Retour d’expérience : « Plomb durci » et les opérations d’information

Le chef de bataillon Sébastien Pellissier, officier stagiaire de la promotion Maréchal Lyautey du Collège Interarmées de Défense (CID), nous livre ses réflexions sur les opérations d’information menées par Tsahal contre les Palestiniens de la bande de Gaza lors de l’opération « Cast Lead ». Bienvenue dans la guerre de l’information version 2.0.


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Opération « Plomb durci » : comment Israël a tiré les leçons de 2006 dans le domaine des opérations d’information.


La doctrine française énonce que les opérations d’information (OI) sont constituées par l’ensemble des actions menées par les forces armées, dirigées et coordonnées au plus haut niveau, visant à utiliser ou à défendre l’information, les systèmes d’information et les processus décisionnels, pour appuyer une stratégie d’influence et contribuer, dans le cadre des opérations, à l’atteinte de l’effet final recherché. Contribuent donc à ces opérations les fonctions d’acquisition de la connaissance, les fonctions vouées à l’information (communication opérationnelle, opérations militaires d’influence), certaines fonctions techniques comme la guerre électronique ou d’autres fonctions comme les actions civilo -militaires.


En 2006 Israël a subi sinon un revers militaire, du moins une défaite médiatique face à un adversaire habile, le mouvement Hezbollah, qui a su utiliser l’ensemble des nouvelles technologies de l’information à son profit.


Peu préparée du côté israélien, la manœuvre de l’information lors de la guerre des 33 jours a été mal conduite. Manquant de coordination, les actions de guerre psychologique, les offensives sur Internet et les communiqués de presse divergents ou parfois même contradictoires ont donné une image brouillonne de l’action israélienne. Elles ont contribué à diffuser dans l’opinion l’idée qu’un mouvement terroriste a finalement remporté, comme le proclamait son chef Hassan Nasrallah, une « victoire divine ». Indubitablement l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009) démontre que nombre de leçons ont été tirées. En deux ans l’Etat hébreux a su créer de nouvelles structures et concevoir une stratégie plus cohérente dans la bataille pour le contrôle de l’information.


Le « National Information Directorate » : l’échelon de pilotage stratégique.


«  La façon dont Israël gère ses secrets et ses informations sensibles est incompréhensible et de bien des manières irresponsable. Des dommages considérables en ont déjà été la conséquence et d’autres se produiront si rien n’est fait dans ce domaine. Nous courrons au désastre si, tant au niveau du gouvernement que de la défense, aucune mesure immédiate, déterminée et énergique n’est prise ». (1)


Suivant les recommandations de la commission Winograd  une structure dédiée placée au niveau du premier Ministre a été créé le 08 juillet 2007 : le National Information Directorate (NID). Son rôle est de « diriger et coordonner les différents organes officiels d’information de l’Etat d’Israël afin de disposer d’une politique de communication crédible, unifiée et argumentée.» (2) Il est devenu en l’espace de quelques mois le principal organe chargé de la « hasbara », mot hébreux pouvant être traduit par  « argumentaire » ou « éléments de langage ». Plus qu’un rôle de coordination, il fixe la ligne de communication de l’Etat et fournit des dossiers d’argumentaires « clé en main » pour des organisations amies comme les communautés de la diaspora ou les bloggeurs juifs. Entre cette création et le conflit de 2008 au moins deux exercices majeurs de communication et de gestion des Opérations d’information ont été conduits, préfigurant une planification rigoureuse de « Plomb durci ».


De fait, pour de nombreux observateurs le NID a joué un rôle fondamental dans toutes les phases du conflit avec le Hamas.


On lui doit en premier lieu une présentation des buts de guerre beaucoup plus habile qu’en 2006. Les ambitions initiales affichées à cette époque (changer la carte politique du Liban et éradiquer le Hezbollah) étaient tellement élevées que certains critiques parlaient de buts de guerre virtuels. Manifestement, ils n’ont pas été atteints. En 2008, les objectifs affichés sont plus flous : affaiblir le Hamas et améliorer le niveau de sécurité dans le sud du pays. De ce fait il devient  difficile de disposer d’indicateurs tangibles pour évaluer leur atteinte et prive l’ennemi d’un des arguments majeurs mis en avant par le Hezbollah en 2006. On lui doit également l’argumentaire en trois points asséné à tous les niveaux pendant le conflit :


  • le Hamas a rompu la trêve ;

  • Israël ne cherche qu’à défendre ses citoyens ;

  • le Hamas est une organisation terroriste qui prend pour cibles des civils israéliens.

Il est aussi l’instigateur de l’offensive diplomatique parfaite menée parallèlement aux opérations militaires pendant le conflit. Les diplomates disposaient d’éléments de langage clairs et étaient invités à occuper l’espace médiatique dans leurs pays d’accréditation. A titre d’exemple, en Grande Bretagne comme en France, les ambassadeurs israéliens sont intervenus quotidiennement dans les médias nationaux pendant toute la durée du conflit(3). La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni effectuant pour sa part une tournée mondiale. Le tout pouvant désormais constituer une référence en termes de  « Key Leader Engagement » (KLE).


Dès le début de l’offensive le NID a intégré l’aide humanitaire dans la communication. Le but étant d’afficher la volonté de ne pas punir la population civile. L’armée communiquait ainsi abondamment et quotidiennement sur le montant détaillé des livraisons de produits de première nécessité et sur l’évacuation de blessés graves à travers des points de passage laissés intentionnellement ouverts. Parallèlement Israël utilisait cet outil pour promouvoir le Fatah en en faisant le seul intermédiaire avec les populations de la bande de Gaza.


La communication opérationnelle : de la transparence au contrôle de l’information.


Le contraste est saisissant dans la couverture médiatique des deux conflits. En 2006, le chef d’Etat-major israélien Dan Halutz avait décidé d’accorder une liberté totale aux journalistes. En conséquence, aucun filtre ne protégeait l’opinion publique et, plus grave, le Hezbollah disposait de sources d’informations en temps réel, il lui suffisait de regarder la télévision israélienne. La commission Winograd a en effet estimé que le Hezbollah avait pu obtenir une quantité importante d’informations tactiques et stratégiques : « les points de rassemblement israéliens étant filmés, tout le monde savait qui allait être engagé et où. »(4)


Les mauvaises relations entre les médias internationaux et l’Etat israélien ne sont pas étrangers à la piètre gestion de la communication opérationnelle en 2006. En effet un contentieux durable existe entre les Israéliens et les médias internationaux. Les premiers se méfient d’organes de presse qu’ils perçoivent comme irrémédiablement hostiles et prêts à déformer l’information pour nuire à l’Etat d’Israël. Deux épisodes ont en particulier  scellé leur divorce. En 2000, les autorités israéliennes ont intenté un procès pour falsification au journaliste français Charles Enderlin qui avait effectué un reportage au cours duquel un Palestinien de 11 ans, Mohamed al-Doura, était tué en direct par une balle supposée être israélienne. De même, en 2002, au cours de l’opération « Rempart » à Jénine, les médias internationaux avaient clamé, à tort, qu’un massacre était en cours. Mais le faible intérêt porté à la communication opérationnelle, aggravé par le manque de coordination et de cohérence déjà signalé, a largement concouru à la « défaite médiatique » d’Israël symbolisée par le bombardement de Cana. Une frappe israélienne sur un immeuble de cette localité du sud Liban, le 30 juillet 2006, avait provoqué la mort de près d’une trentaine de civils, majoritairement des femmes et des enfants. Israël n’avait pas su réagir efficacement pour contrecarrer la campagne médiatique du Hezbollah. Cet épisode est désormais le cas d’étude par excellence de la nouvelle Military Media School créée en 2007,  à côté du National Defense College à Gillot, et dont les cours sont obligatoires pour les officiers supérieurs. Les forces disposent aussi des technologies nécessaires pour collecter, analyser et diffuser les images. Les réservistes du bureau des porte-paroles (équivalent de la DICOD) ont intégré dans leur entraînement des cas concrets visant à évaluer si un évènement peut avoir des conséquences médiatiques et stratégiques.


En 2008, les Israéliens ont décidé d’agir plus fermement sur les médias en leur interdisant l’accès aux zones de combats. L’idée maîtresse étant globalement que « pour éviter un deuxième Cana il ne faut pas de journaliste ! (5) » Les frontières avec Gaza ont été fermées  plus d’un mois avant le déclenchement de l’opération. Cet interdit a provoqué un tollé des médias qui ont déposé un recours devant la Haute Cour de Justice et ont obtenu gain de cause mais se sont heurtés au refus de Tsahal pour des raisons de sécurité. Les seules images disponibles ont donc été diffusées par l’unique chaîne présente dans la bande de Gaza, Al Jazeera (6), qui avait pris fait et cause pour le camp palestinien. Les journalistes internationaux étaient cantonnés au centre de presse de Sderot, ville située aux premières loges… des tirs de roquettes palestiniennes ! Parallèlement, sous le contrôle du NID, le département des porte-paroles de l’armée israélienne  avait mis en place une cellule de veille médiatique qui a montré pendant toute l’opération une très bonne réactivité. Avec la presse nationale, les autorités ont signé un protocole d’accord pour soumettre à la censure les informations diffusées et en particulier pour ne pas divulguer les noms des militaires tués au combat avant que leurs familles aient été averties.


La décision d’écarter les médias n’a pas fait l’unanimité. Les conséquences négatives que beaucoup avaient prévu n’ont pas manqué de se produire  à tel point qu’il est légitime de se demander si Israël n’a pas été pris à son propre piège. En effet si le Hamas a eu beaucoup moins de « preuves de victoire» à exhiber que le Hezbollah en 2006, Lorenzo Cremonesi, correspondant du journal italien Corriere della Sera avait pronostiqué que  « si l’on a pas accès au champ de bataille, on finira par rapporter les exagérations d’autres personnes »(7) . Dès le 19 janvier, en conséquence et au grand dam du gouvernement israélien, les journalistes pénétrant enfin à Gaza se focalisèrent sur les destructions d’infrastructures civiles.


Sans que cela puisse intégralement être relié à l’action du NID, la cohérence et la cohésion se retrouvent sur un plan interne et plus particulièrement dans les forces armées. La liberté de parole de 2006 n’est plus de mise en 2008. L’opinion publique israélienne en 2006 s’était émue des états d’âme des soldats engagés au front. Ces derniers utilisaient leur téléphone portable pour critiquer la stratégie choisie ou se plaindre de leurs conditions d’engagement et transmettre des photos et vidéos qui ne pouvaient passer par le filtre de la censure. En 2008 les soldats sont partis au combat sans leurs téléphones portables. Une unité de guerre électronique surveillait les réseaux israéliens et intervenait lorsque les informations échangées étaient jugés trop sensibles pour être diffusées sur ces canaux. A l’issue du conflit, les téléphones de service ont été contrôlés. Dans le même esprit, aucun soldat n’avait l’autorisation de s’exprimer devant la presse sans autorisation préalable.


Ces mesures ont indéniablement eu l’effet escompté dans le domaine de la protection du secret et le maintien du moral de la société israélienne.


Guerre psychologique : utilisation de l’ensemble des moyens


La plupart des méthodes employées en 2008 avaient déjà fait leurs preuves, soit au cours des précédentes opérations dans les territoires palestiniens, soit au Liban en 2006. Mais en 2006 l’armée israélienne avait placé son action dans ce domaine dans une perspective essentiellement tactique et avait déconnecté les actions psychologiques d’une approche plus globale, garante de leur efficacité. Les OI prenaient d’abord pour cible le « système » Hezbollah et tentaient à la fois de l’intimider et de le couper de ses soutiens populaires. « Israël a misé sur la crainte suscitée moins chez la population des non-combattants que chez ses ennemis directs, à savoir chez les combattants du Hezbollah »(8). Parallèlement, comme il a déjà été souligné, aucune campagne coordonnée n’était menée pour gagner la guerre de l’opinion alors que le Hezbollah avait lui bien placé son combat sur le plan médiatique (ce qui n’a pas été diffusé n’a pas eu lieu !).


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Les Israéliens ont aussi bénéficié en 2008 d’une parfaite connaissance du théâtre d’opérations provenant tout à la fois des réseaux d’informateurs qui, contrairement au Liban, sont particulièrement bien implantés dans les territoires palestiniens de même que d’une réelle préparation de l’opération dans le domaine du renseignement. Toute la gamme des procédés de guerre psychologique a donc été mise en œuvre beaucoup plus facilement en 2008 : intrusions, brouillage des radios civiles, tractages etc… Des centres téléphoniques employant des arabisants ont passés plus de 35000 appels téléphoniques. Le réseau des téléphones portables a été continuellement brouillé, vraisemblablement à partir d’avions  C-130 « Aya ». Le 05 janvier 2009 l’armée israélienne disait avoir déjà disséminé 400 000 tracts (9). La radio « Islamic Djihad ’s voice of Jerusalem » a été victime d’intrusions au moins une fois par heure pour délivrer des messages incriminant le Hamas. Très impressionnante, la technique du « knock on the roof (10) » a eu le double avantage de contribuer à terroriser les soutiens potentiels aux membres du Hamas et de limiter les pertes civiles et donc de priver le Hamas d’images de dégâts collatéraux.


Le premier « conflit social » ou la guerre 2.0


Le front virtuel est certainement le plus emblématique du caractère global donné à ce conflit par les deux parties en présence. Si en 2006 Tsahal n’avait pas négligé la toile, en 2008 celle-ci a fait l’objet d’une attention plus particulière. « La blogosphère et les nouveaux médias sont une autre guerre et nous devons y être actifs de manière appropriée », avait annoncé d’emblée le porte-parole de Tsahal, le major Avital Leibovich, dans le Jerusalem Post le 30 décembre 2008. Dans ce domaine aussi l’action du NID a été déterminante. Les réactions spontanées, fruits d’initiatives individuelles, ont en effet cédé la place à une véritable manœuvre concertée.


Sur le site communautaire Facebook, des centaines de milliers d’internautes ont signé des manifestes pro ou anti israéliens. Le groupe « I support the Israel Defence Forces in preventing Terror attacks from Gaza” a enregistré plus de 85000 adhésions. Ces sites, dont le plus connu est « Help Us Win », ont pour la plupart été conçus dans une université de Herzilya. Un jeune ingénieur en informatique, Niv Calderon y avait mis en place un véritable  centre d’opération de la guerre sociale (11). Des jeunes volontaires concevaient jour et nuit des argumentaires à diffuser sur les blogs et sites institutionnels. Le ministère des immigrants a recruté 1000 volontaires pour inonder de commentaires les sites d’informations et les blogs notoirement anti-israéliens et ce dans diverses langues.


helpuswin

Sur Youtube, le site de diffusion de vidéos, le département des porte-paroles avait ouvert un compte pour poster des vidéos de bombardement filmées par les drones. En février 2009, les 46 vidéos postées avait été vues 4,6 millions de fois. Autres exemples, le 30 décembre 2008 le Consul Israélien à New-York a tenu une conférence de presse sur le site Twitter afin de toucher une frange de la jeunesse américaine peu attirée par les modes de communication traditionnels mais se sentant concernée par les évènements au Proche-Orient. Enfin, le site « NGO monitor » dénonçait la « forfaiture » des ONG au parti pris criant. La critique dénonçait la politique du deux poids deux mesures : Ces ONG ne disaient rien des crimes du Hamas, oubliaient Gilad Shalit et ne s’agitaient pas autant autour des drames qui secouent d’autres régions du monde.


Il est difficile d’évaluer l’impact de l’ensemble des opérations d’information sur le déroulement de ce conflit. L’action du gouvernement a de nouveau été critiquée en Israël avec un relâchement général dénoncé au lendemain du cessez le feu. Le gouvernement a mal préparé l’après conflit et s’est retrouvé en posture défensive  face aux accusations de crimes de guerre. A titre d’exemple les explications confuses sur les causes de la mort des trois filles du docteur Izzeldin Abu Laish (12) n’ont pas convaincu (13). Depuis, le rapport Goldstone est venu s’ajouter à décharge du succès de la manœuvre de l’information.


Il est néanmoins évident que contrairement au conflit de 2006, les OI ont fait l’objet d’une préparation et d’une conduite rigoureuse au plus haut niveau de la chaîne politico-militaire. Il est indubitable que cette approche plus cohérente et unifiée a été profitable. La condamnation de l’opération par les instances internationales semblait en effet chaque jour plus proche. Les OI auront sans  nul doute joué un rôle déterminant pour reculer l’échéance.


Annexes :


  1. Rapport Winograd, p 473, article 211

  2. Compte rendu du conseil des ministres hebdomadaire du 08 juillet 2007.

  3. Dans les trois premiers jours du conflit l’ambassadeur israélien en Grande-Bretagne et ses principaux collaborateurs donnèrent pas moins de 25 interviews dans les médias nationaux.

  4. Learning to leverage new media. The Israeli Defense Forces in recent conflicts. Military Review, May-June 2009.

  5. Back to basis, op.cit, page 128.

  6. Ayant subi la destruction de la plupart de ses infrastructures dès les premiers jours de frappes aériennes, la chaîne palestinienne Al Aqsa a joué un rôle modeste dans le conflit.

  7. Cite par Hirsh Goodman dans “Israel’s Public diplomacy in operation Cast Lead”, INSSS insight N°90, 15 janvier 2009

  8. Back to basis.

  9. Sur l’un des tracts : « Aux habitants de la bande de Gaza, prenez en mains votre destin. Les roquettes lancées par les terroristes vous placent ainsi que vos familles en danger. Pour votre sécurité, ne donnez pas vos numéros de téléphone, l’armée israélienne réagira si les tirs de roquettes se poursuivent. Si vous voulez vraiment aider vos familles, vos amis et vos frères dans la bande de Gaza, appelez nous ».

  10. « toquer sur le toit ». Avant de frapper un bâtiment suspecté d’abriter des activistes ou des infrastructures « terroristes », les israéliens prévenaient les habitants par SMS, haut-parleur ou tract, de l’imminence de leur action, provoquant parfois son évacuation dans la précipitation.

  11. Voir à ce sujet l’article de Jaron Gilinsky : « How social media war was waged in Gaza-Israel Conflict », paru le 13 février 2009 sur le site Mediashift

  12. Le docteur Abu Laish est un Palestinien apôtre du dialogue avec l’Etat d’Israël, ses trois filles ont été tuées par tir direct de Merkava sur son logement au cours de l’opération.

  13. Analysis: The effective public diplomacy ended with Operation Cast lead. Hirsh Goodman, The Jerusalem Post, Feb. 5, 2009.

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9 Responses

  1. ViP dit :

    Merci pour cet article fort complet!

    Ce descriptif exhaustif nous ferait presque oublier la question qui n’est qu’effleurée en fin d’article: succès ou échec?

    Il me parait assez clair que peu importe ce qu’Israël fait pour améliorer son image en temps de conflit n’aura qu’un effet très marginal. Les opérations de communication en temps de guerre sont très largement corrélées à la perception préexistante de l’acteur. En l’occurrence, l’Etat hébreu souffre d’une image très négative dans beaucoup de pays arabo-musulmans, mais aussi occidentaux.

    En outre, l’interdiction d’accès à Gaza pendant le conflit a eu un effet contre-productif. Ce type d’action ne peut qu’aliéner les journalistes qui vont avoir une tendance presque inconsciente à critiquer leur « oppresseur » peu importe les raisons, valides ou non, de fermer l’accès à une zone.

  2. ViP dit :

    Merci pour cet article fort complet!

    Ce descriptif exhaustif nous ferait presque oublier la question qui n’est qu’effleurée en fin d’article: succès ou échec?

    Il me parait assez clair que peu importe ce qu’Israël fait pour améliorer son image en temps de conflit n’aura qu’un effet très marginal. Les opérations de communication en temps de guerre sont très largement corrélées à la perception préexistante de l’acteur. En l’occurrence, l’Etat hébreu souffre d’une image très négative dans beaucoup de pays arabo-musulmans, mais aussi occidentaux.

    En outre, l’interdiction d’accès à Gaza pendant le conflit a eu un effet contre-productif. Ce type d’action ne peut qu’aliéner les journalistes qui vont avoir une tendance presque inconsciente à critiquer leur « oppresseur » peu importe les raisons, valides ou non, de fermer l’accès à une zone.

  3. PETN dit :

    « Cast Lead » pourquoi est-il traduit « Plomb Durci »

    Cast lead est « Plomb moulé » dans le sens de plomb coulé. Tout comme la fonte est le cast iron.

    Un plâtre médical est un cast, choisir une équipe d’acteur est un cast ou bien casting dans l’action.

    Quand vous fabriquez vos balles pour votre Smith and Wesson à poudre noire vous « cast your bullets » dans le moule.

    Plomb durci eut été « harden lead »…

    Par contre si je dis que je vais « cast some lead on X’s rear end » c’est que je vais balancer une volée de plomb sur les fesses de X.

    Je sais c’est le langage de notre plus féroce ennemi (USA) … Ca n’arrange pas la chose.

    Pour ce qui est du nom de code de la mission, je trouve qu’il y a donc un jeu de mot entre balancer (largage) du plomb et plomb moulé avec la signification de balancer du plomb ayant la plus forte signification des deux.

  4. CBA Pellissier dit :

    La traduction française est en effet inexacte, il s’agit bien de plomb moulé. L’origine de ce nom de code semble tiré d’un ancien poême juif célébrant la fête de Hannuka, elle-même instaurée pour fêter une victoire des armées juives en 165 avant J.C

    Dans ce poême il est fait allusion au « dreidel cast from solid lead ». Le Dreidel étant un jeu auquel on s’adonne pendant les vacances de Hanuka (en décembre)
    Pour en savoir plus sur le Dreidel: http://www.dreidelfun.com/

    Mais en communication, plomb durci sonne mieux que plomb moulé ou fondu!

  5. JGP dit :

    « Plomb durci » est également un terme métallurgique à ma connaissance (réalisé à l’aide de bismuth ou d’antimoine, utilisé par exemple pour des balles de fusils)

  6. ramuncho dit :

    Il reste a concevoir et mettre en oeuvre la guerre psychologique et une grande communication avec les gouvernements des pays Européens .

  7. Michel dit :

    Quelques précisions mais d’importance :

    - Jamais les Autorités israéliennes n’ont lancé de poursuites à l’encontre d’Enderlin. Cela est contraire à l’esprit d’excessive liberté de la presse en Israël (sauf secret défense) et la Cour suprême est extrêmement laxiste pour protéger l’Etat au détriment de ce qu’elle estime être les libertés publiques!
    Est-ce sur son blog qu’Enderlin raconte cette baliverne ? En tous cas, cela lui a permis de soutenir sa thèse devant la justice française arguant que Israël ne le poursuivait pas.
    - journalistes à Gaza : compte tenu de la complexité de l’opération, on ne pouvait faire AUCUNE confiance aux journalistes qui, briefés depuis toujours par leurs rédactions, sont a-priori anti-israéliens par conviction ou par frousse..
    - visite d’explication en 2006 de Tsipi Livni. A signaler que B. Netanyahou, alors chef de l’opposition, s’est mis à la disposition du Gouvernement pour une tournée d’explications autrement plus convaincante.

  8. CBA Pellissier dit :

    Réponse à Michel:

    Après vérification de mes sources je fais un mea culpa quant aux poursuites judiciaires par l’Etat. Ce dernier a enquêté, envisagé fortement de retirer son accréditation et d’intenter un procés à Mr Enderlin, mais n’a pas donné suite. C’est en France que le journaliste a été traduit en justice.

    Pour ce qui concerne l’interdiction des journalistes à Gaza, Michel admettra que rien dans mon propos ne visait à porter un jugement sur les choix faits par le gouvernement israélien. En effet c’est bien en grande partie l’absence de confiance dans les organes de presse qui a pesé sur les décisions prises.

  9. Dick Tullos dit :

    « Duct tape is like the force. It has a light side, a dark side, and it holds the world together. »

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