Quand la guerre fait son cinéma…11/Top Gun (1986)

Article publié en collaboration avec Guilhem Penent (De La Terre à La Lune).

Date de réalisation : 1986. Réalisateur : Tony Scott.

L’histoire : Le lieutenant de l’US Navy Pete « Maverick » Mitchell (Tom Cruise) pilote un F-14A Tomcat du porte-avions USS Enterprise (CV-65) avec comme RIO (Radar Intercept Officer) le lieutenant Nick « Goose » Bradshaw (Anthony Edwards). Lors d’un vol en duo avec un autre F-14 mené par « Cougar » (John Stockwell) et son RIO « Merlin » (Tim Robbins), les deux chasseurs américains se retrouvent aux prises avec des MiG-28 (sic) au-dessus de l’Océan Indien. Lors de l’engagement, l’un des MiG parvient à se placer dans les six heures de « Cougar » et à le verrouiller pour un tir de missile, avant que « Maverick » ne dégage son coéquipier. Secoué par l’accrochage, « Cougar » ne parvient pas à se reprendre pour poser son appareil sur le pont du porte-avions malgré le manque de carburant qui se fait pressant.


« Maverick », en violation des ordres, part chercher « Cougar » et le ramène sur le pont. « Cougar », une fois à bord, choisit de démissionner. Le commandant du groupe aérien de l’Enterprise, « Stinger » (James Tolkan), reproche à « Maverick » sa conduite de tête brûlée, mais l’envoie malgré tout à Top Gun, l’école d’entraînement de l‘US Navy au combat aérien, sur la base de Miramar.

En fait, « Maverick » a un style de frondeur en raison du sort de son père, Duke Mitchell, pilote dans la VF-51 à bord de l’USS Oriskany, mort le 5 novembre 1965 lorsque son F-4 Phantom II se crashe au Nord-Viêtnam. La rumeur prétend que le père de Mitchell aurait commis une faute, ce que son fils refuse de croire. Son RIO, « Goose », a quant à lui un tempérament plus prudent, soucieux de protéger sa femme Carole (Meg Ryan) et son jeune enfant. Mais les deux pilotes sont néanmoins d’inséparables partenaires. Dans un bar, à la veille du début du programme Top Gun, « Maverick » aidé par « Goose » approche sans succès une femme en chantant « You’ve Lost that Lovin’ Feelin ». Il constate le lendemain que cette femme est en fait Charlotte « Charlie » Blackwood (Kelly McGillis), une astrophysicienne rattachée comme instructeur civil au programme Top Gun. La virtuosité de Maverick impressionne et ennuie à la fois le Lieutenant Commander Rick « Jester » Heatherly (Michael Ironside) et les autres instructeurs : « Maverick » bat « Jester » en combat aérien mais viole deux règles d’engagement pour ce faire. « Maverick » continue aussi de courtiser « Charlie » et se pose par ailleurs en rival du lieutenant Tom « Iceman » Kasansky (Val Kilmer), un autre pilote très doué participant au programme…

L’histoire (vraie) : Le premier « héros » du film, c’est l’appareil piloté par Maverick, le F-14 Tomcat. Chasseur supersonique biplace, muni d’ailes à géométrie variable, le F-14 fait partie de cette nouvelle génération d’appareils de combat américains conçue pour affronter les MiG à la lumière de l’expérience viêtnamienne (F-15, F-16, F/A-18…). Volant pour la première fois en décembre 1970, le F-14 entre en service au sein de l‘US Navy en 1974 à bord du porte-avions USS Enterprise (CVN-65), remplaçant le F-4 Phantom II. Le F-14 est un chasseur de supériorité aérienne, conçu pour protéger les porte-avions américains contre les bombardiers soviétiques (à l’aide de son radar et du mortel et coûteux missile AIM-54 Phoenix), mais aussi pour opérer des missions de reconnaissance tactique. Dans les années 90, l’évolution géopolitique conduit à lui ajouter une capacité d’attaque au sol, notamment avec l’apport du pod LANTIRN : on passe alors au « Bombcat ». Le Tomcat est retiré du service actif en 2006, supplanté par le chasseur multirôle F/A-18E/F Hornet. L’Iran est aujourd’hui le seul pays du monde à aligner des Tomcats opérationnels, les Etats-Unis en ayant vendu à leur allié, le Shah, en 1976, avant la révolution islamique de 1979.


Autre « héros » du film, bien que moins visible : le porte-avions USS Enterprise (CVN-65), premier porte-avions à propulsion nucléaire du globe, surnommé « The BiG E » comme son prédécesseur de la Seconde Guerre mondiale (CV-6). Long de 341 m, pesant plus de 93 000 tonnes, embarquant 4600 membres d’équipage, l’Enterprise se classe juste derrière les 10 porte-avions de la classe Nimitz pour les caractéristiques générales. Navire unique de sa classe, l’Enterprise doit cesser sa carrière opérationnelle à la fin de l’année 2012, devant être remplacé par le nouveau porte-avions américain, l’USS Gerald Ford (CVN-78). L’Enterprise a traversé la plupart des conflits de la guerre froide et post-guerre froide, de la crise des missiles de Cuba en 1962 à l’opération El Dorado Canyon contre la Libye en 1986, en passant par le Viêtnam, jusqu’à son évacuation finale en 1975 (opération Frequent Wind), ou dans le golfe Persique pour des missions contre l’Irak ou les talibans à partir de 2001. En ce qui concerne Top Gun, certaines séquences ont été tournées aussi sur l’USS Ranger (CVA-61), un porte-avions de la classe Forrestal en service entre 1957 et 1993.

Ci-dessous, le légendaire générique et le début du film. L‘US Navy a activement collaboré à la réalisation de Top Gun, pour redorer son blason après le Viêtnam… une nouvelle ère de films de guerre s’ouvre.

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Le film Top Gun tire bien sûr son titre du surnom donné à la Fighter Weapons School de l’US Navy, créée le 3 mars 1969 sur la base de Miramar, en Californie sous la direction du chef des opérations navales, l’amiral Moorer. Cette création est le résultat d’un rapport célèbre publié par le capitaine Frank Ault en mai 1968 à propos des problèmes liés à l’utilisation des missiles dans les combats aériens au-dessus du Nord-Viêtnam. Les Etats-Unis ont en effet engagé, parallèlement à leur intervention au sol au Sud-Viêtnam, une campagne de bombardement massif sur le Nord-Viêtnam entre 1965 et 1968, l’opération Rolling Thunder. C’est un véritable baptême du feu pour l’US Air Force et l‘US Navy, alors rééquipées avec des appareils utilisant majoritairement des missiles, des radars embarqués, et qui tirent des conclusions différentes de cette expérience très mitigée. Le F-4 Phantom, le principal chasseur américain du moment, a en effet été conçu pour engager les bombardiers soviétiques armés de missiles de croisière ou d’armes nucléaires au-delà de la portée visuelle, notamment grâce au missile air-air AIM-7 Sparrow, guidé par radar. Or les pilotes américains, qui ne sont pas formés au combat aérien rapproché, sont à la peine devant les MiG nord-viêtnamiens plus agiles et souvent armés de canons. L’US Air Force pense que la plupart des pertes est due à des attaques de MiG non détectés depuis l’arrière : le problème serait donc technologique. Elle travaille sur l’amélioration de sa flotte de F-4 Phantom II, ajoutant un canon interne Vulcan de 20 mm au lieu des canons montés en pods, améliorant les radars et cherchant à perfectionner les missiles AIM-7 utilisés par les Phantom et qui connaissent souvent des problèmes de fonctionnement -car ils ont été conçus pour détruire de lourds bombardiers, pas des chasseurs. L’US Navy, quant à elle, pense que le problème est fondamentalement humain : les pilotes manquent d’entraînement au combat aérien rapproché, ce que les équipages de F-8 avaient souligné dès le début de Rolling Thunder. Le rapport Ault réclame ainsi l’instauration d’une Fighter Weapons School, qui est formée en utilisant comme instructeurs des pilotes de F-8. Les tactiques de combat aérien sont raffinées en utilisant le procédé du Dissimilar Air Combat Training, autrement dit les pilotes américains affrontent des appareils souvent de construction américaine mais choisis pour leur ressemblance avec leurs véritables adversaires au-dessus du Viêtnam, MiG-17, MiG-19 et MiG-21. Top Gun emploie ainsi des A-4 Skyhawk, des T-38 Talon de l’US Air Force, puis des A-6 Intruders, des F-106, avant de remplacer les T-38 par des F-5E et F-5F Tiger II (ceux qui dans le film représentent les « MiG-28 », une dénomination qui n’existe pas en réalité). Les pilotes de Top Gun ont aussi l’occasion d’affronter de vrais MiG, ceux détenus par l’US Air Force à Nellis. Les pilotes qui passent par l’école sont sélectionnés dans les unités de première ligne, formés à Top Gun avant de repartir dans leurs escadrilles où ils deviennent eux-mêmes des instructeurs, relayant ce qu’ils ont appris. Top Gun a la chance de pouvoir profiter de la pause dans les bombardements sur le Nord-Viêtnam (1968-1972) pour former pratiquement toutes les escadrilles de l’US Navy. Le résultat est spectaculaire : après la reprise des bombardements sur le Nord-Viêtnam en 1972, le ratio de pertes qui était à 3, voire 2 contre 1 faveur des Américains revient à 13 pour 1 en leur faveur, rejoignant les scores atteints en Corée. Top Gun devient ensuite un commandement autonome au sein de l’US Navy, bénéficiant du retour d’expérience des vétérans du Viêtnam comme Randy Cunningham et Willie Driscoll. L’US Air Force, quant à elle, ne développe un équivalent de Top Gun qu’après le Viêtnam, en créant notamment le programme Red Flag.

Ci-dessous, le duel entre Maverick et Jester.

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Top Gun est réalisé sous l’ère Reagan, en 1986, l’année même où sous le mandat du président américain, les Etats-Unis se retrouvent pour la troisième fois en quelques années aux prises avec la Libye du colonel Khadafi, récemment disparu. Le film s’inspire selon tout évidence de cette confrontation en pointillés avec la Libye. En 1973, en effet, le dictateur libyen avait réclamé l’accroissement des eaux territoriales de son pays à l’intérieur du golfe de Sidra, fixant même une « Ligne de la mort » à ne pas franchir. L’US Navy s’était alors immédiatement déployée sur zone pour faire pièce aux demandes de Khadafi. A peine arrivé au pouvoir, en 1981, Ronald Reagan envoie une force navale comprenant trois porte-avions évoluer dans ces mêmes eaux. La force aérienne libyenne réplique en expédiant ses appareils pour surveiller les mouvements des navires américains. Plusieurs interceptions ont lieu au-dessus du golfe sans utilisation des armes embarquées, mais cela change le 18 août 1981. Ce jour-là, 2 F-14 Tomcats de la VF-41 interceptent 2 Sukhoï Su-22 libyens. Quelques secondes avant le croisement entre les deux formations, l’un des Su-22 tire un missile air-air AA-2 Atoll en direction des Tomcats, à 300 mètres de distance seulement, alors que l’Atoll est incapable d’accrocher sa cible à une si courte distance et pendant une passe frontale, laissant penser que le déclenchement a peut-être été accidentel. Les Tomcats répliquent immédiatement et détruisent les 2 Su-22 avec des missiles AIM-9 Sidewinder. Quelques heures plus tard, alors que les Libyens mènent une opération Search and Rescue pour récupérer les deux pilotes abattus, 2 MiG-25 libyens mènent un simulacre d’attaque à Mach 1,5 contre le porte-avions USS Nimitz (CVN-68). 2 Tomcats de la VF-41 et un autre de la VF-84 les prennent en chasse, les forçant à décrocher.

Deux ans plus tard, pendant l’été 1983, en raison du conflit au Tchad où Kadhafi est très engagé, le porte-avions américain USS Dwight D. Einsenhower (CVN-69) pénètre à nouveau dans le golfe de Sidra. Le 1er août, 2 Tomcats de la VF-143 interceptent 2 MiG-23 libyens qui se dirigent vers le porte-avions et les forcent à faire demi-tour. Quatre jours plus tard, la VF-143 accroche à nouveau 5 MiG-23 libyens à 220 km au sud du groupe porte-avions. Aucun missile n’est tiré mais la situation est très tendue.

Les rapports explosifs entre Etats-Unis et libye ne s’arrangent guère après le détournement du vol 847 de la TWA et les attaques terroristes dans les aéroports de Vienne et Rome en 1985, réalisées par le groupe palestinien d’Abu Nidal en représailles du bombardement du QG de l’OLP à Tunis par l’armée de l’air israëlienne. Reagan accuse Kadhafi de soutenir le terrorisme. La Libye commence la même année à installer des batteries de missiles sol-air SA-5 et leur radars, fournis par l’URSS, pour améliorer sa défense anti-aérienne. L’US Navy retourne alors dans le golfe de Sidra dans le cadre de l’opération « Attain Document » : les deux premières incursions, en janvier et février 1986, se déroulent sans accroc. Néanmoins 130 interceptions de chasseurs libyens ont lieu et des bombardiers Tu-16 Badger survolent la flotte américaine à plusieurs reprises, arrêtés par les chasseurs embarqués. Le 23 mars, l’armada de la VIème flotte revient sur place avec trois porte-avions, l’USS America (CV-66), l’USS Coral Sea (CV-43) et l’USS Saratoga (CV-60), escortés par 5 croiseurs, 6 frégates, 12 destroyers et accompagnés de 2 navires logistiques.

Les Américains commencent alors leurs opérations au-delà de la « Ligne de la mort » dressée par Kadhafi dans le golfe de Sidra. Le 24 mars à 6h, le croiseur USS Ticonderoga (CG-47) accompagné par les destroyers USS Scott (DDG-95) et USS Caron (DDG-70) franchit la ligne, avec une couverture aérienne. A 7h52, une batterie de SAM installée près de Syrte tire deux SA-5 sur des F-14 Tomcats de la VF-102 embarqués sur l’USS America. Les missiles ratent leur cible. La batterie en tire deux de plus mais ceux-ci sont contrés par l’action des appareils de guerre électronique EA-6B Prowler. Deux heures plus tard, 2 MiG-23 sont envoyés détruire les appareils américains. Détectés par un avion de surveillance E-2C Hawkeye, les MiG sont interceptés par 2 Tomcats de la VF-33 : ils cherchent néanmoins à se placer en position de tir contre les F-14. Ces derniers abaissent le palier du combat à 1500 m -l’interception ayant eu lieu à plus de 6000 m- pour profiter de leur avantage sur les MiG à cette altitude. Les F-14 se placent dans les six heures des MiG et verrouillent leurs AIM-9 Sidewinder, mais ne reçoivent pas l’autorisation de tir.

Les Libyens envoient ensuite des navires patrouilleurs en direction de la flotte américaine. Une véritable armada décolle des porte-avions pour aller à leur rencontre : le Saratoga lance des A-7 Corsair II équipés de missiles HARM de la VA-83, des A-6 Intruders équipés de missiles antinavires Harpoon et de bombes à sous-munitions Rockeye de la VA-85 et des EA-6B de la VAQ-32. L’America envoie des A-6 de la VA-34, des EA-6B de l’escadrille des Marines VMAQ-2 et le Coral Sea des A-6 de la VA-55 et des EA-6B de la VAQ-135, le tout soutenu par des E-2C Hawkeye, des F-14, des F/A-18 et des KA-6D de ravitaillement. A 19h26, 2 Intruders de la VA-34 tombent sur un patrouilleur classe La Combattante IIa : touché par un Harpoon, dont c’est la première utilisation opérationnelle, le navire est achevé par les bombes à fragmentation Rockeye de la VA-85. Un peu plus tard, la formation américaine survole les environs de Syrte pour faire se dévoiler les radars ennemis, permettant aux A-7 de tirer leurs missiles HARM. Des A-6 des VA-55 et VA-85 engagent plusieurs navires lance-missiles libyens. Vers 21h55, 2 A-6E de la VA-55 s’en prennent à une corvette classe Nanucka qui fonce sur le croiseur USS Yorktown (CG-48). Le croiseur USS Richmond K. Turner (CG-20) tire un missile Harpoon sur la corvette, qui est mise en flammes, mais qui sera récupérée par les Libyens et remorquée jusqu’à Benghazi. Vers minuit, les Libyens tirent des SA-2 et des SA-5 sur des A-6 et des A-7. Les A-7E de la VA-83 tirent encore plusieurs missiles HARM qui détruisent plusieurs radars libyens. Trois SA-5 et un SA-2 supplémentaires sont lancés. A 7h30, les A-6E de la VA-55 attaquent une autre corvette avec des bombes Rockeye, qui est finalement coulée par un missile Harpoon lancé par un A-6E de la VA-85. L’opération s’achève sans perte pour les Etats-Unis, alors que les Libyens ont subi des dommages conséquents et ont perdu au moins 35 tués. Le 15 avril suivant, les Tomcats des VF-33, VF-102, VF-74 et VF-103 prennent part à l’opération El Dorado Canyon, une série de frappes aériennes contre la Libye en réponse à son soutien supposé au terrorisme, après l’attentat contre une discothèque ouest-allemande fréquentée par des soldats américains.

Derrière l’histoire… : Sorti en 1986, Top Gun est rapidement devenu un classique du cinéma populaire engrangeant pas moins de 344 millions de dollars au box office. Il est aussi le premier film VHS à dépasser le cap du million, un succès qui ne s’est toujours pas démenti vingt-cinq ans plus tard alors que les aventures de Maverick s’apprêtent à revenir sur nos écrans dans une nouvelle version 3D. Les critiques sont pourtant nombreuses, ne serait-ce que parce que Top Gun est avant tout une gigantesque affiche publicitaire…

Et de fait non seulement le taux de recrutement a fait un bond une fois le film sorti, des représentants de la Navy allant ainsi jusqu’à attendre le spectateur à la sortie de la séance, mais les sondages ont également montré une confiance renouvelée pour l’institution militaire en perte de vitesse depuis la guerre du Vietnam. Ce n’est donc pas sans raison si le film a fait date dans l’histoire de l’industrie cinématographique américaine : c’est notamment avec Top Gun qu’un nouveau type de coopération – les militaires ne demandant que 1,8 millions de dollars pour l’utilisation des avions et autre porte-avions en échange d’un droit de regard sur le scénario – a pu s’instituer entre Hollywood et le Pentagone, certains allant jusqu’à parler de « Militaro-Entertainment Complex » pour décrire les relations cachées derrières ces blockbusters (d’Armageddon à X-Men en passant par Pearl Harbor, Battleship et Battle Los Angeles) subventionnés par le gouvernement et le contribuable américains et qui glorifient l’armée. Pour David Sirota, « Top Gun made America love war ».


Ce faisant, Top Gun contraste d’autant plus avec Rambo: First Blood Part II sur lequel AGS est récemment revenu. Autant ce dernier, paru un an plus tôt, ouvrait de vieilles blessures en montrant une Amérique traumatisée par la guerre au Vietnam, défiante par rapport à ses élites, autant Top Gun s’attache à les faire disparaître. Non pas que le conflit passé soit oublié : la figure paternelle n’est certainement pas absente du film de Tony Scott, elle est même explicite comme en témoigne l’obsession – un poncif du cinéma américain – de Maverick envers son père mystérieusement tombé au combat. Reste que les grandes lignes en sont gommées : tout comme l’indique Andrew Bacevich, le film « offered a glitering new image of warfare especially suited to America’s strengths. It portrayed this new vision of warfare and those who waged it against a political backdrop shorn of messy ambiguities, and it invested military life with a hipness not seen even in the heyday of World War II propaganda movies ».

Affiche publicitaire, Top Gun l’est donc certainement, bien que différemment. En effet, en incarnant mieux que quiconque les rêves de l’Amérique reaganienne, il témoigne de l’émergence d’un consensus sur ce que Bacevich qualifie de « militarisation de la politique américaine ». Pour cette raison, le film pourrait être qualifié de subversif. Ce sont ainsi principalement trois « vérités » qui sont remises en cause.

1) La première de ces vérités a trait à l’hygiène. Avec Top Gun, la guerre change de visage. Elle n’évoque plus cette image repoussante du champ de bataille, de la boue et du sang et de la vermine grouillante. Pas plus qu’elle ne renvoie aux privations, au stress et à la fatigue vécues par les soldats de toutes les époques et de toutes les nations. Elle prend au contraire un caractère lisse incarné à la fois par les hommes (Tom Cruise/Maverick) et par leurs machines (le F-14 Tomcat).

2) A cela s’ajoute l’idée selon laquelle, en montrant un visage particulièrement attrayant (je laisse à d’autres le soin de donner leur interprétation aussi saugrenue soit-elle !) de la vie militaire, Top Gun suggère une deuxième « vérité », celle déterminant l’émergence d’une nouvelle façon de faire la guerre. De fait, l’accent est ici mis sur la technologie. Pour vaincre, il ne suffit plus d’être le plus courageux, il faut aussi disposer de l’armement le plus sophistiqué – gage non seulement de rapidité, mais aussi de souplesse et de force – et savoir comment utiliser son potentiel immense.

La fameuse interprétation de Top Gun par Tarantino. Décapant !

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3) De manière plus crucial encore, Top Gun annonce une révolution politique. Selon Bacevich, le film véhicule en effet une conception nouvelle de la politique centrée sur la reformulation de la puissance militaire américaine et de la mission qui lui est dévolue. Maverick et ses camarades évoluent de manière intuitive et spontanée dans un monde dans lequel l’incertitude n’a aucune place. Dans un tels univers, connaître les motivations ou les intérêts de l’adversaire est non seulement inutile lorsque l’on est assis dans son cockpit, mais peut-être dangereux si de tels questionnements remettent en cause la capacité ultime du pilote à prendre des décisions rapidement. Du point de vue de Maverick, seul importe de savoir qui sont les gentils et qui sont les méchants. Aussi ces derniers ne sont-ils représentés que de manière anonyme : des avions noirs, des combinaisons sombres et des visières opaques.

Bacevich voit dans ce film la confirmation puissante de l’émergence d’un récit alternatif à même de contrer la vision antimilitariste issue du Vietnam. Top Gun est ainsi à replacer dans un contexte plus large, et peut de ce point de vue être comparé aux techno-thrillers qui font également leur apparition dans les années 1980 et dont Tom Clancy est l’archétype génial.

Pour en savoir plus :

Sur le F-14 Tomcat :

Tony HOLMES, The F-14 Tomcat Story, The History Press, 2010.

Sur l’USS Enterprise :

W.H. CRACKNELL (Commander, USN), Profile Warship 15 : USS Enterprise (CVAN-65) Nuclear Attack Carrier.

Bert KINZEY, The USS Enterprise in detail and scale, Airlife Publishing, 1993.

Sur l’incident du golfe de Sidra en 1986 :

http://www.acig.org/artman/publish/article_358.shtml

Sur la Fighter Weapons School Top Gun ») :

Marshall L. MICHEL III, Clashes : Air Combat over North Vietnam 1965-1972, Naval Institute Press, 2007.

Robert K. WILCOX, Scream of Eagles, Simon and Schuster, 2005.

Pour un point de vue général critique, lire Andrew J. Bacevich, The New American Militarism. How Americans Are Seduced by War, Oxford University Press, 2005.

Sur les années 1980 spécifiquement, lire aussi David Sirota, Back to Our Future: How the 1980s Explain the World We Live in Now, Ballantine Books, 2011.

La parodie de Top Gun, Hot Shots ! (Jim Abrahams, 1991) avec Charlie Sheen pour interpréter Maverick :

http://www.youtube.com/watch?v=ih78dz2XyLc

AGM-88 HARM (High-speed Anti-Radiation Missile) : missile antiradar américain tiré depuis un avion, successeur du AGM-45 Shrike.

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19 Responses

  1. aramis dit :

    il est étonnant de trouver dans cet article, assez bien fait par ailleurs, des infos fausses ou contradictoires :
    -les F14 iraniens sont immobilisés au sol depuis bien longtemps, faute de pièces de rechange et de pilotes qualifiés !
    -en deux lignes, il est livré deux infos contradictoires. Soit « le F14 fait partie de cette nouvelle génération d’appareils de combat américains conçue pour affronter les MiG « , soit « Le F-14 est un chasseur de supériorité aérienne, conçu pour protéger les porte-avions américains contre les bombardiers soviétique ». Faudrait savoir….De fait,le F14 fut conçu pour intercepter à haute altitude les bombardiers lourds soviétiques.
    -j’ajoute que les méchants sont bien identifiés, contrairement à l’affirmation finale de l’article. Les avions ennemis portent sur leur fuselage une étoile rouge qui ne laisse aucun doute sur leur provenance….

  2. Stephane Mantoux dit :

    Bonjour,

    - sur les F-14 iraniens, je n’ai pas développé, mais effectivement le problème des pièces de rechange manquantes cloue une bonne partie de la flotte au sol. Ce qui n’a pas empêché leur intervention pendant la guerre Iran/Irak (1980-1988), juste après la révolution islamique de 1979. Ne connaissant pas trop le sujet des F-14 iraniens, je ne m’aventure pas dessus.

    - le F-14 est, je suis d’accord avec vous puisque je l’ai dit, conçu pour détruire les bombardiers soviétiques type Tu-16, Tu-22 ou Tu-95 qui pouvaient menacer les porte-avions américains, tout comme son arme principale le missile Phoenix. Cependant il tire profit des leçons retenues de l’expérience viêtnamienne. L’un n’exclut pas l’autre…

    - sur le dernier point, je laisse mon coauteur répondre puisqu’il est à l’origine des lignes. Cependant, certes les avions ont une étoile rouge sur le fuselage (et le masque à oxygène si ma mémoire est bonne pour les pilotes), mais ça reste bien vague (d’autant qu’aucun pays de l’Océan Indien, lieu où se déroule l’action, n’est mentionné).

    Cordialement.

  3. Stephane Mantoux dit :

    A propos des F-14 iraniens :

    - certains sont encore en état de vol puisque l’un d’entre eux s’est crashé par accident le 26 janvier dernier, près de la ville de Bushehr.

    - en 2009 une vingtaine était estimée encore opérationnels, malgré le manque de pièces détachées, par cannibalisation. Evidemment le nombre d’appareils en état de vol doit être très réduit, mais il y en a, visiblement. On peut voir certains des autres, immobilisés, sur des bases aériennes iraniennes via Google Earth.

    Cordialement.

  4. Stephane Mantoux dit :

    Pour finir en image, sur cette vidéo tournée lors d’une démonstration de l’armée de l’air iranienne le 17 avril 2012, on peut distinguer 5 Tomcats en état de vol.
    http://www.youtube.com/watch?v=mOIGh4FASYc

  5. G.P dit :

    Sur le point souligné par aramis, je ne vois aucune contradiction. Stéphane a déjà expliqué pourquoi. L’argument n°3 n’est pas de dire que l’ennemi n’est pas « identifié » (on a bien compris à quel « système » il était implicitement fait référence ; guerre froide oblige, sans oublier Rambo et autres Red Dawn, la chose est également vraie pour le spectateur américain de 1986) mais plutôt de souligner l’anonymat dans lequel il est placé, et donc l’univers manichéen dans lequel Top Gun évolue : noir vs. blanc, méchant vs. gentil. De ce point de vue, les motivations de l’ennemi, ses perceptions à l’endroit des Etats-Unis, son histoire longue et récente, n’importent pas. D’où l’analogie : si la rapidité de raisonnement et donc d’action est la clé du succès pour l’aviateur, alors peut-être le décideur doit-il s’en inspirer pour conduire une politique étrangère efficace.

  6. aramis dit :

    sur ce point précis, je pense que les auteurs se livrent à une analyse trop « intellectuelle » d’un message dont il n’est pas évident qu’il ait été dans les intentions des auteurs de le délivrer. J’y vois surtout un navet à l’américaine recyclant tous les poncifs du genre. Ce qui le rend presque comique. Vouloir tirer des leçons de stratégie politico-militaire genre « De manière plus crucial encore, Top Gun annonce une révolution politique. Selon Bacevich, le film véhicule en effet une conception nouvelle de la politique centrée sur la reformulation de la puissance militaire américaine et de la mission qui lui est dévolue », me paraît un rien surfait et prétentieux. Prenons ce film pour ce qu’il est: un magnifique clip de recrutement pour l’US AIR FORCE, doublée d’une bluette à l’eau de rose.

  7. Stephane Mantoux dit :

    Top Gun est certes un film à l’eau de rose et une magnifique promotion pour l’US Navy (et pas l’Air Force, au passage, même si celle-ci a dû en bénéficier aussi).

    L’analyse de Guilhem Penent -qui a écrit les lignes concernées- me semble cependant, au contraire, élever l’analyse au-delà de la simple considération : « Ah ouais, c’est un bon nanar ». Et ce même si le réalisateur ne l’a pas fait consciemment. Le film est un réservoir formidable d’analyse sur la vision par eux-mêmes des Américains et de leur puissance militaire (ici via l’aéronavale). Dixit aussi l’interprétation -triviale- de Tarantino…

  8. aramis dit :

    alors s’il s’agit maintenant de sonder l’inconscient du réalisateur….Moi, je veux bien. Sauf que ça tourne nécessairement en rond, et relève du triturage (et tripotage) intellectuel un rien stérile.
    Je sais bien qu’il est de bon ton depuis quelques années de se livrer à une analyse « socio-culturel » du cinéma d’action américain. Sans que soit jamais fourni le moindre élément à l’appui de ces analyses, hormis les interprétations très subjectives de leurs auteurs. Soit dit en passant, il faut une sacrée dose d’imagination pour déduire ceci de top gun : « D’où l’analogie : si la rapidité de raisonnement et donc d’action est la clé du succès pour l’aviateur, alors peut-être le décideur doit-il s’en inspirer pour conduire une politique étrangère efficace. »dixit GP! J’en reste baba !
    Vous me permettrez donc de m’en tenir à une vision qui, si vous la qualifier ironiquement de simpliste, à au moins le mérite de s’en tenir aux éléments disponibles et de ne pas tomber dans des interprétations dont la prétention intellectuelle prête autant à sourire que le film lui-même.

  9. Stephane Mantoux dit :

    Je ne vous reprochais pas une analyse simpliste, mais plutôt de réduire les propos de Guilhem à un blabla abscons. Quant aux sources, celui-ci cite deux ouvrages à consulter.

    On peut être d’un avis différent sans forcément en venir à des échanges désagréables… je respecte votre point de vue.

    D’ailleurs votre commentaire initial m’a fait travailler sur les F-14 iraniens, c’est une bonne chose : je vais en faire un billet.

    Cordialement.

  10. aramis dit :

    vous avez trouvé le mot juste : blabla abscons. Je réduis effectivement le propos à cela. Et j’assume.

  11. Stephane Mantoux dit :

    Je vous laisse voir ça avec Guilhem, alors.

  12. aramis dit :

    voila.

  13. G.P dit :

    Cher Aramis, votre point de vue a été entendu, et votre amabilité, de même que votre maîtrise de la citation, appréciées. Pour conclure, j’ajouterai que, bien que j’assume ces propos, je ne fais ici que reprendre l’analyse – non exclusive, et certainement pas exhaustive ! – que donne Andrew Bacevich dans son ouvrage (cf. chap. 4). Quoi que vous puissiez en dire, elle m’a paru suffisamment intéressante pour mériter qu’on s’y arrête brièvement.
    Cordialement,

  14. aramis dit :

    j’ai connu des professeurs de relations internationales qui racontaient de belles âneries….
    Je constate qu’à part quelques piques d’ado post-pubère prétentieux vexé de voir sa « science » remise en cause, vous n’avez pas grand-chose à répondre.
    Top gun ayant été diffusé hier soir sut nt1, je l’ai revu avec quelques camarades forts intéressés (dont un lt-cl pilote de chasse) de tenter de mettre en adéquation le film et votre analyse. Une franche partie de rigolade. A tel point que nous nous sommes lancés le défi de pasticher votre analyse en l’appliquant à tous les nanars du cinéma d’action et de guerre américain. Votre prétention intellectuelle, un rien sentencieuse et suffisante (on reconnait bien la le diplômé de sciences-po…) aura au moins servi à cela.
    Avec toutes mes amabilités (dont vous conviendrez qu’elles ont été délivrées avec un fleuret moucheté…)

  15. aramis dit :

    pour finir, je viens de lire l’analyse de rambo effectuée par abou djaffar. bien moins prétentieuse et par contre bien plus fine. Alimentant plus sûrement la réflexion.

  16. Abou Djaffar dit :

    Il est établi de longue date (post 2e GM, au minmum) que la critique, pourvu qu’elle soit argumentée, permet de faire dire à une oeuvre, même artistiquement mineure, des choses que ses auteurs n’avaient pas nécessairement imaginées ou envisagées. Dans le cadre de Top Gun, un film mauvais bien que comportant quelques scènes d’aviation remarquable, il est possible de décrypter l’esthétique MTV du cinéma d’action à grand spectacle, avec bande son clinquante, filtre coloré sur la caméra, contre-jours, etc. D’un point de vue militaro-stratégique, le film nous montre un groupe aéronaval US de façon sexy, avant de nous dévoiler l’art délicat du combat dissymétrique, dont le public ignorait tout. Le F-14, un appareil séduisant malgré ses insuffisances, y est la star incontestée, et les auteurs de ce billet ont l’excellente idée de revenir sur lui. Les critiquer de façon si péremptoire n’est pas une attitude très constructive, alors même que vos connaissances en la matière semblent parcellaires.
    Ainsi, le F-14 est évidemment conçu pour protéger la flotte des bombardiers soviétiques et de leurs missiles de croisière, et il est, pour ce faire, doté du système d’arme (AWG-9 + AIM-54) développé par Hughes pour le YF-12. Cette association entre une capacité de détection et de frappe à longue portée et une grande autonomie est plus importante pour le F-14 que pour son homologue de l’Air Force, le F-15, lui aussi destiné à remplacer le F-4 mais censé défendre les Etats-Unis et le Canada. Par ailleurs, et ça n’est évidemment pas une contradiction, le F-14, tout comme le F-15, est conçu comme un appareil manoeuvrant (missions de police du ciel), car les combats au Vietnam ou au Moyen-Orient ont montré qu’il fallait pouvoir « aller au contact » et que les adversaires ne seraient pas nécessairement des Tu-22 lourdement chargés lancés à pleine vitesse. En avril 75, les pilotes de la VF-1 et de la VF-2 couvrent ainsi l’évacuation de Saïgon et leurs adversaires du jour sont – ils ne se montreront pas – des Mig-21. J’ajoute que les essais du F-14 incluent dès le début l’emport de bombes lisses, mais la puissance des VA (équipées d’A-6E et de A-7E) rend cette option inutile. C’est le règne du groupe aéronaval richissime, chaque mission ayant son avion. Avec le Hornet et le Super Honet, l’Empire a enfin trouvé son Tie Fighter…
    Vous avez des amis pilotes de chasse ? Moi aussi. Leur vocation vient sans doute de films comme Top Gun, même s’il s’agit d’un navet. Regarder un tel nanard en pointant toutes ses erreurs revient à regarder The Expandables en espérant y apprendre un truc sur les forces spéciales. Il me semble que vous n’avez pas compris l’exercice, ce qui en soit n’est pas très grave, mais devrait vous conduire à vous interroger avant de tirer dans le tas.

  17. aramis dit :

    vous blablatez et etes hors sujet (le F14 n’étant pas l’objet du débat). Ensuite vous n’avez rien compris à mon propos. Ou me suis-je livré à l’exercice consistant à  » Regarder un tel nanard en pointant toutes ses erreurs revient à regarder The Expandables en espérant y apprendre un truc sur les forces spéciales » ? Jamais. Mon propos, puisque vous semblez vous être livré à une lecture plus que parcellaire (c’est votre mot, non…) de mes commentaires, était de pointer l’inconsistance prétentieuse de l’article.
    L’étalage de vos connaissances sur le F14 (en réalité une compilation de la fiche technique du F14 ! ça aussi je peux le faire…)ne masque pas l’inanité de votre propos. J’ai effectivement tiré dans le tas. Ou plutôt, au vu des réactions suscitées, viser juste. Disons que j’ai toucher au but avec du 155. Non, je plaisante, vous allez me taxer de vanité.
    Et non, Top gun n’est pas à l’origine de la vocation de mon ami. Sûrement pas, dit-il….
    Je termine en notant que vous n’êtes à une contradiction près. Vous dites « Regarder un tel nanard en pointant toutes ses erreurs revient à regarder The Expandables en espérant y apprendre un truc sur les forces spéciales ». Mais qu’à donc fait GP en allant chercher des leçons de géostratégie dans Top gun ????? Faudrait voir à être un peu cohérent, camarade !

  18. Abou Djaffar dit :

    Vous démontre brillamment (profitez-en, on ne doit pas vous le dire souvent) qu’on peut lire les fiches techniques sans les comprendre ou les retenir. Pour ma part, j’ai la faiblesse de penser que la capacité à faire une synthèse et à mettre en perspective sont des talents bien utiles. Quant aux contradictions, vous êtes les seuls à les voir, mais vous ne voyez pas votre propre incapacité à comprendre. On ne tire aucune conclusion opérationnelle de Top Gun, on s’en sert de point de départ. La nuance est de taille, mais les nuances, c’est pas votre genre, n’est-ce-pas ?

  19. clarisse dit :

    Je pense que nous en tous avons assez lu.

    Pour récapituler les commentaires d’Aramis :

    1) nous écrivons des âneries qui induisent le lecteur en erreur :
    « il est étonnant de trouver dans cet article, assez bien fait par ailleurs, des infos fausses ou contradictoires. »

    2) nous sommes trop intellectuels…
    « sur ce point précis, je pense que les auteurs se livrent à une analyse trop «intellectuelle» d’un message dont il n’est pas évident qu’il ait été dans les intentions des auteurs de le délivrer. J’y vois surtout un navet à l’américaine recyclant tous les poncifs du genre. »

    …et des Précieux ridicules :
    « ne pas tomber dans des interprétations dont la prétention intellectuelle prête autant à sourire que le film lui-même. »

    3) nous avons trop d’imagination :
    « Soit dit en passant, il faut une sacrée dose d’imagination pour déduire ceci de top gun» 

    4) mais curieusement, nous parlons pour ne rien dire :
    « vous avez trouvé le mot juste : blabla abscons. Je réduis effectivement le propos à cela. Et j’assume. »
    « Mon propos était de pointer l’inconsistance prétentieuse de l’article. »

    5) et puis, nous sommes tellement bêtes :
    « Je constate qu’à part quelques piques d’ado post-pubère prétentieux vexé de voir sa «science» remise en cause, vous n’avez pas grand-chose à répondre. »

    6) mais surtout, nous sommes incapables d’aprécier à sa juste valeur votre brillant esprit:
    « vous n’avez rien compris à mon propos. »
    « ça aussi je peux le faire… »
    « J’ai effectivement tiré dans le tas. Ou plutôt, au vu des réactions suscitées, viser [sic] juste. Disons que j’ai toucher [re-sic] au but »

    7) heureusement, vous êtes assez magnanime pour nous taper dans le dos :
    « Non, je plaisante, vous allez me taxer de vanité. »
    « Faudrait voir à être un peu cohérent, camarade ! »

    Conclusion 1 : Qu’apporte aux lecteurs de ce blog la lecture de vos commentaires ? Rien.

    Conclusion 2 : Que vous apporte la lecture de nos articles ? Le plaisir de troller.

    Votre commentaire sur le billet de Michel Goya était déjà plus que limite :
    « Et surtout vous ne répondez rien sur le fond. Je persiste : ce que vous écrivez est con. Très con. De la branlette. »
    http://alliancegeostrategique.org/2012/06/06/40-les-as-francais-de-laviation-3-%E2%80%93-monomaniaques-violents/#comments

    Vous êtes non seulement un troll, mais en plus un troll malpoli.
    Personnellement, vous lire me gêne l’oeil.

    En conséquence, vous êtes banni pour un mois. Car tel est notre bon plaisir.

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