur écoutes téléphoniques depuis plusieurs années. En novembre dernier, c&#8217;est Eva Joly qui se déclarait certaine d&#8217;être sur écoutes. [<a href="#note1">1</a>]</p>
<p><span id="more-11167"></span></p>
<p>La crainte d&#8217;une surveillance téléphonique se retrouve également chez d&#8217;anciens ministres, notamment Hervé Morin, ex-ministre de la Défense, Jean-François Copé, ancien ministre du Budget et Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de 2002 à 2005. Alain Juppé confiait en novembre 2010, avant sa prise de fonction au ministère de la Défense, n&#8217;utiliser que le téléphone portable de son officier de sécurité <em>« un peu à cause de cette ambiance »</em>. [<a href="#note2">2</a>] Il s&#8217;agit en effet d&#8217;une <em>« ambiance »</em> que décrivent les responsables politiques, teintée d&#8217;espionite, de soupçon, mais aussi parfois basée sur une certaine expérience acquise au contact des services de l&#8217;Etat. On constate toutefois que la plupart des personnages politiques s&#8217;inquiétant de pouvoir être surveillés ne précisent pas s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une surveillance par les services de sécurité français, par une puissance étrangère ou par des acteurs privés.</p>
<p>La distinction entre surveillance d&#8217;État et surveillance privée est pourtant importante, tant pour en distinguer la légalité et la légitimité que pour en estimer les moyens techniques. La surveillance des télécommunications à grande échelle reste en effet un monopole d&#8217;État, là où des interceptions ponctuelles sont à la portée de sociétés privées, parfois qualifiées <em>« d&#8217;officines »</em> en France. L&#8217;incertitude sur les commanditaires d&#8217;éventuelles écoutes, entretenue par les déclarations laconiques des politiques, tend à renforcer une ambiance de paranoïa et à jeter le soupçon sur les services de renseignement, pointés du doigt sans être nommés.</p>
<p>En France, les interceptions de communications et les réquisitions de données de connexion sont encadrées par la loi sous deux dispositifs: les interceptions judiciaires qui relèvent du ministère de la Justice et les interceptions dites <em>« administratives »</em> qui relèvent du Premier ministre. Les interceptions judiciaires sont autorisées par commission rogatoire délivrée par un juge d&#8217;instruction et représenteraient environ 20 000 interceptions téléphoniques par an, auxquelles s&#8217;ajouteraient 70 000 à 80 000 interceptions de communications (SMS, mails, données de connexion). Les interceptions administratives sont soumises par les ministères de la Défense, de l&#8217;Intérieur et des Finances au Premier ministre, par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un Groupement interministériel de Contrôle (GIC), qui entre en contact avec les services des opérateurs de télécommunications pour procéder aux interceptions. Ces interceptions administratives ne peuvent être justifiées que par <em>« la recherche de renseignements intéressant la sécurité nationale, la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France, la prévention du terrorisme, la prévention de la criminalité et de la délinquance organisées et, enfin, la prévention de la reconstitution ou du maintien de groupements dissous en application de la loi du 10 janvier 1936»</em>.</p>
<p>Les interceptions administratives sont soumises au contrôle de la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS), qui les approuve ou les refuse, le plus souvent <em>a priori</em>. En 2010, la CNCIS aurait autorisé 5 979 interceptions téléphoniques (pour 6 010 demandes). La CNCIS a également traité d&#8217;autres demandes, celles relatives aux données techniques de connexion d&#8217;individus <em>« fortement soupçonnés de mener des actes terroristes »</em>, dont le contrôle a été confié à une <em>« personnalité qualifiée »</em> chargée de répondre en urgence aux services, sous le contrôle de la CNCIS. Au cours de l&#8217;année 2010, cette personnalité qualifiée a traité 879 demandes par semaine (!), soit un total de 45 716 demandes, dont 38 000 ont été validées, environ 7 000 renvoyées et 90 rejetées définitivement. Il est à noter que le président de la CNCIS ne s&#8217;est pas étendu, lors de son audition par la commission des lois de l&#8217;Assemblée Nationale, sur les motifs de rejet des demandes, ni sur les éventuelles difficultés qu&#8217;auraient pu rencontrer la CNCIS a traiter un tel nombre de demandes dans le respect des libertés individuelles. [<a href="#note3">3</a>]</p>
<p>Dans le cadre du contrôle opéré par la CNCIS, le cas des <em>fadets</em> (factures détaillées) fait l&#8217;objet d&#8217;une spécificité, puisque leurs demandes par les ministères doivent être soumises au GIC qui les traite, mais leur contrôle par la CNCIS n&#8217;intervient qu&#8217;<em>a posteriori</em>, sans sanction possible en dehors d&#8217;un avis ou de recommandations. La CNCIS a toutefois rappelé qu&#8217;il était interdit aux services de solliciter directement les opérateurs de télécommunications. La commission des lois a toutefois laissé entendre que des services de police se seraient procurés des <em>fadets</em> directement auprès des opérateurs&#8230;</p>
<p>Des témoignages rapportés par la presse laissent à penser que des interceptions de communication et des opérations de surveillance se sont déroulées en dehors de tout contrôle de la CNCIS, voire en dehors du cadre légal. Yves Bertrand, ancien directeur des renseignement généraux (RG) de 1992 à 2004, affirme qu&#8217;un système d&#8217;écoutes téléphoniques aurait été mis en place en 1995, afin de permettre des interceptions téléphoniques <em>« à la discrétion de Matignon et de l&#8217;Elysée »</em>, sans contrôle de la CNCIS. Jean-Louis Dewost, ancien président de la CNCIS aurait pour sa part constaté en 2009, lors d&#8217;un contrôle chez un opérateur téléphoniques que <em>« des demandes de fadettes, puis d’écoutes téléphoniques, étaient faites directement sans passer par la commission »</em>.  [<a href="#note4">4</a>]</p>
<p>Aux écoutes des services, légales ou extra-légales, s&#8217;ajoutent d&#8217;autres pratiques douteuses et peu documentées en matière de surveillance, celles de certaines sociétés de sécurité et d&#8217;intelligence économique. Si certains de leurs employés et sous-traitants ont été mis en cause par la justice pour des pratiques à la limite de la légalité, les entreprises donneuses d&#8217;ordres ont rarement été poursuivies. On peut également souligner la faible réglementation qui encadre l&#8217;achat de dispositifs sophistiqués d&#8217;interception, y compris certains modèles achetés sur étagères par les services, et facturés comme des appareils dédiés à l&#8217;audit de sécurité des SI.</p>
<p>Entre paranoïa, expérience acquise dans des ministères rompus aux interceptions ou simple volonté de se mettre en avant, difficile de faire la part des choses dans cette <em>« ambiance »</em> décrite par certaines personnalités politiques. Il est toutefois permis de croire que la peur bien française des écoutes téléphoniques a encore de beaux jours devant elle&#8230;</p>
<p>[<a name="note1">1</a>] <em>Les embarassant secrets de Bernard Squarcini</em> &#8211; Le Point, 19 jan. 2012<br />
[<a name="note2">2</a>] <em><a href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ecoutes-les-soupcons-gagnent-les-politiques_935433.html">Écoutes, les soupçons gagnent les politiques</a></em> &#8211; L&#8217;Express, 09 nov. 2011<br />
[<a name="note3">3</a>] <em><a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cloi/11-12/c1112004.asp">Audition du président de la CNCIS</a></em> Assemblée Nationale, 18 oct. 2011<br />
[<a name="note4">4</a>] <em>L&#8217;ancien patron des RG révèle l&#8217;existence d&#8217;un système d&#8217;écoutes sauvages</em> &#8211; Médiapart, 23 jan. 2012</p>
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		<title>Stratégie et politique étrangère américaine (5): Coercition</title>
		<link>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/01/strategie-et-politique-etrangere-americaine-5-coercition/</link>
		<comments>http://alliancegeostrategique.org/2012/02/01/strategie-et-politique-etrangere-americaine-5-coercition/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 10:12:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stephane Taillat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Taillat/En Vérité]]></category>
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Outil majeur de la politique étrangère américaine, la stratégie de coercition se distingue aussi bien de la dissuasion (par l&#8217;objectif qu&#8217;elle sert) que de la préemption (par son moyen et ses effets poursuivis).
Cet humble et court billet cherche à poser quelques jalons, à donner quelques rappels ou à poser quelques questions pour bien saisir la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
<p><em>Outil majeur de la politique étrangère américaine, la stratégie de coercition se distingue aussi bien de la dissuasion (par l&#8217;objectif qu&#8217;elle sert) que de la préemption (par son moyen et ses effets poursuivis).</em></p>
<p><em>Cet humble et court billet cherche à poser quelques jalons, à donner quelques rappels ou à poser quelques questions pour bien saisir la nature et les enjeux des stratégies de coercition, notamment dans l&#8217;optique d&#8217;une réflexion plus approfondie sur les drones.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/drone_pic.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11159" title="drone_pic" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/drone_pic.jpg" alt="" width="470" height="437" /></a></em></p>
<p><strong>1 &#8211; Influer sur la volonté politique de l&#8217;adversaire:</strong></p>
<p>Contrairement à la dissuasion qui vise à maintenir un status-quo, la coercition cherche à modifier celui-ci. Autrement dit, il s&#8217;agit dans les deux cas d&#8217;influer sur le processus de prise de décision de l&#8217;adversaire en imposant sa volonté sur la sienne. Dans le cas des stratégies de coercition, l&#8217;objectif recherché est d&#8217;obtenir de l&#8217;autre qu&#8217;il fasse quelque chose ou qu&#8217;il cesse de faire quelque chose.</p>
<p><span id="more-11158"></span></p>
<p>Il n&#8217;est donc nullement question d&#8217;un simple rapport de force matériel, ni même de la nécessité d&#8217;une bataille. Ce dernier point est souvent la raison pour laquelle la coercition est parfois classée dans le domaine diplomatique (notamment lorsqu&#8217;elle prend la forme des sanctions économiques, financières ou commerciales) mais rarement dans celui de la guerre proprement dite (sauf à parler de la coercition punitive par représailles telle qu&#8217;imaginée par les théoriciens du bombardement stratégique).</p>
<p>On pourrait donc penser que la stratégie de coercition entre aisément dans le cadre de l&#8217;affrontement des volontés et de l&#8217;usage de la force (physique, psychologique ou symbolique) pour faire triompher l&#8217;une sur l&#8217;autre. Or, bien souvent les stratégies de coercition doivent être analysées à l&#8217;aune des enjeux, lesquels sous-tendent les volontés politiques des deux adversaires. Un raisonnement sur ces enjeux est donc nécessaire pour saisir l&#8217;intensité et la profondeur des coûts que l&#8217;adversaire pourra consentir avant de plier. Ainsi, une mauvaise appréciation de ces enjeux &#8211; et une concentration trop excessive sur l&#8217;idée que l&#8217;anéantissement et les représailles suffisent à faire plier toute volonté (&laquo;&nbsp;ils ne comprennent que la force&nbsp;&raquo;) &#8211; explique l&#8217;échec des bombardements américains sur le Nord-Vietnam à compter de 1964.</p>
<p>Destinés à progressivement obtenir du gouvernement de Hanoï qu&#8217;il cesse son soutien aux insurgés du Sud, les bombardements n&#8217;ont cessé de s&#8217;accroître en fréquence et en intensité, sans obtenir l&#8217;effet voulu. En effet, il aurait fallu tenir compte des coûts que le gouvernement du Nord-Vietnam était prêt à assumer et à faire assumer à sa population, pour toute une série de raisons qu&#8217;il n&#8217;est pas nécessaire de développer ici (enjeux plus absolus, gouvernement autoritaire, faiblesse de l&#8217;infrastructure industrielle, etc.)</p>
<p>Il apparaît donc comme vital de saisir qu&#8217;une stratégie de coercition doit tenir compte des enjeux de l&#8217;adversaire, qui sont le véritable soubassement de sa volonté politique. Ces enjeux ne sont pas forcément unitaires, et il s&#8217;agit aussi de bien distinguer la rhétorique de l&#8217;adversaire de ses intérêts réels. Ainsi, la campagne de coercition aérienne au Kosovo n&#8217;a porté ses fruits que lorsque les bombardements ont visé les intérêts propres des apparatchiks serbes, et non seulement les forces armées ou bien les infrastructures de communication, de commandement, de fabrication.</p>
<p>A défaut de cette réflexion sur les enjeux, les stratégies de coercition risquent de conduire à la montée aux extrêmes sous la forme de l&#8217;escalade des moyens employés, ce qui conduit mécaniquement à augmenter le coût de telles stratégies, parfois au-delà des enjeux et des objectifs initiaux qui les ont déclenchées. De la même manière, cette élévation mécanique des moyens employés risque de mettre en équation les stratégies de coercition avec des stratégies d&#8217;anéantissement, là où l&#8217;on voit bien que la coercition et l&#8217;attrition sont souvent plus efficaces dans la plupart des contextes.</p>
<p><strong>2 &#8211; De l&#8217;usage indiscriminé à l&#8217;usage sélectif de la force:</strong></p>
<p>Les stratégies de coercition peuvent également être analysées en fonction du mécanisme par lequel l&#8217;effet militaire produit l&#8217;effet politique choisi. En général, faire plier la volonté politique de l&#8217;adversaire conduit à chercher trois voies: celle qui consiste à faire plier les populations civiles, celle qui vise à affaiblir les capacités militaires ou de défense de l&#8217;ennemi, celle qui cherche à cibler les dirigeants adverses (par décapitation ou par pression sur les intérêts de ceux-ci).</p>
<p>On constate ainsi que la tendance doctrinale (et souvent opérationnelle) s&#8217;inscrit dans une tension fondamentale, notamment pour ce qui concerne les États-Unis. D&#8217;un côté en effet, la croyance qu&#8217;une utilisation massive et brutale de la force -discriminée ou non- permet d&#8217;atteindre directement l&#8217;objectif voulu tend à appuyer l&#8217;usage de stratégies d&#8217;anéantissement. De l&#8217;autre, l&#8217;adaptation intellectuelle et pratique conduit à rechercher un usage plus sélectif de la force, à travers un abaissement du niveau d&#8217;usage de la coercition, et à travers une séparation entre menace et usage de la force. Les drones illustrent parfaitement cette évolution: ils permettent d&#8217;appliquer la coercition sur des individus ou de petits groupes d&#8217;individus, tant par l&#8217;usage de la peur que suscite la présence permanente des appareils robotisés au-dessus de leurs têtes que par le déploiement subit et brutal de la force brute.</p>
<p>D&#8217;autre part, les stratégies de coercition américaines tendent à être vues comme des mécanismes de causalité entre l&#8217;effet militaire (l&#8217;application de la force, même sélective) et l&#8217;effet politique (l&#8217;adversaire se pliant à la volonté américaine). Or, il faut bien constater que le lien entre les deux est davantage contingent, et demande une appréhension correcte du contexte dans lequel on applique la force. Ainsi, les preuves historiques ne permettent pas de dire que l&#8217;usage de la force sur les populations (par les bombardements) pousse celles-ci à faire plier leur gouvernement. De la même manière, cibler les dirigeants n&#8217;est pas systématiquement la solution, et relève d&#8217;une vision naïve des systèmes politiques et sociaux. Enfin, on peut penser largement que la coercition peut être entièrement ou partiellement contre-productive.</p>
<p>C&#8217;est la raison pour laquelle le stratégiste américain John Warden a suggéré, dans sa théorie des Cinq Cercles, une adaptation progressive de la stratégie de coercition au cours d&#8217;une campagne (aérienne pour ce qui le concerne) dans le sens d&#8217;un élargissement des cibles. Il faut noter néanmoins que son approche, si elle a le mérite de rappeler la nécessité d&#8217;un usage sélectif de la force, reste beaucoup trop mécanique sur les liens entre effets militaires et effets politiques. Par ailleurs, sa théorie a souvent servi à l&#8217;Air Force pour justifier le maintien ou le développement de systèmes d&#8217;armes aptes à mener ces missions. Enfin, il reste à souligner combien cette conceptualisation des opérations s&#8217;inscrit dans les préférences de l&#8217;establishment politique et militaire américain pour l&#8217;usage de la force, semblant en justifier l&#8217;usage en tout temps, sans en penser les conséquences et les effets possibles.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/Cinqcercles.gif"><img class="size-full wp-image-11162  aligncenter" title="Cinqcercles" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/02/Cinqcercles.gif" alt="" width="300" height="265" /></a></p>
</div>
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		<title>Géopolitique américaine du Pacifique : la Chine, vraiment ?</title>
		<link>http://alliancegeostrategique.org/2012/01/30/geopolitique-americaine-du-pacifique-la-chine-vraiment/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 22:24:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Kempf</dc:creator>
				<category><![CDATA[Armement]]></category>
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Je poursuis mes réflexions à la suite du  bon sujet proposé l&#8217;autre jour par PTH. Pour m’intéresser au dispositif  américain dans le Pacifique ouest, aux objectifs chinois et au pion  central qu&#8217;est Taïwan.
 source


1/ L&#8217;article de Judy Dempsey (référence dans le billet précédent) est typique d&#8217;une certaine opinion américaine qui considère  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p style="text-align: justify;"><em>Je poursuis mes réflexions à la suite du  bon sujet proposé l&#8217;autre jour par PTH. Pour m’intéresser au dispositif  américain dans le Pacifique ouest, aux objectifs chinois et au pion  central qu&#8217;est Taïwan.</em></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://daniellesabai.files.wordpress.com/2011/02/asia-map1.gif" alt="" width="476" height="308" /> <a href="http://daniellesabai.wordpress.com/2011/02/26/conflits-en-mer-de-chine-du-sud/">source</a></p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;">1/ L&#8217;article de Judy Dempsey (référence dans le <a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2012/01/25/Mer-de-Chine%2C-d%C3%A9ni-d-acc%C3%A8s-et-g%C3%A9opolitique">billet</a> précédent) est typique d&#8217;une certaine opinion américaine qui considère  la Chine comme le nouveau challenger des États-Unis. Après tout, à lire  le dernier document de stratégie américaine (analyse<a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2012/01/06/La-nouvelle-politique-de-d%C3%A9fense-des-Etats-Unis%2C-par-J-Pellistrandi"> ici sur égéa</a>), il s&#8217;agit bien de l&#8217;option pacifique. Pardon, de l&#8217;option du Pacifique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-11148"></span></p>
<p style="text-align: justify;">2/ Du point de vue américain, il y a forcément un mimétisme avec l&#8217;expérience de la <strong>2ème guerre mondiale</strong>.  La chose est peu perçue en Europe, où la 2GM est surtout l&#8217;affaire du  débarquement de Normandie, voire des combats de Stalingrad. Et le  conflit entre les deux grands, au cours de la guerre froide, a renforcé  ce tropisme européen. Pourtant, les États-Unis ont toujours observé  l&#8217;autre océan.</p>
<p style="text-align: justify;">3/ Et la montée de leur puissance, au XIX° siècle, y a connu plusieurs hauts-faits.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Qu&#8217;on se souvienne tout d&#8217;abord de l&#8217;intervention du <strong>Commodore Perry</strong> qui, en 1853 puis en 1854 (l&#8217;escadre des bateaux noirs est composée  pour moitié d&#8217;Américains, pour moitié d&#8217;Européens, y compris des  Français) force l&#8217;ouverture du Japon au commerce extérieur.</li>
<li>Les États-Unis participent, aux côtés des Britanniques, des Russes et des Français, à la deuxième <strong>guerre de l&#8217;opium</strong> en Chine de 1856 à 1860 : ils participent donc aux traités inégaux, et à  l&#8217;installation de concessions : relisez le Lotus bleu, et remarquez  l&#8217;horrible Américain qui est à Shanghai&#8230;.</li>
<li>D’ailleurs, un peu plus tard, la <strong>guerre des Boxers</strong> (1899 à 1901) donna lieu à un haut fait, celui des 55 jours de Pékin (Ah! Ava Gardner !).</li>
<li>Tout au nord du Pacifique, l&#8217;<strong>Alaska</strong> est acheté aux  Russes en 1867 : on n&#8217;y voit le plus souvent qu&#8217;un accès au pôle nord :  c&#8217;est oublier la rive sud, et notamment les îles Aléoutiennes qui  closent la mer de Béring, jusqu&#8217;au Kamtchatka.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">4/ Mais la géopolitique américaine dans le Pacifique s&#8217;est poursuivie  par une progression le long des archipels du Pacifique nord : Hawaï,  Midway, Wake, Guam.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Tout commence à <strong>Hawaï</strong>, la plus grande des <strong>îles Sandwich</strong> :  la France y installe un agent consulaire en 1837. Mais le jeu des  commerçants (une compagnie de fruits) américains, appuyés par le  débarquement d&#8217;une compagnie de fusiliers-marins, aboutit à la  déposition de la dernière reine en 1893. Une république &laquo;&nbsp;bananière&nbsp;&raquo; (au  sens propre) est proclamée, annexée en 1898 par les États-Unis. Cette  île donne la position la plus centrale du Pacifique.</li>
<li><strong>Midway</strong>, plus à l&#8217;ouest, est découverte en 1859 par un américain.</li>
<li>Un peu plus à l&#8217;ouest, l&#8217;îlot de <strong>Wake</strong>, est reconnu par une expédition américaine en 1840. L&#8217;île est annexée en 1899. Une base militaire est bâtie en janvier 1941.</li>
<li>L&#8217;île de Guam est vendue aux États-Unis par l&#8217;Espagne en 1898. C&#8217;est la plus méridionale de l&#8217;archipel des <strong>Mariannes</strong>,  qui sont placées dans le Pacifique ouest, entre Japon et Nouvelle  Guinée. Les îles du nord avaient été vendues à l&#8217;Allemagne, occupées par  le Japon dès 1914, et reprises par les US en 1944. Guam demeure une  importante base américaine.</li>
<li>Vous croyez qu&#8217;à la suite de la doctrine Monroe, les États-Unis  défendaient les indépendances contre les puissances coloniales  européennes ? Peut-être un peu plus tard, mais pas à la fin du XIX°  siècle. En effet, en 1989, ils interviennent aux <strong>Philippines</strong> pour soutenir la guerre d’indépendance contre la puissance espagnole :  la guerre hispano-américaine est, traditionnellement, considérée comme  celle qui marque l&#8217;émergence de l&#8217;Amérique comme puissance mondiale.  Mais si les Américains gagnent, l’Espagne vend la colonie aux  Américains : elle change seulement de maître ! En 1899, une guerre entre  indépendantistes et Américains se résout à l&#8217;avantage de ces derniers,  qui n&#8217;hésitent pas, comme on dit pudiquement. Cela explique d’ailleurs  qu&#8217;en 1942, le pays passe facilement sous domination japonaise (une  répression féroce) : Mac Arthur est obligé de se réfugier en Australie  et ne reprend pied que trois ans plus tard. Le pays obtient son  indépendance en 1946.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">5/ <strong>Guam</strong> symbolise les îles de l&#8217;ouest du Pacifique :  passées de l&#8217;Espagne à l&#8217;Allemagne à la fin du XIX° siècle, occupées  par le Japon, elles sont libérées par les États-Unis lors de la guerre  du Pacifique : Le reste des îles Mariannes, les îles Carolines, les îles  Marshall passent ainsi sous domination américaine en 1945. C&#8217;est la  rnçon del a victoire, mais aussi un dispositif pour prévenir le  militarisme japonais, à l&#8217;époque.</p>
<p style="text-align: justify;">6/ Cette progression se poursuit lors de la guerre froide :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>installation dès 1945 de bases militaires permanentes au <strong>Japon</strong> (dont une sur l&#8217;île d&#8217;Okinawa, la plus méridionale de l&#8217;archipel des îles Amami, qui &laquo;&nbsp;joint&nbsp;&raquo; le Japon à Formose (Taïwan).</li>
<li>Soutien du gouvernement de Chiang Kai-chek (Kuomintang) à <strong>Formose</strong> à partir de 1949 et maintien de relations commerciales et militaires  après 1971, lorsque les Nations-Unies reconnaissent la RPC comme  représentant permanent de la Chine au CSNU</li>
<li>guerre de Corée de 1950 à 1953 et soutien à la <strong>Corée du sud</strong> depuis</li>
<li>guerre du <strong>Vietnam</strong> de 1962 à 1975</li>
<li>création de l&#8217;<strong>ANZUS</strong> en 1951, même si le traité est suspendu en 1980</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">7/ Aujourd&#8217;hui, on peut donc considérer que les États-Unis :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>contrôlent indirectement la <strong>première ceintur</strong>e d&#8217;îles face à la Chine : cette chaîne dessine les deux mers de Chine.</li>
<li><strong>mer de Chine du Nord</strong>, encadrée par la Corée, le Japon, les îles Amami (îles Riou Kiou avec Okinawa) et Taïwan</li>
<li><strong>mer de Chine du sud</strong> encadrée par Taïwan, les Philippines, Brunei, la Malaisie et le Vietnam.</li>
<li>ils contrôlent également la <strong>deuxième ceinture</strong>, plus  éloignée : elles lient le Japon, les îles Ogasawara (JAP), les îles  Vulcano (JAP), les îles Marianes, les îles Carolines, puis Nouvelle  Guinée et Australie.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">8/ Au fond, face à ce dispositif, on a à l&#8217;esprit le mot d&#8217;<strong>endiguement maritime</strong> (<em>containment</em>).  Quoiqu&#8217;on puisse dire des velléités chinoises, Pékin doit logiquement  chercher à alléger cette pression, cette contention. On remarque que le  point clef du dispositif, reliant les deux mers de Chine, est Taïwan :  d&#8217;ailleurs, c&#8217;est le maillon le moins solide de la chaîne américaine, et  c&#8217;est très logiquement là que la Chine appuie le plus possible : faire  sauter le verrou de Taipei lui donnerait l&#8217;air maximum.</p>
<p style="text-align: justify;">9/ Mais les ambitions chinoises et leur puissance régionale  inquiètent les acteurs locaux, qui préfèrent la domination douce et  lointaine des Américains, que la férule proche et moins douce des  Chinois. Ceci explique les appuis vietnamiens, philippins, japonais et  coréens au dispositif américain.</p>
<p style="text-align: right;">O. Kempf, <a href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?" target="_blank">EGEA</a></p>
</div>
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		<title>De François Perrin à Stuxnet, les centrales nucléaires (cyber) vulnérables</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 11:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sivis Pacem</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lunaire et maladroit compulsif, “Le Grand Blond” (and Co) nous a souvent fait rire et sourire, attendris par cette candeur désarmante et ce comique de situation, souvent désopilant. Transposons maintenant ce personnage dans la réalité, en plein cœur de situations ubuesques mais aux conséquences potentiellement catastrophiques ! Nul besoin de cyberarmes complexes quand de simples [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lunaire et maladroit compulsif, “<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Blond_avec_une_chaussure_noire" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Le Grand Blond</span></a>” (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Richard" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">and Co</span></a>) nous a souvent fait rire et sourire, attendris par cette candeur désarmante et ce comique de situation, souvent désopilant. Transposons maintenant ce personnage dans la réalité, en plein cœur de situations ubuesques mais aux conséquences potentiellement catastrophiques ! Nul besoin de <a href="http://alliancegeostrategique.org/2011/11/13/definition-et-usage-des-cyberarmes-par-felix-laime-intelligence-strategique-eu/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">cyberarmes</span></a> complexes quand de simples “cyber-gags” provoquent des conséquences que ne renieraient pas certains mouvements extrémistes ou terroristes.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/EdwinIHatch-NuclearPlant-U2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11119" title="EdwinIHatch-NuclearPlant-U2" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/EdwinIHatch-NuclearPlant-U2.jpg" alt="" width="280" height="210" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Centrale nucléaire d&#8217;Edwin I. Hatch<span style="text-decoration: underline;"><em></em></span>, près de Baxley, État de Géorgie, USA<br />
source : <em><a href="http://www.nrc.gov/info-finder/reactor/hat2.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Edwin I. Hatch Nuclear Plant, Unit 2</span></a></em></p>
<p>Lorsqu’il débute son service ce 7 mars 2008, l’un des ingénieurs de la <a href="http://www.southerncompany.com/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><em>Southwest Company</em></span></a> ne sait pas encore que l’une de ses tâches du jour, en apparence banale, va provoquer un <strong>incident grave</strong> sur le <a href="http://www.nrc.gov/info-finder/reactor/hat2.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">réacteur n°2</span></a>. À l’origine, une simple <strong>mise à jour </strong>sur l’un des ordinateurs opérant sur le réseau informatique de la centrale. Exception faite que cette ordinateur est tout de même particulier puisqu’il est l’une des interfaces <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Supervisory_Control_and_Data_Acquisition" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">SCADA</span></a> de surveillance : il centralise des données servant à divers diagnostics et collecte les taux de différents composants chimiques du système primaire de contrôle du réacteur. La mise à jour logicielle est malgré tout importante puisqu’elle doit permettre la synchronisation des données entre différents systèmes de différents réseaux.</p>
<p><span id="more-11117"></span></p>
<p>L’enquête de la NRC (<em>Nuclear Regulatory Commission</em>, l’équivalent américain de l’<a href="http://www.asn.fr/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">ASN</span></a>) déterminera que <strong>le redémarrage de la machine après la mise à jour a aussi <span style="text-decoration: underline;">remis à zéro</span> l’ensemble des données du système de contrôle</strong>. C’est lors de cette phase que les dispositifs de sécurité, <strong>interprétant correctement des données erronées</strong>, ont considéré qu’il y avait une <strong>fuite dans la “piscine”, cet énorme bassin d’eau permettant le refroidissement des barres du combustible nucléaire</strong> !</p>
<p>La conséquence logique fut que le système exécuta les instructions prévues pour un tel cas : <strong>le réacteur nucléaire fut immédiatement mis à l’arrêt d’urgence</strong>, arrêt qui dura 48 heures, le temps de comprendre l’origine de l’incident et d’autoriser un redémarrage sûr. La morale de cette histoire, cependant, serait que l’incident de Hatch illustre le type de conséquences inattendues qui peuvent se produire quand de l’informatique dite d’entreprise et/ou que des logiciels “pris sur étagère” (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Composant_pris_sur_%C3%A9tag%C3%A8re" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">COTS</span></a>) sont interfacés avec des systèmes de contrôle industriels, sans considérations de design ou d’intégration adéquates. Il faut aussi souligner que cet incident a peut-être été “chanceux” dans le sens où les dispositifs de sécurité ont fonctionné. À l’inverse, quel enchaînement de conséquences dramatiques auraient pu se produire dans le cas où ces mêmes dispositifs n’avaient pas <strong>exactement</strong> réagi comme prévu ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/BrownsFerry-NuclearPlant-U3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11121" title="BrownsFerry-NuclearPlant-U3" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/BrownsFerry-NuclearPlant-U3.jpg" alt="" width="280" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nrc.gov/info-finder/reactor/bf3.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Centrale nucléaire de Browns Ferry</span></a>, près d’Athens, Alabama, USA<br />
source : <a href="http://www.nrc.gov/info-finder/reactor/bf.jpg" target="_blank"><em>Browns Ferry Nuclear Plant, Unit 3</em></a></p>
<p>Ce qui demeure terriblement gênant avec l’incident de Hatch, c’est qu’il est loin d’être unique ! Un peu plus de 6 mois auparavant, un arrêt d’urgence (et manuel cette fois-ci !) se produisit sur le 3ème réacteur de la centrale de Brown Ferry. En cause, deux équipements cruciaux : le contrôleur du condensateur-déminéralisateur qui est un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Automate_programmable_industriel" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">PLC</span></a> (<em>Programmable Logic Controler</em>) et les pompes de recirculation qui reposent sur des <a href="http://www.joliettech.com/what_is_a_variable_frequency_drive.htm" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">VFD</span></a> (<em>Variable Frequency Drives</em>).</p>
<p>Retenons simplement que ces deux équipements, essentiels au bon fonctionnement du réacteur, embarquent des micro-processeurs qui peuvent communiquer des données via de l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ethernet" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Ethernet</span></a> (la couche liaison de données du modèle OSI). Là est le problème puisque les paquets de données sont <em>broadcastés</em> (diffusées) à tous les récepteurs connectés, sans distinction. C’est ensuite à chacun d’entre eux d’analyser chacun des paquets et de le conserver s’il lui est adressé.</p>
<p>Hors, il est apparu que le réseau de contrôle de la centrale produisait plus de trafic que ne pouvaient en absorber les contrôleurs PLC et VFD ! Il est également possible que ce soit le contrôleur PLC qui ait malfonctionné en inondant (<em>flooding</em>) le réseau d’un trafic colossal, saturant puis désactivant les contrôleurs VFD. Quoiqu’il en soit, les tests menés durant l’enquête n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes permettant de comprendre l’origine exacte de l’incident. Ce qui en soi est<strong> inquiétant</strong> puisque cela pose le problème d’absence de reproductibilité du phénomène donc d’identification des causes ou de l’enchaînement des causes.</p>
<h2>Entre scepticisme et alarmisme, quelles leçons ?</h2>
<p>Défauts d’intégration des problématiques de sécurité dès la conception, absence de tests de non-régression (et tests en plate-forme de pré-production) ou inconsciences diverses montrent qu’il n’est nul besoin de développer un programme offensif, long et coûteux, les fameuses cyberarmes, pour provoquer des incidents qui, chance aidant, ne sont jamais passés du stade “inquiétant mais sous contrôle” à celui de “catastrophe écologique majeure”. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_nucl%C3%A9aire_de_Fukushima" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Fukushima Daïshi</span></a> étant passé par là, il est normal d’envisager des scénarii de menaces exceptionnels qui ne sont pas qu’environnementaux (au “hasard”, un tremblement de terre suivi d’un tsunami) ou d’une incroyable complexité malveillante (Stuxnet).</p>
<p>Entre le sceptique et l’alarmiste, il est une fois encore question de pondération mais aussi d’honnêteté intellectuelle : une centrale nucléaire serait protégée de toute tentative de cyberattaque parce qu’aucun ordinateur n’est relié à Internet ou que les systèmes sont particuliers, ce que l’on appelle dans le jargon “propriétaires”? <strong>Incompétence </strong>! Il suffit simplement de se rappeler les deux incidents précédemment cités* : l’<strong>interopérabilité</strong> dans la communication entre systèmes dans un cas, un <strong>défaut de conception </strong>dans l’autre ou même Stuxnet, qui a pu se propager à partir de simples clés USB préalablement préparées. À l’inverse, une cyberattaque peut-elle se produire demain, l’état des systèmes de contrôle étant d’une telle vulnérabilité qu’une attaque serait plutôt simple à conduire ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/mmw_eurodispatch.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11124" title="mmw_eurodispatch" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/mmw_eurodispatch.jpg" alt="" width="280" height="194" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.miller-mccune.com/wp-content/uploads/2010/09/mmw_eurodispatch_0928.jpg" target="_blank">source</a></p>
<p>En réalité, les spécialistes s’accordent à dire que l’interconnexion de systèmes assez différents, leur hétérogénéité et d’autres subtilités <strong>ne rendent pas impossibles de tels scénarii </strong>mais qu’ils sont difficiles et complexes. Jusqu’à présent, le seul exemple valable, Stuxnet et ses déclinaisons (Duqu) est le fait d’un ou plusieurs États qui sont les seuls acteurs à posséder le savoir, les ressources, les moyens et les compétences et qui encouragent en réalité, ou plutôt en dépit des annonces, de nouvelles stratégies dans le cyberespace.</p>
<p>Doit-on s’en féliciter ou, au contraire, s’en effrayer ? Un peu des deux, sans doute, lorsque l’on essaye de mieux cerner la problématique plus globale des infrastructures critiques et des SCADA en particulier. Si un certain nombre d’États se sont emparés du sujet ces dernières années (USA, France, Europe), on peut constater que le volet législatif et réglementaire, plutôt bien fourni, a été finalement franchi pour arriver actuellement à une phase opérationnelle et d’améliorations continues (audits / pentests / …). Si tel n’est pas le cas, il est plus que temps d’agir.</p>
<p>* j’ai volontairement omis d’autres exemples basés sur des infections virales (Slammer, <a href="http://www.securityvibes.fr/menaces-alertes/le-ver-slammer-sest-offert-une-centrale-nucleaire-americaine/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">par exemple</span></a>) ayant également conduit à des incidents significatifs. Douze années se sont depuis écoulées. Et pourtant&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://si-vis.blogspot.com/" target="_blank"><em>SiVis Pacem</em></a></p>
<p>______</p>
<p>Pour aller plus loin (en anglais) :<br />
<a href="http://www.waterfallsecurity.com/cyber-incident-blamed-for-nuclear-power-plant-shutdown-june-08/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><em>Cyber incident blamed for nuclear power plant shutdown</em></span></a></p>
<p><a href="http://www.nps.edu/Academics/Centers/CCC/Research-Publications/StrategicInsights/2011/Apr/SI-v10-i1_Kesler.pdf" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><em>The Vulnerability of Nuclear Facilities to Cyber Attack</em></span></a> (pdf) – Brent Kesler</p>
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		<title>Défense : quid d&#8217;une Écosse indépendante ?</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 09:10:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>F. de St V.</dc:creator>
				<category><![CDATA[F. de St V./Mars Attaque]]></category>
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		<description><![CDATA[La tenue d’un referendum sur l’indépendance de l’Écosse est un vieux serpent de mer, qui aujourd’hui pourrait se concrétiser à l’automne 2014. En effet, c’est une promesse électorale de l’actuel Premier ministre Alex Salmond et de son parti, le Scottish National Party (SNP). Or ce dernier a obtenu la majorité (69 sur 129 sièges) au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><em>La tenue d’un referendum sur l’indépendance de l’Écosse est un vieux serpent de mer, qui aujourd’hui pourrait se concrétiser à l’automne 2014. En effet, c’est une promesse électorale de l’actuel Premier ministre Alex Salmond et de son parti, le </em>Scottish National Party<em> (SNP). Or ce dernier a obtenu la majorité (69 sur 129 sièges) au Parlement en mai 2011.</em></div>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-11107 aligncenter" title="pipers" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/pipers-300x206.jpg" alt="" width="300" height="206" /></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Encore faut-il que les arrangements législatifs le permettent, qu’un accord soit trouvé avec le Premier ministre du Royaume-Uni (qui pousse actuellement pour que le résultat soit contraignant et non consultatif pour trancher une bonne fois pour toute), que les termes (indépendance totale ou partielle, dévolution, etc.) de la question soient définis, etc.</p>
<p>Si aujourd’hui, l’indépendance reste une hypothèse, il est intéressant (et plaisant) de se pencher sur une telle éventualité et d’étudier les conséquences possibles pour la future Défense écossaise et la Défense britannique. La Défense étant l’un des domaines non couverts par les pouvoirs étendus accordés au Parlement écossais depuis 1998.<span id="more-11106"></span><strong></strong></p>
<p><strong>L’aide des « vieux régiments » en kilts et pas mal de questions…</strong></p>
<p>Dans le projet de Salmond, la composante Terre des futures forces armées écossaises sera composée de quelques 6500 militaires d’active, en particulier à partir de <a title="AGS - Ecosse" href="http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/scotland/9026485/Well-take-Scottish-regiments-to-form-our-new-defence-force-Salmond-says.html " target="_blank">quelques régiments historiques de l’armée de Terre britannique</a> ayant une connotation écossaise. Ils formeront ainsi une brigade légère mécanisée en s’appuyant en particulier sur les <em>Scots Guards</em>, les <em>Royal Scots Dragoon Guards </em>et le <em>Royal Regiment of Scotland</em>. De plus, un nombre encore non déterminé de réservistes apporteront un peu de nombre et de muscle à cette composante.</p>
<p>Ces propositions ont été reçues <a title="AGS - Ecosse" href="http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/scotland/9030964/Former-Army-officers-ridicule-SNP-plans-to-transfer-famous-regiments-into-Alex-Salmonds-home-guard.html " target="_blank">assez froidement</a>, c’est peu de le dire, par plusieurs anciens cadres de l’armée de Terre britannique (dont certains ont d’ailleurs commandé ces mythiques unités). Certains parlent ainsi de <em>« la garde personnelle de Salmond »</em> ou d’une future <em>« milice du tiers-monde »</em>. En plus, ils rappellent que cette future armée n’aura pas la capacité d’avoir des centres de formation autonomes et dépendra donc toujours de Sandhurst, et que de nombreuses autres capacités (en particiulier logistiques) seront non soutenables.</p>
<p>L’autre argument choc (ou plutôt crainte) des « anti-indépendance » est surtout de préserver la cohérence de l’outil de combat britannique, alors même que ce dernier est taillé « au plus juste ». On parle d’un niveau comparable à celui <a title="AGS - Ecosse" href="http://www.dailymail.co.uk/news/article-2087787/MoD-cuts-Army-shrinks-smallest-size-Crimean-War.html#ixzz1kDxFRyJ0" target="_blank">de la guerre de Crimée</a>. Ainsi, et toujours dans l’hypothèse que l’indépendance l’emporte, un système de<em> « pooling and sharing »</em> verra peut être le jour : une mise en commun des capacités avec des restrictions d’emploi (en particulier quant à certains déploiements) décidées par le futur gouvernement écossais.</p>
<p>Face à cela, Salmond s’accroche et rétorque que la dernière révision stratégique SDSR le conforte plus qu’autres choses. En effet, un modèle basé sur cinq brigades multi-roles, dont l’une stationnée en Écosse (avec le renfort d’effectifs de retour d’Allemagne), devrait voir le jour. Pile comme son projet… Et face aux critiques, ils rétorquent que les militaires qui serviront dans les régiments concernés, auront le choix d’y rester ou non. Un peu comme pour les autres troupes du Commonwealth lors de leur prise d’indépendance respective.</p>
<p><strong>Hic (effet whisky écossais) pour les sous-marins de la Royal Navy</strong></p>
<p>L&#8217;indépendance de l’Écosse créerait un problème lourd pour Londres et tout dépendra de la méthode de partage, et de ce que Londres souhaitera bien céder. Il paraît difficile d&#8217;imaginer Westminster abandonner à l’Écosse ses vaisseaux qui y sont actuellement stationnés : frégates <em>Type 23</em>, destroyer <em>Type 45</em> ou même SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins). La concession londonienne n&#8217;irait certainement pas plus loin que le patrouilleur hauturier.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://xindxr.com/wp-content/uploads/2011/04/8cca8_Nuclear_Submarines_5225983499_b125904208.jpg" alt="" width="366" height="257" /></p>
<p>Premièrement, c&#8217;est à <em>Faslane</em>, au Nord des terres tourbées écossaises, que se situe le repaire des SNLE anglais de classe <em>Vanguard</em>. &laquo;&nbsp;Y<em>ou wouldn&#8217;t have to have the biggest concentration of nuclear weapons in Western Europe situated in Scotland</em>&nbsp;&raquo; <a title="AGS - Ecosse" href="http://www.bbc.co.uk/news/mobile/uk-scotland-scotland-politics-16636329" target="_blank">dixit le chef du SNP</a>. Pour qui se souvient de l&#8217;ampleur du chantier de l&#8217;Ile Longue (alors le premier chantier d&#8217;Europe), ce ne serait pas une maigre perte. Des équipements essentiels, en particulier de R&amp;D seraient perdus (<em>Vulcan naval reactor test establishment </em>ou les systèmes d’essai des cœurs nucléaires).</p>
<p>﻿Quelle nouvelle base alors pour les sous-marins britanniques ? Portsmouth est évoqué, mais bizarrement pas Brest. Remarque légère, mais c&#8217;est néanmoins la base de SNLE la plus proche. Ce serait l&#8217;occasion d&#8217;illustrer avec force la coopération franco-anglaise. Mais la partie américaine, liée aux Anglais par les accords de Nassau (1964) risquerait de ne pas apprécier : la majeure partie des technologies-clefs de ces SNLE, les missiles, réacteurs et les têtes sont d’origine (et/ou de conception) américaine. En outre, la base de <em>Faslane</em> devait également devenir la base des nouveaux SNA anglais (les <em>Astute</em>) : à Londres de trouver une solution de rechange pour au moins 10 ou 11 navires (3/4 SNLE et 6/7 <em>Astute </em>en 2020).</p>
<p>L’équation navale écossaise, en comparaison, semble terriblement plus simple puisqu&#8217;il s&#8217;agirait de faire de la police maritime et administrative dans la zone économique exclusive. Edimbourg devra investir pour constituer une flottille de patrouilleurs côtiers et hauturiers. Les coûts d&#8217;achat et d&#8217;entretien des patrouilleurs sont très faibles par rapport à un navire de guerre. Ainsi, par exemple, la Marine canadienne prévoit de renouveler sa flotte pour 35 milliards de $&#8230; dont deux pour 116 patrouilleurs (de toutes tailles, certes).</p>
<p>Ces navires peuvent voir leur valeur dissuasive rehaussée grâce à une pièce d&#8217;artillerie ou des missiles anti-navires, à l&#8217;image des  frégates de surveillance de classe Floréal. La construction locale n&#8217;est pas à exclure tant qu&#8217;il existe des chantiers navals capables de construire des « gros » navires de pêche et des unités offshore et logistiques selon le design-type « UT ». Le problème sera plutôt humain puisqu&#8217;il faudra aux Écossais constituer quelques administrations, et trouver les hommes pour armer les navires.</p>
<p>Le modèle de l&#8217;Ecosse pour la défense de ses ressources « offshore » pourrait très certainement être la Norvège : « <em>la protection des plates-formes pétrolières a ainsi été au cœur du processus de mise en place de ces unités</em> [le <em>ForsvaretsSpesialkommando</em> ou FSK norvégien] » (cf. <a title="AGS - Ecosse" href="http://www.dsi-presse.com/?p=3774" target="_blank">DSI n°76 / décembre 2011</a>). Si un partenariat avec la Norvège serait l&#8217;idéal, l&#8217;éventuelle récupération de tout ou une partie de la « <em>Royal Marines Reserve Scotland</em> » serait vraiment un très bon point de départ pour ces unités spécialisées aptes à intervenir sur les plates-formes offshore.</p>
<p>Enfin, il n&#8217;est pas certain que le sauvetage en mer et l&#8217;assistance hauturière repose sur le nouvel État puisque, face aux difficultés budgétaires, Londres retire ses grands remorqueurs du Pas-de-Calais et souhaite externaliser ses services, ainsi que le SAR (<em>Search and Rescue</em>).</p>
<p><strong>Une armée de l’Air ? Selon ce qu’il reste dans les caisses…</strong></p>
<p>Le SNP s&#8217;était battu lors de la SDSR pour la conservation de trois bases aériennes en Écosse (Lossiemouth avec des <em>Tornado</em>, Kinloss pour la patrouille maritime, et Leuchars pour la permanence aérienne). Dans le plan de Salmond, une base devrait suffire. Le sauvetage en mer et la surveillance maritime seraient entièrement externalisés.</p>
<p>Il est louable que le pays des Scots veuille une force terrestre indépendante, c&#8217;est la base. Il est louable et nécessaire que ce même pays puisse avoir une force de défense côtière reposant sur des patrouilleurs hauturiers et une ou des unités spécialisées pour le secours en mer et la défense des plateformes pétrolières.</p>
<p>Mais il est plus discutable d&#8217;acquérir un escadron d&#8217;<em>Eurofighter Typhoon</em> (on parle d’une vingtaine d’appareils). D&#8217;une part, ce genre d&#8217;achat provoque de grands débats à peu près similaire sur le plan des quantités en Suisse (<em>Gripen</em>) et en Autriche (<em>Eurofighter</em>). D&#8217;une autre, il faudrait que les Scots puissent supporter les coûts opérationnels de ces machines, coûts qui sont supérieurs à ceux du Rafale, par exemple.</p>
<p>Alors, pour justifier un tel maintien, il faudrait que le nouveau pouvoir politique écossais trouver un adversaire : Londres ? Ou les Russes ? L&#8217;activité récurrente et continue des bombardiers stratégiques russes au large de l’Écosse pourrait être l’un des arguments nécessitant cet effort budgétaire dans le domaine aérien.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/6bfb692a-ec28-4fd8-bf2e-0837762fafb6.Large_.jpg"><img class="size-medium wp-image-11108 aligncenter" title="6bfb692a-ec28-4fd8-bf2e-0837762fafb6.Large" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/6bfb692a-ec28-4fd8-bf2e-0837762fafb6.Large_-300x222.jpg" alt="" width="300" height="222" /></a></p>
<p>Aux adversaires qui disent que les questions de coûts seront centraux, les partisans de l’indépendance répondent immanquablement que <a title="AGS - Ecosse" href="http://www.express.co.uk/posts/view/297056 " target="_blank">selon l’étude d’un membre imminent du RUSI</a> (think-tank pas vraiment porté sur l’éclatement des joyaux de la Couronne…), une telle structure de forces (Air, mais aussi Terre et Mer) reviendrait à 2,2 milliards de £ par an soit moins que les 3 milliards payés chaque année par les contribuables écossais. Et toc !</p>
<p><strong>Au final, plausible ou non ?</strong></p>
<p>Bien joli, tout ça, mais selon de sacro-saints sondages, aujourd’hui entre 29% et 40% des Écossais sondés sont favorables à une indépendance (les Anglais sont par exemple plus nombreux à souhaiter l’indépendance de l’Écosse). Et bien que cette tendance soit en hausse, elle reste encore minoritaire en valeur relative et absolue face aux 50 à 60% de sondés défavorables à un tel nouveau statut. Réponse définitive dans 1 an et demi ?</p>
<p>Et cela, sans oublier d&#8217;autres questions pas moins existentielles pour le futur État : quid de sa place dans l&#8217;OTAN ? quelle monnaie ? et même qui des deux pandas du zoo d’Édimbourg <a title="AGS - Ecosse" href="http://www.bbc.co.uk/news/uk-scotland-scotland-politics-16636325" target="_blank">se demande la BBC </a>?</p>
<p style="text-align: right;">F. de St V. / <a title="AGS - Ecosse" href="http://mars-attaque.blogspot.com/" target="_blank">Mars Attaque</a> &amp; Le marquis de Seignelay / <a title="AGS - Ecosse" href="http://lefauteuildecolbert.over-blog.fr/" target="_blank">Le Fauteuil de Colbert</a></p>
</div>
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		<title>5 blogueurs rejoignent l&#8217;Alliance géostratégique</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 14:41:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AGS</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Abou Djaffar]]></category>
		<category><![CDATA[De la Terre à la Lune]]></category>
		<category><![CDATA[Guilhèm Penent]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme nous vous l&#8217;avions annoncé début janvier, l&#8217;Alliance géostratégique s&#8217;étoffe cette année de cinq nouveaux blogueurs, afin d&#8217;enrichir et d&#8217;élargir la réflexion &#8211; la vôtre comme la nôtre.
Rejoignent donc l&#8217;équipe :

Abou Djaffar &#8211; Terrorismes, guérillas, stratégie et autres activités humaines


Michel Goya &#8211; La voie de l&#8217;épée



EH &#8211; Si Vis Pacem Para Bellum


Guilhèm Penent &#8211; De [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme nous vous l&#8217;avions annoncé début janvier, l&#8217;Alliance géostratégique s&#8217;étoffe cette année de cinq nouveaux blogueurs, afin d&#8217;enrichir et d&#8217;élargir la réflexion &#8211; la vôtre comme la nôtre.<br />
Rejoignent donc l&#8217;équipe :</p>
<p style="margin-bottom: 0.7cm;">
<p>Abou Djaffar &#8211; <a href="http://aboudjaffar.blog.lemonde.fr/" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;">Terrorismes, guérillas, stratégie et autres activités humaines</span></em></a></p>
<p><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/abou-djaffar_banniere.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11056" title="abou-djaffar_banniere" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/abou-djaffar_banniere.jpg" alt="" width="500" height="57" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0.7cm;">
<p>Michel Goya &#8211; <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://lavoiedelepee.blogspot.com/" target="_blank"><em>La voie de l&#8217;épée</em></a></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/voie-epee_banniere1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11065" title="voie-epee_banniere" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/voie-epee_banniere1.jpg" alt="" width="500" height="104" /></a><br />
</em></span></p>
<p style="margin-bottom: 0.7cm;">
<p>EH &#8211; <a href="http://si-vis.blogspot.com/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><em>Si Vis Pacem Para Bellum</em></span></a></p>
<p><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/si-vis_banniere.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11061" title="si-vis_banniere" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/si-vis_banniere.jpg" alt="" width="500" height="77" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0.7cm;">
<p>Guilhèm Penent &#8211; <a href="http://terrealalune.blogspot.com/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><em>De la Terre à la Lune</em></span></a></p>
<p><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/terre-lune_banniere.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11058" title="terre-lune_banniere" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/terre-lune_banniere.jpg" alt="" width="500" height="108" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0.7cm;">
<p>Le marquis de Seignelay &#8211; <a href="http://lefauteuildecolbert.over-blog.fr/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><em>Le Fauteuil de Colbert</em></span></a></p>
<p><a href="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/colbert_banniere.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-11059" title="colbert_banniere" src="http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2012/01/colbert_banniere.jpg" alt="" width="500" height="126" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0.5cm;">
<p>Bonnes prochaines lectures !</p>
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