Le Portugal et son avenir

Souvent citée en matière de victime de la crise financière Européenne, la Grèce n’est pourtant pas la seule à subir les affres d’une récession sévère : Irlande, Espagne, Pays Baltes, Hongrie et même Italie inquiètent les analystes. Le Portugal quant à lui n’a guère plus d’écho dans les médias Français. Un fait d’autant plus regrettable qu’il se trouve actuellement à une croisée des chemins où mènent souvent les crises de grande ampleur.

Michel Ruch est diplômé de Sciences Politiques Strasbourg et de l’Institut des Hautes Études Européennes, a publié L’Empire Attaque : Essai sur Le systeme de domination Américain aux éditions Amalthée et réside partiellement au Portugal.

L’opinion des auteurs invités par l’Alliance GéoStratégique ne saurait constituer la position de la rédaction sur les sujets évoqués.


Ce titre est emprunté à celui d’un livre édité et diffusé clandestinement à Lisbonne début 1974 sous un régime de censure faiblissante : « Portugal e o seu futuro », dont l’auteur était le Général de l’Armée de terre Antonio de Spinola. Cet officier supérieur en monocle et gants de cuir était rien moins qu’une baderne d’état-major. Il dirigeait à l’époque, sur le terrain, une très difficile contre guérilla en Guinée –Bissau, cette colonie portugaise enclavée entre le Sénégal et la Guinée ex-française, indépendants depuis 1960.Il jouissait dans les forces armées portugaise d’un prestige inégalé, dont le pouvoir politique pouvait d’autant moins éviter de tenir compte que le régime du docteur Caetano, successeur de Salazar, montrait tous les signes de l’épuisement. Son livre exposait l’impasse de la lutte armée contre les mouvements indépendantistes d’Afrique lusophone, et la nécessité de trouver une solution négociée sur la base d’une future communauté à concevoir. Il fut une sorte de catalyseur de la révolution du 25 avril 1974, la « révolution des œillets » qui porta l’armée au pouvoir dans le pays. Il procura au groupe d’officiers et sous-officiers qui renversa le régime un substrat de légitimation hiérarchique pour passer à l’action

Nul doute qu’en ce temps-là le Portugal était arrivé à la croisée des chemins : soit poursuivre trois guerres coloniales ( en Angola, au Mozambique, en Guinée-Bissau ) sans réelle perspective de victoire, soit enterrer un vaste empire multiséculaire, le dernier survivant aux décolonisations. Gravement affaibli par onze années de contre guérilla, le pays sous son nouveau régime accorda l’indépendance à toutes ses colonies en 18 mois. Dans le déchirement, le Portugal se trouva rétréci à 5% de sa surface territoriale, puisque cet ensemble avait reçu le statut orgueilleux de « provincias do ultra-mar » ( provinces d’outre-mer ).

Redevenu simple finisterre de l’Europe occidentale, le Portugal glissa dans l’oubli pendant dix ans avant d’être pris en charge par la Communauté Economique Européenne en 1986, intégré dans les traités qui ont suivi pour former l’Union Européenne, puis rattaché à la zone euro en 2002. A Lisbonne, on effaça le souvenir de la condamnation régulière du Portugal à l’ONU pour sa politique coloniale y compris par ses «amis » européens. Le pays fut admis au rang des démocraties ordinaires dans un esprit de mortification sacrifiant la fierté que lui inspirait son passé prestigieux de navigateurs et de conquérants.

Le texte qui suit a pour objet une approche géostratégique du Portugal au 21ème siècle, dont le statut de membre de l’Union Européenne rend sa position internationale indissociable de sa situation intérieure. Dans ce cadre, il a pour but d’extérioriser la nouvelle problématique portugaise telle qu’elle apparaît et s’amplifie à travers le cycle des crises frappant l’Europe depuis 2007, et ce pour deux raisons. D’abord, au plan de la méthode il serait erroné d’appliquer à ce pays un raisonnement mimétique et standardisé qu’induiraient son égalité de statut dans l’UE et le syndrome de nivellement en résultant. Ensuite,sur le fond il y a lieu de faire savoir que le Portugal, peu enclin aux éclats et à sa propre publicité, vit une discrète expérience de laboratoire encore exceptionnelle en Europe, mais qui aura valeur d’enseignement et d’avertissement pour un certain nombre de ses collègues de l’Union.

Près de 40 ans après le coup d’Etat et la révolution des œillets de 1974, le Portugal est à une nouvelle croisée de chemins. Cette situation, dont l’hypothèse serait automatiquement récusée tant par ses gouvernants locaux que par ses organes dirigeants supérieurs à l’échelon de l’UE, est néanmoins la réalité objective produite par l’état de contradictions internes où s’est engagé le pays. La nouvelle problématique du Portugal provient d’un environnement de contraintes aggravées qu’il n’a jamais vécu ni subi, et qui met directement en cause son existence en tant qu’Etat souverain. Le risque d’une issue essentiellement négative pour le pays paraît aujourd’hui au-delà du seuil où il pourrait se réduire. Il impose le devoir minimal d’un examen des forces, faiblesses, capacités d’influence et de résilience du Portugal actuel, et des voies qui lui permettraient de préserver son intégrité morale et politique, voire son identité.

Jusqu’en 1974, l’empire portugais était une pièce importante sur l’échiquier géostratégique de la guerre froide. La forte poussée soviétique en Afrique noire était une réelle menace pour les pays récemment décolonisés encore sous influence française, belge et anglaise. Elle plaçait mécaniquement les USA aux côtés du gouvernement de Lisbonne dans sa lutte contre les guérillas d’inspiration communiste. Mais comme toujours devant une issue incertaine, Washington jouait double jeu en armant et finançant l’un des 3 mouvements de libération de l’Angola, le FLNA dirigé par Roberto Holden et supervisé par la CIA. Au-delà de la rivalité d’influence avec l’URSS, l’enjeu pour les USA était, après l’éviction des portugais, le contrôle des vastes ressources de ce pays considéré joyau de l’empire.

Fin 1976, après une période troublée où on crut le voir basculer lui-même dans l’orbite soviétique, ce qui était une erreur d’optique, le Portugal disparut des plans d’état-major politico-militaire américains. Vu de Washington, l’intérêt géostratégique du pays est aujourd’hui limité à son maintien dans l’OTAN, et à l’usage intensif de la base aérienne de Lajes aux Açores comme escale logistique des opérations de guerre américaines au Moyen-Orient, avec plusieurs milliers de rotations annuelles. Vu de Bruxelles, le Portugal n’a été pendant un quart de siècle qu’un membre ordinaire de l’UE, une démocratie parlementaire sage et accommodante, qui partageait avec ses collègues l’état de béatitude prévalant avant l’arrivée des crises.

Depuis 2010, c’est un processus d’une toute autre nature qu’un échiquier de conflit extérieur, qui met en jeu l’avenir du Portugal en tant que nation libre, cette expression étant une tautologie puisqu’il n’est de nation que libre, ou au contraire asservie.

L’histoire des pertes de souveraineté se ramène généralement aux deux figures de l’invasion militaire et / ou de la domination impérialiste ( en 1807, le Portugal fut envahi par les armées de Napoléon).Or, l’Union Européenne fournit, depuis et grâce aux crises financières, la démonstration d’une méthode entièrement novatrice de coercition et de contrôle d’un pays pour neutraliser son indépendance et sa souveraineté. Le Portugal est depuis 2010 l’un des deux cobayes, avec la Grèce, de son expérimentation. Dans cette circonstance, on distingue mieux aujourd’hui le potentiel de contrainte et de domination que recelait le système central de l’Union Européenne, dès sa construction, à l’encontre des pays qui en font partie.

Ce système construit par les traités successifs de l’UE repose, comme il est connu, sur les 4 piliers que sont la monnaie unique (l’Euro), la liberté absolue de circulation des capitaux, l’interdiction pour la Banque Centrale de financer les Etats, et leur obligation de se financer exclusivement sur le marché international de ces capitaux. Pendant la première décennie de ce siècle, le développement colossal des liquidités en Europe induit par ce système produisit son résultat mécanique : la surabondance non contrôlée du crédit, le surendettement, l’éclatement de la « bulle » financière », puis la contraction du crédit suivie de la stagnation et la récession de l’économie.

Cette surabondance du crédit (actuellement tarie) et ce surendettement (actuellement figé) ont été, pour le Portugal plus que pour tout autre pays de l’UE, un facteur de bouleversement et de déstabilisation silencieuse d’une grande partie de la société. Par son histoire, la société portugaise est imprégnée séculairement de frugalité, du sens de l’épargne, de probité, d’une conscience de la rareté des ressources, d’esprit de sacrifice, et d’âpreté au travail. L’intrusion du système européen dans le pays s’est traduite essentiellement, comme ailleurs, par la substitution de l’argent facile comme valeur dominante, aux valeurs traditionnelles de cette société. Pour les dirigeants et la population, l’argent a été le double miroitement des subventions distribuées largement par l’UE, et d’un crédit bancaire débridé aveugle au surendettement, de nature tant à brouiller la perception des équilibres financiers qu’à pervertir la gestion saine des activités.

Depuis le début des années 2000, le Portugal est entré dans un cycle long de difficultés qui s’aggravent progressivement en s’alimentant les unes des autres. Les problèmes du pays apparaissent plus clairement, grâce à « la crise » ( thématique officielle et stéréotypée des dirigeants européens ) comme la conséquence de son intégration dans l’UE et la zone euro, quel que soit le déni de réalité dont ce constat fait et restera l’objet.

La rigidité absolue du système européen, comparable voire supérieure à celle de l’ex-bloc soviétique, exclut par ses dogmes et ses règles toute prise en compte par et pour le Portugal des caractères propres de son économie, de même que toute autonomie permettant de faire valoir ses intérêts nationaux. Cette situation n’est pas originale puisqu’elle concerne tous les membres de l’UE, mais les affecte à des degrés inégaux selon le type, la puissance et la compétitivité de leur économie.

Le Portugal est catalogué parmi les membres dits « périphériques » ou dits « méditerranéens » (ce qui pour ce pays est déplacé) dans le jargon officieux des organes dirigeants de l’UE. Pour son édification, il apprit au tournant des années 2010 qu’il fait partie d’un second classement : celui des porcs ( PIGS en anglais pour signifier Portugal, Ireland, Greece, Spain), selon le code des opérateurs financiers internationaux.
Note : un « porc méditerranéen » est un pays paresseux, peu productif, non compétitif, peu solvable, incapable de s’adapter par lui-même à la mondialisation et de faire les réformes nécessaires, selon une phraséologie commune aux dirigeants européens et aux acteurs de la finance.

L’écheveau de contradictions internes dans lequel est englué le Portugal par son intégration dans l’UE et la zone euro se caractérise fondamentalement par un déséquilibre massif entre le coût global d’existence du pays et ses ressources. Dans ce cadre, la triple faute originelle et stratégique de l’UE consiste à nier l’inégalité des ressources entre Etats membres, à leur imposer un principe de nivellement selon une règle d’uniformité, et à fixer une norme de compétitivité alignée sur le standard le plus élevé de la zone. Il est donc d’une absurdité préjudiciable à ses intérêts de prêter au Portugal, petit pays doté de faibles ressources principalement circonscrites à des activités traditionnelles, la capacité d’égaler des pays comme la France ou l’Italie.

Cependant, il est indispensable de comprendre que l’exigence dogmatique de compétitivité fixée au Portugal est d’abord un instrument de mise sous tension et de culpabilisation. La réalité occultée par cette exigence est autre : il s’agit pour l’essentiel, dans les plans de l’UE, de faire du Portugal un atelier de sous-traitance industrielle à bas salaires pour les donneurs d’ordre de l’Europe nordique ou d’ailleurs. La seule consolation pour le pays s’il doit y en avoir une, est que cette visée cible de longue date la plupart des Etats de la « périphérie » comme la Grèce et ceux d’Europe orientale.

Après la révolution des œillets de 1974, le Portugal avait construit un modèle inspiré de la France, son référent, fondé sur l’économie mixte et l’Etat social protecteur. Ce modèle a fonctionné correctement, même à niveau inférieur, tant que les traités européens et en particulier la monnaie unique, n’avaient pas encore déroulé toutes leurs conséquences.

Une décennie après l’introduction de l’Euro, les contradictions dans lesquelles se débat le Portugal sont flagrantes au point de rendre éclatante la responsabilité du système européen dans cette situation.

Un premier échelon de contradiction est généré mécaniquement par l’Euro lui-même, qui a crée une distorsion majeure entre le niveau élevé des prix des biens et services, et les revenus modestes de la population. Cette distorsion compensée par l’artifice du crédit gagé notamment sur des valeurs d’actifs enflées par une spéculation généralisée, est restée peu visible, ou pire, négligée jusqu’à l’éclatement de la crise financière globale ouverte en 2007.

Un second échelon de contradiction interne est le déficit structurel du commerce extérieur portugais par l’excès des importations de la zone euro financées à crédit, et la faiblesse des exportations due au cours élevé de l’Euro pratiqué volontairement par la Banque Centrale Européenne. En d’autres termes, l’Euro aggrave sur deux fronts le déficit extérieur du Portugal.

Un troisième échelon de contradiction est la résultante des premiers. L’éclatement de la crise financière et sa contagion ont rapidement brisé le cycle de la surconsommation par le surendettement, et plongé l’économie dans une autre spirale : celle de la stagnation générant faillites, chômage, chute des recettes fiscales, déficit public, et nouvel endettement.
Ce schéma n’est pas complet sans y inclure la propension aux dépenses débridées du secteur public, un facteur commun au Portugal, à l’Espagne et à la Grèce dans ce qui est appelé par détour de langage « la crise de la dette ». Mais l’endettement excessif du secteur public portugais et des particuliers doit être attribué, comme ailleurs, à la rapacité irresponsable des banques incapables de mesurer leur appétit de lucre et d’apprécier les limites de la solvabilité des emprunteurs.

Il est évident que sans l’interdiction par l’UE de contrôler la circulation et l’emploi des capitaux, sans la perte de souveraineté monétaire instituée par l’Euro, le Portugal aurait non seulement disposé de marges de manœuvre pour traiter ses problèmes, mais aussi de la capacité de les affronter préventivement.

Entre 2008 et 2010, le gouvernement portugais a tenté de redresser la situation par trois plans d’austérité successifs dits PEC ( « Programa de Estabilisaçao e Crescimento »– Programme de Stabilisation et de Croissance, décalque sémantique du jargon de la Commission Européenne ) qui auraient pu obtenir à terme certains résultats positifs sans le lancement d’une opération stratégique d’ampleur continentale baptisée du générique « crise de la dette », où la responsabilité du Portugal n’est engagée en rien.

L’opération « crise de la dette », qui reste encore non décryptée comme mécanisme d’action coordonnée, est un tournant dans l’histoire de l’Union Européenne à considérer comme un évènement majeur engageant son futur. Elle met en scène 3 acteurs : La Commission Européenne, les agences de notation financière, et les principaux opérateurs des marchés financiers, qui agissent séparément, mais dans un jeu interactif qui fait de chacun l’allié de l’autre. Une fois lancé, ce jeu fait ensuite entrer de force dans son cercle 2 autres acteurs qui sont la Banque centrale Européenne (BCE ) et le Fonds Monétaire International (FMI).
L’opération globale « crise de la dette » a pour cible un certain nombre de membres de l’UE, d’abord ceux qualifiés de PIGS ( donc le Portugal ), mais non limitativement. Son axe stratégique doit être appelé « renversement de culpabilité » pour la compréhension de son sens et de son objectif.
Entre l’ouverture de la crise financière globale en 2007 à partir de sa matrice américaine, et son déroulement jusqu’en 2009/2010, le sentiment naturel et légitime des opinions publiques a été l’indignation générale provoquée par la cupidité et les pratiques de gangstérisme des professions financières, consubstantielles à l’absence de régulation dont elles jouissent. Cette indignation portait un germe un risque politique qui aurait pris la forme d’une remise en cause du système qui régit l’UE,dont la liberté absolue accordée à la finance pour ses opérations est une pièce maîtresse consacrée par les traités. Il est logique que les organes dirigeants de l’Union, de même que les gouvernants de certains pays membres, en particulier l’Allemagne, aient décidé de contrecarrer une évolution qui, au travers d’élections mal orientées, aurait pu devenir incontrôlable.

L’opération qu’ils ont initiée de concert, à un degré de participation variable, mais sous l’impulsion évidente de la Commission Européenne, a donc consisté à réaliser un transfert de culpabilité sur une cible de substitution, propre à faire oublier la responsabilité de la finance dans la crise et ses conséquences tant économiques que sociales. Cette cible est formée par les Etats déclarés soudainement surendettés, incapables de résorber leurs déficits publics, coupables de laxisme et de gestion calamiteuse.

En dépit de la puissante capacité d’influence de la Commission Européenne par la densité de ses relais médiatiques, cette opération « transfert de culpabilité » transmutée en « crise de la dette » n’était pas concevable et encore moins réalisable sans profiter d’un point d’appui, d’un bras de levier, qui puisse à la fois la lancer et fournir sa justification. Ce levier est la Grèce, dont le surendettement colossal non soutenable est à la fois un problème réel pour la stabilité financière de l’UE, et l’opportunité d’en tirer parti pour un objectif sans rapport avec le traitement spécifique de son cas.

L’intelligence stratégique de cette opération consiste donc doublement dans la saisie de l’opportunité offerte par le cas grec, et la création d’un amalgame entre la Grèce et d’autres pays. Une puissante propagande déferle en Europe depuis 2010 non seulement pour vilipender la Grèce traitée en abcès de fixation, mais aussi pour incriminer d’autres Etats membres de l’UE, dont le Portugal au premier rang, menacés du même opprobre.

L’amalgame entre la Grèce et d’autres pays dans l’opération « transfert de culpabilité – crise de la dette » n’a cependant pas de sens intelligible si on le considère comme une fin, alors qu’il ne s’agit que d’un moyen, l’objectif stratégique étant tout autre. Derrière cette opération, l’objectif véritable est de réaliser une transformation magistrale du système économique et social qui régit depuis plusieurs décennies, et pour certains (la France entre autres) depuis 1945, la plupart des pays d’Europe.
Le but poursuivi est la liquidation totale du régime d’économie mixte, ainsi que la réduction à minima des services publics et de la protection sociale collective sous le principe dogmatique de la libéralisation, donc de la privatisation généralisée de toutes les activités. La dynamique de ce programme (engagé en Grèce depuis 2010 et au Portugal depuis 2011) vient de ce qu’il échappe objectivement à toute mise en cause dans le temps de son exécution, puisqu’il est l’application stricte des traités européens et des directives en découlant. Il ne peut donc être jugé qu’en aval sur ses effets à posteriori, et en amont sur les principes dogmatiques qui le fondent.

En termes d’analyse stratégique, l’opération décrite est un modèle d’inversion dialectique tirant parti d’une situation négative pour atteindre un autre objectif extérieur au cadre de résolution du problème.

Dans le cadre global de l’Union Européenne et du traitement de la « crise de la dette », le Portugal est un champ d’expérimentation pilote, un cobaye, et non un cas similaire à celui de la Grèce selon un amalgame de propagande qui tend à l’accréditer.

En 2010, le Portugal présentait un déficit et un endettement publics sensiblement équivalents à ceux de la France, donc soutenables à deux conditions : que le taux de ses emprunts soit resté raisonnable (entre 3% et 4%) et que les plans d’austérité autonomes (PEC), durs mais supportables, aient eu le temps de produire leurs effets. Cette perspective a été balayée lors du lancement de l’opération « crise de la dette » par la Commission Européenne pour profiter de la dynamique et de la brèche ouvertes en Grèce. En déclenchant la spéculation contre la dette portugaise avec une hausse rapide des taux d’emprunt imposés au Portugal (jusqu’à 7,5% à court terme, très au-delà de 10 % à long terme), cette opération a rendu son endettement insoutenable, et justifié l’actuelle intervention de la « Troïka »

Au-delà du cas portugais, il est donc clair que la spéculation financière contre la dette des Etats sert objectivement d’instrument à la Commission Européenne pour imposer ses plans de démantèlement de l’économie mixte, des services publics et de la protection sociale collective.

Le programme dit d’ajustement administré au Portugal par la Troïka ( BCE +FMI + Commission Européenne) à partir de juin 2011 est d’une extrême brutalité sans atteindre la violence inouïe de celui infligé à la Grèce, mais ses modalités sont identiques. Baisse des salaires, des pensions, des aides sociales, hausse des impôts, privatisations systématiques, sont le lot ordinaire des programmes d’ajustement conçus de longue date par le FMI, et maintenant appliqués en Europe en tant qu’en tant qu’outil mis à la disposition de la Commission Européenne pour atteindre ses objectifs. La contrepartie de ce programme étant un prêt de 78 milliards d’euros, il est cocasse de constater que le taux d’endettement public du Portugal (90% avant intervention) est automatiquement rehaussé à un niveau incompatible avec le respect de la norme de 60% du PIB imposé par le traité européen de Maastricht.

Le programme de la Troïka au Portugal a l’apparence, devant l’opinion publique, d’un plan d’austérité renforcé qui, lors de son achèvement, aura produit des effets bénéfiques permettant de retrouver une situation plus conforme aux vœux de la population. Cette vue est erronée pour deux raisons : d’abord il s’agit d’un traitement de choc tel que conçu par l’Ecole de Chicago dans les années 1970/80 pour opérer l’éradication des régimes économiques socialistes, ou seulement socialisants, et en tous les cas l’élimination des services publics et du rôle de l’Etat dans l’économie. Ensuite, il est hors de portée de revenir à l’état antérieur où le Portugal parvenait à mener une politique sociale approximativement compatible avec les attentes de la population, tout simplement parce qu’il en aura perdu les moyens.

Ce en quoi l’expérience actuelle menée au Portugal est radicale ne concerne pas seulement la privatisation totale des transports publics ( TAP, CARRIS, etc ), de l’énergie, ( EDP, GALP), des Postes (CORREIOS), des infrastructures électriques, autoroutières, aéroportuaires ( REN, ANA, etc). Elle ne concerne pas seulement la baisse des salaires, la hausse des impôts ou le démantèlement des lois sociales.
Il s’agit en finalité de l’anéantissement de toute capacité de mener des politiques publiques autres que celles dévolues à l’Etat rétréci, à savoir : la sécurité, le maintien de l’ordre, et la participation à des opérations militaires extérieures sous double commandite, avalisée par l’UE, des USA et de l’OTAN.

Le travail de la Troïka à Lisbonne est aujourd’hui l’illustration d’un traitement de choc «ordinaire» par opposition au cas de la Grèce totalement exceptionnel et hors toutes normes. Le Portugal est un pays ordinaire au sens où les lois fonctionnent, les impôts dus sont payés, l’Etat de droit respecté. Il est d’autant plus le visage de la menace pour d’autres pays qui refuseraient de prendre les mesures, appelées « réformes » exigées par le plus puissant cartel qui ait jamais pesé dans l’histoire de l’Europe : la Commission Européenne et ses alliés, la Banque centrale Européenne (BCE), le Fonds Monétaire International (FMI), l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), les agences de notation, et les principaux opérateurs des marchés financiers.

Cependant, par delà l’expérience de la Grèce et du Portugal, c’est un tournant majeur dans l’histoire de l’Europe qui apparaît à la faveur de la fabrication de « la crise de la dette ».Trois caractéristiques le définissent.

D’abord, pour la première fois dans un cadre historique défini, le pouvoir de l’Argent est utilisé officiellement et rationnellement comme instrument central de coercition politique à l’intérieur d’une zone, l’Union Européenne, formée de nations réputées libres en droit, mais dépouillées en fait de leur souveraineté. Ce pouvoir nouveau rend obsolètes les formes antérieures de coercition et de domination représentées par des partis uniques ou l’occupation militaire.

Ensuite, on assiste à la déclaration d’un véritable état de guerre intérieur en Europe contre une série de pays récalcitrants ou inaptes aux « réformes » qui correspondent à l’application des dogmes inscrits dans les traités européens. Il s’agit en quelque sorte de la transposition dans l’ordre intérieur d’un front que l’Union Européenne est incapable de tenir à l’extérieur. En témoignent, si besoin, son incapacité à réguler la finance, à résister aux injonctions américaines, à lutter avec la concurrence déloyale, à renforcer son industrie, à bâtir une défense indépendante, à entraver le chômage, à favoriser la croissance économique, et d’une façon générale, à faire valoir ses propres intérêts.

Enfin, le traitement de choc appliqué au Portugal révèle, en marge du cas extrême de la Grèce, la technique ordinaire de dépossession de souveraineté concrètement utilisée par la Troïka. Dans les deux cas, c’est une administration de substitution qui s’est installée aux commandes de l’Etat avec une équipe déléguée localement qui sert de courroie de transmission avec la Troïka, et ne rendant compte qu’à elle. Cette situation est comparable à la présence des «conseillers» qui, à l’époque de l’URSS, travaillaient à rendre conforme aux exigences soviétiques l’action des différents ministères dans les pays socialistes d’Europe de l’Est.

Il est opportun que les opinions publiques soient informées de l’ampleur de l’intrusion de la Troïka dans les rouages de l’administration portugaise même s’il n’existe pas de résistance apparente à cette intrusion. Il serait notamment illusoire de supposer que son action se limite au cadre comptable qui met en œuvre l’exigence principale de diminuer les dépenses et d’augmenter les recettes de l’Etat. La Troïka effectue un travail en profondeur, notamment au ministère de la Justice qui est au Portugal un concepteur de lois, pour modifier le dispositif législatif et réglementaire régissant nombre de domaines : collectivités locales, hôpitaux, écoles, tribunaux, régies municipales, partenariats public/privé, autoroutes, etc.

Ainsi s’est établi au Portugal un croisement de plus en plus dense de ses pertes successives de souveraineté économique, monétaire, fiscale, budgétaire, grâce aux traités européens, à l’Euro comme monnaie unique, et à l’action de la Troïka, jusqu’à dépouiller le peuple portugais de son droit essentiel : la démocratie dont il est le dépositaire.

La question finale est de savoir si les plans de la Troïka réussiront ou échoueront. Mais, formulée ainsi, cette question est une alternative doublement fausse. Ils peuvent réussir dans le sens où la thérapie éradique la maladie en tuant le malade, ce qui n’est pas incompatible avec le dogmatisme ordinaire des organes de direction et de contrôle de l’Union Européenne.
Ces plans peuvent aussi produire des effets qui nécessiteront d’autres plans de même nature, chaque plan provoquant une aggravation de la situation exigeant un nouveau plan. Ce syndrome resterait néanmoins compatible avec le dogme, puisque l’UE, enfermée dans ce dogme, n’admettra jamais commettre une erreur et avancera que ses plans étaient simplement insuffisants, etc. Ainsi l’Europe entrerait dans un cercle de folie.

La situation observée au Portugal début 2012, depuis l’intervention de la Troïka, se résume par l’effondrement de la consommation des ménages, la multiplication des faillites, la paralyse du crédit bancaire, l’augmentation continue du chômage, et le recul du produit intérieur brut (PIB).

Le Portugal est aujourd’hui le premier exemple historique en Europe de perte organisée de souveraineté en temps de paix, en excluant la Grèce hors norme. La réaction de la nation portugaise à cette amputation est difficilement prévisible. La Troïka profite indiscutablement dans un premier temps du tempérament portugais porté à l’abnégation, l’endurance, voire au sentiment de culpabilité collective dont il assumera sa part individuelle. A contrario, la fierté bafouée et l’insulte faite à la nation peuvent entraîner une lente rumination jusqu’à explosion, d’où un certain état de schizophrénie.

En dépit de sa faible dimension, la nation portugaise n’est pas à considérer comme une division administrative de l’UE. Cette nation vient d’une histoire presque millénaire, et son identité est consubstantielle à l’immense empire multiséculaire qu’elle a crée, ce qui est probablement une idée ésotérique pour les maîtres actuels de l’Europe. Qui a parcouru le Brésil, le Mozambique ou l’archipel du Cap-Vert, a vu et ressenti l’empreinte extrêmement profonde laissée sur ces pays par le Portugal.

Avant la perte de son empire colonial, le Portugal avait un seul référent en Europe : la France,
havre pour ses émigrés, modèle des libertés, exemple de culture et d’art de vivre. En dehors de ce référent, et de relations commerciales particulières avec la Grande-Bretagne, le pays
avait une posture « virando as costas » (tournant le dos) à l’Europe, et s’occupait d’abord de son empire. Aujourd’hui le Portugal n’a plus aucun référent, et se contente de subir les injonctions venant du nord de l’Europe, et, de plus en plus précisément, l’ingérence spécifique de l’Allemagne, qui, depuis 2012, commente et critique en public la gestion des affaires portugaises.

Dans l’histoire rendue consciente par le travail des historiens depuis le 19ème siècle, on observe que les mouvements de balancier et retour de balancier ont en général un temps d’une à deux générations, soit de 25 à 50 ans. Ainsi le bloc soviétique, par exemple, a-t-il mis moins d’un demi-siècle pour naître, croître, et s’écrouler. Le Portugal pourrait ne pas échapper à cette sorte de loi des sociétés politiques. Près de 40 ans après la révolution des œillets, il se retrouve de nouveau à la croisée de deux chemins. En dépit d’une perception floue et incertaine de cette croisée par sa population, c’est un état de fait objectif. Il est toutefois évident, comme déjà dit, qu’un tel constat serait récusé par les dirigeants de l’UE, puisque officiellement il n’existe ni alternative, ni échappatoire, ni à cette Union, ni à son modèle.

Deux facteurs façonnent actuellement l’état d’esprit de la population portugaise : la fin du mirage de prospérité fabriqué par l’UE à coups de subventions et de surendettement, sur quoi se greffe l’expérience concrète de la récession, du chômage et de l’appauvrissement. Si le système de l’UE n’est encore critiqué que par une minorité d’universitaires, de journalistes et d’écrivains, un grondement sourd a surgi dans la population en forme d’énormes manifestations et de grèves générales, peu médiatisées à l’extérieur du Portugal. Le ballet incessant des agents de la Troïka à Lisbonne permet à cette population d’associer l’UE au traitement de choc qui lui est administré. La durée de ce traitement étant en principe de 3 ans reconductibles, la question est de savoir si le Portugal l’acceptera jusqu’à son terme.

Les temps de rupture politique dans l’histoire moderne sont toujours reliables à une prise de conscience de masse. Si une telle rupture devait se produire au Portugal, elle prendrait le chemin d’une dissociation de l’UE, à défaut de toute autre issue devant la croisée de chemins où se trouve le pays. Une dissociation doit être comprise dans son sens plein puisque les traités européens interdisent toute solution d’adaptation, tout aménagement spécifique entre un Etat membre et le système uniforme qui l’encadre et le contrôle. La théorie et l’hypothèse de cette dissociation ne sont pas absurdes si on rappelle l’expérience portugaise du 25 avril 1974, qui s’analyse d’abord, mécaniquement, comme la sortie d’une impasse, celle des guerres coloniales.

L’impasse, et donc l’alternative pour le Portugal sont aujourd’hui, soit son effacement en tant que nation historique réduite au statut de division administrative du système européen, soit la recherche d’une autre voie passant par la sortie de ce système, à défaut de transaction avec lui.

Au Portugal comme dans presque toute l’Europe, une telle recherche par voie électorale a peu de perspective dès lors que les partis majoritaires dits de droite et dits de gauche respectent l’euromilitantisme de commande, et veillent sous surveillance extérieure au maintien du pays dans le carcan des traités en dépit du mécontentement de la population.

En 1974, la sortie de l’impasse a pris la forme originale d’une alliance d’une partie de l’armée avec l’extrême gauche pour réaliser un coup d’Etat accueilli dans l’espoir par la majorité du peuple. En 2012, la répétition d’un tel scénario reste théoriquement concevable, mais techniquement peu crédible en raison de la densité des systèmes d’interception des communications sous le double contrôle des USA et de l’OTAN, propre à éventer la préparation d’un coup d’Etat militaire. Un seuil de rupture pourrait néanmoins se rapprocher dans la prise de conscience par une masse critique de la population portugaise, qu’une autre voie est à rechercher pour enrayer le lent effondrement du pays, qui est une issue plausible. Un tel mûrissement est cependant insuffisant à provoquer un changement sans la vision d’une alternative plus ou moins claire d’une partie de l’élite portugaise qui répondrait à l’attente de la population, et provoquerait le ou les déclics nécessaires.

L’hypothèse d’une autre voie pour le Portugal n’est pas dépourvue de pertinence si, au lieu d’enfermer le pays dans l’optique contrainte de l’Europe, son élite actuellement tétanisée par le traitement de choc venu du Nord, regardait de nouveau l’horizon que lui a donné son histoire.

Par-delà les mers, le vaste empire portugais transmuté en indépendances forme une communauté vivante qui entretient les meilleures relations avec son ancien colonisateur.
La CPLP (Communauté des Pays de Langue portugaise) ne cimente pas seulement les liens d’affaires et de personnes, mais aussi un style de vie, des manières de voir et de faire largement partagés.

L’Angola compte aujourd’hui plus de nouveaux migrants portugais que la Côte d’Ivoire n’eut jamais d’expatriés français. Et tandis que la récession et le chômage accélèrent l’émigration vers le Brésil et l’Afrique, l’Angola investit de plus en plus au Portugal même, et Lisbonne redevient un phare pour l’ancien empire. Les investissements croisés avec le Sud augmentent dans une ambiance optimiste, créant un nouveau tissu qui pourrait à terme réduire la dépendance du Portugal de son rôle de sous-traitant à bas coûts pour l’Europe du Nord. Si cette évolution devait se poursuivre ou s’accélérer, s’étiolerait corrélativement l’esprit de soumission au système de l’UE, dont la rigidité heurte profondément la mentalité portugaise, toute en sinuosité et suavité.

L’idée d’une confédération souple des Etats lusophones, reliés par les océans et leurs anciennes routes de commerce, prendrait dès lors un sens novateur pour un Portugal revenu au sein d’une famille, et non plus dirigé par des règles étrangères à sa nature et à sa culture.
Dans une telle configuration, la multiplication des partenariats avec le Brésil, le Mozambique et tous les autres jusqu’au Timor-Oriental en Asie, serait le moyen d’échapper de façon fluide et furtive non seulement aux injonctions de l’UE, mais aussi au rôle dégradé qu’elle impose au Portugal.

Une autre monnaie que l’Euro pourrait alors circuler à l’intérieur de cette confédération dans un système de changes géré en commun, tel que déjà ébauché dans une partie de l’Amérique latine.

Le Portugal redeviendrait alors l’acteur de son destin qu’il a cessé d’être.

Michel RUCH
Mars 2012

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5 Responses

  1. Daniel BESSON dit :

    Bonjour Yannick ,
    Je crois que dans ton analyse concernant la CPLP et plus particulièrement les PALOP ( Pays Africains de Langue Officielle Portugaise ) tu as largement sous-estimé le  » poids « du Portugal par rapport au Brésil et la volonté de ses chefs politiques de prendre justement la succession du Portugal comme  » prima inter pares  » au sein de cette communauté . Avant la dernière conférence de Lisbonne ,
    http://www.ipri.pt/eventos/evento.php?ide=141

    le MD Portugais avait plus ou moins proposé au Brésil un schéma pour l’Atlantique Sud ou le Portugal en tant que fondé de pouvoir de l’OTAN serait ce  » Prima inter pares  » , le Brésil un  » brillant second  » et les états du PALOP au troisième rang ! Je préfére rester discret sur le  » off  » de la réaction du MD Nelson Jobim , le  » on  » étant aussi explicite !
    http://www.estadao.com.br/noticias/impresso,jobim-nao-quer-otan-agindo-no-atlantico-sul,609483,0.htm

    Pour parler cyniquement le Portugal ne dispose plus que deux « actifs » :
    - Sa position geostrategique pour l’OTAN ( Açores ) et  » tremplin  » vers la chaîne de bases Britanniques vers l’Antarctique ; C’est aussi une  » porte d’entrée  » vers l’Europe pour les états de la CPLP
    - Sa main d’oeuvre formée aux normes Européennes qui comme dans les années 60 émigre .

    Le Portugais reste quand à lui la langue véhiculaire de la CPLP , mais finalement une analyse de tous les facteurs de puissance montrent que c’est Brasila qui risque de devenir plus probablement le  » phare  » de cette communauté plutôt que Lisbonne et si on parle Portugais au sein de la CPLP , ce sera de plus en plus avec l’accent de Rio que celui de Lisbonne ! Il semble d’ailleurs même que les Brésiliens qui un moment étaient d’accord pour une  » dyarchie  » au sein de la CPLP , veulent y  » prendre le pouvoir  » constatant le  » KO  » de leur compétiteur ;0)
    Le GROS problème c’est que les chefs politiques Portugais ( voir la proposition du MD Portugais ) , tout comme les Espagnols , vivent sur les souvenirs d’une grandeur passée dans les relations qu’ils entretiennent avec leurs anciens empires .
    Cordialmente
    Daniel BESSON

  2. Bonjour Daniel,

    Merci de votre intervention.

    N’étant aucunement l’auteur de cet article sur la Lusitanie (n’étant qu’un relais), je vais transmettre vos observations à l’intéressé qui dès qu’il le pourra vous répondra de manière circonstanciée.

    Cordialement

  3. égéa dit :

    Bon billet, intéressant. Je note,une fois encore, le détachement français envers des pays méditerranéens qui étaient tout prêt à suivre Paris. Mais Paris ne pense qu’à Londres, Berlin et Washington. Lisbonne, Rome ou Athènes, ce n’est bon que pour les vacances. Des différentes façons de gâcher un soft power.

  4. José dit :

    Bonne nuit Yannick,

    Malgré la crise portugaise, je pense que la Grèce est bien pire au niveau général. Le peuple portugais a toujours été un combattant et je suis sûr que nous pouvons surmonter cette phase négative. Les Açores a été très blessé par cette crise, ainsi que du bois. Mais je suis sûr qu’aujourd’hui il ya des pays dans une situation bien pire que celle du Portugal. Merci pour l’excellent article.

    Cordialement,
    José

  5. Michel Ruch dit :

    Bonsoir,
    Merci à tous pour vos commentaires.
    @José: obrigado pero suo comentario. Eu seria honrado de fazer conhecimento com voce a proxima ves que eu viagarei nos Açores. Fas favor, na que ilha voce mora?
    Com todos os meus comprimentos,
    MR

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