La doctrine de sécurité russe 2020, l’Arctique et le traité FCE

Nous accueillons un excellent texte tiré du blog Ice Station Zebra, spécialisé dans le monde russe et arctique. C’est lui qui nous signale (ce billet a été publié sur son blog il y a deux jours) la parution de la nouvelle doctrine russe de sécurité, qui n’est aujourd’hui disponible qu’en russe. Grâce à lui, Alliance Géostratégique vous propose en quasi exclusivité une analyse de cette doctrine. À lire d’urgence. Comme il se doit, les propos n’engagent que leur auteur.


arctique_russie_canada

Cette semaine a été marquée par la publication de la doctrine de sécurité nationale russe (1). Longtemps reporté afin de l’affiner et de la modifier à l’aune des ouvertures de la nouvelle administration US (2), le timing de sa publication correspond à un net refroidissement des relations OTAN-Russie avec les expulsions croisées de deux diplomates russes en poste à Bruxelles et de deux diplomates canadiens par la Russie (3). Le choix des diplomates canadiens est-il lié au dossier des relations tendues entre le Canada et la Russie suite aux propos des responsables politiques canadiens concernant le vol de bombardiers stratégiques russes vers le territoire canadien? on peut se poser la question (4).


On ne peut que noter l’art consommé avec lequel les chefs politiques russes savent désormais manier les publications de ces documents: La doctrine arctique russe, établie à l’automne 2008, n’a été publiée qu’au moment de tensions avec la Norvège liées aux exercices Cold Response 2009 (5).


Des journalistes canadiens suggèrent toutefois que les relations entre les deux pays ne sont pas si mauvaises que ça et que la rhétorique belliciste que se jettent à la face les responsables politiques russes et canadiens ne sont que le « théâtre d’ombres » si cher à Robert Broucard et que le Canada , le Danemark et la Russie préparent un « coup de théâtre » diplomatique sous la forme d’une revendication commune sur le plateau continental arctique, une proposition russe formulée au début du mois de février lors d’une rencontre entre experts russes et canadiens (6).


Cette doctrine de sécurité russe qui définit les grands axes de la politique russe pour les dix ans à venir (jusqu’en 2020) a marqué les médias occidentaux par la possibilité de conflits sur les frontières de la Russie, et principalement dans l’Arctique pour des questions liées au contrôle des ressources énergétiques (7)(8).


Elle est constitué de 112 items répartis en grand chapitres sur des sujets comme la croissance économique, la situation sanitaire du pays, la prolifération des armes de destruction massive, la guerre biologique, la cybercriminalité et son usage à des fins extrémistes ou séparatistes (un point souligné par certains chefs politiques et militaires russes face à l’engouement affiché du Président Medvedev pour ce média) et même la compétition entre les modèles culturels et les formes de développement social et économiques et que je traite dans ce blogue sous la rubrique « Kulturkampf ».


Son élaboration a commencé en 2004 , c’est-à-dire au moment du début du deuxième mandat du Président Poutine et dans une phase de détérioration progressive des rapports entre la Russie, l’Alliance, les États-Unis et y compris ses voisins de l’ “étranger proche” comme l’Ukraine et la Géorgie.


Il est donc fort probable que sur une liste de menaces « générales » comme le terrorisme ou la prolifération des armes de destruction massive sont venues se greffer les « nouvelles menaces », ou perçues comme telles par les militaires russes, de cette période dont la dégradation finale a été marquée par le conflit en Géorgie en août 2008. L’élection d’une nouvelle administration américaine, des signes encourageants de la part de la diplomatie étasunienne comme le discours du “Reset Button” de Joseph Biden en ont certainement gommés les aspects les plus durs mais il faut admettre que cette doctrine est la « fille » de la période 2004-2009, et plus des premières années que des derniers mois.


La crise économique globale a du aussi influencer la rédaction de cette doctrine, et donc en retarder la diffusion, puisque celle ci est comparée à une frappe militaire.


L’Arctique et les menaces aux frontières


Le paragraphe qui concerne notre blogue, et qui a fait couler tant d’encre dans la presse anglo-saxonne, se trouve à l’item 11 du chapitre II :


11- Внимание международной политики на долгосрочную перспективу будет сосредоточено на обладании источниками энергоресурсов, в том числе на Ближнем Востоке, на шельфе Баренцева моря и в других районах Арктики, в бассейне Каспийского моря и в Центральной Азии. Негативное воздействие на международную обстановку в среднесрочной перспективе будут по-прежнему оказывать ситуация в Ираке и Афганистане, конфликты на Ближнем и Среднем Востоке, в ряде стран Южной Азии и Африки, на Корейском полуострове.


11- L’attention de la politique internationale à long terme va être focalisée par la maîtrise des sources d’énergie, en particulier le Proche-Orient, le plateau continental de la Mer de Barents et dans les autres régions de l’Arctique, dans le bassin de la Mer Caspienne et en Asie Centrale. Dans une perspective de moyen terme, les influences déstabilisatrices sur la situation internationale proviendront de conflits en Irak, en Afghanistan, au Proche et au Moyen Orient, entre divers États d’Asie du Sud et d’Afrique et dans la péninsule coréenne.


Si l’on analyse selon un référentiel distance-temps cette perception des menaces par les analystes militaires Russes on s’écarte vite de celle des « mainstream » média anglo-saxons et les choses reprennent leurs proportions légitimes.


Pour la Russie les menaces les plus proches, celles des régions qui la bordent et en particulier l’Arctique, se situent dans le long terme (c-à-d 2020 selon le terme du rapport) alors que les menaces actuelles à court et moyen terme inférieures à 5 ans) sont beaucoup plus éloignées géographiquement. Ce sont celles que nous observons tous les jours en ouvrant nos journaux ou nos télévisions. Elles n’en sont pas moins dangereuses et déstabilisatrices pour la Russie dans un monde globalisé ou en voie de globalisation. Il ne s’agit donc pas d’une vision « paranoïaque » comme on a pu le lire, d’une « déformation de la réalité par le prisme déformant d’un fantasme » sécuritaire mais d’une perception consciente et lucide des défis contemporains et futurs et de leurs échelonnement dans le temps.


C’est la position exprimée par le spécialiste des relations internationales de l’université de Calgary, qui y voit là une vision “réaliste” de la situation et des possibilités de conflits (9).


On constate aussi que ce qui concerne la quasi totalité des commentaires de cette presse et de ces média ne représente que moins de 1% de la doctrine et encore l’Arctique n’y est évoquée qu’au milieu d’autres régions comme le bassin de la Caspienne et l’Asie Centrale.


L’autre item qui donné lieu à beaucoup de commentaires est le n°30 qui décrit les principales menaces militaires, et en corolaire les États menaçants, auxquels doit faire face la Russie.


30. политика ряда ведущих зарубежных стран, направленная на достижение преобладающего превосходства в военной сфере, прежде всего в стратегических ядерных силах, путем развития высокоточных, информационных и других высокотехнологичных средств ведения вооруженной борьбы, стратегических вооружений в неядерном оснащении, формирования в одностороннем порядке глобальной системы противоракетной обороны и милитаризации околоземного космического пространства, способных привести к новому витку гонки вооружений, а также на распространение ядерных, химических, биологических технологий, производство оружия массового уничтожения либо его компонентов и средств доставки.


Негативное воздействие на состояние военной безопасности Российской Федерации и ее союзников усугубляется отходом от международных договоренностей в области ограничения и сокращения вооружений, а также действиями, направленными на нарушение устойчивости систем государственного и военного управления, предупреждения о ракетном нападении, контроля космического пространства, функционирования стратегических ядерных сил, объектов хранения ядерных боеприпасов, атомной энергетики, атомной и химической промышленности, других потенциально опасных объектов.


30- La politique de certains États étrangers qui cherchent à acquérir la prédominance dans la sphère militaire, en premier lieu dans le domaine des forces nucléaires stratégiques, par le développement d’armes de haute-précision, d’armes informationelles et d’autres moyens de haute technologie pour la conduite de la guerre, d’armements stratégiques non-nucléaires, la mise en place unilatérale d’un système global de défense anti-missile, la militarisation de l’espace proche…


Les actions négatives contre l’État de la sécurité militaire de la Fédération de Russie et de ses alliés proviennent aussi du retrait [de ces États] des accords régionaux de limitation des armements…


C’est une reprise voilée de la menace perçue à l’item 12 : l’installation par les États-Unis d’un bouclier anti-missile et à l’item 17 qui définit les relations de la Russie avec l’OTAN :


17-La non acceptation par la Russie des plans de rapprochement des infrastructures militaires de l’Alliance de ses frontières va rester l’élément déterminant des relations de la Russie avec l’OTAN de même que les tentatives de lui donner un rôle global, ce qui est en contradiction avec les standards de la loi internationale.


La Russie est prête à développer ses relations avec l’alliance sur la base de l’égalité des droits et dans l’intérêt de favoriser la sécurité internationale dans la région euro-atlantique, l’intensité et le contenu de ces relations dépendra de la volonté de l’alliance à prendre en compte les intérêts légitimes de la Russie dans la planification politico-militaire, dans le respect de la loi internationale.


L’item 18 définit les critères d’une politique d’entente avec les États-Unis : le désarmement, le renforcement des mesures de confiance ainsi que la collaboration dans le domaine de la non-prolifération des armes de destruction massives, un renforcement de la collaboration anti-terroriste et la régulation des conflits régionaux.


Le Kulturkampf


Si les aspects économiques (la crise bancaire est comparée à une action militaire à l’item 12), qui sont quantifiés à l’item 112, écologiques, sanitaires la lutte contre les pandémies est évoquée à l’item 72), et de sécurité intérieure sont importants, je m’attarderais un peu sur le « Kulturkampf » qui est pris en compte dans les items 74 à 84 .


Les principales menaces sont la « production d’une culture de masse répondant aux aspirations des éléments marginaux de la société » (item 80), le « révisionnisme sur l’histoire de la Russie, son rôle et sa place dans l’histoire mondiale, des propagandes pour des modes de vie incitant à la violence nationaliste et religieuse » (item 81).


Une récente polémique née lors de la diffusion à la télévision russe d’un documentaire critique sur la conduite par la Stavka de la bataille de Rzhev a décidé le Président russe Dmitri Mevedev à légiférer sur le rôle de la Russie, ici de l’URSS, dans l’histoire (16) . Un point rappelé lors de son discours sur la Place Rouge à la veille du défilé du 9 mai 2000.


La doctrine propose, entre autres solutions, de mettre en valeur l’aspect multiculturel de la Russie ainsi que « la mise en place d’un système de formation spirituelle et patriotique des citoyens Russes » (item 84)


On ne peut pas évoquer cet aspect de la sécurité nationale sans rappeler le retour du cinéma dit « national-patriotique » sur les grands et les petits écrans (12).


Citons pour mémoire outre les titres déjà signalés, « 1612 » – « Alexandre, la bataille sur la Neva » – et plus récemment « Tarass Boulba » qui a donné lieu à une confrontation mémorielle entre la Russie et l’Ukraine tant sur l’auteur, Nicolas Gogol, que sur le héros de cette œuvre et son traitement cinématographique (15).


La télévision n’est pas en reste avec le retour de séries soviétiques exaltant Pierre 1er et sa volonté d’ouvrir à la Russie la Baltique et de la doter d’une flotte de guerre, la vie du jeune Lomonossov…


La période commémorative du 9 mai, le « Den Pobedy » – « Le jour de la victoire » – est propice à la diffusion de films de guerre soviétiques des années 70-80 , avec “Oslobojdnié” (Libération) l’année dernière et “Batalion procit ogna” (Le bataillon demande le feu) cette année.


Des télé-séries de quatre à huit épisodes réalisées avec une débauche de moyens, même selon nos critères [Les uniformes sont taillés dans des tissus tissés et teints selon les procédés de la SGM] , comme « Diversant » l’année dernière qui évoque les combats d’un groupe de commandos de l’Armée Rouge ou « Kytayskaya chkatulka » (14) cette année qui dépeint la lutte de la sécurité militaire soviétique et du « Smersh » contre des traîtres russes, prisonniers militaires des Allemands et retournés, qui cherchent à assassiner le maréchal Staline.


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La diffusion des valeurs préconisées dans la doctrine peut aussi se faire au travers des « telenovelas russes » avec la cohabitation des différentes cultures de la Fédération de Russie et la lutte contre le racisme comme dans « Karmelita »- (14) Voir photo ci contre – qui se passe dans la communauté Tzigane ou « Nacha komanda » (Notre équipe) qui évoque la vie de lycéens « modèles » dans un lycée « modèle », et ou les élèves sont délicieusement mais très gentiment – un vrai rêve d’enseignant ! – turbulents… ou la glorification des forces de maintien de l’ordre que ce soient les Spetsnatz, les agents de la sécurité routière (DPS) ou la police ferroviaire.


Dans le cas de « novelas » comme « Karmelita » , il s’agit de « dérussifier » les stéréotypes des « héros » afin de faire place à la « Russie de la diversité », une politique mise en place dés les années 70 au Brésil et que l’on retrouve, par exemple, dans notre feuilleton « Plus belle la vie ! ».


Sur le rôle du cinéma dans la formation de la « nouvelle identité russe » , je vous invite à consulter le blog Cyberstratégie (15)


Il ne s’agit pas de promouvoir une culture chauvine et sécuritaire puisque la culture vue comme un élément de sécurité nationale passe aussi pour les rédacteurs à « un accès de vastes couches de la société aux meilleurs références culturelles nationales ET internationales » ( item 79).


Le traité CFE


Fin avril, la diplomatie russe appelait à une reprise du dialogue sur le traité FCE (Forces Conventionnelles en Europe) (10).


Signé le 19 décembre 1990 à Paris par 16 États membres de l’OTAN et 6 États membres de l’Organisation du Traité de Varsovie, le Traité FCE définissait les quantités d’armements conventionnels stationnés en Europe. En novembre 1999, le sommet de l’OSCE a donné lieu à la signature d’une version adaptée du traité, ratifiée par quatre pays seulement – la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine. La Géorgie et la Moldavie ont refusé de le ratifier, revendiquant le retrait des troupes russes conformément aux accords d’Istanbul qui avaient été signés parallèlement à l’accord d’adaptation du Traité FCE. Pour cette raison les pays de l’OTAN ont également bloqué l’entrée en vigueur du FCE adapté.


Avec l’adhésion à l’OTAN de plusieurs États d’Europe orientale, le principe fondamental du Traité FCE portant sur la nécessité de maintenir la balance des forces a perdu sa raison d’être, de sorte que le fonctionnement du traité ne s’exerçait plus que sous forme d’échange d’information et d’inspections.


En juillet 2007, le président russe Vladimir Poutine a suspendu par un décret l’application du Traité FCE « en raison de circonstances exceptionnelles mettant en péril la sécurité de la Russie et requérant des mesures urgentes ». La Russie exige que tous les pays membres de l’OTAN ratifient la version adaptée du traité FCE et procèdent à sa stricte application.


« La Fédération de Russie estime que les chances de faire revivre le Traité FCE se maintiennent » a indiqué jeudi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères (MID), Andreï Nesterenko. « Le projet russo-américain de règlement intégral du problème, à condition d’y apporter des mises au point substantielles et de qualité, pourrait servir de base pour sortir de l’impasse », a estimé le diplomate.


« Mais à ce jour la principale lacune réside dans le fait que, contrairement à la conception d’actions parallèles qui lui sert de base, il prévoit des actions concrètes russes en échange de promesses assez vagues de la part de l’Alliance atlantique dont rien ne garantit l’exécution ».


Bien sûr , la publication quasi-simultanée de la doctrine de sécurité russe et l’appel au dialogue avec l’OTAN au sujet du traité FCE ne sont pas des coïncidences: la Russie se donne le temps d’équiper avec des « complexes de haute technologie » ses frontières à problèmes (Item 42) et ses forces armées pour faire face à ces menaces proches dans l’espace mais éloignées dans le temps, et ce temps qui court doit être employé par les diplomates pour régler l’équilibre des forces sur ces frontières de la Russie et prévenir les conflits, le rôle du traité FCE !


C’est une perche de la Russie qu’il convient de prendre, à moins que les analyses bellicistes distillées ad nauseaum ne servent de prétexte qu’à une militarisation rampante par les états membres de l’alliance.


En effet cette doctrine est loin de considérer des options « tout militaire » comme le laissent supposer la plupart des commentaires et par exemple le développement économique (items 53 à 65) est considéré comme un élément essentiel de la sécurité de la Fédération de Russie et de ses citoyens.


Les réactions [au 14-05-2009]


La première réaction à la publication de la doctrine Russe a été canadienne par la voix du MAE Lawrence Cannon (11).


Dans une entrevue à Canwest il a déclaré que « Le Canada est déterminé à travailler pacifiquement en coopération avec tous nos autres partenaires du Nord dans l’Arctique. Maintenant que ceci a été dit, le Canada est une puissance arctique et notre gouvernement connaît les potentialités du Nord. Par conséquent, quand et si cela sera nécessaire, ce gouvernement n’hésitera pas à défendre la souveraineté arctique canadienne et tous nos intérêts dans l’Arctique. » (11)


Conclusion


Cette doctrine de sécurité russe est intéressante à plus d’un titre.


Tout d’abord elle illustre le fait qu’aujourd’hui la notion de « sécurité » se décline sur plusieurs aspects: l’aspect militaire c-à-d la sécurité extérieure et la sécurité intérieure (lutte contre les acteurs nationaux et trans-nationaux du crime organisé) bien sûr mais aussi l’aspect économique, sanitaire, écologique et même culturel.


Chacun de ces domaines offre ensuite toute une gamme de facteurs entrant en compte dans cette sécurité.


La sécurité informatique, ce n’est pas seulement la nécessité de protéger des réseaux contre des attaques (item 109) mais aussi de lutter contre des contenus appelant au séparatisme, à la haine interethnique, interconfessionelle c-à-d « l’extrémisme » dans la terminologie russe (item 81 dans l’aspect culturel de la sécurité).


À cette aune, et en étant le plus neutre possible, on peut même écrire qu’elle devrait servir de « grille » ou de « modèle » à tout autre doctrine de sécurité. Plutôt que de parler de « paranoïa sécuritaire », on devrait parler d’ « hyperréalisme » face aux menaces du monde contemporain.


Cette doctrine nous renseigne ensuite sur la « vision du monde » qu’ont les chefs politiques et militaires russes et la description des menaces perçues devrait amener « l’Occident », l’Alliance, l’Union Européenne, les États frontaliers à réfléchir ce qui dans leurs postures, leurs décisions politiques et militaires objectives et subjectives amène ces chefs politiques et militaires russes à y voir une « menace ».


La Russie qui est souvent présentée sous la forme d’un ours tenant dans sa patte un gourdin montre que au-delà du « hard power », elle a pris conscience de la nécessité de maitriser pour assurer sa sécurité le « soft power ».


Celui-ci a pour objectif d’assurer la sécurité intérieure en renforçant l’unité de l’État (éviter la propagation de tensions interethniques ou confessionnelles) mais aussi d’améliorer l’image extérieure de la Russie (item 84).


Le cinéma russe ainsi que certains programmes télévisuels, malheureusement fort peu diffusés à l’étranger et souffrant de discriminations dans des pays comme l’Ukraine, pourraient être un de ces vecteurs pour « gagner les cœurs et les esprits ».


Ice Zebra Station

Liens :


(1) La doctrine de sécurité nationale russe sur le site du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie

(3) Russie-Occident: redémarrage de la confrontation (Gazeta.ru)

(6) Thaw may be underway in Ottawa-Moscow Arctic issues

(7) Russia warns of war within a decade over Arctic oil and gas riches – The Times Online, 13 mai 2009.

(8) Kremlin keeps up James Bond theme with talk of Arctic war -  The Times Online , 13 Mai 2009.

(9) Russian report suggests conflict over Arctic possible – Canwest News Service, 13 mai 2009.

(10) FCE: Moscou soumet à l’OTAN de nouvelles propositions (Rogozine)

(11) Canada ready to defend Arctic sovereignty: Cannon – Canada.com, 14 mai 2009 .

(16) Russia Moves to Ban Criticism of WWII Win -  Time magazine, 8 mai 2009.


Articles associés :

(2) La Russie définit sa nouvelle politique de sécurité nationale.

(4) The Russians are coming … To the Commons defense Committe

(5) La Russie ne veut pas militariser l’Arctique : pas de pingouins guerriers

(12) Les « Aigles d’or » du cinéma Russe 2008

(14) Le site de la série « Kitayskaya chkatulka », un épisode de la série « Karmelita »

(15) La grandeur Russe retrouvée en haute définition – Yannick Harrel dans Alliance géostratégique.


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5 Responses

  1. Jacqueline Brodsky dit :

    Je touve cet article particulièrement intéressant et devrait être connu de nos décideurs politiques de tous bords et nations

  2. Bonjour,

    Passionnant article de grande qualité.

    A propos de cette nouvelle approche par le « soft power », l’on se pourrait se demander si elle n’est pas concomitante de la Présidence Medvedev (hormis l’épisode Géorgien qui fut plus l’objet d’une réaction que d’une action délibérée) alors que Poutine était plus un adepte du « hard power ». Medvedev est justement moins… ours va-t-on dire, mais aucunement le pantin que certains médias Occidentaux peu perspicaces ont trop vite cru percevoir. Ses objectifs demeurent peu ou prou les mêmes que l’ancien pensionnaire du Kremlin mais ses méthodes diffèrent.

    Cordialement

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