La tentation du repli intérieur – Le cas de la France de l’entre deux-guerres

De 1919 à 1924, la France conserve son rang par son armée qui impose la considération par sa puissance, son modernisme et sa capacité d’intervention. En cinq ans, on la voit « garder le Rhin, occuper Francfort, Düsseldorf, la Ruhr, prêter main forte aux Polonais, aux Tchèques, demeurer en Silésie, à Memel, au Schleswig,  surveiller Constantinople, rétablir l’ordre au Maroc, réduire Abd el-Krim, soumettre la « tâche » de Taza, s’opposer aux rezzous sahariens, prendre pied au Levant, pénétrer en Cilicie, chasser Fayçal de Damas, s’installer sur l’Euphrate et sur le Tigre, réprimer l’insurrection du djebel Druze, montrer la force en tous points de nos colonies d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie, contenir en Indochine l’agitation latente, protéger au milieu des émeutes et des révolutions nos établissements de Chine » (De Gaulle, Le fil de l’épée). Le rayonnement de l’armée française est à son comble et plusieurs États étrangers font appel à son expertise et à son matériel pour réorganiser la leur.

Pourtant à peine douze plus tard, en 1936, alors qu’Adolf Hitler envoie quelques bataillons « remilitariser » la Rhénanie, portant ainsi à nouveau la menace à la frontière de la France, cette même armée avoue sa totale impuissance. Il est vrai qu’entre temps, au nom de la disparition de l’ennemi majeur, des économies budgétaires et de la réticence à employer la force, le vainqueur de 1918 s’est replié sur lui même. La France vieillissante et traumatisée a été saisie de frilosité mais en croyant adopter une politique plus « sécurisante », elle a, en réalité, provoqué sa perte.

L’espoir francais, n° du 20 mars 1936 – La réorganisation de l’armée française

La fièvre obsidionale

Cette rupture a d’abord une origine militaire. Lors de la séance du 22 mai 1922 du Conseil supérieur de la Guerre, le maréchal Pétain insiste sur la recherche de l’ «inviolabilité absolue du territoire» par une stratégie purement défensive. Cela lui attire la réplique du maréchal Foch qui estime que : «Si l’on est victorieux, on assure par là même la conservation du territoire… Assurer l’inviolabilité du territoire n’est pas le but principal à donner aux armées : c’est un dogme périlleux». Foch considère qu’à choisir l’épée apporte finalement plus de sécurité que le bouclier, par sa capacité à « réduire » au plus tôt les menaces (re)naissantes et à soutenir les alliés européens qui ont remplacé des Russes désormais hostiles et des Anglo-saxons redevenus distants.

La conception de Pétain finit pourtant par l’emporter car elle rencontre à la fois l’idéalisme de l’opinion publique et le souci d’économie des gouvernants. Pour beaucoup en effet la négociation et le droit international sont les vraies armes de la paix. En 1924, le Cartel des gauches met fin à l’occupation de la Ruhr, enclenchant ainsi le repli général sur le territoire national. En 1926, à la tribune de la société des nations, Aristide Briand lance son « Arrière les fusils, les mitrailleuses et les canons ! place à la conciliation, à l’arbitrage, à la paix ». La France parraine alors l’adhésion de l’Allemagne à la SDN et Briand obtient le prix Nobel de la paix. En 1928, la France signe le pacte Briand-Kellog mettant la guerre hors la loi. Nombreux sont aussi ceux qui sont soucieux de toucher les dividendes de la paix, comme Poincaré qui estime que « si nous sommes pour une dizaine d’années à l’abri d’aventures militaires, nous sommes, en revanche, pour cinq à six ans à la merci d’un accident financier » ou le ministre des finances Lasteyrie qui déclare lors du vote du budget de 1922 : « Y a-t-il réellement une nécessité absolue de s’engager dans la voie d’armement aussi importants ? […] Nous sommes pour l’instant à l’abri du danger ».

Cette nouvelle vision se concrétise par la loi d’organisation de l’armée en 1927 qui explique que :  L’objet de notre organisation militaire est d’assurer la protection de nos frontières et la défense des territoires d’outre-mer ». En présentant la loi, Daladier, ministre de la Guerre, renchérit même : «la France ne déclarera la guerre à aucun peuple mais elle fermement résolue à défendre son territoire, et empêcher que la guerre y soit à nouveau portée ». Tout cela se traduit concrètement par une réduction drastique des programmes d’équipements « offensifs » au profit du service de la dette, qui représente la moitié du budget et de la ligne Maginot, instrument premier de la sécurité qui doit, en parant à toute surprise, nous donner le temps de mobiliser nos forces. En 1934, un an après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, la France ne produit plus que trois chars.

En revanche, en cette période troublée (l’année 1934 est celle des 15 morts et 1500 blessés des émeutes de février et de l’assassinat du ministre Barthou et du roi de Yougoslavie), les moyens de l’Intérieur sont sensiblement augmentés. Une garde républicaine mobile est créée pour assurer le maintien de l’ordre à la place d’une armée qui, depuis les « inventaires » et la répression des émeutes du Languedoc ou des mineurs du Nord avant 1914 garde un souvenir amer de son implication dans la sécurité intérieure. À l’époque, ces interventions avaient suscité un antimilitarisme virulent qui avait fait douter de la capacité de la France à se défendre et donc incité les Allemands à saisir l’occasion d’en finir. Dans les années 1920 et alors que le pacifisme se développe, on ne souhaite pas affaiblir la crédibilité de l’outil de défense en l’exposant à la critique de sa propre population.

Tous les instruments d’une sécurité en accord avec un effort budgétaire limité semblent en place : barrière défensive et dissuasive, augmentation des moyens de sécurité intérieure et, parallèlement, réduction de l’outil de défense mais avec la certitude de pouvoir le reconstituer en cas de retour d’une menace majeure.

L’endormissement

Ce repli initié par le ministère de la Guerre va finalement se retourner contre lui, transformant les armées françaises de force d’intervention en une structure nouvelle finalement apte à peu de choses. Voulant conserver des structures lourdes malgré une diminution rapide des effectifs, l’armée de terre voit son commandement paralysé par la dilution de l’autorité et de la responsabilité entre de multiples personnes et organismes, tandis que les grandes unités (30 divisions) sont bien incapables d’être autre chose que des cadres de mobilisation. Selon le général Beaufre (Le drame de 1940), « l’armée subsistait mais vivotait au rabais : les effectifs squelettiques mangés par les corvées et les gardes, l’instruction individuelle bâclée en quatre mois, puis tous les hommes disponibles transformés en employés  […] l’armée usait sa substance à flotter dans un habit trop large pour elle ». En 1930, le général Lavigne-Delville alerte l’opinion : « Que nous reste-t-il donc, l’évacuation [de la Rhénanie] faite, pour résister à l’agression possible allemande ? Des frontières sans fortifications, des fortifications sans canons, des canons sans munitions, des unités sans effectifs, des effectifs sans instruction ».

La loi de finances de 1933 qui prévoit la suppression de 5000 postes d’officiers contribue encore à la dégradation de l’encadrement et du moral. « Tout se conjugue pour dérouter et désenchanter les officiers : situations médiocres, avenir incertain, sentiment d’inutilité, hostilité latente du pouvoir, impression d’isolement de la nation. À cela s’ajoute le sentiment très net que l’organisation nouvelle de l’armée les empêche de faire leur métier » (Jean Feller, Le dossier de l’armée française). Les démissions se multiplient et le personnel d’active souffre d’un déficit de 60000 hommes en 1933. Weygand écrit alors au président du Conseil Herriot : « L’armée risque de devenir une façade coûteuse et trompeuse. Le pays croira qu’il est défendu. Il ne le sera pas. »

Quelques voix proposent bien des alternatives plus offensives grâce à la motorisation. Elles sont immédiatement sanctionnées. Parlant du projet d’une force d’intervention moderne décrit par de Gaulle en 1934, le général Maurin, ministre de la Guerre, dévoile le piège logique : « Comment peut-on croire que nous songions encore à l’offensive, quand nous avons dépensé des milliards pour établir une barrière fortifiée ? Serions-nous assez fous pour aller au-devant de cette barrière de la ligne Maginot à je ne sais quelle aventure ». En 1935, Gamelin s’appuie sur un argument d’autorité : « Qu’il soit bien entendu que la seule autorité habilitée à fixer la doctrine est l’état-major de l’armée. En conséquence, tout article et toute conférence sur ces sujets devront lui être communiqués aux fins d’autorisation ». En 1938, le général Chauvineau écrit Une invasion est-elle encore possible ? et répond par la négative. Dans la préface, le maréchal Pétain écrit que : « L’expérience de la guerre a été payée trop cher pour qu’on puisse revenir aux anciens errements [c’est-à-dire les doctrines offensives] ». Selon une interprétation freudienne, l’armée est paralysée par la logique du Moi, l’autorité du Surmoi et un fort traumatisme Inconscient, tous trois se nourrissant mutuellement jusqu’à former derrière l’apparence des certitudes un sentiment d’impuissance.

Le réarmement raté

L’armée ne sortira jamais vraiment de cette torpeur jusqu’au choc de mai 1940. De 1933 à 1935, alors qu’Hitler au pouvoir ne cache pas ses intentions, le gouvernement français réduit d’un tiers les dépenses des ministères de la Guerre, de l’Air et de la Marine. La tendance s’inverse à partir de 1935 et surtout de 1936, mais sans que cela s’accompagne vraiment d’une revitalisation de l’outil de défense.

Les instances de décision militaires dispersées sont incapables de faire des choix rapides, recherchent trop la perfection et maîtrisent moins bien les procédures budgétaires que le ministère des finances qui multiplie les entraves (60 % des crédits allouées en 1935 doivent être reportés). Il faut ainsi dix ans pour faire passer le fusil successeur du Lebel du bureau d’étude à la fabrication en série et alors qu’un prototype de l’excellent char B est disponible depuis 1925, on est incapable de le produire en grande série. Il est vrai aussi que l’industrie de défense n’a plus aucun rapport avec celle de la victoire de 1918. Elle manque d’ouvriers qualifiés et de machines-outils modernes. Elle se méfie aussi de l’armée, client à la fois exigeant et peu fiable dont, jusqu’en 1936, elle n’a reçu que des commandes dérisoires et morcelées. En 1930, 332 prototypes d’avions ont été développés depuis la fin de la guerre.

L’armée de l’air n’est créée qu’en 1934 après le constat de sa déliquescence sous la tutelle du ministère de la Guerre. Mais comme il lui faut à la fois lutter contre les autres armées qui contestent son autonomie, composer avec une opinion qui considère le bombardement comme trop agressif et tenter de dynamiser une industrie aéronautique sinistrée et paralysée par les troubles sociaux, elle est incapable de retrouver sa puissance perdue. Elle consacre ses efforts dans un projet d’engin censé pouvoir tout faire-l’avion BCR pour Bombardier, Chasse, Reconnaissance-qui va s’avérer couteux et décevant.

Seule la marine nationale a pu tirer son épingle du jeu dans la disette budgétaire pour constituer une force de protection des flux nécessaires au soutien d’une éventuelle guerre totale. Au lieu d’investir dans les porte-avions, la marine s’obstine cependant dans la voie déjà déclinante des cuirassés. Des sommes considérables et le poids en acier de 2 000 chars sont consacrées à la construction des cuirassés lourds de la classe Richelieu et léger de la classe Dunkerque, pour un effet tactique qui sera nul et qui serait resté de toute façon marginal quel qu’ait pu être le sort de la bataille de France en 1940.

Le prix du renoncement

En mars 1935, Léon Blum, alors dans l’opposition, estimait que la parade au danger hitlérien résidait dans le désarmement et s’opposait au passage du service à deux ans pour compenser l’arrivée des « classes creuses », consécutives au déficit démographique, estimant que « nous sommes bien au-delà des effectifs et des conceptions qu’exige la défense effective du territoire national ». Un an plus tard, les Allemands pénètrent dans une Rhénanie démilitarisée depuis les accords de Locarno (1925). L’affront et la menace sont évidents mais on découvre alors que la France est incapable de la moindre offensive sans lancer au moins une mobilisation partielle (soit le rappel d’un million de réservistes), et ce à quelques semaines des élections législatives (où le slogan vainqueur sera « Pain, paix, liberté »). La France renonce à toute action et donc aussi à toute crédibilité sur ses engagements. Les Alliés en prennent acte. La Pologne se rapproche du Reich et la Belgique dénonce le traité de 1920 préférant la neutralité à l’alliance française peu sûre, rendant d’un coup très incomplet notre système défensif.

En juillet 1936, le gouvernement du Front populaire désireux d’aider la République espagnole en lutte contre Franco ne peut aller au-delà de l’hypocrisie d’une « non intervention relâchée », là où l’Allemagne et l’Italie envoient des troupes. En 1938, Hitler reprend ses coups de force avec l’anschluss, puis par des revendications sur les Sudètes, menaçant cette fois directement un de nos Alliés. Avec les négociations de Munich où on abandonne la Tchécoslovaquie, c’est l’URSS qui comprend qu’il n’y a rien à attendre d’une alliance avec la France. Au même moment, tout en avouant une nouvelle fois la faiblesse de l’armée (par ailleurs surestimée) le général Gamelin, déclare : « Toute la question est de savoir si la France veut renoncer à être une grande puissance européenne ».

En réalité, la France avait cessé d’être une puissance à partir du moment où, en renonçant à toute capacité d’intervention elle s’était condamnée à n’être que spectatrice des évolutions du monde. À ramener trop près de son cœur son outil de défense, elle avait laissé les menaces extérieures grossir puis venir à elle, sans même le soutien d’amis qu’elle ne pouvait aider. Pour paraphraser Churchill, la France avait sacrifié son honneur, son rang et sa voix dans les instances internationales à l’illusion de la sécurité et d’un certain confort, moral et économique, pour finalement tout perdre en 1940.

Michel Goya, la Voie de l’Épée

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2 Responses

  1. Bonjour Michel,

    En ce qui concerne la remilitarisation de la Réhanie, c’était un sacré coup de bluff de l’ancien dirigeant allemand. Si la France avait bougé… Dans l’ouvrage « La victoire perdue – tome 2 – 1920-1929″ de Claude Paillat, et dans la biographie du général Weygand, par Destremeau, il était dit, si ma mémoire est bonne, que le gouvernement français n’a pas pu faire de démonstration de force faute de structures et de procédure adaptée. Il aurait fallu mobiliser pour intervenir ou se préparer. C’était trop lourd, trop lent, trop compliqué.

    A propos de l’état de l’industrie française d’alors, il s’agit d’un problème généralisé. La France ne prenait pas le tournant des grandes évolutions industrielles développées, notamment aux Etats-Unis. L’architecture industrielle avec la répartition des charges de travail entre arsenaux d’Etat et industriels privés n’était pas non plus très « efficiente ». Il y avait bien des problèmes dans la division du travail qui sont souvent camouflés derrière les lois sociales des années 30.

    « Au lieu d’investir dans les porte-avions, la marine s’obstine cependant dans la voie déjà déclinante des cuirassés. Des sommes considérables et le poids en acier de 2 000 chars sont consacrées à la construction des cuirassés lourds de la classe Richelieu et léger de la classe Dunkerque, pour un effet tactique qui sera nul et qui serait resté de toute façon marginal quel qu’ait pu être le sort de la bataille de France en 1940″.

    La Marine a reconverti un ancien de cuirassé en construction de la classe Normandie en porte-avions, pour expérimentations et essais. Ce n’était qu’un début, mais c’était mieux que rien, et bien des choses utiles ont été développées depuis le Béarn. Deux porte-avions ont été mis sur cale, mais trop tard (Joffre et Painlevé en 1939 et 1940 si ma mémoire est bonne).

    Je vous invite respectueusement à revisiter l’histoire des Dunkerque et Richelieu dans la bataille de l’Atlantique. Premièrement, les Dunkerque était conçu dans le but de la guerre des communications navales, et ils répondaient aux cuirassés de poche allemand. Si la bataille de France n’avait pas été perdue, ils auraient alors continué leurs missions dans l’Atlantique nord contre les raiders allemands, et auraient très certainement basculé dans la Méditerranée après l’entrée en service des Richelieu. Il ne faut pas non plus oublier qu’il n’y a que les cuirassés comme « arme ultime » pour détruire d’autres cuirassés : il faudra attendre la destruction des Prince of Wales et Repulse en 1941 pour voir une aéronavale embarquée, japonaise, détruire des cuirassés pendant la guerre (après démonstrations américaines dans les années 30).

    Qui plus est, quand la bataille de France est perdue, il faut voir de quelle manière les deux cuirassés de la classe Richelieu focalisent toutes les attentions de Londres et de la Royal Navy : ils étaient une partie du centre de gravité du conflit naval, avec les grandes unités allemandes.

    Enfin, la guerre navale suit son propre cours avant de pouvoir influencer le sort du conflit terrestre. A vous lire, je ne peux que vous demander s’il faut supprimer la Marine, elle semblait si inutile à vos yeux ? Il me semble, je peux me tromper, que les plans des état-majors français et anglais prévoyaient de mener une guerre défensive jusqu’en 1943 avant de contre-attaquer. Les Etats-Unis devaient servir d’arsenal pour fournir Londres et Paris en matériels. Pour ce faire, il faut bien protéger le nouveau centre de gravité stratégique (qui sera le même pendant la guerre froide) : l’Atlantique. Pour ce faire, il faudra bien faire la chasse aux cuirassés de poche allemand, aux croiseurs auxiliaires et aux cuirassés qui vont entrer en service au début du conflit.

    Et si… La France avait tenu en 1940 pour se retrouver sans matériels en 1941 ou 1942 faute d’une guerre des communications victorieuses dans l’Atlantique ?

    Non, non, non et non : la guerre navale doit être menée selon ses règles. Deuxièmement, le sort de la bataille de France dépendait intrinsèquement du sort de la guerre navale et donc de l’utilisation des cuirassés français pour permettre au pays de se fournir en matériel et en denrées via, notamment, l’océan Atlantique.

    Mais pire, il est manifestement ignoré de quelle manière la Flotte et ses grandes unités constitua le centre de gravité militaire de la France de 1940 à 1942 puisque les alliés s’assurent de la tenue de l’Empire par Vichy et du non-passage de la Flotte à l’ennemi. Manifestement, les effets tactiques et stratégiques n’étaient pas nul.

    Il faut voir le combat de Dakar en 1940 pour prendre conscience de la valeur du cuirassé Richelieu face aux unités anglaises équivalentes de l’époque.

    Je m’étonne, pour finir, que l’on puisse comparer le tonnage d’un cuirassé avec le nombre de chars à produire. Premièrement, il faut voir que l’industrie nationale ne pouvait pas les produire… Deuxièmement, pourquoi donc mettre en exergue la valeur montante des porte-avions (le Béarn c’est 21 000 tonnes, contre 45 000 pour un Richelieu et 33 000 pour un Dunkerque) si c’est pour décrier les cuirassés derrières et oublier leur rôle toujours très actuel alors ? Autant fondre tout les navires pour disposer de stock considérables pour produire des chars… sans radios, sans divisions légères mécaniques ou sans divisions cuirassés.

    Enfin, j’ai bien souvenir que bien des travaux montrent que la France ne manquait pas de chars en 1940, mais de savoir-faire pour les utiliser.

  2. Lachooouette dit :

    Un constat amer mais juste, comme toujours lorsque vous parlez de la grande guerre. Le pacifisme a eu raison de la « grande armée » de 1918. Toutefois, mettons nous à la place des français de cette époque: En 1918, les défilés de la victoire finissaient tous leur marche….au cimetière du village. La « der des der » a inculqué à la France l’amour de la paix ; le pacifisme a changé la doctrine de nos armées.
    On connait tous la suite.

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