Une horde de « valeureux guerriers » indiens joue à la guerre le long de la frontière pakistanaise

Written by Romain Mielcarek on mars 20, 2012 – 10:21 -

Début mars, l’armée indienne a commencé un nouvel exercice baptisé « Shoorveer », « valeureux guerrier », dans le désert rajasthanais. Une simulation de crise militaire à grande échelle qui multiplie les singularités au plus près du frère ennemi. La première de ces singularités, c’est l’échelle : avec 20 000 hommes, 200 chars, autant de blindés divers, le tout soutenu par une flotte aérienne de Mirages 2000, de Jaquars, de Su-30 MKi et même d’une poignée d’avions radars Awacs. L’impressionnant dispositif militaire doit manoeuvrer dans la région pendant trois mois.

L’Etat-major indien parle gentillement de « wargame ». Un « jeu de guerre », une simulation, sensée tester les différents moyens des forces de New Delhi. Une démonstration qui est surtout destinée au frère ennemi pakistanais : le désert de Thar où l’armée indienne s’exerce longe la frontière du Pakistan sur pas moins de 200 kilomètres de l’une des frontières les plus militarisées du monde. Pour éviter tout malentendu et ne pas être accusée de provocation, l’Inde a préalablement prévenu Islamabad selon les dires d’un officier supérieur à l’agence de presse AFP. Read more »


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L’appui-feu et la guerre moderne : un entretien avec Elie Tenenbaum

Written by F. de St V. on mars 19, 2012 – 2:00 -

L’Alliance Géostratégique remercie Elie Tenenbaum, agrégé d’Histoire, doctorant et assistant de recherche au Laboratoire de recherche sur la Défense de l’IFRI, d’avoir bien voulu répondre à quelques questions suite à la parution de son dernier Focus Stratégique (téléchargeable ici) consacré à l’appui-feu. Vous pouvez aussi consulter cet entretien sur l’incontournable blog Ultima Ratio.


Fruit d’un lent et long mouvement historique et, bien qu’il soit source de nombreuses innovations, le « modèle afghan » de l’appui-feu représente-t-il toujours un optimum ?

Le « modèle afghan », selon l’expression que Stephen Biddle a employé (pour le critiquer) repose sur trois piliers : des forces locales aguerries, un appui aérien rapproché (Close Air Support ou CAS) mais délivré à distance de sécurité par l’aviation, et des forces spéciales qui assurent la coordination du tout. Préfiguré au Kosovo (1999), introduit lors d’Enduring Freedom (2001), ce schéma opérationnel a aussi été appliqué, peu ou prou, en Libye lors de l’opération Harmattan (2011). Read more »


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Hervé Coutau-Bégarie : un testament d’avenir

Written by Olivier Kempf on mars 16, 2012 – 11:10 -

AGS publie le manifeste signé par l’équipe de l’ISC et de Stratégiques, deux « institutions » qu’anima Hervé Coutau-Bégarie avec le talent qu’on lui connaît. Tous les lecteurs et amis d’HCB peuvent retransmettre ce manifeste (Twitter, FB, blogs, mail) afin de soutenir une école stratégique française indépendante.

Alliance Géostratégique

Hervé Couteau-Bégarie aux Cafés Stratégiques (décembre 2010)

Résumé : l’œuvre du professeur Coutau-Begarie est immense et ses disciples sont nombreux. Ils s’attacheront à préserver l’indépendance des deux vecteurs par lesquels il prenait sa part, éminente, du débat stratégique, l’Institut de stratégie comparée et la revue Stratégique.

Jérôme de Lespinois, Martin Motte, Olivier Zajec de l’ISC

Suppléants d’Hervé Coutau-Bégarie au cours de stratégie de l’Ecole de Guerre

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ERTS² 2012 : des systèmes embarqués et temps réel comme révélateurs des contradictions de la gouvernance européenne

Written by Sivis Pacem on mars 12, 2012 – 1:51 -

La conférence ERTS² 2012 s’est tenue durant 3 jours (1-3 février 2012) au Centre des Congrès de Toulouse. Quoi de plus logique, en effet, que d’accueillir la 6ème édition européenne bâtie autour des questions de systèmes embarqués et de logiciels temps réel (Embedded Real Time Systems…ERTS) dans la première région industrielle et économique européenne pour les activités aéronautiques et spatiales ? Sous le patronage de l’A3F Midi-Pyrénées et de la SEE, et avec de prestigieux partenaires comme Airbus ou le pôle de compétitivité Aerospace Valley, travaux de recherche, innovation et applications industrielles ont été présentés, discutés et partagés.

(source)

Il faut avant tout comprendre la problématique Embedded/Real Time (Embarqué / temps réel), qui a envahi notre vie quotidienne depuis des années : véhicule personnel, transports en commun, énergie, communication, etc. tous les domaines qui transportent quelque chose (énergie, données, personnes) sont concernés. La criticité de certains équipements mis en œuvre atteint même un paroxysme avec l’élévation du nombre des paramètres (donc des contraintes) lorsque l’on dispose d’un système qui transporte des dizaines de personnes sur la terre ferme (métro, train) ou dans les airs (avion). Le tout dans un contexte normatif et réglementaire dense, complexe et volumineux. Et ne parlons même pas du secteur spatial avec ses lanceurs et ses satellites ! Auquel cas ajouter un équipage humain rend la problématique d’une complexité incroyable réduisant par conséquent le nombre de nations aptes à en maîtriser l’ensemble des tenants et des aboutissants.

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Stratégie et politique étrangère américaine (7): la « doctrine » Obama

Written by Stephane Taillat on février 29, 2012 – 6:00 -

Lors de son élection en 2009, Barack Obama a soulevé de nombreuses attentes, surtout au sein des sociétés européennes, israéliennes ou arabo-musulmanes. Attendu comme le messie par certains, craint par d’autres attachés à la politique étrangère de George W Bush, le nouveau président américain a également du affronter l’opinion domestique, épuisée par une décennie de « guerre à la Terreur » et de « longue guerre ».


Dans le contexte électoral actuel, nombreux ont été ses opposants, mais aussi des journalistes ou des analystes, à critiquer l’approche du président et son souci pédagogique d’adapter les États-Unis aux évolutions quant à sa position géopolitique. Le reproche le plus courant concerne sa doctrine: tantôt accusé de ne pas en avoir, tantôt mis en demeure de ne pas affaiblir la puissance américaine face à la Chine, l’Iran ou la Russie, tantôt contesté pour être intervenu en Libye ou avoir laissé les Européens conduire cette affaire.

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Stratégie et politique étrangère américaine (6): « Pacification »?

Written by Stephane Taillat on février 15, 2012 – 5:27 -

Bien que le terme de « pacification » ne soit pas utilisé dans la doctrine officielle américaine (au profit de « stabilisation » et de « contre-insurrection), il reste une référence à partir de laquelle se forgent les stratégies militaires.  Cette référence renvoie elle-même à une « narration stratégique » qui s’ancre dans l’histoire de la conquête coloniale. Plus largement, le mot renvoie à un concept -d’ailleurs plus normatif que descriptif- pour qualifier les  politiques américains en Irak et en Afghanistan. En effet, cela suppose que non seulement les objectifs poursuivis (et les résultats obtenus) mais également les moyens employés soient « pacifiques ». Ce hiatus entre la réalité et le discours sur la « pacification » ayant déjà été relevé maintes fois, le but de cet article consiste à montrer plutôt quels sont les enjeux stratégiques d’une telle analogie historique.

1-Ne pas se tromper d’analogie:

La référence à la pacification coloniale apparaît pertinente au premier regard. En effet, la reconstruction d’un ordre politique et social local par des forces étrangères s’apparente davantage au temps de la conquête coloniale qu’à l’époque des « guerres de libération nationale ». Cela explique donc que les discours stratégiques tendent à identifier des procédés tactiques ou des exemples dans la première période. Notamment, l’idée que la pacification se fera à la fois par la construction d’institutions indigènes, par la connaissance culturelle locale, par le gain des « coeurs et des esprits » renvoie à la pacification coloniale durant laquelle administrations civile et militaire se confondaient, les ethnologues classaient les populations locales, les conquérants tissaient des « chaînes d’interdépendance complexes » (N. Elias) au sein des sociétés colonisées.

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Réservez votre soirée ! Jeudi 9 février, Café stratégique : « Au-delà de la Syrie, le Grand Jeu »

Written by AGS on février 3, 2012 – 6:53 -

L’Alliance géostratégique vous invite à échanger et débattre avec Joseph Bahout, enseignant à Sciences Po, chercheur à l’Académie Diplomatique Internationale, sur les implications régionales de la crise syrienne.

Jeudi 9 février 2012 de 19h à 21h (entrée libre)
Café Le Concorde, métro Assemblée nationale
239, boulevard Saint-Germain 75007 Paris


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Stratégie et politique étrangère américaine (5): Coercition

Written by Stephane Taillat on février 1, 2012 – 11:12 -

Outil majeur de la politique étrangère américaine, la stratégie de coercition se distingue aussi bien de la dissuasion (par l’objectif qu’elle sert) que de la préemption (par son moyen et ses effets poursuivis).

Cet humble et court billet cherche à poser quelques jalons, à donner quelques rappels ou à poser quelques questions pour bien saisir la nature et les enjeux des stratégies de coercition, notamment dans l’optique d’une réflexion plus approfondie sur les drones.

1 – Influer sur la volonté politique de l’adversaire:

Contrairement à la dissuasion qui vise à maintenir un status-quo, la coercition cherche à modifier celui-ci. Autrement dit, il s’agit dans les deux cas d’influer sur le processus de prise de décision de l’adversaire en imposant sa volonté sur la sienne. Dans le cas des stratégies de coercition, l’objectif recherché est d’obtenir de l’autre qu’il fasse quelque chose ou qu’il cesse de faire quelque chose.

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Rogozine et les peupliers de l’OTAN – Une histoire russe

Written by clarisse on janvier 18, 2012 – 3:16 -

Ah, Dmitri Rogozine… tout un poème ! Sa dernière facétie (attention: une facétie russe, donc à prendre au sérieux) a fait le tour du web et des forums ce week-end – sauf chez nous.

Armés d’une pelle rouge, d’un petit sac de terre, des hommes souriants, en costume-cravate et chaussures de ville, rebouchent deux trous, la nuit, dans un jardin…

Vendredi dernier était le dernier jour de Dmitri Rogozine à Bruxelles, après ses quatre ans de délégué permanent de Russie auprès de l’Alliance atlantique.

Quel cadeau symbolique faire à l’OTAN pour marquer son départ ?

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Stratégie et politique étrangère américaine (4): mener des guerres « limitées »?

Written by Stephane Taillat on janvier 11, 2012 – 12:02 -

Le récent livre blanc stratégique des Etats-Unis révèle un tournant par rapport aux documents antérieurs, y compris ceux du Président Obama. Dans les Quadriennal Defense Review (QDR), le postulat concernant la posture américaine (combattre deux guerres « majeures » à la fois) supposait un effectif important. Réduit pour des raisons budgétaires, le niveau des forces armées -notamment terrestres- ne peut plus suffire qu’à un seul affrontement, tandis que les opérations prolongées sont exclues.

Néanmoins, cette modification n’est pas aussi radicale qu’elle semble l’être. En effet, la réduction des effectifs, l’appui sur des moyens technologiques avancés ou la recommandation d’user de moyens indirects renforcent plutôt qu’ils ne freinent la tendance à mener des guerres limitées. En théorie, celles-ci correspondent à des conflits menés par un acteur stratégique pour des objectifs limités et avec des moyens limités. Pour les Etats-Unis, il s’agit d’une large préférence que l’on peut comprendre aussi bien par des raisons internes (les choix des décideur, le résultat des marchandages bureaucratiques, les blocages constitutionnels, la réticence des sociétés à mener des guerres « totales ») qu’externes (absence de menace existentielle ou paralysie liée à la dissuasion nucléaire, délégitimation de la guerre). Le terme de « guerres limitées » s’applique donc particulièrement bien aux conflits de l’ensemble de la guerre froide et, plus largement, à toutes les opérations expéditionnaires.

Cette tendance de la politique américaine à ne mener que des guerres limitées est certes compréhensible politiquement et, dans une certaine mesure, elle est logique stratégiquement. Néanmoins, elle génère trois conséquences négatives qui tendent à se répéter, et parfois à se renforcer.

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