Combattre la piraterie maritime
Written by clarisse on juin 28, 2009 – 6:41 -Le numéro 7 de la revue Sécurité globale est consacré à la piraterie maritime.

L’éditorial de Jean-François Daguzan et Pascal Lorot explique que le regain de la piraterie, attirée par un butin facile et peu risqué sur les autoroutes océanes, est un phénomène surmédiatisé, tout comme le terrorisme.
Statistiquement faible par rapport aux chiffres du développement exponentiel du trafic maritime, cette menace ne doit pourtant pas être négligée, tant par sa dimension humaine et ses possibilités de dissémination, que par ses incidences politiques et économiques en terme d’opinion publique.
La piraterie maritime est un phénomène ancien et récurrent, qui prend un nouveau relief pour deux raisons : d’une part, le monde occidental y est plus sensible qu’auparavant en raison des nouvelles fragilités d’une économie mondialisée ; d’autre part, elle est le déclencheur d’une prise de conscience d’importants changements d’ordre géopolitique. Face aux menaces qu’elle fait peser sur l’économie mondiale, États et acteurs privés multiplient les initiatives visant à la dissuasion et et à répression de la piraterie.
Pourtant, criminalité organisée transnationale par excellence, la piraterie maritime prospère sur les failles de notre ordre international. D’où la nécessité d’y mettre fin, non pas pour le peu de nuisance qu’elle produit réellement, mais en raison des déséquilibres géopolitiques potentiels q’elle produit réellement, mais en raison des déséquilibres géopolitiques potentiels qui sont inhérents à sa logique. À cette fin, les Nations Unies doivent redonner une cohérence aux différentes initiatives et politiques en cours, avec la ferme volonté politique de privilégier la stabilité des États riverains.
Néocorsaires contre néopirates : privatiser la sécurité maritime dans le golfe d’Aden? Georges-Henri Bricet des Valons – 12 pages
L’essor mondial de la piraterie et l’impossibilité pour les Marines occidentales d’assurer une présence globale et permanente sur les zones maritimes sensibles conduisent à s’interroger sur la résurrection possible d’une néo-flibusterie qui suppléerait à terme l’action officielle des États. Dressant un bilan de la recrudescence de l’économie criminelle du rançonnage pirate, l’auteur examine les enjeux et les défis liés à l’émergence de ces néocorsaires et souligne le retard de la France en matière de sociétés militaires privées, et qui la laisse impuissante face au phénomène croissant de privatisation de la sécurité internationale. L’État ne se prive-t-il pas là d’un instrument de choix pour affronter les mutations de la piraterie et de la guerre?
Le site de la revue Sécurité globale est ici.
Tags: Éric Frécon, Gaël Marchand, Georges-Henri Bricet des Valons, Jean-François Daguzan, Jean-Marie Mathey, Pascal Le Pautremat, Pascal Lorot, piraterie maritime, Sécurité globale, Xavier Rolin
Posted in Parutions, Stratégie, clarisse/les carnets de clarisse | 8 Comments »










juin 30th, 2009 at 2:44
Sir Francis Drake et Robert Surcouf doivent se retourner dans leur tombe.
juillet 1st, 2009 at 8:55
?? C’étaient tous deux des corsaires, travaillant pour leur pays. Ils s’inscriraient aujourd’hui dans le cadre d’une stratégie d’État « Néocorsaires contre néopirates ».
juillet 1st, 2009 at 8:40
Cher anonyme,
l’expérience a prouvé qu’une équipe privée incapable (non autorisée à) d’utiliser un niveau de violence suffisamment dissuasif/répressif face à une attaque pirate ne pouvait que se ridiculiser.
Tant que le monopole de la violence légitime restera aux états (et pour l’instant il est assez rarement question de se désengager du traité de Paris de 1856), les sociétés militaires privées ne pourront avoir qu’une activité de conseil…
et qu’est-ce que des néo-corsaires pourraient chercher en luttant contre des néo-pirates ? Le modèle économique serait-il viable si les néo-corsaires se payaient sur les prises faites ?
Pour finir, ce bon mot que sans doute vous connaissez:
Après la paix avec la Grande-Bretagne et alors qu’il participait a un dîner en présence de ses anciens ennemis britanniques, l’un d’eux lui dit : « Enfin, Monsieur, avouez que vous, Français, vous battiez pour l’argent tandis que nous, Anglais, nous battions pour l’honneur… » Surcouf lui répondit d’un ton calme : « Certes, Monsieur, mais chacun se bat pour acquérir ce qu’il n’a pas. » (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Surcouf )
juillet 2nd, 2009 at 1:42
Cher Cassandre ce commentaire ci-dessus s’adressait plutôt à Clarisse. En ce qui concerne le commentaire de Clarisse je dirais qu’un pirate est un entrepreneur (l’étymologie de ces deux mots étant la même) à son compte, tandis qu’un corsaire est un pirate qui a été nationalisé. Pour terminer, j’aime bien le mot de Surcouf.
juillet 2nd, 2009 at 4:27
> Anonyme
Le pirate est certes un entrepreneur, mais un entrepreneur criminel (il s’approprie les biens d’autrui par la violence pour son profit).
Les corsaires sont eux aussi des entrepreneurs, mais sous contrat avec l’État, qu’ils défendent – et ils gagnèrent en général plutôt bien leur vie.
Quant à un pirate « nationalisé » (qui ne pourrait donc pas faire de profit personnel avec les gains de son entreprise), à part peut-être les pirates sous contrat via la République de Gênes pour la Papauté, (et encore, leurs services ne devaient pas être gratuits…), je ne vois pas.
Et puisque vous aimez les anecdotes de Surcouf, celle-ci n’est pas mal :
« Surcouf avait amassé une fortune colossale, plus de 3 millions de francs.
Il n’était pas du genre à composer avec qui que ce soit et la discipline n’était pas son fort.
Napoléon se déplace en personne en 1803 pour le convaincre d’accepter une commission de capitaine de vaisseau et le commandement d’une escadre.
Surcouf refuse, parce qu’on ne lui accorde pas l’indépendance de manœuvre totale qu’il réclame.
Napoléon : « Je ferai de vous un homme riche ! »
Surcouf : » J’ai déjà tout ce qu’il me faut : mon cabinet est tapis de lingots d’or »
Napoléon (offusqué) : « Comment ? Mais vous me marchez sur la face ! »
Surcouf : « Non Monsieur, je les ai disposés sur la tranche. »
juillet 2nd, 2009 at 6:27
Entre Ferdinand de Lesseps, Gustave Eiffel, Marcel Bloch et Abdi Garad cherchez l’intrus.
Plus on laisse le temps à une organisation criminelle de s’implanter, plus il devient difficile de lutter contre (voir les « efforts » actuels de lutte contre la culture du pavot en vallée de Helmand…)
septembre 23rd, 2009 at 10:58
[...] Sécurité globale n° 7, printemps 2009 : Combattre la piraterie maritime Lire le sommaire et le résumé des articles ici. [...]
février 3rd, 2011 at 5:39
toujours avoir une bonne dose de sommifères à bord dans la cambuse !!!! on se comprend !!!!