Une horde de « valeureux guerriers » indiens joue à la guerre le long de la frontière pakistanaise

Début mars, l’armée indienne a commencé un nouvel exercice baptisé « Shoorveer », « valeureux guerrier », dans le désert rajasthanais. Une simulation de crise militaire à grande échelle qui multiplie les singularités au plus près du frère ennemi. La première de ces singularités, c’est l’échelle : avec 20 000 hommes, 200 chars, autant de blindés divers, le tout soutenu par une flotte aérienne de Mirages 2000, de Jaquars, de Su-30 MKi et même d’une poignée d’avions radars Awacs. L’impressionnant dispositif militaire doit manoeuvrer dans la région pendant trois mois.

L’Etat-major indien parle gentillement de « wargame ». Un « jeu de guerre », une simulation, sensée tester les différents moyens des forces de New Delhi. Une démonstration qui est surtout destinée au frère ennemi pakistanais : le désert de Thar où l’armée indienne s’exerce longe la frontière du Pakistan sur pas moins de 200 kilomètres de l’une des frontières les plus militarisées du monde. Pour éviter tout malentendu et ne pas être accusée de provocation, l’Inde a préalablement prévenu Islamabad selon les dires d’un officier supérieur à l’agence de presse AFP.

Aux côtés des militaires indiens, des invités de choix : l’US Army est de la partie avec une délégation de la 25ème division d’infanterie. Les Américains ont participé à l’opération « Shoorveer » pendant une paire de semaines au travers d’exercices de combat urbain et de lutte anti-terroriste. Des thématiques pertinentes au vu des menaces auxquelles New Delhi fait face en matière de menace islamiste … qui ne représentent qu’un échantillon des missions confiées à une armée aussi importante.

Pour l’armée indienne, il s’agit bien de tester la palette de ses compétences nouvelles. Si la chasse aux insurgés dans des dédales urbains est mise en avant auprès des médias, seuls les organes de presse spécialisés se sont intéressés à d’autres types d’expérimentations. Sur la liste, non exhaustive, des drones, des batteries de défense anti-aérienne, des troupes héliportées, des systèmes radars, des navires amphibies, des fonctionnalités satellitaires, des missiles balistiques BrahMos d’une portée de 290 kilomètres … Toute une gamme de capacités nouvelles pour l’armée indienne qui souhaitait pouvoir les tester à une échelle grandeur nature.

Côté indien, sont principalement impliquées des troupes en provenance de bases de la région : Bathinda, Mathura, Jodhpur. Parmi les régiments évoqués par la presse locale, on trouve le 1er corps d’assaut qui a notamment participé à plusieurs ripostes au delà de la frontière pakistanaise en 1965 et 1971 ainsi que le 10ème corps, une force de réaction rapide. Le tout sur fond de grandes tensions avec le Pakistan, à quelques centaines de kilomètres au sud du Cachemire où Indiens et Pakistanais continuent de s’affronter.

Pour anecdote : deux Mirages-2000 se sont déjà crashés au cours de ces exercices.

Photo : Indian army

Romain Mielcarek

ActuDéfense

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