Au commencement était la guerre…11/From the Halls of Montezuma… to the sands of Vietnam (1)

Written by Stephane Mantoux on février 18, 2012 – 8:00 -

Le film We were soldiers (2002) de Randall Wallace, avec Mel Gibson, a popularisé l’idée selon laquelle la 1st Cavalry Division, unité de l’US Army, aurait livré le premier grand combat de la guerre du Viêtnam, en novembre 1965. Cela est vrai dans le sens où les hommes de la division à l’emblème du cheval affrontent des unités de l’armée régulière nord-viêtnamienne (NVA, North Vietnamese Army, en anglais). Pourtant, ce sont les Marines de la III Marine Amphibious Force qui livrent le premier combat d’envergure de la guerre du Viêtnam, non pas contre la NVA mais contre le Vietcong, la branche armée du Front National de Libération, créé en 1960 et soutenu par Hanoï. Ce premier affrontement d’envergure, c’est l’opération Starlite, du 17 au 24 août 1965, déclenchée officiellement par les Marines pour mettre un terme à la menace que constitue le 1er régiment vietcong sur la nouvelle base aérienne de Chu Lai. L’opération Starlite n’a pas reçu le même traitement historiographique que la bataille de Ia Drang, qui l’a un peu éclipsée. Elle a trouvé son historien avec l’ancien Marine Otto Lehrack, qui a signé le seul ouvrage en anglais, relativement complet, sur la question. Récemment, le blog L’écho du champ de bataille abordait l’opération Starlite, reprenant l’idée selon laquelle les Marines ne font que réagir à la supposée menace du 1er régiment vietcong contre Chu Lai. Pourtant, est-ce vraiment le cas ?

Le prisme que constitue notre vision souvent américanocentrée du conflit -en raison des sources disponibles- ne conduit-elle pas à adopter un peu trop vite le point de vue de l’USMC ? Qu’en est-il si l’on prend en compte, aussi, le point de vue du Vietcong ? Cette étude en deux parties vise à comprendre comment les Marines se sont retrouvés sur le terrain, au nord du Sud-Viêtnam, comment s’est déroulée leur rencontre initiale avec le Vietcong, mais aussi comment celui-ci s’était installé dans la région et comment il réagit à l’arrivée des Américains. Enfin, il s’agit de tirer les enseignements de l’opération Starlite, l’un des premiers engagements d’envergure du conflit.

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Rééditer Fortitude à l’ère de l’Internet

Written by SD on février 11, 2012 – 7:50 -

Les principes des opérations de déception qui pourraient être préparées et conduites actuellement ont peu évolué depuis quelques siècles. L’essor récent des technologies de l’information ne change pas fondamentalement cela. L’étude de l’opération Fortitude montre que si les moyens et les objectifs peuvent être différents, les voies restent analogues. Le point le plus sensible des opérations de déception, au niveau stratégique ou opératif, s’avère l’intégration politico-militaire.

En 1101, Robert II de Normandie, dit Robert Courteheuse[1], de retour des croisades, est en guerre avec son frère Henri. Il mène une opération de déception à grande échelle qui lui permet de traverser la Manche, en juillet 1101, grâce à 200 navires, 270 cavaliers et des unités d’infanterie. Malgré une défaite diplomatique ultérieure, ce franchissement reste un exemple historique de déception réussie, pour préparer un débarquement. Plus de huit siècles plus tard, les Alliés vont planifier et conduire une opération, en sens inverse, avec des objectifs et des moyens relativement différents. Les principes paraissent similaires. Ils s’appuient sur le contre-renseignement, de fausses concentrations de forces et des opérations menées dans la profondeur de future zone d’opérations[2]. L’essor des technologies numériques, leur démocratisation et l’émergence d’une « société de la transparence » [3], laissent penser à certains que ce type d’opérations n’est plus possible. Même s’il faut convenir que les déceptions sont risquées et difficiles à mettre en œuvre, elles peuvent être préparées et conduites dans des conditions analogues. Après avoir décrit les opérations alliées de déception en appui d’Overlord, il est nécessaire d’exposer leurs principes généraux et d’examiner ce qui pourrait être reproduit.

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Chronique renseignement: Le renseignement dans la cyberdéfense

Written by MGN on décembre 29, 2011 – 6:41 -

Les réflexions consacrées au cyberespace sont en plein essor sur AGS, à travers plusieurs billets qui ont permis de défricher des concepts tels que le milieu cyber, la cyber-sécurité, la cyber-défense ou encore la cyberdissuasion. Si le cyberespace intéresse avant tout les spécialistes de la SSI, il présente également plusieurs enjeux pour les services de renseignement, qui doivent trouver leur place dans le cadre d’une cyberdéfense qui se dessine.


Entre missions anciennes et nouvelles missions

Le monde du renseignement s’est introduit précocement dans le cyberespace afin de poursuivre ses missions traditionnelles de collecte d’informations, centrées sur les humains et leurs interactions. L’exploitation des transmissions comme sources de renseignement est pratiquée de longue date par les services, des conversations orales aux correspondances papier, des écoutes téléphoniques aux interceptions de signaux. Le cyberespace est devenu un nouveau milieu pour la captation d’informations et l’exploitation de renseignements dits « d’origine technique », mais également un vecteur pour la conduite d’opérations diverses : brouillage, falsification ou destruction de données, opérations psychologiques, déstabilisation…

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Cyberdissuasion ou cyber dans la dissuasion ?

Written by AGS on décembre 27, 2011 – 8:00 -

À la suite d’un échange entre les auteurs de Cidris et de Lignes Stratégiques, nous vous proposons de découvrir les échanges suivants.

Cher blogueur et ami, vous défendez dans vos écrits la possibilité d’intégrer la dissuasion « informatique » ou dans le cyberespace comme une composante en devenir de la dissuasion « générale » ou « globale ». A contrario, nombres d’analystes et autres experts du « cyber » trouvent cette idée incongrue pour une raison simple : qu’est-ce qui empêche un pirate informatique, placé dans une organisation ou non, de faire ce qu’il souhaite? D’un côté, l’on sent bien que le raisonnement est un peu trop court, tandis que du vôtre, on est en attente d’explications et de développement. Je vous propose, aussi, de nous apporter au travers de cet entretien et de quelques questions votre vision de cette « dissuasion » dans le cyberespace. Read more »


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Irak: tout est mal qui finit mal?

Written by Stephane Taillat on décembre 26, 2011 – 9:56 -

Depuis le départ des troupes américaines d’Irak, le fragile équilibre des pouvoirs en Irak semble s’être rompu. Accusations de despotisme par le Vice-Premier Ministre et le Vice-Président à l’encontre du Premier Ministre Nouri As-Maliki, mandat d’arrêt pour terrorisme contre le Vice-Président Hachimi -pour l’heure réfugié au Kurdistan Régional Autonome-, boycott des sessions parlementaires par le Parti Iraqiya -véritable vainqueur des élections législatives de 2010-, menace  de mettre fin au partage du pouvoir de la part de Maliki, séries d’attentats meurtriers dans Bagdad, souhait formulé par Hachimi de changer de Premier Ministre, tendances autonomistes croissantes dans la province de Diyala gouvernée par les Sunnites: la fragile trêve de la violence enclenchée à la suite du « sursaut » (surge) américain de 2007-2009 semble bien terminée. On pourrait même craindre l’éclatement final de l’Irak si les forces centrifuges l’emportaient.

Pour autant, ces évènements récents étaient-ils si imprévisibles? Le paysage politique irakien est le produit de près de 8 années d’occupation américaine, laquelle a souvent insisté sur le caractère ethno-confessionnel et fragmenté de la société irakienne. Il n’est donc pas étonnant que ce processus de fragmentation et de polarisation s’accélère avec la montée en puissance de forces politiques ayant fait du discours communautariste l’outil principal de constitution de leurs bases politique et sociale. Plus étonnant peut-être (quoique?) est la coïncidence entre le renouveau des tensions et le désengagement des forces américaines. Cela tendrait à montrer que la présence des Etats-Unis en Irak avait fini par devenir un facteur majeur de stabilisation. Pourtant, ce billet souhaiterait démontrer que la stratégie américaine est également à l’origine de la rupture de l’équilibre des forces entre les acteurs politiques irakiens.

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Au commencement était la guerre…8/L’art opératif à l’épreuve de la guerre en Géorgie (août 2008)

Written by Stephane Mantoux on décembre 17, 2011 – 7:58 -

Depuis près d’un siècle, les militaires soviétiques ont mis au point et théorisé une nouvelle forme de combat : l’art opératif. Les campagnes menées par l’URSS puis la Russie reflètent les succès et les échecs de cet art opératif, la conception militaire qu’en ont les Russes et sa capacité à remplir des objectifs stratégiques fixés par le pouvoir politique. La guerre russo-géorgienne d’août 2008 ne fait pas exception à la règle. Elle révèle la maîtrise actuelle de l’art opératif par les forces armées russes, à la fois dans ce que celui-ci a de classique, mais également à propos des innovations qui ont pu être introduites depuis la fin de la guerre froide. Les réformes annoncées après la fin du conflit témoignent de la volonté d’améliorer la capacité des forces armées à remplir les objectifs stratégiques de la Russie. La guerre des Cinq Jours, comme on l’a baptisée, est sans aucun doute un moment important de l’histoire de l’armée russe.



L’art opératif : histoire d’un concept


L’art opératif, théorisé dans les années 1920 et 1930, est issu des réflexions soviétiques sur l’expérience militaire de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe1. Des théoriciens aboutissent à la conclusion que la Révolution française et l’industrialisation des sociétés ont radicalement changé la nature de la guerre. La distinction très nette entre stratégie -vue comme l’art de gagner les guerres- et la tactique -vue comme l’art de gagner les batailles- perd de son sens. Les Etats sont désormais capables de mettre en ligne des armées nombreuses, bien équipées avec des armements modernes qui augmentent la létalité et l’envergure du champ de bataille. L’art opératif est, selon la définition de ces penseurs militaires, « une composante de l’art militaire, qui concerne l’élaboration de la théorie et de la pratique pour conduire des opérations au niveau du front2 et de l’armée dans les différentes branches des forces militaires. L’art opératif est le chaînon manquant reliant la stratégie à la tactique. A partir des exigences de la stratégie, l’art opératif détermine les méthodes pour préparer et conduire les opérations permettant la réalisation de buts stratégiques, et sert de point de départ pour la tactique, qui organise la préparation et la conduite de la bataille des forces combinées en accord avec les buts et les missions de l’opératif. » . Pour les Soviétiques, l’art opératif n’est pas un concept abstrait, mais bien le produit de facteurs historiques, économiques, culturels, etc. L’art opératif correspond d’ailleurs aux forces et aux faiblesses de l’URSS, ainsi qu’à ses aspirations politiques. Les penseurs soviétiques s’affrontent d’ailleurs sur plusieurs grands débats théoriques : ainsi Toukhatchevsky l’emporte-t-il sur Svietchine, en proposant une stratégie d’annihilation face à celle d’attrition de son concurrent. Toukhatchevsky impose également la mécanisation massive de l’armée, seul moyen selon lui de conduire des opérations décisives dans une guerre totale.

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De « l’art opératif » en matière de cyber-opérations…

Written by Cidris on décembre 16, 2011 – 3:59 -

Dans un article précédent, il était fait allusion à un rapport soumis par le Département de la Défense américain au Congrès et précisant certains éléments relatifs aux publications stratégiques émises plus tôt dans l’année par le DoD.

Ce rapport est désormais disponible, et en voici les éléments marquants. Tout d’abord, le document rappelle sa référence, en la matière la fameuse Department of Defense Strategy for Operating in Cyberspace qui fait du cyber un espace d’affrontement au même titre que les autres tout en maintenant également la qualité de « démultiplicateur » de force ». Ce point n’est pas forcément étonnant si l’on considère les espaces maritimes ou aériens qui, de par la liberté (haute-mer / haute atmosphère) sont autant des espaces de conflits que des espaces favorisant nombre d’actions des États.

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Définition et usage des Cyberarmes, par Félix Aimé (intelligence-strategique.eu)

Written by admin on novembre 13, 2011 – 9:48 -

Mars 2011, suite au vote de la résolution 1973 au conseil Nations Unies, différents pays de la coalition, sous l’égide de l’OTAN, se sont engagés auprès des rebelles afin de mettre en place une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Libye. Les attaques contre les dispositifs aériens et antiaériens libyens ont principalement eu lieu dans les airs et sur mer. Toutefois, bien avant le début des opérations commencées le 19 mars 2011 en début de soirée, les stratèges de la Maison Blanche et du Pentagone auraient pensé à utiliser des cyberarmes contre les systèmes de défense anti-aériens Libyens.


Ces potentielles cyber-attaques étatiques contre la Libye, révélées par le New York Times en octobre 2011, n’ont pas eu lieu principalement par manque de temps et d’information, laissant place à des attaques plus conventionnelles telles que des bombardements sur des cibles définies grâce à l’usage de satellites, drones et autres forces spéciales.

Cette limitation serait-elle la preuve que ce que l’on appelle les cyberarmes ne peuvent être utilisées lors d’attaques spécifiques durant des conflits ouverts ? Pour répondre à cette question, commençons par revenir sur ce que l’on entend aujourd’hui par cyberarme ainsi que sur les limites de l’utilisation d’attaques informatiques lors de conflits militaires.

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Somalie : aux origines contemporaines de la conflictualité régionale

Written by Sonia Le Gouriellec on novembre 6, 2011 – 10:00 -

Au nom du principe de légitime défense, le Kenya s’est engagé, fin octobre, en terres somaliennes. Une armée peu expérimentée, mais soutenue par des puissances extérieures, face à une guérilla aguerrie, dans un pays hostile qui a déjà éprouvé la première puissance mondiale.

Cinq ans après l’intervention de l’armée éthiopienne (une armée de qualité et d’expérience) contre les Tribunaux islamiques, les Kenyans prennent à leur tour directement part à la crise somalienne et rompent ainsi leur « neutralité ». Une neutralité déjà entamée en mars 2011, quand l’armée kenyane participa à des combats dans la zone frontalière (Jubbaland). Ce billet, se propose de revenir sur les relations de la Somalie avec ses voisins après les indépendances. Une analyse courte (non un travail de recherche) sur la position des pays de la Corne de l’Afrique, au moment des indépendances,  face au défi de l’irrédentisme somali.
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Centre de gravité et analyse systémique

Written by Olivier Kempf on novembre 4, 2011 – 7:42 -

Voici un texte que MB (merci à lui) m’a envoyé. Il évoque la question de la méthode de planification stratégique : celle qui sert à planifier, dans le réel, des opérations. Depuis maintenant quelques années (ça date du XX° siècle, c’est vous dire), les Français utilisent la MPO (méthode de planification opérationnelle) qui dérive de la GOP (Guidelines for Operational Planing), otanienne. Celle-ci est fondée sur la notion de centre de gravité (COG), très clausewitziene. La détermination du COG ennemi, puis des différents points décisifs permet de construire des lignes d’opération qui convergent vers le COG. Atteindre celui-ci, c’est être victorieux.

source

Simple. Sauf que… C’est bien pour la guerre symétrique, pas évident pour la nouvelle. Dès lors, il se pose une question de méthode. Ce billet propose un détour par l’analyse systémique pour contourner les limites dela MPO, et donc du COG. Bref, vous qui adorez débattre de la COIN vue par les livres, vous allez enfin vous poser des vraies questions spéculatives…. Commentaires critiques espérés. (Billet dédié à Joseph Henrotin… Je suis sûr que tu adorereras). O. Kempf.

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