La guerre low cost du Terminatrix
Written by Charles Bwele on février 19, 2010 – 11:30 -Quel État ne rêve pas d’une force de frappe plus ou moins autonome, très économique, peu encombrante, plutôt discrète, peu gourmande en carburant, facile à entretenir et en veille permanente dans le ciel ?
Terminatrix casse les prix
Le fameux drone Predator orbite 24 heures dans les airs à 8000 mètres d’altitude et coûte 3,3 millions d’euros. Sa version augmentée nommée Reaper peut passer de 34 à 42 heures dans les airs (avec un réservoir larguable), vole trois fois plus vite, dispose d’une charge utile en armement quinze fois supérieure (missiles Hellfire, bombes guidées Paveway, munitions JDAM GBU-38) et coûte 7,7 millions d’euros. Sa version dérivée Sky Warrior est couramment utilisée par l’US Army pour neutraliser des mortiers et traquer des pick-up armés en terrain montagneux. En comparaison, un pilote de F-16 est limité à environ 4 heures de vol par sortie dans un appareil coûtant 22 millions d’euros.
Conçu pour remplacer le célèbre et cinquantenaire avion-espion U-2, le drone de reconnaissance Global Hawk ou EuroHawk décolle et atterrit tout seul comme un grand, vole à 20 000 mètres d’altitude pendant plus de 35 heures, surveille une région entière et observe une cible particulière de très loin grâce à ses technologies optroniques et radar à haute résolution. Point besoin de le manoeuvrer à distance avec un joystick : en quelques clics, l’opérateur en Amérique ou en Europe désigne la destination à l’oiseau de fer qui emprunte aussitôt le trajet indiqué grâce la navigation GPS. Coût unitaire : 27 millions d’euros auxquels il faut ajouter 90 millions d’euros pour le support technique.
Lancé manuellement comme un javelot, le petit Raven vole à 30 mètres au-dessus du sol pendant 90 mn et permet aux soldats de l’US Army de voir et savoir rapidement ce qui passe derrière un immeuble ou une colline plutôt qu’implorer une enième reconnaissance aérienne. Coût unitaire : 18 000 à 25 000 euros, support technique : 158 000 euros.
Pendant la guerre froide, l’Amérique et la Russie déployaient des bijoux de technologie (satellites-espions, avions de reconnaissance à haute altitude) destinés à la surveillance réciproque des manoeuvres militaires, des mouvements de flottes et des installations fixes ou mobiles de missiles balistiques. À l’ère de la guerre hybride ou irrégulière, de nombreux pays déploient des merveilles low-tech ou smart-tech pour surveiller de multiples petites unités mobiles et savamment embusquées.
Dans les montagnes afghanes, une colonne ou un convoi de l’OTAN doit énormément sa sécurité à un drone ayant auparavant aperçu un poseur de bombes en action derrière un virage à faible visibilité. En outre, les « opérations spéciales robotisées » de la CIA au Pakistan ont sévèrement « mis la pression » sur l’appareil hiérarchique d’Al-Qaïda alors cantonné à sa seule survie. D’une certaine façon, les robots infligent à ces seigneurs de la terreur une mort aussi foudroyante que celle causée par leurs attentats à la bombe. Toutefois, Al-Qaïda n’a rien d’un cartel de la drogue qui s’écroule dès arrestation ou élimination de ses parrains, et les drones ne peuvent rien contre ses opérations psychologiques dans la région Afghanistan-Pakistan.
Malgré la médiatisation tambour battant des raids robotisés de la CIA au Pakistan, les missions du Predator et du Reaper relèvent en quasi-totalité du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance (à hauteur de 97% selon le Pentagone). Les informations obtenues par les drones – photo, vidéo, communications – sont ensuite synthétisées avec celles fournies par le renseignement humain afin que les états-majors se forgent une vision probable et globale des menaces, établissent ou modifient les trajets d’approvisionnement, planifient les attaques au sol et les opérations terrestres de contre-insurrection.
Frappes ciblées au Pakistan, renseignement électronique en Géorgie, brouillage électronique en Syrie, reconnaissance ou appui-feu en Irak, en Afghanistan et au Liban… Les drones ont prouvé leur remarquable adaptabilité à une pluralité de missions et de théâtres.
La révolution militaire sera robotisée
Cette évolution robotique s’inscrit dans la quête perpétuelle de homo faber à améliorer simultanément et concomitamment son outillage et son armement depuis la pierre taillée, la roue, la poudre, le moteur à explosion, l’électricité, l’atome et l’ordinateur. Dans le cas américain, Joseph Henrotin évoque « un hyper-technologisme stratégiquement omnipotent, politiquement fascinant et qui serait directement enraciné dans cultures technologique, politique et stratégique américaines. »
L’intérêt croissant pour les drones a réellement bondi à la fin des années 90. Les dividendes de la paix consécutifs à la chute du Mur de Berlin obligèrent l’armée américaine à une réduction sévère de ses effectifs en hommes et en matériel. Les victoires rapides obtenues en Irak et dans les Balkans amoindrirent considérablement la tolérance aux pertes humaines des armées et des opinions occidentales. Aux États-Unis, la « transformation » fit lentement et sûrement son chemin. Les attentats du 11 septembre, les guerres d’Afghanistan et d’Irak et l’augmentation de 74% du budget militaire américain (+ 515 milliards de dollars) en 2002-2008 créerent un environnement économique et stratégique très favorable au Future Combat Systems.
Mot d’ordre du Pentagone à tous ses fournisseurs de robots aériens et terrestres : « fabriquez-en autant et aussi vite que possible ! ».
La France, L’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Canada, la Russie, la Chine, le Japon, l’Afrique du sud, l’Inde, le Pakistan, Israël et l’Iran, pour ne citer qu’eux, se sont également engouffrés dans cette brèche hautement lucrative dans les applications militaires comme civiles : météorologie, cartographie, guerre électronique, lutte anti sous-marine, déminage, surveillance frontalière, maritime, routière, urbaine, etc. Constructeurs et acheteurs furent d’autant plus séduits et convaincus par l’efficacité des drones sur divers théâtres d’opérations.
Un grand merci à Gordon Moore et à sa sempiternelle loi stipulant que la puissance des puces informatiques double chaque année à prix constants. Aujourd’hui, les capacités computationnelles et servomotrices d’un « mécanimal » domestique pénétrant un espace aérien sont effectivement égales ou supérieures aux capacités cognitives et neuromotrices d’un insecte. Dans quelques années, des drones opérant en essaims jailliront certainement des laboratoires de Los Alamos ou du DARPA.
Le rush économique aidant, les synergies techniques, les applications connexes (programmation modulaire, plates-formes open source, composants et logiciels dédiés, « technologies sur étagères », etc) et les retours d’expérience irriguent les industries militaires et civiles. De fait, la technologie robotique gagne en sophistication pour des coûts d’entrée graduellement abaissés.
D’abord spécialisée dans les robots ménagers, la firme bostonienne iRobot illustre parfaitement cette tendance : elle est aujourd’hui l’un des plus fidèles fournisseurs du Pentagone. L’US Air Force fut ravie par son démineur Fetch – directement dérivé de son célèbre robot-aspirateur Roomba – débarrassant les pistes d’atterrissage des sous-munitions produites par les cluster bombs, et l’US Army fut enchantée par son Packbot champion sur chenilles de la lutte anti-IED en Irak et en Afghanistan (plus de 3000 unités vendues) qui fit également une apparition dans le film Démineurs.
Du cockpit au joystick
À ce jour, l’US Air Force déclare entraîner plus de pilotes de chasse que d’opérateurs de drones… à hauteur de 51% pour les premiers. Preuve indubitable de profondes mutations internes. En 2009, les flottes « aérobotiques » des quatres corps d’armes (US Air Force, Navy, Army et Marines) avaient enregistré au total plus d’un million d’heures de vol. D’où une demande en opérateurs de drones excédant les capacités de toute l’armée américaine.
NB : Dans mon article titré L’US Air Force crashe plus que l’US Army, j’avais analysé quelques changements de paradigmes liés à l’introduction croissante de drones dans les armées américaines.
Depuis 2008, l’US Air Force et l’Air National Guard affectent plusieurs centaines de leurs champions au pilotage – par liaison satellitaire – des Predator, Global Hawk et Reaper orbitant au-dessus de l’Irak, de l’Afghanistan et du Pakistan. Ces affectations ont d’abord suscité d’énormes frustrations et pas mal de désarroi chez ces pilotes préférant tournoyer dans l’espace aérien ennemi à bord de leurs F-16 plutôt que télécommander un jouet de la mort dans une salle climatisée. Aux États-Unis plus qu’ailleurs, des mamas noires ou latinos sont peut-être soulagées de savoir leurs rejetons mobilisés derrière ces consoles létales plutôt que positivement discriminés sur un front éloigné… ou dans une prison du comté. Doit-on décorer ces Digital Boys pour des actions décisives qu’ils n’ont pas physiquement mené ?
Les pilotes de chasse n’en furent pas au bout de leurs peines : l‘US Army refusa ouvertement de reconvertir ces uniformes blancs nettement plus onéreux que ses Boys (formation, salaires, couverture médicale et retraites). Elle préféra des cols blancs pour le pilotage de ses drones et n’eut que faire des critiques de l’US Air Force jugeant cette concurrence déloyale et contraire à l’éthique militaire.
« On a affaire à un engin capable d’abattre net huit chars d’assaut. Comment peut-on confier l’usage de cette force létale à un aviateur non-gradé ou à un contractuel civil ? », s’interrogea, sous couvert de l’anonymat, un opérateur de Predator issu de l’US Air Force.
L’« aérobotisation » de l’US Air Force est vécue en filigrane comme une blessure narcissique multiple par de nombreux uniformes blancs. Que des drones se substituent progressivement à eux et à leurs avions dans des missions de reconnaissance, de patrouille et d’appui-feu, ça passe. Qu’ils soient ensuite placardés au radioguidage de ces engins dans des salles climatisées, ça casse mais c’est réparable : les drones ont amplement besoin de leur support technique au sol et dans les airs. Que l’armée de terre leur préfèrent carrément des cols blancs, ça crashe. Maints barons de l’US Air Force sont persuadés que, tôt ou tard, le drone sera à une bonne partie de l’aviation de chasse ce que le MP3 fut à l’industrie musicale : une technologie disruptive menaçant métiers et hiérarchies, et bouleversant une conception de l’aviation et de la guerre aérienne.
Une blessure narcissique ne survenant jamais seule – pour l’uniforme blanc, du moins, l’université du Dakota du Nord a récemment crée un diplôme professionnel de pilotage de drones obtenu après quatre années de formation. Nul doute que d’autres facultés et centres de formation du monde entier lui emboîteront le pas. Par la suite, nous comprendrons pourquoi le radioguidage de drones sera tôt ou tard remplacé par leur autonomisation complète.
L’inexorable émergence des drones a un effet secondaire curieusement omis par tous : l’inondation informationnelle. Depuis 2001, les drones opérant en Irak et en Afghanistan ont déjà produit 24 années de vidéos brutes en continu ! Les armées et les services de renseignements américains avouent être débordés : ils n’auront jamais assez de temps et de personnel pour analyser sommairement ou finement autant d’images et omettent de facto des myriades d’informations précieuses. Ils se tournèrent donc vers les industries de la télévision afin d’en apprendre beaucoup plus sur l’habillage graphique et textuel et le partage de vidéos.
Des officiers de l’US Air Force, de l’US Army et de l’US Navy effectuèrent de véritables stages en salles de régie TV afin de maîtriser les techniques du telestrator, procédé habillant les diffusions en direct des matches de football et de rugby : numéro et nom du joueur, pénalités accumulées, position du tireur, distance de tir, point de chute de la balle, limite de hors-jeu, etc. Une fois traitées et habillées par des logiciels d’analyse vidéo puis par des analystes humains, les images seront ensuite partagées entre différents services – Air Force, Army, Navy, Marines, CIA – qui disposeront ainsi d’un prolifique gisement de données visuelles aisément exploitables pour la planification de missions robotisées et pour leur conduite en temps réel.
Pour peu qu’Eurosport ou Electronics Arts deviennent consultants en imagerie auprès de l’OTAN ou de l’US Air Force, il n’y a qu’un pas.
Futures forces aériennes
L’imbrication des facteurs cités plus haut (multiplicité des constructeurs de par le monde et contestabilité accrue du marché robotique) favorisera des scénarios de rattrapage technologique des pays riches par les pays émergents ou pauvres. Des robots artisanaux ou Do It Yourself effectuant des missions de surveillance seront probablement légion. Des armées conventionnelles ou des organisations non-étatiques développeront des approches ingénieuses combinant technologie robotique et guerre hybride ou asymétrique. Dans un futur conditionnel assez proche, de nombreux petits pays disposeront d’une aéronavale robotisée de poche (surveillance côtière, lutte anti-piratage, défense du territoire) et des organisations non-étatiques useront d’outils robotisés de représailles ou de terreur.
Dès lors, la « prolifération robotique » sera peut-être l’immense réalité militaire et sécuritaire de demain.
Aux yeux de l’US Air Force, le drone constitue une innovation encore plus radicale que l’avion furtif. L‘armée de l’air américaine n’envisage pas seulement d’étendre les capacités de ses drones (ravitaillement en vol, transport, frappe stratégique, etc), elle compte également maximiser leurs usages durant la décénnie 2020.
Ainsi, des drones de reconnaissance ou d’attaque au sol seront approvisionnés par un drone ravitailleur lors du trajet aller-retour vers leurs cibles. Une noria de drones cargo à décollage-atterrissage court ou vertical livrera du matériel (alimentation, armes, munitions et pièces de rechange) à une brigade inter-armes sur son théâtre d’opérations. Dans le premier cas, les rayons d’action des engins robotisés sont considérablement augmentés; dans le second, les capacités opérationnelles d’une armée en mouvement sont drastiquement améliorées et l’équipage d’un avion de transport n’est guère exposé au feu ennemi. Le récent développement du drone furtif RQ-170 démontre de surcroît l’incroyable rapidité des évolutions technologiques en la matière et laisse présager un cycle de renouvellement de plus en plus rapide de la flotte aérobotique américaine… disposant à ce jour du plus gros effectif d’appareils, loin devant toutes les autres armées.
Stratégie, tactique, logistique, art opératif, technologie : c’est véritablement une révolution militaire qui se profile du fait de l’émergence des drones. Repensons aux évolutions de l’aviation et à ses impacts tactiques et stratégiques de 1914 à 1945 : nul doute que l’introduction graduelle ou massive de ces engins robotisés dans les corps d’armes engendrera des paradigmes imperceptibles ou inimaginables à l’heure actuelle.
Cependant, le perfectionnement perpétuel de ces engins engendrera inéluctablement une inflation constante de leurs coûts (recherche-développement, exploitation, maintenance, intégration aux divers systèmes d’armes, etc) a fortiori pour des armées occidentales plutôt versées dans une approche onéreuse et sophistiquée de la technologie. Préféreront-elles épargner l’âpreté des conflits à leurs merveilles de robotique ? Le drone restera-t-il longtemps un outil de guerre low cost ou smart cost ?
Si le coût global d’une action mililtaire classique traverse préalablement plusieurs checkpoints stratégiques, politiques, économiques et éthiques, en est-il de même pour une action militaire robotisée ? Un gouvernement ne serait-il pas tenté d’user et d’abuser d’une force de frappe discrète, puissante, précise, télécommandée ou autonomne ? Y aurait-il quelque parallèle entre une opération militaire robotisée et une opération menée par une société militaire privée (pour le compte d’un État) ?
Si les opérations spéciales robotisées de la CIA au Pakistan ont effectivement épouvanté la hiérarchie locale d’Al-Qaïda, elles ont aussi provoqué une tension permanente voire une césure politique entre Washington et Islamabad qui, malgré son assentiment, voit une atteinte grave à sa souveraineté territoriale et un tapis rouge déroulé à la propagande terroriste. Malheureusement, l’Amérique semble faire peu de cas des inquiétudes et des critiques de l’incontournable allié pakistanais. La Maison Blanche aurait-elle activé la conduite automatique de guerre ?
Dans un monde complexe à grande vitesse, des facteurs purement tactiques pousseront les ingénieurs en robotique militaire et les états-majors à complètement autonomiser leurs drones et à leur déléguer le pouvoir de faire feu. Explications.
Dans l’hypothèse d’une guerre conventionnelle ou hybride impliquant un nombre plus ou moins élevé de drones ou leur attribuant des rôles primordiaux, chaque camp s’efforcera de damer le pion à son adversaire y compris en détruisant ou en piratant les drones adverses. Dans de telles circonstances, le temps d’action et de réaction fera toute la différence. Or, réfléchir, agir et réagir via une liaison satellitaire induit un délai critique de quelques secondes. Seule solution pour réduire cette latence : éliminer le facteur humain de la boucle tactique et laisser la machine faire feu quand sa programmatique l’autorise.
NB : Une réalité comparable a déjà pris corps sur un autre théâtre d’opérations : les marchés financiers. En effet, l’agence Reuters a récemment crée le service NewsScope Direct diffusant des données écofinancières toutes les microsecondes à destination des traders algorithmiques (high frequency traders ou algotraders) de Chicago et de Londres. Une microseconde = un millionième de seconde. Un instant plus que négligeable pour nous, pauvres humains, une vie entière pour ces opérateurs de marché 100% techno. Effectuant dix à quinze fois plus de transactions que leurs collègues biologiques dans des laps de temps extrêmement courts, rien d’étonnant à ce que ces traders virtuels préfèrent la microseconde dans leur suivi en temps réel des marchés financiers.
Quelle place occupera la décision humaine sur un champ de bataille grouillant de robots aux fonctions computationnelles et servomotrices perpétuellement améliorées ? Comment définir des règles d’engagement et une éthique militaire lorsque la machine précède l’homme ? La robotique incitera-t-elle sournoisement à l’aventurisme militaire ?
Une chose est sûre : la guerre plug-and-play et ses enjeux réels n’ont rien d’un jeu vidéo.
Charles Bwele, Electrosphère
Tags: drone, guerres low-cost, informatique, prospective, robotique, Technologie, technologies de défense, UAV
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février 20th, 2010 at 6:20
….Mais in fine et paradoxalement, « l’homme descendra de la machine » et sera premier au festin, car je ne pense pas que l’algowarrior soit sensible à la victoire. Et nous serons dans la situation bien humaine du partage des dépouilles, du vae victis, de l’ivresse du succès et de l’hubris. Le vainqueur du duel imposera sa volonté à l’adversaire, pas à la machine, simple moyen comme la guerre, qui sera replacée au râtelier. Nous traiterons de la finalité de la guerre, la paix, et les neurones à mon sens prévaudront. Et c’est plutôt cette phase qui nécessite que l’on s’interroge à nouveau sur l’éthique. Même si Terminatrix donne le vertige, je pense qu’on ne gagnera pas de guerre en refusant de sacrifier à Thanatos. Je crains que ce ne soit le principe le plus irréductible de la guerre.
Très cordialement.
Jean-Pierre Gambotti
février 20th, 2010 at 6:20
….Mais in fine et paradoxalement, « l’homme descendra de la machine » et sera premier au festin, car je ne pense pas que l’algowarrior soit sensible à la victoire. Et nous serons dans la situation bien humaine du partage des dépouilles, du vae victis, de l’ivresse du succès et de l’hubris. Le vainqueur du duel imposera sa volonté à l’adversaire, pas à la machine, simple moyen comme la guerre, qui sera replacée au râtelier. Nous traiterons de la finalité de la guerre, la paix, et les neurones à mon sens prévaudront. Et c’est plutôt cette phase qui nécessite que l’on s’interroge à nouveau sur l’éthique. Même si Terminatrix donne le vertige, je pense qu’on ne gagnera pas de guerre en refusant de sacrifier à Thanatos. Je crains que ce ne soit le principe le plus irréductible de la guerre.
Très cordialement.
Jean-Pierre Gambotti
février 21st, 2010 at 1:31
@ JP Gambotti,
Nos viseurs convergent globalement sur ce point, Général.
Au fait, le drone serait-il une version robotisée du « contractor » ?
Cordialement
février 21st, 2010 at 1:31
@ JP Gambotti,
Nos viseurs convergent globalement sur ce point, Général.
Au fait, le drone serait-il une version robotisée du « contractor » ?
Cordialement
février 22nd, 2010 at 9:12
Aujourd’hui les drones tirent sur des bad guys, la guerre a un « sens », mais qu’en sera t il le jour ou la guerre se fera virtuellement, par joystick interposés?!
février 22nd, 2010 at 9:12
Aujourd’hui les drones tirent sur des bad guys, la guerre a un « sens », mais qu’en sera t il le jour ou la guerre se fera virtuellement, par joystick interposés?!
février 22nd, 2010 at 11:08
Tout comme les SMP, les drones (notamment ceux munis d’une IA et d’une autonomie avancées) posent en effet le problème de la responsabilité et de la légitimité de la violence.
février 22nd, 2010 at 11:08
Tout comme les SMP, les drones (notamment ceux munis d’une IA et d’une autonomie avancées) posent en effet le problème de la responsabilité et de la légitimité de la violence.
mars 8th, 2010 at 4:01
Est ce que la question est bien actuellement dans cette dualité Homme Versus Machine ?
Je note que l’on est encore devant une machine animée au sens étymologique , même si l’humaine nature étend ses capteurs au travers d’un Robot situés à des milliers de km : pour le moment ce n’est guère différents de ces automates du XVIIIème siècle qui cachaient un nain à l’intérieur : dans les 2 cas c’est la chose humaine qui gère la chose mécanique : il ne faut pas se laisser duper par le paravent de la technique.
Pour le reste, la machine autonome n’est pas non plus chose inconnue : la mine est depuis longtemps une mécanique abandonnée qui se met en marche à l’approche d’une cible.
Ce qui me frappe le plus dans l’émergence actuelle des drones :
C’est la persistance sur zone qui chamboule toute la question de l’ISR mais aussi du soutien CAS voire de la projection de puissance une fois les UCAS sur le marché (encore qu’un Reaper et son emport identique à un F-16 modifie déjà la donne).
Ensuite, plus que le drone lui même c’est plus la question de la miniaturisation de l’électronique qui est frappante avec la possibilité de picoradar de 1 kg sur un ScanEagle de 3 m d’envergure.
Enfin c’est la mise en réseau des données qui est la plus cruciale : que ce soit des Reaper, des F-22 ou des Rafales la capacité de tir sur coordonnées networkées est un élément majeur de cette mutation.
Pour le moment, les machines autonomes avec leur I.A. comme dans le film Terminator sont assez phantasmatiques
mars 8th, 2010 at 4:01
Est ce que la question est bien actuellement dans cette dualité Homme Versus Machine ?
Je note que l’on est encore devant une machine animée au sens étymologique , même si l’humaine nature étend ses capteurs au travers d’un Robot situés à des milliers de km : pour le moment ce n’est guère différents de ces automates du XVIIIème siècle qui cachaient un nain à l’intérieur : dans les 2 cas c’est la chose humaine qui gère la chose mécanique : il ne faut pas se laisser duper par le paravent de la technique.
Pour le reste, la machine autonome n’est pas non plus chose inconnue : la mine est depuis longtemps une mécanique abandonnée qui se met en marche à l’approche d’une cible.
Ce qui me frappe le plus dans l’émergence actuelle des drones :
C’est la persistance sur zone qui chamboule toute la question de l’ISR mais aussi du soutien CAS voire de la projection de puissance une fois les UCAS sur le marché (encore qu’un Reaper et son emport identique à un F-16 modifie déjà la donne).
Ensuite, plus que le drone lui même c’est plus la question de la miniaturisation de l’électronique qui est frappante avec la possibilité de picoradar de 1 kg sur un ScanEagle de 3 m d’envergure.
Enfin c’est la mise en réseau des données qui est la plus cruciale : que ce soit des Reaper, des F-22 ou des Rafales la capacité de tir sur coordonnées networkées est un élément majeur de cette mutation.
Pour le moment, les machines autonomes avec leur I.A. comme dans le film Terminator sont assez phantasmatiques
mars 12th, 2010 at 10:57
PILOTRIX plus fort que TERMINATRIX
Je rajouterai que dans ce qui est actuellement considéré comme le point fort des Drones UAV, la persistance, la machine Humaine n’a pas dit son dernier mot :
Il est très aisé d’augmenter la vigilance et de diminuer la fatiguabilité d’un équipage avec des molécules aussi banale que les amphétamines, à nouveau autorisée par l’USAF pour des missions de longue durée pouvant atteindre près de 17 h sans sieste dans le cadre des B2, voire en utilisant une molécule plus moderne comme le Modafinil qui a pu montrer en simulateur de vol une durée de mission de 67 h :
Déjà pour des durées de 17h la question n’est plus la machine humaine mais la capacité en huile du réservoir moteur…
Les marges d’amélioration du computer central du Pilotrix, à savoir un chasseur bombardier piloté par un Humain avec son cerveau sont donc notables…