Out of Africa, Inside Africa
Written by AGS on juin 1, 2010 – 11:30 -Être Blanc en Afrique aujourd’hui relèverait-il d’une aventure à risques voire d’un destin voué à l’impasse ?
Selon Joshua Hammer dans (Almost) Out of Africa – The White Tribes, être Blanc en Afrique devient de plus en plus dur et parfois dangereux. En effet, qu’elle soit native ou étrangère, la présence blanche sur le continent noir n’est jamais – à tort ou à raison – à l’abri d’une opprobre populaire et/ou d’une instrumentalisation politique. La preuve par le Zimbabwé et la Côte d’Ivoîre. Même dans des success stories africaines comme la Namibie, la Zambie, le Botswana et l’Afrique du sud, Blancs et Noirs se côtoient certes très poliment mais vivent des expériences sociales séparées.
En Afrique francophone, cette réalité est également prégnante mais beaucoup plus nuancée car la présence blanche est rarement native. Cependant, de solides liens culturels, économiques, touristiques et familiaux subsistent ou se construisent, et ce, malgré une relation amour-haine avec l’ancienne métropole et l’inexorable concurrence de la Chinafrique.
Malheureusement, l’Afrique est essentiellement perçue par l’Europe comme une menace migratoire massive; ses profondes réalités socioéconomiques et sa vie intellectuelle étant trop souvent omises par les médias et les décideurs politiques.
Confrontés à la difficulté croissante d’obtenir un visa européen de quelques jours / semaines, touristes, professionnels, hommes d’affaires et étudiants africains se sont réorientés vers l’Afrique du sud, l’Afrique du nord, le Golfe arabe, la Turquie, l’Inde, la Corée du sud et la Chine, ceci du fait de formalités administratives sud-sud de loin plus fluides a fortiori au sein de la fameuse Chinafrique. Un point sur lequel l’Empire du Milieu estime qu’il a sévèrement damé le pion au Vieux Continent qui, du fait de ses politiques migratoires hautement restrictives (pénalisant lourdement les classes africaines précitées, bien plus importantes qu’on ne se l’imagine en Europe) et d’une fièvre ultra-sécuritaire, ne peut plus et ne veut plus faire marche arrière. En sourdine, New Delhi joue une carte similaire à celle de Pékin.
Rien d’étonnant à ce que de nombreux expatriés européens plient bagages et cèdent la place à des vagues de migrants chinois et indiens dans les années 1990-2010. Ces « plus très nouveaux venus » sont aussi peu ou prou victimes de quelque ressentissement (à cause de leur fulgurante réussite économique ?) mais beaucoup moins que leurs homologues du Vieux Continent. En Afrique francophone notamment, cette présence asiatique est mieux perçue que celle européenne pour quelques raisons simples, grandement ignorées plus au nord :
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Chinois et Indiens bénéficient d’un passif psychologique post-colonial nul et ne sont donc guère considérés par les locaux comme des « néo-colons »,
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la possibilité de voyager, d’étudier et de commercer normalement avec plusieurs pays asiatiques est grandement appréciée par les classes moyennes / aisées africaines,
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cette perception est nettement plus prononcée chez les urbains africains professionnalisés vivant dans un culture très poussée de la transmission verbale et d’autant plus informés grâce aux prolifiques cybercafés et aux téléphones mobiles (radio FM et lecteur MP3 intégrés), ordinateurs portables et modems-routeurs neufs ou d’occasion made in China / India.
Ne l’oublions pas : l’Afrique est un continent plutôt urbain dont l’immense majorité de la population a moins de 30 ans. Pour peu qu’elle parvienne à combler ses besoins quotidiens essentiels, les exploits de Samuel Eto’o et de Didier Drogba (dans leurs clubs européens de football et dans leurs équipes nationales) et les derniers smartphones à la mode lui parlent beaucoup plus que les traumas de l’ère coloniale ou les sommets présidentiels.
Où sont donc Robert Redford et Meryl Streep ?
Charles Bwele, Électrosphère
Tags: Afrique, Chinafrique, Chine, conflits ethniques, Histoire, Inde, influences, Politique, risques, Société
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août 4th, 2010 at 10:08
Le Boston Globe a fait un reportage photo édifiant sur les blancs pauvres sud-africains…
http://www.boston.com/bigpicture/2010/07/poverty_within_white_south_afr.html