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Les Europes et Obama
Written by Olivier Kempf on juillet 27, 2009 – 9:42 -Évoquer les relations transatlantiques suppose une certaine stabilité. Or, si le thème est intéressant, c’est parce qu’on s’interroge sur la variation américaine, due au changement de présidence.
(article publié simultanément sur EGEA, avec les liens et renvois)
1/ B. Obama a donné les messages qu’il fallait pour se réconcilier avec l’Europe : mots doux à propos de Guantanamo, lettre à l’alliance atlantique, discours du Caire qui semble mettre un terme à la ligne huntingtonienne de l’administration Bush, politesse sur l’Europe de la défense, adoucissement concernant le protocole de Kyoto, etc.
2/ Force est de constater qu’il n’a pas été suivi de retour :
* aucun renfort conséquent en Afghanistan
* pas d’accueil des prisonniers de Guantanamo.
Bref, rien de ce qu’il espérait des Européens ne s’est concrétisé.
Comme par ailleurs il ne rencontre pas vraiment plus de succès en politique étrangère, c’est pour lui frustrant.
Du coup, le ressentiment laisse la place à l’indifférence et il n’a plus rien à dire ni à demander aux Européens.
3/ Du coup, les priorités européennes d’Obama ne sont pas celles où on l’attend. Il s’agit du nucléaire et de la Russie. À chaque fois, pour résoudre le problème iranien.
4/ Le nucléaire, en partant de l’illusion que le désarmement convaincra l’Iran de respecter l’esprit du TNP. C’est le sens du discours de Prague.
5/ La Russie, en espérant qu’elle acceptera de suivre les États-Unis dans les pressions sur Téhéran. Moyens : en gelant pour cela le Bouclier anti-missile (qui coûte cher et qui est peu crédible), et en décalant le soutien à l’Ukraine et à la Géorgie (cf. le voyage actuel de J. Biden dans la région, où il ne parle que de démocratie…. ce qui est plein de sous-entendus).
6/ Cela n’arrange pas les Europe. Car elles sont ici plusieurs.
7/ L’Europe orientale est déçue. La Tchéquie et la Pologne qui ont pris des risques politiques pour le BAM voient que l’affaire tombe à l’eau.
8/ Les pays nucléaires de l’Europe occidentale ne sont pas ravis du nouveau discours nucléaire (même si la question est moins problématique en Grande-Bretagne, qui s’en accommoderait mieux, alors que le nucléaire est encore dogmatique en France.
9/ On observe ainsi des déceptions réciproques qui ne sont pas dites, tout se passe en famille : on préfère taire qu’évoquer, quitte à ne plus vraiment se parler, sauf lors des mariages et des baptêmes : les fêtes de famille qui ne servent qu’à ça.
En langage international, ça s’appelle des sommets.
O. Kempf
Tags: Etats-Unis, Europe, transatlantique
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