Combattre la piraterie maritime

Written by clarisse on juin 28, 2009 – 6:41 -

Le numéro 7 de la revue Sécurité globale est consacré à la piraterie maritime.

securite_globale_7

L’éditorial de Jean-François Daguzan et Pascal Lorot explique que le regain de la piraterie, attirée par un butin facile et peu risqué sur les autoroutes océanes, est un phénomène surmédiatisé, tout comme le terrorisme.
Statistiquement faible par rapport aux chiffres du développement exponentiel du trafic maritime, cette menace ne doit pourtant pas être négligée, tant par sa dimension humaine et ses possibilités de dissémination, que par ses incidences politiques et économiques en terme d’opinion publique.

Piraterie : les leçons de l’histoire, Jean-Marie Mathey – 16 pages
Trois coups de projecteurs sur la Méditerranée romaine de Pompée, la Méditerranée barbaresque du XVIe siècle et la Caraïbe du XVIIe siècle, montrent les caractéristiques du phénomène de la piraterie à diverses époques, et permettent d’identifier les stratégies utilisées dans le passé pour supprimer ou le rendre supportable le banditisme maritime (extermination, répression, contournement, protection, cohabitation, pardon) et le moyens concevables pour faire face à ce fléau qui affecte à nouveau le commerce maritime.
Piraterie : une expérience de « terrain », Xavier Rolin3 pages
Percevoir les tendances futures de la piraterie et dégager quelques pistes d’action, à partir d’une expérience personnelle du « terrain » en mer Rouge.
Piraterie en Asie du Sud-Est : États défiés, États menacés, mais États renforcés, Éric Frécon7 pages
Au lendemain de la Guerre froide, l’Asie du Sud-Est est marquée par un regain de la piraterie maritime. Petits bandits des mers, mafias et occasionnellement terroristes : tous usent à leur manière des abordages, vols, détournements et kidnappings, des détroits malais jusqu’à la mer de Chine méridionale. Les gouvernements sont défiés. Ce fléau criminel peut-il être fatal pour les pouvoirs en place? À première vue, sur le terrain, l’État semble perdre pied et ne plus contrôler ni ses approches maritimes, cible des pirates, ni les modes de luttes gérés et encadrés dès le début des années quatre-vingt-dix par des acteurs concurrents et souvent privés. Pourtant, à plus long terme, la piraterie offre aux États sud-est-asiatiques l’occasion de s’affirmer sur la scène régionale. Tous savent résister pour prendre leur revanche.
Forces spéciales contre piraterie : entre dissuasion et coercition, Pascal Le Pautremat12 pages
Les menaces que fait peser la piraterie sur les routes maritimes obligent la communauté internationale à se mobiliser en mettant en œuvre de véritables armadas. Les missions oscillent alors entre surveillance, prévention et coercition. Et lorsqu’il s’agit de neutraliser des pirates, les marines de guerre déploient leur potentiel de forces spéciales, les plus à même de procéder à la phase finale de neutralisation. Le recours à la force se veut en tout cas mesuré et ne vise pas à tuer les suspects. Tout est question de graduation. Et au delà de la dimension étatique des interventions antipiraterie, les armateurs n’hésitent plus à solliciter de plus en plus les services de sociétés militaires privées, afin d’assurer la sauvegarde de leurs navires, de leurs équipages et des précieuses cargaisons.
Vers des eaux tumultueuses : la piraterie maritime, entre vision globale et réponses sectorielles, Gaël Marchand16 pages

La piraterie maritime est un phénomène ancien et récurrent, qui prend un nouveau relief pour deux raisons : d’une part, le monde occidental y est plus sensible qu’auparavant en raison des nouvelles fragilités d’une économie mondialisée ; d’autre part, elle est le déclencheur d’une prise de conscience d’importants changements d’ordre géopolitique. Face aux menaces qu’elle fait peser sur l’économie mondiale, États et acteurs privés multiplient les initiatives visant à la dissuasion et et à répression de la piraterie.

Pourtant, criminalité organisée transnationale par excellence, la piraterie maritime prospère sur les failles de notre ordre international. D’où la nécessité d’y mettre fin, non pas pour le peu de nuisance qu’elle produit réellement, mais en raison des déséquilibres géopolitiques potentiels q’elle produit réellement, mais en raison des déséquilibres géopolitiques potentiels qui sont inhérents à sa logique. À cette fin, les Nations Unies doivent redonner une cohérence aux différentes initiatives et politiques en cours, avec la ferme volonté politique de privilégier la stabilité des États riverains.

Néocorsaires contre néopirates : privatiser la sécurité maritime dans le golfe d’Aden? Georges-Henri Bricet des Valons12 pages

L’essor mondial de la piraterie et l’impossibilité pour les Marines occidentales d’assurer une présence globale et permanente sur les zones maritimes sensibles conduisent à s’interroger sur la résurrection possible d’une néo-flibusterie qui suppléerait à terme l’action officielle des États. Dressant un bilan de la recrudescence de l’économie criminelle du rançonnage pirate, l’auteur examine les enjeux et les défis liés à l’émergence de ces néocorsaires et souligne le retard de la France en matière de sociétés militaires privées, et qui la laisse impuissante face au phénomène croissant de privatisation de la sécurité internationale. L’État ne se prive-t-il pas là d’un instrument de choix pour affronter les mutations de la piraterie et de la guerre?

Le site de la revue Sécurité globale est ici.

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Posted in Parutions, Stratégie, clarisse/les carnets de clarisse | 8 Comments »

8 Comments to “Combattre la piraterie maritime”

  1. anonyme Says:

    Sir Francis Drake et Robert Surcouf doivent se retourner dans leur tombe.

  2. clarisse Says:

    ?? C’étaient tous deux des corsaires, travaillant pour leur pays. Ils s’inscriraient aujourd’hui dans le cadre d’une stratégie d’État « Néocorsaires contre néopirates ».

  3. Cassandre Says:

    Cher anonyme,

    l’expérience a prouvé qu’une équipe privée incapable (non autorisée à) d’utiliser un niveau de violence suffisamment dissuasif/répressif face à une attaque pirate ne pouvait que se ridiculiser.

    Tant que le monopole de la violence légitime restera aux états (et pour l’instant il est assez rarement question de se désengager du traité de Paris de 1856), les sociétés militaires privées ne pourront avoir qu’une activité de conseil…

    et qu’est-ce que des néo-corsaires pourraient chercher en luttant contre des néo-pirates ? Le modèle économique serait-il viable si les néo-corsaires se payaient sur les prises faites ?

    Pour finir, ce bon mot que sans doute vous connaissez:

    Après la paix avec la Grande-Bretagne et alors qu’il participait a un dîner en présence de ses anciens ennemis britanniques, l’un d’eux lui dit : « Enfin, Monsieur, avouez que vous, Français, vous battiez pour l’argent tandis que nous, Anglais, nous battions pour l’honneur… » Surcouf lui répondit d’un ton calme : « Certes, Monsieur, mais chacun se bat pour acquérir ce qu’il n’a pas. » (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Surcouf )

  4. anonyme Says:

    Cher Cassandre ce commentaire ci-dessus s’adressait plutôt à Clarisse. En ce qui concerne le commentaire de Clarisse je dirais qu’un pirate est un entrepreneur (l’étymologie de ces deux mots étant la même) à son compte, tandis qu’un corsaire est un pirate qui a été nationalisé. Pour terminer, j’aime bien le mot de Surcouf.

  5. clarisse Says:

    > Anonyme

    Le pirate est certes un entrepreneur, mais un entrepreneur criminel (il s’approprie les biens d’autrui par la violence pour son profit).

    Les corsaires sont eux aussi des entrepreneurs, mais sous contrat avec l’État, qu’ils défendent – et ils gagnèrent en général plutôt bien leur vie.

    Quant à un pirate « nationalisé » (qui ne pourrait donc pas faire de profit personnel avec les gains de son entreprise), à part peut-être les pirates sous contrat via la République de Gênes pour la Papauté, (et encore, leurs services ne devaient pas être gratuits…), je ne vois pas.

    Et puisque vous aimez les anecdotes de Surcouf, celle-ci n’est pas mal :

    « Surcouf avait amassé une fortune colossale, plus de 3 millions de francs.
    Il n’était pas du genre à composer avec qui que ce soit et la discipline n’était pas son fort.

    Napoléon se déplace en personne en 1803 pour le convaincre d’accepter une commission de capitaine de vaisseau et le commandement d’une escadre.
    Surcouf refuse, parce qu’on ne lui accorde pas l’indépendance de manœuvre totale qu’il réclame.

    Napoléon : « Je ferai de vous un homme riche ! »
    Surcouf :  » J’ai déjà tout ce qu’il me faut : mon cabinet est tapis de lingots d’or »
    Napoléon (offusqué) : « Comment ? Mais vous me marchez sur la face ! »
    Surcouf : « Non Monsieur, je les ai disposés sur la tranche. »

  6. Cassandre Says:

    Entre Ferdinand de Lesseps, Gustave Eiffel, Marcel Bloch et Abdi Garad cherchez l’intrus.

    Plus on laisse le temps à une organisation criminelle de s’implanter, plus il devient difficile de lutter contre (voir les « efforts » actuels de lutte contre la culture du pavot en vallée de Helmand…)

  7. Planète océane, le dictionnaire des enjeux de la mer - les carnets de clarisse Says:

    [...] Sécurité globale n° 7, printemps 2009 : Combattre la piraterie maritime Lire le sommaire et le résumé des articles ici. [...]

  8. Gérard Says:

    toujours avoir une bonne dose de sommifères à bord dans la cambuse !!!! on se comprend !!!!

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